Je n’avais pas prévu d’écrire d’article sur Noël.

Je m’étais dit qu’on nous casse bien assez les pieds avec tout ce qu’on doit faire et ne pas faire avec nos enfants – moi y compris – pour ne pas en rajouter en cette période de Noël que je souhaite au passage douce et tendre à chacun d’entre vous.

Mais – car il y un mais – voilà que ce matin au petit déjeûner je lis le mini-debrief de Homewseetmome « quand Noël nous fait réfléchir » sur les Vendredis Intellos  … Ben oui que voulez-vous, certains lisent « Le Monde » au petit déj, moi c’est « Les Vendredis Intellos », chacun son truc !

Enfin bref, donc je lis le mini-debrief qui m’amène sur un article de Catherine Dumonteil-Kremer « Le Père Noël, parents conscients, extraits ».

Et là, désolée mais je n’ai pas pu me retenir !

Il a fallu que je ponde un billet illico presto entre 2 rendez-vous … Non parce que là, ça ne va pas, mais pas du tout ;-) …

Déjà, pour moi, ça commence mal :

« Pour moi le fait de croire ou pas au Père Noël n’a rien à voir avec une opinion, il n’existe pas. »

Non, sérieux, je vais être pénible là … mais le Père Noël existe au moins autant que n’importe quoi d’autres que nous n’avons jamais rencontré : les extra-terrestres, les fées, les fantômes, les méridiens de l’énergétique chinoise … ou même Dieu …

Ce n’est pas parce qu’on ne l’a pas rencontré et qu’il ne fait pas les cadeaux que le Père Noël n’existe pas.

Je n’ai jamais rencontré Dieu et je ne l’ai pas vu à l’oeuvre et pourtant j’y crois au moins un peu. Comme au Père Noël en fait. J’ai envie d’y croire en fait ;-).

Mais le plus important à mes yeux dans l’article de Catherine Dumonteil-Kremer n’est pas là.

L’important -et la vérité – sont ailleurs … tin tin tin … (les plus jeunes d’entre vous ne comprendront rien à cette référence culturelle mais je la trouvais particulièrement appropriée dans cet article à vrai dire).

 « Si quelqu’un croit en son existence ici, je comprendrais qu’il la transmette à son enfant, mais là c’est très différent, nous sommes un groupe d’adultes qui ne croyons plus au Père Noël depuis longtemps. Nous savons qu’il est une fable et nous faisons ou pas passer ce message nos enfants. »

Puis après – et c’est là que ça se gâte le plus à vrai dire :

« En tant qu’enfant, je crois que l’on s’attend à recevoir beaucoup de bon de la vie, de vraies relations avec des adultes qui n’ont pas peur de la vérité. »

Ah oui, donc là, il y a les bons et les mauvais parents (cf mon article sur les « bons » et les « mauvais » parents à lire ici).

Donc les « bons » parents disent la vérité à leurs enfants et ne leur font pas croire au Père Noël.

Et les « mauvais » parents mentent à leurs enfants et leur font croire au Père Noël.

Et ça, ça me gêne aux entournures. Voire même ça m’énerve sérieusement ! Et ce n’est pas la 1e fois !

Et le « bon de la vie », ça ne pourrait pas être un bon moment de rêve partagé ? Un moment de magie où on peut croire à tout ce qu’on veut ?

Est-ce que parler du Père Noël, des fées, de la magie, c’est avoir peur de la vérité ?

Parler du Père Noël,  n’est-ce pas simplement avoir de l’imagination et faire partager à ses enfants un monde un peu plus chouette que celui des adultes qui manque terriblement de magie la plupart du temps ?

Détromper les enfants au sujet du Père Noël, leur dire « la vérité », ne serait-ce pas aussi avoir peur, peur de la déception de ses enfants, peur de les voir souffrir en découvrant une autre réalité que la leur ?

Dans les livres de Faber et Mazlish, on parle très bien de notre fâcheuse tendance à vouloir protéger les enfants des déceptions, ce qui nous amène aussi à les protéger contre leurs propres rêves. Dommage si on veut donner une éducation à la joie et à l’émerveillement.

Celui qui ne croit à rien n’est jamais déçu … mais je ne suis pas sure qu’il soit vraiment heureux.

Donc parler du Père Noël, des fées, de toute autre chose magique – dont nous, pauvres adultes au coeur sec comme la « vérité » nous savons bien qu’elles n’existent pas – ce serait « avoir peur de la vérité » et « mentir » à nos enfants ?

Ce serait avoir des relations « fausses » avec eux ?

Un parent qui participe au « mensonge » du Père Noël est un mauvais parent  donc ?

