Lutter contre le sexisme chez les petits garçons, entre théories et bonnes pratiques

Ah, l’évolution !

Que les choses soient claires dès le départ, je ne suis pas certaine qu’une fille et un garçon, ce soit exactement la même chose à la morphologie des parties génitales près.

J’avoue que je ne serais pas complètement étonnée que biologiquement, quelque chose d’autre nous différencie. Quelque chose qui fait que, globalement, les filles s’intéressent encore naturellement un poil plus aux poupées et les garçons aux constructions. Un moyen qu’a trouvé l’évolution pour nous faire arriver où nous sommes, grâce à des femmes qui ont l’instinct maternel et des hommes qui vont faire on ne sait pas trop quoi d’ailleurs, mais apparemment c’est en rapport avec des constructions Légo.

Nous nous sommes intéressés à des bébés âgés d’un jour. Nous leur avons proposé de regarder soit un objet mécanique, soit un visage, et avons filmé le temps d’observation de chacun des deux objets par l’enfant. Nous avons constaté que plus de garçons s’attardaient sur l’objet mécanique, et plus de filles s’attardaient sur le visage. À un jour de vie seulement, c’est à dire, avant même l’introduction de jouets, avant que la culture n’ait pu introduire un quelconque biais, ou préjudice.

[Simon Baron-Cohen, psychologue – entrevue à voir ici, vers la minute 23, traduction libre]

Ou pas après tout. Je me permets une mise à jour de l’article suite à un lien vers un article qui m’a été glissé à l’instant.

Paola Escudero et ses collègues ont recruté 24 garçons entre quatre et cinq mois, et autant de filles du même âge. Ils ont également fait participer 48 adultes des deux sexes à l’expérience. Le principe est simple et fréquemment utilisé dans les recherches menées sur les bébés : on suit leur regard en considérant que ce qui est épié le plus longtemps est préféré par les nouveau-nés.

Ainsi, des photos de visages d’hommes, de femmes, de jouets, de poupées, de voitures et de fours ont été présentées à tous les participants. Qu’en ressort-il ?

Tous les groupes manifestent plus d’attention pour les visages réels, surtout pour ceux du sexe opposé (même chez les tout-petits). Quant aux objets, les poupées fascinent davantage les bébés que les voitures, y compris chez les garçons. Pas de différence liée au genre dans la petite enfance, donc.

[Futura Science]

Bref, difficile de faire la part des choses quand les études n’indiquent pas les mêmes résultats. (Instant parano : à moins que ça ne soit lié aux financements derrière tout ça ? Fin de l’instant parano.) Perso, ça me donne un peu envie de faire une virée à la maternité du coin pour vérifier tout ça de mes propres yeux.

Mais en même temps, est-ce que c’est important ?

Imagine un peu, si à un an de vie, tu annonçais à ta famille que tu adores la glace à la vanille, et qu’ensuite on ne te proposait plus que de la glace à la vanille. Pour le restant de ta vie. Et qu’on n’imaginait d’autre futur pour toi plus tard que vendeur/se de glace, à la vanille, bien entendu.

Ce que je veux dire, c’est qu’outre un éventuel aspect design et évolution, il y a quand même toute une dimension culturelle et sociétale qui entre LARGEMENT en jeu dans la différenciation homme-femme que l’on observe aujourd’hui, qu’aucune « étude scientifique sur les bébés » du monde ne saurait cautionner. Et je crois bien qu’on est en train de toucher à la fameuse notion de « genre » qui fait couler tellement d’encre.

Genre : [U]n système de bicatégorisation hiérarchisée entre les sexes (hommes/femmes) et entre les valeurs et représentations qui leur sont associées (masculin/féminin).

[Introduction aux études sur le genre, de Laure Bereni, Sébastien Chauvin, Alexandre Jaunait, et Anne Revillard]

(Et puis je sais pas toi, mais je nous sens quand même assez loin de l’homme préhistorique. Pour te dire, chez moi il y a l’eau courante et un micro-onde qui sait me préparer un mitonné de pintade et ses ravioles aux cèpes en quinze secondes chrono… Je crois donc de toute façon qu’on peut aujourd’hui se détendre un peu et à commencer à élargir notre champ de possibilités.)

Attention, personne ne veut l’indifférenciation sexuelle…

Seulement je pense, il faut arrêter d’en rajouter une couche et de se mettre des barrières, des cases bleues pour les garçon ou roses pour les filles (le rapport entre les couleurs et l’évolution ?), des poupées et des poneys à paillettes d’un côté, des Power Rangers et des camion-missiles destructeurs de l’autre. Mine de rien, l’idée de cet article m’est quand même venue de mon fils de deux ans me demandant de lui acheter une poussette rose.

On est allés trop loin.

On a extrapolé la petite inclination naturelle des uns et des autres, s’il en est, pour s’enfermer dans une idée de ce que l’on doit être dans la vie selon le sexe annoncé à l’échographie des cinq mois. Et peut-être que la continuation logique de l’évolution de l’espèce humaine, c’est ça : se détacher de ce qui a permis la survie de nos ancêtres pendant un temps, pour se rendre compte qu’on peut maintenant se permettre d’être CE QUE L’ON VEUT. On n’est plus en mode survie, mais en mode civilité, politesse, intelligence. On débat.

