Le mythe du Père Noël !

Comme à beaucoup d’enfants, on m’a inculqué la croyance au mythe du Père Noël. Je me souviens très bien des heures passées à m’imaginer le vieux barbu occupé à lire les lettres des enfants, l’atelier de créations des jouets, le traîneau glissant sur la neige, le passage délicat par la cheminée… Il y avait aussi les livres d’images qui m’aidaient à mieux affiner mon scénario, toutes les questions que je posais à mes parents, la maitresse de maternelle qui nous racontait aussi des histoires. Bref, toutes ces heures à y penser et à rêver sont des souvenirs merveilleux… Franchement, j’ai beaucoup aimé !

Ouaip, sauf qu’au moment où on m’a claqué dans le nez (une copine bien intentionnée en CE1) que tout cela n’était que foutaise… et que mes parents me racontaient des histoires… j’ai beaucoup pleuré ! Je ne me souviens pas si ces instants de désespoir ont duré longtemps, toujours est-il que ma réaction fut « on m’a menti ! » et surtout « pourquoi dois-je abandonner tout cela maintenant, toutes ces belles histoires ? » et le monde me parut bien bien triste.

Lorsque je suis devenue mère, je souhaitais aussi apporter du rêve à mes enfants… parce que cela me semblait important mais je ne souhaitais pas en faire trop, pas trop de détails loufoques sur les rennes qui traversent le ciel en pleine nuit, le gros bonhomme qui se glisse en un temps record dans les conduites de cheminée. Et puis, il y avait le point de vue du papa qui lui refusait absolument de mentir à ses enfants. Bref, pas facile, facile. On a coupé la poire en deux, on a délivré le rêve, sans trop détail et à la moindre question du petit, on a décidé de ne pas insister… au risque de couper le rêve un peu vite.

Quelle est la bonne solution ? Faire croire ou ne pas faire croire ? Que ressentent la majorité des enfants lorsqu’ils apprennent la vérité ? En veulent-ils à leur parent ? Sont-ils violents, en colère ? Manquent-ils quelque étape importante dans leur construction si la magie de Noël n’opère pas autour d’un mythe ?

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Un article paru dans le numéro novembre 2014 de  » L’essentiel, Cerveau et Psycho », consacré aux croyances aborde ce thème et ces questions : « Dire adieu au Père Noël« . Il est signé Gérald Bronner, un sociologue dont j’ai apprécié plusieurs ouvrages « La Démocratie des Crédules« , ou  » Nos représentations du hasard » ou plus récemment « La planète des hommes. Réenchanter le risque« .

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De l’importance de se poser la question
Pour l’auteur, beaucoup de parents ne se posent pas ce genre de questions, (tant il est ancré dans notre culture j’imagine)

« Ce mythe est souvent perçu comme un enfantillage sans importance par les parents qui considèrent la disparition du Père Noël comme une étape nécessaire vers l’acquisition de la rationalité »

Cependant, l’auteur s’interroge et estime que cette étape est délicate dans la construction de soi-même car

« il ne s’agit pas seulement de la disparition d’une croyance, mais aussi de la nature des liens que l’enfant entretient avec un entourage qui lui a menti »

Alors pour appréhender le ressenti des enfants,  l’auteur en a interrogé une bonne centaine.

« La raison la plus immédiate qui conduit de jeunes enfants à adhérer à un mythe aussi spectaculaire est qu’il leur vient de leurs parents. Or les enfants croient naturellement ce que leur disent leurs parents…

surtout que

 « toute une mise en scène donne consistance à un mythe qui pourrait rester abstrait et contribue à installer une atmosphère propice à l’acceptation du scénario »

Comment s’arrête la croyance ?
Le sociologue analyse ensuite les raisons pour lesquelles la croyance s’arrête. Et je pense que selon le scénario, l’impact n’est pas le même.
Bref, trois grandes catégories apparaissent :
1) la dissonance lorsque l’enfant s’aperçoit d’une anomalie, quand il a découvert les cadeaux cachés dans la maison avant la date ou reconnu quelqu’un sous le déguisement du Père Noël.

