[getty src= »455421823?et=2lAX9zyLb0OHs_i55FSttQ&sig=yAcW2jsQ0ix0Mu5HCKhBlywBGTLyOGAYb4OGEy3sZfg= » width= »426″ height= »472″]

Voilà bientôt 10 ans, je donnais naissance à mon premier enfant.

J’étais une primipare avec des rêves et des envies comme :

  • pouvoir profiter de la baignoire de dilatation, ce que j’ai fait entre 5 et 8 cm de dilatation. 2h de bain chaud en musique (celle que j’avais apporté) pour 3 petits centimètres
  • pouvoir accoucher sans péridurale (et sans épisiotomie si possible)

Sur le papier, mon souhait a été exhaussé. Un beau bébé de 4kg200 (avec une grosse tête qui plus est) né par voie basse, sans péridurale et sans épisiotomie (juste quelques éraillures non recousues qui piquaient un peu).

Pourtant, en y regardant de plus près, mon rêve avait une tâche. Mon accouchement sans péridurale n’était finalement pas si idyllique que cela et la fautive (parce qu’il faut toujours un fautif) était l’élève sage-femme qui m’avait accompagné ou c’était peut-être moi car je n’avais pas protesté, mais j’étais primipare et ignorante (j’ai une excuse donc). J’ai cru que tout cela était « normal ».

Cette tâche m’a faite souffrir les jours suivants la naissance. Poser mon bébé sur mon ventre me faisait mal.

Pourquoi ? Parce que j’avais subi ce qu’on appelle une expression abdominale.

Alors que tout se passait bien, que mon bébé descendait tranquillement dans mon bassin, l’élève sage-femme s’est mise à appuyer très fort sur le haut de mon ventre. De toutes ses forces. Pour pousser mon bébé vers la sortie.

C’était en mai 2004.

3 ans plus tard, en 2007, « la HAS excluaient fermement le recours à l’expression abdominale, manœuvre pour laquelle n’existe aucune indication médicalement validée, de surcroît susceptible d’entraîner des complications graves.« (source)

L’enquête CIANE, lancée en février 2011 totalisant 16998 réponses, comportait la question : « Vous a-t-on appuyé sur le ventre afin d’aider l’expulsion du bébé ? ».

Cette enquête montre que seulement dans 18% des cas d’expression abdominale, le consentement des parents a été demandé.(source)

« Ce geste est associé à un sentiment de violence à l’encontre de l’intégrité corporelle et est donc très mal vécu par les femmes ; il s’accompagne dans un certain nombre cas de réels traumatismes physiques. » (source)

Pensant que cet acte était banal, je ne me suis pas plainte. J’avais un énorme hématome au dessus de l’utérus qui me faisait plus souffrir que mes éraillures ou les crevasses naissantes dues à un allaitement débutant, mais je suis restée muette. Je n’en ai parlé à personne. Or, cela n’était pas normal.

Dans mon cas, absolument rien ne justifiait qu’on pratique l’expression abdominale sur moi. Je n’avais pas de péridurale et mon bébé descendait correctement. D’ailleurs, en 2 poussées, il était là… Cet acte reste traumatisant. J’aurai envie de le renommer « expression abominable ».

Vous pourrez retrouver l’enquête complète sur le site Ciane, aussi vous pourrez trouver un article sur le thème dans le magazine Parents sorti le 11 mars 2014 en kiosque.

Futures mamans, ne laissez personne appuyer sur votre ventre pour en faire sortir votre bébé sans votre accord !

Trop souvent, dans le doute et l’angoisse de prendre de mauvaises décisions, nous n’osons pas contre-dire les médecins ou le personnel médical, pourtant, nous avons des droits.

MissBrownie