Et ça ne veut en aucun cas dire que l’espèce humaine en est au début de sa fin. Parce qu’une femme, qu’elle soit secrétaire médicale ou ingénieure informaticienne, ça aime le sexe de la même manière. T’inquiète, des êtres humains, il va continuer à (trop) y en avoir.

Et l’éducation dans tout ça ?

Moi et le père de mes enfants étant en accord total sur tous ces sujets, nous avons donc décidé qu’on laisserait nos enfants faire comme bon leur semble. Et que, entre autres, le féminisme était quand même une chouette cause à défendre.

Les études montrent qu’il y a dans les albums de jeunesse destinés aux enfants de moins de 9 ans deux fois plus de héros que d’héroïnes et dix fois plus quand les personnages sont des animaux « humanisés ». L’écart le plus important entre le nombre de héros et d’héroïnes existe dans les livres pour les 0-3 ans. Il s’amenuise ensuite pour s’inverser dans la littérature proposée aux enfants de plus de 9 ans, âge auquel les fillettes, qui à l’instar des garçons préfèrent des personnages principaux de leur propre sexe, commencent à vraiment choisir les livres par elles-mêmes. Et comme ce sont de plus grandes lectrices que les garçons, le marché s’adapte. Mais pour les enfants jusqu’à l’âge de 9 ans, les adultes restent largement prescripteurs. Beaucoup considèrent comme « neutre » un livre dont le héros est masculin et pensent qu’il conviendra autant aux garçons qu’aux filles, alors qu’une héroïne ne saurait intéresser un petit garçon.

[Association Adéquations, Guide pratique de la boîte à outils 20 albums de jeunesse pour une éducation non sexiste]

Être féministe concrètement, ça veut dire qu’on est pour l’égalité des droits et des opportunités pour les hommes et les femmes, mais dans nos sociétés machistes ça revient à prendre le parti de la femme.

On est donc pour que Madeleine puisse être pilote de chasse un jour si elle veut, ou plombier, ou Power Ranger. Et on n’a aucun problème à lui coller les habits récupérés de Paco et à lui mettre dans une main un tractopelle, et dans l’autre un ballon de foot deux fois plus grand qu’elle.

Ouais, à Madeleine, son futur est assuré.

Et puis un jour, on est allés dans un magasin de jouets avec Paco pour lui choisir quelque chose.

Paco a trouvé cette poussette. Un truc dégueulasse, rose du tissu à fleurs jusqu’aux roues en plastique moche, en passant par les petits noeuds de fixation. Il a trouvé cette poussette, et il a commencé à s’amuser avec elle dans le magasin. On l’a sommé de la ranger. Il a fallu qu’il réitère en fait deux ou trois fois pour qu’on se rende compte que depuis le début, on lui colle sous le nez des boîtes à outils, des bateaux et des petits trains, alors que clairement ce qui l’intéresse, c’est cette poussette moche rose.

Aïe. Ça fait quand même plutôt mauvais genre pour des gens qui remplissent ton feed Facebook d’articles dénonçant le sexisme dans nos sociétés machistes en mal d’émancipation.

On a bien sûr acheté la poussette. Mais ça m’a laissée pensive.

Je me trompe peut-être, mais la nécessité pour les femmes de pouvoir accéder aux fonctions traditionnellement occupées par des hommes me semble aujourd’hui, en France, relativement bien intégrée. (Du moins je l’espère.) Et avec elle la normalité de voir une petite fille jouer aux voitures, pêcher, ou passer l’après-midi avec son train électrique.

À l’inverse, l’importance pour les hommes de pouvoir s’adonner, sans honte, à une activité classifiée comme « de fille » et plus tard s’orienter vers un métier à représentation largement féminine, complètement OCCULTÉE. Et pourtant, c’est le pendant absolument nécessaire au combat des femmes pour l’égalité des droits ; sans ça, les femmes qui accèdent aux filières masculines resteront une exception, elles seront celles qui ont échappé au secrétariat, au cabinet de psychologue ou à la caisse du supermarché. Et elles continueront à être discriminées.

Comme quoi, cette histoire de sexe fort et de sexe faible ça nous suit.

Comme si c’était l’évolution logique qu’une femme prétende faire des trucs d’homme, mais que l’inverse serait presque perçu comme une régression.

Tu vois je ne pensais jamais être le genre de personne à avoir de problème avec la dé-sexualisation des jouets.

Mais ce jour de poussette rose, ça m’a fait bizarre. Pas que je croyais que ça allait le « transformer » en homo, LOIN DE LÀ (j’ai pas 95 ans). Juste, il y a eu comme un air de « c’est pas naturel ». Et même si je déteste l’idée d’avoir eu ce sentiment, je dois avouer que je l’ai eu quand même.

Alors pour te dire, je conçois que tout ça demande un effort. Mais, il faut qu’on le fasse, cet effort. Parce que parfois ce que l’on ressent au fond de nous comme étant « bien » ou « mal », « naturel » ou « contre-nature », c’est juste du gros n’importe quoi qui mérite d’être questionné, et correctement.