2) la concurrence lorsque l’enfant est informé de la duperie par un tiers

« Les principaux vecteurs du doute sont les camarades de classe »
« Le doute est instillé par le démenti de certains camarades et suivi d’une dissonance qui qui confirme l’inexistence du Père Noël »

3) l’incohérence lorsque l’enfant, réfléchit de lui même et perçoit des invraisemblances.

Evidemment, il y a souvent un peu de tout entre ces trois catégories.

Le ressenti des enfants
Et voilà, la question cruciale. Comment le vivent-ils ? Toujours sur la base d’entretiens réalisés auprès d’enfants. On apprend (ou on se voit confirmer) que 

« L’abandon de la croyance au Père Noël provoque presque une fois sur deux une situation de crise »
 » Celle-ci peut relever de la simple déception ou engendrer des actes de violence et causer une douloureuse remise en question de la vision du monde de l’enfant »

 » Cette remise en question peut conduire, dans certains cas, à éprouver des soupçons envers le monde des adultes, à le considérer comme un univers où tout le monde ment »

L’auteur nous donne néanmoins quelques clés en nous indiquant que c’est la rupture soudaine, qui engendre le plus d’inconfort et de crises.
Il est donc recommandé de s’y prendre en douceur, en ne cherchant pas à trouver de multiples pirouettes douteuses lorsque l’enfant pose les premières questions qui suggèrent que sa croyance s’émousse. A en croire le vécu de enfants interrogés, dans ces circonstances, ils ont l’impression « d’entrer dans la cour des grands« , d’autant plus lorsqu’il y a un(e) petit(e) frère ou sœur à initier. Bref, leur système cognitif est préparé en douceur pour affronter la vérité.

Pourquoi mettre en place ce mythe ?
Pas de réponse catégorique. Pour l’auteur, il est tout de même génial au moins une fois dans sa vie, de pouvoir vivre des moments aussi intenses appartenant au « merveilleux ».

Mon ressenti
En lisant cet article, j’ai interrogé mes propres enfants (les deux aînés ont 9 et 12 ans) sur leur ressenti lorsqu’ils ont appris (information venue classiquement des camarades). Ils m’ont dit tous les deux avoir été ravis de vivre des moments de magie et être protagoniste d’une grande histoire. Lorsque la vérité a éclaté, par petits morceaux, ils s’étaient « sentis prêts dans leur tête », surtout qu’ils continuaient à recevoir des cadeaux.

et vous ? comment avez vous appréhendé la chose ? comment l’ont ressenti vos enfants ?

Cette question du Père Noël a déjà été abordée plusieurs fois ici sur les Vendredis Intellos. A lire ou à relire ICI ou ICI ou encore LA.

Sinon, dans ce numéro de Cerveau & Psycho, il y a un autre article un peu lié « les enfants croient-ils tout ce qu’on leur dit ? » où on apprend, qu’ils savent sélectionner les informations les plus fiables, mais que cela dépend de l’éducation qu’ils ont reçue. Bref un article qui apporte également un peu d’eau au moulin de mon précédent post sur les programmes dans les média. Bref, courez acheter ce magazine…ou essayez de vous le procurer !

En attendant, je vous souhaite d’excellentes fêtes !

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23 réflexions sur “Le mythe du Père Noël !

  1. Mes enfants sont aujourd’hui grands mais je me souviens bien du jour où après qu’un copain ou une copine leur avait lâché le morceau, ils venaient me dire : »untel dit que le père noel n’existe pas ». Je leur répondais : « et toi, tu crois quoi ? ». C’est en fonction de leur réponse que je présentais une réponse évolutive. Si la réponse était « moi, j’y crois » je répondais que le père noël existait pour ceux qui y croyaient. Je ne cassais pas une croyance qui restait ferme et importante pour eux. Si quelque temps plus tard la réponse était moins ferme, je les invitais à m’expliquer ce qui les faisait douter. Et en leur offrant d’exercer leur raisonnement pour déduire de tout un tas de signes que le père noël n’existait pas, on en arrivait ensemble à la conclusion qu’ils étaient entrés dans le monde des « grands » qui sont dans le secret : le père noël, c’est les parents. L’abandon de la magie s’accompagnait d’un grand message d’amour et d’un passage dans le monde des grands.

