Comme promis à Mme Déjantée, je m’attaque à un sujet dont j’ai envie de parler depuis au moins deux semaines déjà…. Mais je n’osais pas. Je n’osais pas car c’est une maladie que je connais très peu, très mal. Et puis, j’avais peur de blesser des lecteurs(-trices) qui seraient touché(e)s plus directement par ça.
Je n’ai donc pas la prétention de vraiment savoir de quoi je parle. Je veux juste poser des questions, informer de choses que j’ai vu et lu et savoir ce que vous, lecteurs (et lectrices hein… ) vous en pensez. (Je m’excuse d’avance des fautes de français qui font mal au yeux… J’ai quelque peu souffert d’insomnie cette nuit… désolée.)

Il y a quelques semaines, j’ai été attirée par un article de rue 89 qui parlait d’un documentaire sur l’autisme et la façon dont les autistes (particulièrement les enfants) sont traités en France. Ce documentaire, vous en avez peut être entendu parler, il s’intitule « Le mur, ou la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme ». (Si vous souhaitez le voir, je tiens à vous prévenir qu’une des psychanalystes a des propos vraiment extrêmement choquants concernant l’inceste. Âmes sensibles, mieux vaut, peut être vous abstenir.) La réalisatrice est maintenant poursuivie en justice par certains des psychanalystes interviewés. A-t-elle réellement fait un montage malhonnête? Je ne sais pas. Mais j’ai malheureusement l’impression que non. Je crois que j’aurais préféré. Ce documentaire m’a choqué. On y voit des gens qui se veulent des professionnels de la santé (rappelons au passage qu’un psychanalyste n’est pas forcément médecin, c’est juste quelqu’un qui a lui-même suivi une psychanalyse surtout.)

Par la suite, pour écrire cet article, j’ai cherché à me renseigner sur l’autisme. J’ai réussi à trouver un livre sur le sujet dans la bibliothèque communale : « L’énigme de l’autisme » de Uta FRITH (Professeur en neuro-science cognitive à Londres). Un passage m’a marqué, renvoyant bien au message que veut faire passer la réalisatrice du film.

« L’un des contributions modernes au thème de la marâtre malveillante est la figure de la mère cérébrale et affectivement détachée, qui se montre par ailleurs consciencieuse dans ses devoirs maternels. Le « crime » de cette mère est bien plus subtil que celui de la marâtre traditionnelle. Elle élève son enfant selon les règles, en s’en remettant aux spécialistes, plutôt qu’en se fiant à son instinct. Ce faisant, elle oublie les prérogatives du cœur sur l’intellect. Et, toujours selon les spécialistes, cela peut donner un enfant autiste, affectivement atrophié.
Cette caricature de la mauvaise mère rejoint celle de la femme active, et particulièrement de l’intellectuelle. Un enfant anormalement détaché – un enfant incapable d’affection – est une juste punition pour la femme qui néglige d’être une épouse et une mère à plein temps!
L’expression insidieuse « mère réfrigérateur » résume l’essence de ce mythe. Leo Kanner ne peut s’empêcher de l’appliquer à l’autisme. Mais ce n’est rien d’autre qu’un mythe dans lequel il ne faut pas voir de relation de cause à effet avec l’autisme, ou de piste pour une éventuelle guérison. Malheureusement, ce mythe malveillant n’a pas encore partout disparu, et a le pouvoir de susciter culpabilité et récriminations. Les mères se retrouvent dans une situation sans issue. Elles peuvent s’attirer les reporches parce qu’elles se montrent trop protectrices et gâtent leurs enfants. […] D’un autre coté, quand les mères utilisent des méthodes comportementales basées sur la stricte application des règles, les voix de la censure ne manquent pas non plus de s’élever »

On est en plein dans ce que montre le documentaire. En France, contrairement à l’Angleterre, les USA et nombres d’autres pays, l’autisme est toujours considéré comme une névrose. Alors qu’il n’en estrien, et qu’il est mondialement reconnu qu’il s’agit d’une pathologie neurologique.

En France, les psychanalystes ont, d’après le documentaire, la main-mise, sur la gestion du traitement de l’autisme. Ils existent pourtant d’autres possibilités. Des techniques d’apprentissage adaptées aux autisme, dévelloppées depuis plus de 10 ans aux USA. Si ces techniques ne sont pas miraculeuse, et sans pouvoir promettre des résultats garanties, elles améliorent quand même beaucoup les choses chez une grande majorité d’enfants autistes. (le documentaire ne parlent pas des adultes.  C’est dommage) Par contre, quand on demande à un psychanalyste (qui a affirmé par avant, que dormir au cours d’une séance ne lui posait aucun souci de conscience…) ce qu’un enfant autiste peut espérer de la psychanalyse, il réfléchit longuement avant de dire, d’un air inspiré : « le plaisir de regarder une bulle de savon ». Autant dire, rien du tout, vu que je pense que l’enfant en question ne l’a pas attendu pour être à même d’apprécier ça….

L’auteur du livre insiste sur autre chose. L’autisme est une pathologie à vie, dont on ne guérit pas. On peut améliorer les choses, mais un autiste est autiste à vie. Elle trouve aussi que le grand drame de cette pathologie, c’est de ne pas en connaitre la raison, de ne pas avoir trouver de marqueur biologique permettant un diagnostic totalement objectif et fiable.

Voilà, ce documentaire et ce livre m’ont fait m’interroger sur un sujet dont on parle finalement très peu, qui est même tabou j’ai l’impression. C’est aussi pour ça que j’ai voulu en parler, pour réfléchir dessus et savoir ce que vous, vous en pensez.
La France est manifestement en retard dans les traitements de l’autisme. Combien d’enfants périclitent, voire régressent, parce que des gens qui se croient tout puissant et « tout-savant » assènent que « c’est la faute de la mère. Elle est trop froide/trop chaude. Et on ne peut rien pour ces enfants. »?

La Farfa