Alors viens, on va se promener dans la rue.

Avec des pancartes marquées : OUI aux poussettes roses pour les garçons, OUI aux danseurs étoiles, OUI aux hommes sage-femme, OUI aux coiffeurs hétéros.

Et bien sûr, ça vaut le coup de le rappeler, oui aux tractopelles dans les petites mains de Madeleine, oui aux femmes président de la république, et oui aux astronautes à zézette. Même si ça, (normalement,) on le sait déjà.

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31 réflexions sur “Lutter contre le sexisme chez les petits garçons, entre théories et bonnes pratiques

  1. Merci beaucoup de ta contribution et merci de nous faire partager ton cheminement et ton questionnement.
    Je suis bien d’accord avec toi pour dire que le chemin est long, qu’il reste beaucoup de travail pour permettre aux filles et aux garçons d’être moins soumis aux stéréotypes de genre.
    Je me permets de te soumettre quelques liens pour poursuivre la discussion:
    – A propos de l’attrait supposé naturel des filles pour les poupées et des garçons pour les camions, il semble que ce ne soit pas si simple que cela. Voir par exemple cet article de Futura Science http://www.futura-sciences.com/magazines/sante/infos/actu/d/biologie-science-decalee-petits-garcons-preferent-poupees-camions-51246/ ou plus approfondi les billets d’Allodoxia http://allodoxia.blog.lemonde.fr/2014/07/23/camion-poupee-jeux-singes/ qui semble indiquer que l’étude initiale aurait été extrapolée à partir de résultat concernant les singes.
    – A propos de la question de « ‘l’hermaphrodisme », en fait si je comprends bien ton propos il s’agit plutôt de la peur de l’indifférenciation sexuelle? Peut être serait-il judicieux de l’expliciter parce que « hermaphrodisme » est un terme qui a longtemps employé (à mauvais escient) pour désigner les personnes intersexes alors j’avoue que quand j’ai lu « personne ne veut des hermaphrodites » ça m’a un peu fait des frissons… Donc s’il s’agit bien de la peur de l’indifférenciation sexuelle, je me permets de te renvoyer à cet article du Monde qui l’évoque et l’analyse au regard des autres craintes sociales http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/02/07/la-peur-rancie-de-l-indifferenciation-sexuelle_4361425_3232.html

    • Merci Béatrice pour ces liens ! Concernant celui de Futura Science, je comprends que l’étude contredit celle que j’ai mentionnée. C’est embêtant de ne pas pouvoir se fier aux résultats scientifiques… C’est plutôt bon signe en tout cas, si les bébés n’ont pas d’inclination pour des visages ou des objets mécaniques, et tu m’en vois la première ravie ! :) Cela dit, et c’est ce que j’ai voulu dire dans l’article, indépendamment d’une préférence ou non des bébés/enfants pour tel ou tel jouet, je trouve que ça n’enlève rien au combat pour la dé-sexualisation des jouets et de l’éducation. Même si la petite préférence _devait_ exister.
      Effectivement, quand je parle d’hermaphrodisme, je fais effectivement (maladroitement ?) allusion à l’indifférenciation sexuelle.. C’était une façon de garder de la légèreté, et j’ignorais que ce terme était utilisé pour désigner des personnes intersexes. Je ne voudrais surtout blesser personne ! Je vais voir si je peux éditer le contenu rapidement. Merci.

      • En fait, j’ai l’impression que les études se contredisent pas mal sur ce point, sans doute parce qu’effectivement, dans le pire des cas on parle de différences minimes. Je ne l’ai pas mentionné pour contredire ton propos mais juste pour montrer qu’il serait bien imprudent de tirer des conclusions sur des résultats aussi fragiles (ce que tu as aussi expliqué).

        • Tu as tout à fait raison, et je suis contente que tu aies réagi en partageant tes liens. Si je peux apprendre moi aussi en lisant les commentaires, c’est bien sûr toujours mieux !

          Je dois avouer que, bien que moi-même scientifique (bon, matheuse, il n’y a pas beaucoup de place aux erreurs de labo dans mon domaine…), je commence à saturer avec le nombre d’études « scientifiques » qui te démontrent tout et n’importe quoi. Je trouve que l’engouement actuel, de tout vouloir justifier à base d’études scientifiques, pousse à la déformation des interprétations des résultats, et malheureusement presque, à une décrédibilisation du domaine.

          J’ai du coup présenté les deux résultats dans le texte, ça n’enlève rien à la suite de toute façon. Je trouve ces résultats intéressants en soi, mais quel que soit les conclusions de l’étude, elles ne peuvent justifier les classifications que l’on voit aujourd’hui, sans compter toutes les portes fermées à celles ou ceux qui ne font pas partie de « l’échantillon représentatif » s’il en est. Bref, vaste sujet, j’ai trouvé difficile de ne pas partir dans toutes les directions !