    Une réponse intermédiaire si les enfants découvrent la vérité avant d’y être vraiment prêts, est de leur dire que comme le Père Noel est débordé, les parents donnent un coup de main. C’est une réponse qui satisfait ceux qui ont envie d’y croire encore un peu !

    • C’est très beau…oui je pense que le message d’amour qui accompagne la révélation ou confirmation est méga importante !
      J’aime aussi la réponse intermédiaire. Merci pour ton témoignage.

  2. je ne comprend vraiment pas en quoi il est nécessaire de mentir aux enfants pour les « faire rêver ». Les faire rêver consiste à leur raconter de belles histoires, voire à jouer, a faire comme si c’était vrai. Pas à prétendre que c’est vrai aloes que ca ne nest pas. Je pense qu’on les prend un peu pour des idiots.

    • Merci pour ton point de vue que je respecte.
      C’est vrai que dans l’absolu c’est mentir. Mais ce n’est pas n’importe quel rêve…c’est un rêve dans lequel ils sont entrés véritablement, et deviennent protagonistes quand ils sont tout petits. Mon aîné avait un imaginatif très imposant quand il était petit. Il racontait par exemple à la maitresse, très sérieusement qu’il était venu en hélicoptère le matin et qu’il l’avait caché dans la cour pour repartir dedans le soir.
      vivre dans le mythe du père Noël lui a beaucoup plus.Ce que je n’aurais pas fait par contre, c’est aller trop loin, mentir à fond alors que tout est perdu.
      voilà ensuite chaque parent ajuste selon son enfant, ses convictions …

  3. A la maison, mon mari et moi avons toujours été d’accord pour faire croire à la fable du père Noël… Je trouve que ça fait partie de la magie de la fête. Je me souviens avoir cessé d’y croire vers 7 ans, sans déception mais plutôt avec fierté d’avoir résolu l’énigme car j’avais quand même quelques doutes depuis longtemps. Mon grand fils de 6 ans commence à voir que l’histoire n’est quand même pas bien logique, il ne reste pas longtemps avant qu’il n’en tire les conclusions. Quand à moi, même si je sais que le Père Noël n’existe pas dans notre dimension, je pense qu’il se manifeste dans l’esprit de générosité qui préside (en principe) aux fêtes de fin d’année.Je suis bien contente de laisser mes habits de maman pour endosser celui d’assistante du Père Noël : quelque part j’y crois encore un peu. Inutile de préciser que ce père Noël ne demande pas aux enfants s’ils ont été « sages » ! J’ai aussi dans parmi mes amis pas mal de familles où le Père Noël n’a pas cours (raisons religieuses, traditions familiales ou choix inspiré par des lectures sur l’éducation non violente). A chacun de faire selon son ressenti. L’important est de se sentir juste avec son choix, et ne pas voir le Père Noël comme un moyen de pression, les enfants suivront sans doute …

    • Merci la souricette. Je suis entièrement d’accord. Il y a effectivement comme un symbole de générosité là dedans, de souci d’équité (tous les enfants sont gâtés)…

  4. Dan un article sur la sociologie du jouet de Gilles Brougere, on peut lire :
    « En effet les jouets sont pour leur très grande majorité offerts sous forme de cadeau, et Noël représente près de 70% des occasions d’achats. Il s’agit d’un don dissymétrique, sans véritable contre-don de l’enfant, ce qui traduit fortement sa dépendance vis- à- vis de l’adulte, mais il est intéressant de noter que sa ritualisation avec, entre autres, la référence plus ou moins présente au donateur fictif des fêtes de Noël ou de leurs équivalents atténue la violence symbolique du don sans contre-don à travers le mythe d’un donateur extérieur au donateur réel. »
    Voir https://lesvendredisintellos.files.wordpress.com/2011/12/jouet_sociologie.pdf

