La HAS, les TED et la psychanalyse

La Haute Autorité de Santé vient de rendre ses recommandations concernant les bonnes pratiques pour les enfants et adolescents atteints de TED.
Tout d’abord, que veut dire « TED »? Troubles envahissants du développement, dont le plus connu est l’autisme.
Dans cette famille il y a également -suivant les classifications (US, internationale, française)- l’autisme de haut niveau, l’autisme infantile, le syndrome d’Asperger – ceux que l’on regroupe souvent sous » spectre autistique »- mais aussi le syndrome de Rett et les autres troubles désintégratifs de l’enfance et les TED non spécifiés.
La HAS vient de prendre une décision remarquable pour l’évolution des traitements en France -bien que pas assez sévère pour des associations : [extrait de cet article du Monde]

[…]la Haute Autorité de Santé (HAS) et l’Agence nationale de l’évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (Anesm) estiment impossible de conclure à « la pertinence » des interventions fondées sur les approches psychanalytiques et la psychothérapie institutionnelle, qu’elles considèrent comme « non consensuelles« .

La psychanalyse, jusque là vu comme seul ou presque moyen de traitement vient de perdre sa place. [Vous pouvez d’ailleurs aller lire l’article de kawine sur le sujet]

A la place sont recommandées des techniques utilisées depuis bien longtemps déjà dans les pays anglo-saxons appelées ABA, Teachh ou encore 3i. (Et dont je vous parlerai plus en détail dans un prochain article)
Pourquoi est-ce que tant de parents et associations sont d’accord avec la HAS voire auraient voulut que la psychanalyse soit purement et simplement désavouée? Parce que les TED sont des troubles neurobiologiques, il s’agit d’un fonctionnement du cerveau et non pas de façons de penser.
Les méthodes telles que ABA, Teachh etc. essayent, au lieu d’analyser le comportement de l’enfant et de lire un blocage lié – bien souvent- à la relation avec la mère, de stimuler l’enfant de sorte qu’il sorte de son enfermement et s’ouvre sur l’extérieur ainsi que de lui donner des clés pour mieux comprendre et gérer son environnement.

(Pour la petite histoire, j’ai été pré-diagnostiquée TED à 22 ans. J’ai rapidement été suivie par une psychanalyste d’où je sortais systématiquement en colère, en ayant clairement l’impression qu’elle était incapable de m’aider. A contrario, j’ai fait d’énormes progrès à partir du moment ou j’ai été suivie par un psychiatre qui fait une thérapie cognitive-comportementale…)

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15 réflexions sur “La HAS, les TED et la psychanalyse

    • La plupart des gens pensent qu’on est forcément diagnostiqués enfant mais j’ai 28 ans et à l’époque les TED légers passaient – je pense – facilement au travers.
      Apprendre à 22 ans – avec confirmation à 26 – que ce n’est pas ton caractère (colérique etc.) et que ça va pouvoir aller mieux est un soulagement que je souhaite à tous ceux qui ne sont pas encore diagnostiqués.

  1. Merci pour ton article intéressant qui nous apprend des choses. Je trouve cette décision plutôt saine aussi.

  2. Merci beaucoup et bravo pour cette première contribution!!!! Désolée aussi de n’arriver que si tard…!!
    De l’extérieur, j’ai tendance à penser que la psychanalyse a vraiment vraiment fait beaucoup de dégâts et qu’il était plus que temps que justice soit faite en quelques sorte… Après, je parle bien de la théorie en elle-même et pas de praticiens dont certains, je pense (j’espère!), ont eu suffisamment de bienveillance pour venir en aide malgré tout à leurs patients atteints de TED (peut être d’ailleurs une des raisons des controverses actuelles??)…
    Personnellement, j’ai beaucoup de scepticisme à l’égard de la psychanalyse… elle a en son temps eu le mérite de d’ouvrir la réflexion sur les processus inconscients et leur importance totalement ignorée alors mais n’a pas su évoluer et intégrer les autres découvertes en particulier issues des sciences cognitives…
    J’attends donc avec impatience tes topos à propos des méthodes d’aide aux personnes atteintes de TED!!!