  2. Merci beaucoup pour ce texte. Ici on essaie aussi de faire attention à ce genre de choses mais on se rend compte à quel point on a été conditionné. Lundi je suis allée acheter une paire de soleil pour ma fille de 4 mois et demi. Celle qui me plaisait le plus était rose. Vu le prix de la paire de lunettes (32 euros) je me suis dit qu’il fallait penser à la rentabiliser et qu’elle puise servir à un futur 2e enfant (à cet âge-là j’ose espérer qu’elle n’aura pas le temps de la casser). Du coup j’ai pris la bleu et jaune, parce-que je trouvais que ça faisais plus mixte. Mais en arrivant à la maison je me suis dit : autant tu arrives à mettre du bleu à ta fille mais tu n’arrives pas à envisager de faire porter du rose à un garçon. J’ai vraiment regretté mon choix et je m’en suis vraiment voulu, d’autant plus que je préférais la rose. Je me suis dit que j’allais essayer d’être plus vigilante les prochaines fois. C’est pas facile de lutter contre des années de stéréotype, même quand on n’est pas d’accord avec ces derniers.

    • Ton exemple de vécu va EXACTEMENT dans le sens de mon article, merci. Je suis contente que tu l’aies senti, je pensais presque ne pas avoir été assez claire sur le message.
      Pour revenir à l’exemple que tu donnes, il faut voir l’aspect positif, toi comme moi avons fini par nous rendre compte de cette différence que l’on faite, et on ne nous y reprendra plus ! C’est pour cette raison que j’ai eu envie de partager sur ce thème, je trouve que malgré toutes les sensibilisation que l’on a à faire attention au sexisme, ça reste aujourd’hui plus simple à appliquer avec une petite fille. Malheureusement. J’espère que cet article pourra en tout cas faire réfléchir !

      • Si si, pour moi ton propos était très clair. :) D’ailleurs nous en avons parlé récemment avec un groupe de jeunes mamans.
        Tu as raison il faut voir le côté positif, c’est bien de se rendre compte des choses et d’augmenter notre vigilance. Nous ne changerons pas le monde en un jour, mais petit pas par petit pas. :)
        J’ai partagé sur Facebook en espérant susciter des réflexions. :)
        Très bonne journée !

      • Même ressenti dans mon cas. J’ajoute qu’à mon avis l’espèce de surplace qui semble être le nôtre depuis 20 ans en matière d’égalité des sexes me paraît être au moins autant lié à un défaut de prise en compte des garçons par le mouvement féministe qu’à un manque d’encouragement ou de soutien des filles.

        Je crois que les mouvements féministes des années 80 se sont concentrés sur des actions à destination des femmes, en négligeant de travailler avec l’autre sexe, en particulier chez les enfants, ce qui a pu aboutir à un maintien des stéréotypes chez les garçons (il y a une forte compétition sur les stéréotypes mâles chez les garçons, en dehors de la présence des filles, pour une recherche d’appartenance au groupe) alors que, coté filles, les actions étaient nombreuses et relativement efficaces.

        Ceci, ajouté à une mondialisation qui a ouvert l’Europe à des influences de pays très en retard en matière d’égalité des sexes (je pense à la Chine) mais avec lesquels les échanges commerciaux sont forts (la massification de la division bleue/rose date du milieu des années 90 seulement), fait sans doute que nous n’avons pas beaucoup progressé

        • Toto, tu soulèves des points importants. Je suis d’accord avec le manque de soutien et d’encouragement des femmes pour le mouvement féministe. Cela dit, à force de discussions, je me rends compte que ça n’est pas si bizarre que ça : la machisme, même s’il favorise les hommes et peut donc vouloir être préservé par ceux-ci pour une histoire de confort personnel, ne concerne pas qu’eux malheureusement. On parle bien de société machiste, et à ce titre, le machisme concerne presque autant les femmes, qui sont habituées à leur condition, aux remarques dégradantes à tel point qu’elles seront les premières à les faire (!), et qui, parfois, ne voient pas la nécessité d’en changer, et se rangent du côté des réflexions des hommes face à un discours féministe. Je te dis ça car je discute beaucoup avec des brésiliens (le Brésil étant un pays ultra machiste), et tu n’imagines pas les réflexions que je me prends de la part de… femmes. Elles se moquent littéralement des féministes, les traitent de « chiantes » et vont te dire sans sourciller qu’il n’y a pas lieu de discuter, que toutes les femmes veulent leur prince charmant et n’ont pas la carrure pour prendre les devants, politiquement par exemple. Oui, si ça n’était pas réel, on pourrait presque croire à une blague.
          Très intéressante ta réflexion par rapport à la mondialisation et les couleurs de jouets par exemple. Je n’avais pas du tout pensé à ça, et étant né en 82, je n’ai pas connu autre chose que cette différenciation-là.
          Dans tous les cas, on est d’accord que pour que le féminisme fonctionne, il faut bel et bien des effort du côté de la gente masculine, et ça fait plaisir.
          Merci, au plaisir !

          • Oui, l’absence quasi totale des hommes du milieu de la petite enfance est un problème, car les femmes qui y travaille n’ont généralement pas une approche très progressiste de ces questions.