    Donc le mythe du Père Noël permettrait d’atténuer la violence symbolique du don sans contre-don auquel l’enfant est soumis …

    Nous , sans avoir tant réfléchi on a transmis le mythe du Père Noël qui avait enchanté nos enfances. Je ne crois pas que les enfants aient été dupes bien longtemps. Et même quand ils ont cessé d’y croire , il fallait un sapin pour trouver les cadeaux des parents dessous le matin de Noël.
    Ce sont les camarades de classe qui ont vendu la mèche, et on leur a dit que c’était une belle histoire qu’on avait pris beaucoup de plaisir à partager avec eux.

  5. merci pour cet article mesuré.
    de notre côté on doute, on n’a pas du tout envie de mentir mais on ne veut pas marginaliser nos enfants. cela dit, n’existe t il pas d’autres moyens d’instaurer une magie de noël? vous avez sans doute tou(te)s vu la video qui s’intitule l’autre lettre? des moments partagés, des jeux, la fabrication de gâteaux de noël, des balades dans les marchés, des friandises, des cadeaux moins materiels pour cultiver un plaisir peut être moins instantané, cultiver un terreau pour du désir durable et authentique, un peu protégé des hystéries consuméristes et avilissantes?
    non?

    • oh que oui…comme tu dis, Noël s’est peu à peu transformé en hystérie consumériste !
      Et prôner l’ambiance de Noël plutôt autour du ressenti, de moments forts est un belle idée…mais je ne pense pas qu’elle soit, du moins pour l’instant, très suivie.

  6. Pour ma part, j’étais plutôt partie pour une « père Noël light », là, mais pas là, on découvre les cadeaux le matin, on ne sait pas trop qui les a mis… sauf que mes beaux-parents ont tenu à déguiser mon beau-père en Père Noël, à le faire venir en présence des enfants qui ensuite y croyaient dur comme fer puisqu’ils le voyaient en personne tous les ans. C’est donc moi qui ai pris le parti quand ils ont eu environ 7/8 ans de leur révéler la vérité, quand ils commençaient à vaciller et pour éviter qu’un copain leur balance tout dans la figure. Je leur ai expliqué que les adultes aimaient faire le père Noël pour offrir des choses aux enfants qu’ils aiment et les faire rêver et qu’ils pouvaient à leur tour jouer ce rôle pour leurs frères et sœurs et cousins plus petits. Cette transmission a été importante pour eux et cette année mes cadets ont préparé des cadeaux faits main à tous leurs cousins de leur propre initiative. Ils sont devenus de vrais lutins du Père Noël et j’ai trouvé ça super mignon de leur part.

  7. C’est une question pour moi. Faire croire ou pas…
    Enfant j’ai vécu dans tous ces mythes : Saint Nicolas, Père Noël, Les cloches de Pâques et la petite souris. Ma maman trouvait des explications plausibles à beaucoup de questions (pourquoi des cadeaux très différents en nombre et en taille selon les foyers? – ou bien oups, je suis tombée sur la « réserve secrète » des cloches de Pâques : c’est trop lourd de tout porter le jour même). Avant l’entrée en primaire, ma maman a opté pour la 4e option « en douceur » : elle m’a expliqué « le secret des parents ». Elle a commencé par Saint Nicolas et j’ai poursuivi le raisonnement pour tous les donateurs nocturnes devant ma maman étonnée. ça ne m’a pas traumatisée et j’étais fière d’être dans le secret (je suis l’ainée). Ma soeur, par contre, a été très triste. Du coup, une même méthode peut clairement donner des résultats différents.
    Que ferais-je si j’étais parent? Je crois que je jouerais le jeu mais que j’expliquerais rapidement que, précisément, c’est un jeu. Et que comme c’est amusant, on continue. Enfant, on joue à être Peter Pan ou avoir un lit magique qui vole… on sait que c’est un jeu, et pourtant on joue, alors pourquoi pas avec ces mythes ?