    • Merci pour ton enthousiasme.
      Je trouve ta vision de la psychanalyse très pertinente. Je ne me suis pas vraiment pencher sur le sujet mais j’ai pu lire dessus ici et là et en entendre parler et ce que tu dis me parait juste.
      (j’ai pas la pression… ;-)

  3. Ce sujet m’interpelle.
    L’enfant d’un couple d’ami passe de spécialiste en spécialiste. Aucun n’a le même diagnostique. Ils tournent en rond. Et le pédospy évoque un problème relationnel (lié à la mère, tiens tiens).
    Moi je pense qu’il a trouble comme ceux que tu cites, mais comment en parler aux parents, les aider, je ne suis pas pro, juste une autre maman et amie. Un des professionnels a écarté l’autisme mais sont ils tous formés à ce diagnostic ? Il n’a eu aucun examen médical seulement psychologique. Il a 3 ans ne parle pas, ou très peu, et fuit les adultes. Ne réponds pas au question, et s’il n’arrive pas à faire quelque chose qu’on lui demande, il s’en va, sans émotion apparente. Ils disent aussi qu’il n’a pas de personnalité. Est-ce possible ? ça me reste vraiment dubitative…
    Je sais bien que mon message est un peu brouillon, mais je me sens impuissante, ça m’énerve qu’on les trimballe d’un cabinet à l’autre sans vraiment les aider…
    Mon fils est bègue, et je crois que si nous avions pas rencontré un super ortho, ne saurions restée longtemps dans le dénie, comme sa maîtresse et nombre de proches, qui prennent encore ça pour une nouvelle lubie.

    • Merci myzotte pour ton témoignage, même si cet enfant n’est pas le tient son parcourt te touche et je le comprend.
      J’espère poster ce vendredi un autre article sur le sujet qui t’en dira peut être un peu plus sur l’autisme.
      Pour ce qui est des docteurs, je n’ai été (pré)diagnostiquée qu’à 22 ans par un psychiatre. Je ne pense pas que tous les médecins sont formés, à l’autisme profond peut être mais aux autres troubles je ne suis pas sure.
      Ce que tu dis par rapport aux émotions est possible, je ne remarque les miennes que quand elles sont fortes. Aussi, un autiste ne sait pas toujours exprimer ses émotions. Pour la personnalité, ça me fait penser à quelque chose que j’ai lu, je regarde ça.
      Ce que je peux te conseiller c’est, si tu lis un article/témoignage qui te fait penser à leur enfant et qui parle de l’autisme, de le leur faire suivre en leur disant que ça t’a fait penser à lui et est-ce qu’ils y ont pensé?
      Les proches ont souvent du mal à réaliser ce que vivent l’enfant et ses parents…
      Courage!

    • Je réagis à ton commentaire parce que j’ai eu ce matin même une discussion avec mon généraliste à propos des diagnostics en psychiatrie…
      Celui-ci m’apprenait que dans le cas de l’autisme profond, le pourcentage de diagnostic était de 80%, ce qui signifie que si un même patient passe devant 10 médecins différents, 8 diront qu’il est autiste, 2 diront le contraire…
      L’autisme profond étant considéré comme un des troubles (au sens large qui inclu maladie mentales et handicaps..) les mieux diagnostiqués… les autres ne dépassant pas pour la plupart 10%…

      • Je me doute bien que l’autisme profond est « facile » à diagnostiqué, les autres par contre, plus subtils, doivent l’être moins.
        Vu les symptômes présentés par myzotte, il s’agit peut être d’un TED, mais pas d’autisme profond vu qu’il n’a pas été diagnostiqué tel.
        (je ne suis pas non plus une spécialiste, il faut voir un psychiatre pour avoir un diagnostic)

  4. Bien entendu, rien ne peut être dit sur la base d’un simple témoignage… je voulais simplement faire écho aux difficultés d’obtention d’un diagnostic stable que Myzotte nous faisait partager…

    • Oui, j’avais compris et j’allais dans ton sens.
      Les maladies dont les symptômes sont les plus lourds sont automatiquement les plus « faciles » à voir, pour les autre, il faut quelqu’un de plus spécialisé j’imagine

  5. Merci pour ces réponses Marie et Mme Déjantée.
    Je trouve l’idée de trouver un article suffisamment « douce ».
    Mon impression est que les parents sont « perdus », mais c’est certainement normal.
    Cet enfant est suivi au CMP.

    • Il y a un/des psychiatres dans un CMP, maintenant l’ont ils vu, ont-ils pensaient aux TED, est ce un TED…
      Suivant les différences les parents risquent de rester « perdus » longtemps. Je ne dis pas ça pour te décourager mais je parle de mon expérience: le diagnostic soulage et explique en partie, mais un parent « normal » se sent souvent « toujours » un peu perdu face à son enfant qui fonctionne autrement. (Et je pense que c’est normal)

  6. Pingback: Les psy et nous [mini-debrief] « Les Vendredis Intellos

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