            On pourrait faire un livre sur les raisons de cette absence, qui n’est pas uniquement liée à une dépréciation de ces métiers mais aussi à une hostilité vis-à-vis de la présence d’hommes dans ce milieu, qui reste une chasse gardée confortable.

  3. bonjour,
    je me suis aussi retrouvé un jour face à cette situation et j’ai aussi eu cette réaction qui m’a interpellé. Autant pour ma fille, j’ai poussé vers des jeux mixtes, voire catalogués « de garçons », autant pour mon fils j’ai eu un infime blocage interne à l’une ou l’autre occasion. Cela m’a amené à des considérations identiques à celles de ton article :-)

  4. Merci pour cet article. J’essaye aussi de faire attention à ça, surtout avec bientôt deux petits garçons … personnellement, je cherche une petite poussette et des vêtements pour le poupon de mon (mes) fils, je crois par contre que le côté rose m’aurait dérangé … je n’aime pas le rose …
    Mais aujourd’hui, en faisant les courses, il ne restait plus qu’une brosse à dents rose pour 2-7 ans … j’avoue, j’ai hésité, puis je me suis dit que pour 6 mois, la couleur n’avait pas d’importance et que finalement, c’était aussi une manière de lutter contre les stéréotypes en tout genre ;-)

    • Effectivement, il y a un point auquel j’ai pensé mais que je n’ai pas développé : est-ce que ma réticence concernait l’achat d’une poussette rose pour mon fils, ou le fait que je trouvais la poussette fondamentalement trop rose et pas vraiment jolie ? :D Je ne voulais pas mettre de la confusion donc je suis restée sur l’idée principale, mais c’est sûr que quand on n’aime pas le rose à la base, ça complique les choses. Ce qui aide, je trouve, c’est de les laisser choisir sans les influencer, peu importe que la brosse à dents soit bleue, verte, rose, ou jaune !

  5. Heureusement que je n’ai pas lu que l’introduction : j’aurais été énervée (j’ai cru y apprendre à 35 ans que je suis pas une fille parce que je n’aime pas les poupées).
    Je suis d’accord avec le reste de l’article : nous avons trouvé (difficilement)un jouet -poussette bleu pour mes garçons et un balai rouge et jaune. Tout était rose. Après coup, j’y avais réfléchi et m’étais dit que si j’avais eu une fille, elle n’aurait simplement pas eu droit au balai :/ (mais à la poussette rose : sûrement !).
    J’ai constaté que les garçons aussi pourraient aimer jouer à « se faire beau » en mettant des colliers par exemple (que la nuit, pour que personne ne le voit), ou avoir des choses « Hello Kitty » (sous le prétexte que ce soit pour moi parce que sinon ça serait trop la honte).
    Bref, une société plus égalitaire, toute le monde y gagnerait !

    • C’est marrant tu as eu le même réflexe que quelqu’un d’autre sur Facebook qui a critiqué mon premier paragraphe aussi et l’a trouvé en opposition avec le reste. Mince, je me suis peut-être mal exprimée, parce que je ne vois pas ce que cela change au débat pour la non-sexualisation des jouets et de notre société en général.

      Par exemple, si j’ai un penchant pour la glace à la vanille à 1 an, est-ce que ça justifie qu’on ne me propose que de la glace à la vanille le restant de ma vie et qu’on attende de moi que j’ouvre un magasin qui ne vend que de la glace à la vanille ? Non. Dire que les filles peuvent avoir globalement un penchant naturel biologique pour les poupées à un jour de vie, ne signifie pas qu’elles s’y intéresseront plus tard, encore moins qu’on doit les enfermer dans une direction.

      En général (et je ne parle pas de toi, hein, juste, ça me fait réfléchir), je trouve dommage de s’enfermer dans des arguments pro ou anti, sans s’ouvrir à la possibilité que certains éléments généralement avancés par le camp opposé peuvent être vrais, et voir à quel point ça peut faire s’effondrer nos convictions, ou pas. Dans le cas du sujet de l’article, je ne trouverais franchement pas aberrant que les filles ait pour la majorité une attirance pour les bébés, résultat de l’évolution, et ça ne change en rien ma conviction intime quant à la nécessité de lutter contre les stéréotypes et le sexisme, parce que personne ne devrait être enfermé dans un modèle ou être limité dans ses possibilités, dénigré ou jugé pour ses choix de vie basé sur un possible penchant naturel à un jour de vie.

      Je suis 100% pour l’égalité des opportunités, et là tout de suite, je porte avec fierté ma casquette de chercheuse en science, qui a la « joie » d’avoir des toilettes que pour elle au boulot, rapport au fait qu’à mon boulot on y trouve plus de WC féminins que de femmes…

      Donc non, archi-non, ce que j’ai écrit ne signifie pas du tout que tu n’es pas une fille si tu ne joues pas aux poupées ! Ce n’est pas ce que je pense et je pense que l’étude citée non plus. Je concède que l’étude puisse alimenter le discours des conservateurs, mais on ne devrait pas éliminer la possibilité qu’il puisse y avoir du vrai là-dedans et voir si finalement ça change quelque chose à notre discours. Dans mon cas, non.