Pfiou, là on rentre dans la « morale » où certains décident ce qui est bien ou mal pour les autres (j’ai publié récemment une jolie citation sur la morale sur mon blog, à lire ici).

Et la morale, en termes de relation parent-enfant, ça me gêne vraiment beaucoup beaucoup. Qui sommes-nous pour décider à la place des autres ce qui doit être dit ou pas dit aux enfants ?

Et puis il y a autre chose … une chose encore plus importante pour moi – attention, je vous préviens, il y a du lourd :

Croire qu’il existe UNE vérité me parait être un leurre absolu.

Et quand je lis ce passage :

« Je me rappelle avoir fait un stage de chant familial avec des animateurs qui travaillaient eux avec des tout petits. Ils avaient basé toute une semaine de leur vacances sur un conte, et le dernier jour, dans la forêt, ils avaient déposé des indices qui permettraient aux enfants de croire en l’existence des personnages du conte.

Ils riaient beaucoup en parlant du fait que cela avait très bien marché, les enfants croyaient en ce qu’ils voyaient, en même temps de l’interrogation et de l’émerveillement qui plannaient dans leur regard, bien franchement si la fée de cendrillon pénétrait ma maison, maintenant c’est ce que j’éprouverai, de la surprise, est-ce vrai ? Et de l’émerveillement, ça correspond à toute ma culture d’enfant walt disneyisée.

En écoutant les animateurs, au fond de moi il y avait quelque chose de très fort qui se manifestait, j’avais envie de leur dire à quel point les enfants ont besoin d’authenticité, à quel point ils ne sont pas « mignons » mais juste des humains qui se nourrissent de respect, pourquoi leur faire cela ? »

Est-ce que les adultes n’étaient pas authentiques en essayant de faire partager un moment de rêve à ces enfants ?

Est-ce qu’ils étaient irrespectueux de les entraîner dans un doux délire qui peut nourrir leur imagination et créer chez eux des envies d’imaginer des contes à leur tour ?

Moi, même en tant qu’adulte, j’adorerai qu’on me fasse croire aux fées, au Père Noël ou au Prince Charmant (ah non, là c’est autre chose !).

Qu’on le fasse d’une façon suffisamment réaliste pour semer le doute, pour que je ne sache jamais si c’est vraiment vrai ou pas. Je trouverai juste ça merveilleux à vrai dire et je rentrerai à fond dans le délire, juste pour le plaisir d’y croire. 

D’ailleurs, faut que je vous dise, j’ai vraiment ENVIE d’y croire (aux fées, pas au Prince Charmant, quoi que …).

Donc je suis toujours désolée de voir qu’on peut penser qu’il existe UNE vérité.

Quelle drôle de réduction du monde, quelle sécheresse de coeur et d’esprit …

La seule vérité que je connaisse sur le Père Noël, c’est que je ne l’ai pas rencontré et que ce n’est pas lui qui fait les cadeaux.

Mais peut-être y a-t-il d’autres réalités, tout aussi réelles que la mienne où les choses sont différentes.

Par rapport au Père Noël, pour ma part, j’ai choisi d’entrer dans le mythe pour le plaisir, le mien et celui de mes enfants à voir l’émerveillement de mon fils devant ses cadeaux l’année dernière.

Mais j’ai surtout aidé mes enfants très tôt à distinguer entre les vrais et les faux Père Noël …

Comment on fait ?

Le Père Noël ne fait pas de chantage : le Père Noël fait des cadeaux parce qu’il aime ça, que ça lui fait plaisir, pas parce qu’on a été sage ou gentil !!!

Cela permet aux enfants de rapidement différencier les vrais des faux et de détecter l’utilisation abusive qui est faite du Père Noël par certains adultes  et donc de savoir tout de suite si on a à faire avec quelqu’un qui sait vraiment ce qu’est Noël ou pas.

Pour conclure, je ne crois pas qu’il y a une bonne et une mauvaise façon de gérer le Père Noël avec ses enfants. 

La meilleure façon, ce sera la vôtre pour peu que vous soyez attentifs à 2 choses : ce que VOUS ressentez à propos de Noël, le sens que vous donnez à cette fête et aussi ce que VOS ENFANTS en attendent.

Parce que nos enfants n’ont pas à porter le poids de nos combats personnels ou de nos propres déceptions d’enfants.

Vous avez le droit de ne pas vouloir mentir à vos enfants … mais vos enfants ont peut-être envie de rêver un peu …

Alors chez vous, Père Noël ou pas du coup ?

Sandrine S Comm C

Retrouvez cet article, et bien d’autres, sur mon blog : le blog de S Comm C