Scolarisation ou non-scolarisation, telle n’est pas (forcément) la question [Bibli des VI]

Il y a un moment nous avons reçu pour la bibli volante des VI deux ouvrages autour des apprentissages :

  • Etre et devenir ; faire confiance à l’apprentissage naturel des enfants de Clara Bellar (à partir du film du même nom)
  • Heureux d’apprendre à l’école : Comment les neurosciences affectives et sociales peuvent changer l’éducation du Dr Catherine Gueguen.

J’ai décidé de vous en parler en même temps parce que je trouve que la confrontation des deux est très enrichissante. Je commence par une présentation de chacun.

Etre et devenir 

J’ai beaucoup aimé le film (voir mon billet à ce sujet), j’ai aimé le livre. C’est intéressant de pouvoir réfléchir à tête reposée de tout ce qui est évoqué dans le film. Surtout si c’est un sujet qu’on découvre.

Dans le livre, des scènes coupées au montage sont ajoutées, cela donne encore plus de matière. Car le sujet va plus loin que les simples apprentissages, c’est une vision de l’enfance, de la vie.

Je suis comme tous les enfants quelqu’un d’ouvert, de disponible, de curieux. Et, simplement, comme un enfant très jeune, j’ai eu le droit de conserver cet esprit, et il n’a pas été dérangé. C’est la seule chose qui fait ma particularité, c’est de ne pas avoir été dérangé dans cette disponibilité, dans cette curiosité, dans cette liberté. Mais ça, c’est un don qu’on peut donner à chacun. (André Stern)

Dans le livre, on peut lire aussi les débats qui ont eu lieu après des  projections. Cela répond forcément à des questions qu’on peut soi-même avoir. On y trouve des témoignages émouvants de parents et d’enseignants ainsi que  des explications d’experts.
Voici quelques exemples de questions avec réponses : »Tous les parents sont-ils aptes à proposer le unschooling à leurs enfants ? » « Ces enfants seront-ils aptes au « vrai monde » ? » « Pourquoi l’apprentissage autonome est-il si difficile à vivre en France ? »

En revanche, certains passages m’ont déplu. Dans le film, il n’y a pas de comparaison avec l’école, on se concentre sur l’apprentissage autogéré sans comparer. Avec les témoignages dans le livre, c’est différent. Voici un extrait dans lequel Fredy Fadel fait tout un réquisitoire contre l’école

« Ceux qui ne scolarisent pas leurs enfants cherchent en premier lieu à protéger leurs enfants des enseignements implicites de l’école, à savoir « Il faut obéir », « Il faut être performant » (…). »

« Il serait assez irresponsable (…) de ne pas révéler aux l’inutilité, pour ne pas dire la nuisance de l’école qui conduit à une société extrêmement déséquilibrée, à la merci du bon vouloir de quelques milliers de personne (les premiers de la classe d’il y a soixante ans) qui décident et contrôlent tout. »

Il s’agit d’un avis personnel, certes, mais il a été choisi comme passage dans le livre, ce n’est pas anodin.

C’est la raison pour laquelle je trouve intéressant d’évoquer maintenant le livre de Catherine Gueguen.

Heureux d’apprendre à l’école

Elle commence par faire le constat de ce qu’elle voit dans son cabinet, des enfants et des enseignants en souffrance autour de l’école, même si elle précise que ce n’est pas le cas de tout le monde.

Il y aura certes toujours des enfants qui s’en sortiront, quel que soit leur environnement, mais nous ne pouvons pas rester les bras croisés devant tous ces enseignants épuisés, parfois en burn-out, et ces enfants qui, lorsqu’on leur parle d’école, disent leur anxiété, leur souffrance, ou qui sont en échec scolaire et peinent à lire et à écrire (40% en CM2).

C’est là que la comparaison des deux livres est intéressante parce que les deux se complètent. On n’est pas obligé d’opposer école et apprentissage autogéré. Dans les deux cas, on peut se laisser guider par l’enfant.

Je suis profondément convaincue qu’on peut améliorer la situation et que cela passe par une formation approfondie des enseignants – initiale et continue – qui leur donnerait une véritable connaissance du développement de l’enfant et l’adolescent, de leurs besoins fondamentaux, ainsi que de l’affectivité et de l’aptitude aux relations sociales.

Pour elle, la qualité de la relation enseignant-élève est à la base de l’apprentissage.

Une relation empathique et soutenante favorise le développement du cerveau de l’enfant et inversement.

Dans son livre, elle écrit un pladoyer pour une meilleure formation des enseignants et pour l’apprentissage des compétences émotionnelles à l’école.

Le livre est un peu technique, un peu dense et, selon moi, un peu répétitif mais je trouve passionnant qu’on cherche à changer l’école au sein même de l’école.

 

Il me semble que, quel que soit son choix, chacun peut trouver dans ces deux ouvrages des clés pour les apprentissages, sans chercher à forcément opposer scolarisation et non-scolarisation.

Bonne lecture !

Clem la matriochka

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Une réflexion sur “Scolarisation ou non-scolarisation, telle n’est pas (forcément) la question [Bibli des VI]

  1. Merci pour cet article ! Je n’ai lu aucun de ces deux livres mais ils sont pourtant dans ma liste d’envie. C’est intéressant de voir le parallèle entre les deux approches !

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