      Sinon pour le reste on est d’accord : c’est nul que les garçons doivent se cacher pour faire des jeux « de fille ». Et aussi, oui à une société plus égalitaire, BIEN SÛR. :)

  6. Merci pour cet article et cette réflexion qui m’arrive aussi fréquemment.

    J’ai trouvé une grosse différence et un enfermement stéréotypé des produits « pour garçons » par rapport aux produits « pour fille » lorsque j’ai cherché des habits pour mes garçons.

    Il y a 15 ans quand je cherchais des habits pour mon bébé, fille, dans mes souvenirs en tout cas, il y avait toutes les couleurs disponibles, dont une grande partie blanche, crème ou couleurs naturelles douces, mais aussi orange, vert, jaune, un peu de rose mais sans plus, du bleu autant que pour les autres couleurs, du violet, bref , tout l’arc-en-ciel. Tout était « pour bébé », la déco sur les pyjamas aussi avec des dessins naïfs ou animaux de toutes les couleurs sur toutes les couleurs de pyjama. Les bodys « petit bateau » étaient jaunes, blancs, mauves, bleus, verts, avec les mêmes petits dessins (ou pas) quelle que soit la couleur.

    Il y a 9 ans, pour notre premier fils, ça c’était déjà un peu gâté mais on avait encore en stock les affaires de sa soeur. Lorsqu’il a grandit et que je lui ai cherché des pantalons ou pantacourts, ceux de ses soeurs ayant rendu l' »âme » entre temps, alors là j’ai pesté! Tout ce qui était proposé « pour garçon » était tristement terne, du bleu marine au kaki, en passant par le marron ou le noir, même à 2 ans. Même les habits orange, vert, jaune avaient des teintes ternes comparées aux teintes employées pour les habits destinés aux filles. Mais on pouvait encore prendre des trucs « de fille » pour les mettre à un garçon, les formes étaient identiques. Il y avait déjà des différenciations de déco, flocages et autres broderies, déjà plus typées avec princesse d’un côté et pirate de l’autre.

    Mais là maintenant depuis 2 ans c’est pire: le bleu et le rose ont envahi les fringues de bébé qui sont devenues des fringues de « bébé fillé » ou « bébé garçon ». Ca devient presque difficile de trouver des couleurs calmes, restreintes au blanc ou gris, parfois beige. Mais exit les jaunes, oranges, verts. Même Décathlon s’est mis au clivage rose/bleu ds ses fringues pour bébé! http://www.decathlon.fr/C-308403-les-sous-vetements-et-accessoires .
    Côté pyjamas de bébé, ils ont quasi tous maintenant des dessins « genrés » « princesse vs guerrier. Exit aussi les éléphants, pandas, oies , girafes et autres nounours de ttes les couleurs.

    Même les formes des T-shirts et autres sous-pulls ont évolué, même lorsqu’ils sont blanc, avec des petits froufrous « pour les filles » et sans pinces au col pour les garçons.
    J’ai réussi à mettre des habits « à pinces » de couleurs vives à notre fils (habits achetés ds les rayons « fille » ) et il a pu mettre des T-shirts roses à l’occasion jusqu’à ses 5 ou 6 ans environ. Plus âgé il a reçu trop de critiques de la part de ses amis et aujourd’hui il ne met les couleurs vives que les we et vacances scolaires, en dehors de l’école et des discours moqueurs et méprisants des garçons habillés en tenue de camouflage… (je lui ai dit qu’en fait ils étaient peut-être jaloux de ses belles couleurs ^^)

    Cet hiver, en me promenant avec notre fils de 18 mois habillé en blouson de neige de couleur rose, j’ai eu des bonnes discussions avec les petits filles du village qui n’arrivaient pas à imprimer dans leur discours le fait que notre grand bébé était un garçon. « ben oui j’arrive pas à retenir que c’est un garçon car il est habillé en rose »… Le fait de dire que toutes les couleurs de l’arc-en-ciel sont pour tout le monde et pas seulement pour les filles les a choquées. J’espère en bien et que ça fera son petit bonhomme de chemin lorsqu’elles grandiront.

    Je milite pour le droit des petits garçons à porter des habits de couleur, et de couleur vives eux-aussi! Y compris du rose si ça se présente ou s’ils en ont envie!

    • Merci pour ce commentaire qui va exactement dans le sens de l’article. Le lien vers la page de Décathlon est édifiant… je dois y être exposée tous les jours, mais de le mettre en évidence comme ça, c’est vrai que c’est choquant ! Finalement, on baigne tellement dedans qu’on finit par s’habituer et ne même plus remarquer. C’est bien ce que tu fais. Mois c’est sûr, après l’épisode de la poussette, je serai plus vigilante, et peu importe que les gens pensent que c’est une fille. Limite, comme le disait un lectrice sur mon blog (j’y ai partagé l’article aujourd’hui), c’est mieux, car ça évite des phrases types du genre : « Oh il va être fort, costaud, un vrai dragueur plus tard » etc. Bon courage dans ta quête, j’espère que les mentalités évolueront sur le sujet.

  7. Bravo pour l’article! Pareil pour moi. Mon fils adore le rose. C’est sa couleur préféré. Donc dès qu’on lui demande son avis, et c’est souvent pour ses habits et jouets, c’est sur, c’est le rose. J’avoue que moi aussi au début, j’ai eu du mal. Et aussi du mal à expliquer la raison de mon malaise: ces satanés stéréotypes qui ont la vie dure. Bien sur, certains de ses copains ont commenté ses baskets roses. Alors je leur ai expliqué que eux aussi ils ont le droit à toutes les couleurs. Je pense que c’est aussi cela que je craignait que les autres le casse. Et puis je vois qu’il tient tête. Alors maintenant il choisit ce qu’il veut!

    • C’est génial que ton fils ne baisse pas la tête face aux copains ! Quand on a raconté l’histoire à des amis, ils nous ont avoué avoir offert une poussette et une poupée à leur fils de 3 ans, qui s’est beaucoup amusé avec. Mais un jour, en rentrant de l’école, il leur a dit ne plus vouloir jouer avec parce que ses amis lui avaient dit que c’était « un jouet de fille ». La route est longue encore, mais à force de prises de conscience, on y arrivera !

  8. Y a des femmes soldats, gendarmes et qui sait, les Etats-Unis seront probablement présidée par une femme… Est-ce que l’expression « filière masculines » est encore d’actualité. Certes, on ne niera pas les réalités dans certains pays, notamment dans le monde arabe. Mais que ce soit préférable qu’une « échappe » au poste de secrétaire d’un psychologue ou de caissière, c’est pas plutôt ce genre d’affirmation qui reflète du sexisme de pureté ? Cela dit, le débat est ouvert et vous avez tout à fait le droit d’avoir votre opinion. Moi personnellement je crois en notre héritage culturel dont font partie les valeurs chevaleresques ou le charme d’une télésecrétaire (que je suis) qui répond avec grâce au bout du fil, ou encore la grâce d’une mère aimante. A bon entendeur.

    • Est-ce que le fait que Obama, noir, soit président des Etats-Unis signifie que le racisme là-bas n’existe pas ? Je ne crois pas. Il en va de même pour le machisme, qui est un réel problème, et pas seulement dans les pays du monde arabe.
      Si la tournure de mes propos vous a blessée, vous m’en voyez désolée. Ça n’était peut-être pas assez clair, mais l’intention du texte n’était nullement de dénigrer les métiers cités ; c’était de déplorer le manque d’hommes dans ces milieux, ce qui résulte en une idée que la place de la femme se trouve là et seulement là.
      Si vous souhaitez penser que d’avoir écrit ces mots fait de moi quelqu’un de sexiste, ignorant ainsi complètement le sens global de cet article, libre à vous.

    • je pense que vous n’avez pas bien compris le sens de l’article… Et alors la remarque sur les pays arabe me parait complètement déplacée !!! Vous croyez que le sexisme n’existe pas en Europe ni en Occident? Ouvrez les yeux ! Et qu’est-ce que le « sexisme de pureté » exactement ? Je n’ai jamais entendu parler de ce concept et je ne comprends pas du tout cette expression!
      Pour ma part, je pense que « l’héritage culturel » et les « valeurs » ne devraient pas être des prétextes à l’enfermement dans des rôles stéréotypés.

  9. Merci pour cet article qui recoupe bien mes préoccupations!
    Oui, il y a sans doute quelques pistes d’améliorations, constatées par Mme Déjantée (moi aussi, j’ai été un peu perturbée par les premiers paragraphes!) ;)
    Mais j’ai bien aimé ton exemple et ce qui en découle.
    Les questions que je me pose en restent pour l’instant à la théorie, puisque je suis mère de 2 filles! Et que oui, je fais attention à ce qu’elle puisse s’autoriser des « trucs de garçons » (jouets, vêtements). Comment me comporterai-je avec un garçon?
    J’en discutais avec une amie qui constatait qu’elle demandait inconsciemment moins à ses garçons pour ce qui relevait des tâches domestiques. (Et qu’elle avait la flemme de demander 10 fois à son compagnon de plier le linge et que finalement, elle préférait le faire elle-même, ça allait plus vite.)
    L’éducation à l’anti-sexisme est un long -et fatiguant- chemin ! ;) Car nous devons lutter contre des stéréotypes et des réflexes si bien ancrés…

    • Merci pour ton commentaire (et l’autre aussi, ça fait du bien de ne pas se sentir seule).
      Pour ce qui est du premier paragraphe, je comprends le sentiment, car il me semble que ce sont les faits justement avancés par les personnes conservatrices pour justifier leur réticence à la lutte contre le sexisme. Je trouve tout de même intéressant d’imaginer que, même si ces faits devaient être avérés, cela ne change rien aux efforts que l’on doit faire. Ce que je veux dire c’est que, vraie ou pas, une inclination naturelle différente pour les filles et les garçons ne change rien au fait que l’on doit continuer à rester objectifs, proposer de tout à nous enfants, leur inculquer que tous les métiers sans exception peuvent être exercés par des femmes comme par des hommes. Le problème avec l’étude, toujours si elle devait s’avérer vraie, c’est qu’elle ne prend pas en compte les individualités, ni l’évolution des intérêts de chacun. (Une fois deux plus, je parle avec beaucoup de « si », parce que vous m’avez tous bien fait douter ! ) En tous cas, pour moi, si l’étude citée devait s’avérer une fraude, cela ne ferait que simplifier l’argumentaire, qui pour moi reste valable dans tous les cas.
      Bref, pour parler du reste, c’est clair qu’il y a un gros problème de reproduction également. Si le compagnon de ton amie participe difficilement aux taches ménagères, ses fils risquent de rapidement intégrer qu’il incombe à leur mère seule de les faire, et cela peu importe les discours, car il semblerait que donner l’exemple soit la meilleure manière de transmettre qu’il soit !
      Je suis contente tout de même de voir que beaucoup ont lu la même réflexion que moi et en sont arrivés aux mêmes conclusions (même s’il y a divergence d’opinions sur l’introduction haha).

      • pour l’intro, je comprend bien le raisonnement a priori en tout cas.

        C’est la même chose que de dire que les humains ont une préférence naturelle pour tout ce qui est sucré et pour tout ce qui est connu. C’est vrai et démontré, et ça n’empêche pas que ne manger que sucré ou n’aller que vers ce qui est connu n’est pas franchement une voie de santé ni une voie épanouissante. Le fait qu’on soit globalement (il y a des exceptions) tous attirés par ce qui est sucré et par ce qui nous est connu n’est pas à renforcer et n’empêche pas qu’il faille ouvrir les horizons (gustatifs et autres) à ce qui n’est pas sucré et à l’inconnu au sens large.

        De la même manière, si l’on avait une inclination biologique même petite pour les comportements classiques de répartition des tâches homme/femme, ça n’empêcherait pas qu’on aie tous besoin d’élargir notre horizon et là aussi d’aller vers ce qui est – pour l’instant – moins connu.

        Jusqu’à ce que ça devienne un non-sujet. Jusqu’à ce qu’une femme puisse être militaire sans être qualifiée de « faire un métier d’homme » ou qu’un homme puisse être télé-secrétaire sans être moqué comme faisant « un métier de femme ».

        Jusqu’à ce que chacun puisse être reconnu-e pour ce qu’il est, avec le métier qu’il pratique comme étant un item parmi d’autres, parmi toutes les composantes qui font de cette personne ce qu’elle est.

        Jusqu’à ce que la « grâce » d’être parent puisse être appréciée chez les hommes comme chez les femmes indistinctement ;-).

        Comme dit Marion Poitevin, dans les « métiers jusqu’ici réservés aux hommes » (ici militaire, policier, alpiniste, secouriste en montagne entre autres en ce qui la concerne), « On fera ni mieux ni moins bien. Mais différemment ». http://www.ledauphine.com/societe/2016/06/10/marion-poitevin-premiere-de-cordee

        Ce n’est pas une compétition mais une biodiversité à laquelle tous les métiers devraient pouvoir accéder ;-).

  10. Je me suis fait récemment une réflexion qui allait dans le même sens que ton propos, il me semble :
    Je suis contente d’avoir eu un fils après avoir eu une fille. Pourquoi ? Parce qu’il m’est assez facile de mettre des jouets de garçon entre les mains de ma fille et de la vêtir au rayon garçon pour être plus à l’aise entre autres raisons… Je suis moi-même ingénieur et je sais que je l’aiderai sans sourciller si elle s’oriente vers un métier d’homme.
    Alors que je ne pense pas que j’aurais acheté facilement une poussette rose (enfin la poussette si, la poupée avec une robe et des cheveux sans doute plus difficilement…) mais heureusement pour lui, notre maison est déjà équipée d’une dinette complète, de poupées en tout genre et de quelques accessoires « très fille ». Il y a accès indifféremment et rien ne me ravie plus que de voir mon fils derrière la cuisinière pendant que ma fille fait rouler son train ;)
    Et pour les vêtements ? Je ne serai pas capable de faire porter une robe à mon fils… et s’il le demande dans quelques années, je ne sais franchement pas si je pourrai passer le cap mais comme il a la chance d’être le 2e et que je refuse d’acheter trop de vêtements, il est déjà sorti avec une salopette rose à froufrou ou des collants à paillettes (pas le même jour ^^) !! Je ne suis pas sûre que ça durera, je me sais malheureusement conventionnelle… mais ce qui est pris est pris :D

    • Jamie, j’ai un doctorat dans un domaine à cheval entre les maths et l’info, donc pour ce qui est d’orienter ma fille vers des disciplines typiquement masculines, tout comme toi, aucun problème par ici ! Mais effectivement, l’autre sens me semble moins évident. Depuis que j’ai eu cette réflexion (et écrit cet article), j’ai fondamentalement changé cela dit : j’essaie de me forer un peu à lui mettre à disposition autant de jouets type fille que garçon, après à lui de voir ! Pour les habits, j’avoue que quand même, je n’en suis pas à lui mettre des robes, mais s’il demande à en porter je ne lui refuse pas. En ce moment (et ce n’est pas grand chose), il porte de très jolies baskets roses qui lui vont à ravir ! Je me dis que c’est déjà ça… :)

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