  8. Je trouve dommage de mentir aux enfants sous prétexte de les faire rêver…il y a bien d’autres manières de les faire rêver….
    On peut leur raconter l’histoire du père Noël, comme une belle histoire bien sûr mais bien leur préciser que c’est une légende…
    Les cadeaux, c’est normal qu’ils sachent de qui ils viennent réellement et pas qu’ils tombent du ciel comme ça.
    Noël pour moi est une fête de famille avant tout, car je ne suis pas croyante; pourquoi leur faire croire qu’un vieux bonhomme apporte les cadeaux – c’est pour moi comme croire que Dieu existe…
    Pour moi faire croire au PN est juste une tromperie de plus. Ce qui m’agace le plus ce sont les parents qui font du chantage tout le mois de décembre car le PN risque de ne pas passer si les enfants ne sont pas sages – là j’ai vraiment envie de tout dire aux gosses quitte à me facher avec ces gens….et ça arrivera bien un jour !

  9. Pour plein de raisons contextuelles ( pro, familles éloignées etc), on a peu eu l’occasion de mettre de l’emphase autour de Noël … le sapin quand il était là n’était installé que le 23 ou 24 … voire dessiné ensemble … ou encore fabriqué en légo. De bonnes choses mais faites vite le 24 après le boulot. Bref, on se sentait un peu à la loose côté Noël. Notre  » supercherie  » s’est toujours bornée à une apparition « magique » des cadeaux. Chez nous, le père Noël passe le 24 au soir, généralement quand nous sommes tous ensemble (alibis les uns des autres ^^).
    L’aîné a du coup cru au père Noël : parce qu’il avait déduit que c’était la seule explication plausible vu les « preuves » ( on est doués en apparition magique ^^).
    Face à la rumeur des camarades passé un certain âge … hé bien, vu que lui y croyait, nous lui avons affirmé qu’il en avait le droit … que chacun avait le droit de croire ce qui lui plaisait.
    Nous n’avons pas de religion, avant ses 5 ans, il ne savait même pas ce que le mot « Dieu » signifiait ( d’ailleurs il l’a appris en se faisant punir pour avoir répété  » nom de dieu » et avoir beaucoup pleuré parce qu’il ne voyait pas où était le gros mot , merci l’école « laïque » ). Mais grâce au « père Noël », il a su ce que c’était que d’avoir à faire face pour ce qu’on croit. Je me dis que ce n’est pas si mal comme apprentissage. Quand il nous a demandé s’il existait, on a toujours répondu  » j’aimerais bien » ou des choses approchantes. Cette année, il en est venu aux questions directes et aux doutes rationnels. Je n’ai pas l’impression qu’il se soit senti trahi, il a choisi de croire ( comme il disait à certains  » je préfère croire au père Noël qu’à une religion, le père Noël au moins il est gentil avec tout le monde « ), tout comme j’en ai le souvenir de ma propre expérience. D’ailleurs, j’ai abandonné la religion de ma famille en même temps que ma croyance magique au père Noël.
    Il était triste néanmoins que ce rêve universel ( le fait que quelqu’un pense à chaque enfant le rassurait pas mal sur l’état du monde) ne soit pas si simple.
    … comme ma mère, je lui ai alors confié LE vrai secret de Noël : que l’on puisse tous être le père Noël de quelqu’un.

    … est venu pour lui le temps d’être un grand qui est capable de penser aux autres et de trouver les moyens de leur faire un petit plaisir. Il a commencé par quelques gâteaux faits par lui pour ses frère et soeur. Je me rappelle avoir commencé avec des minis cubes à neige, un pour chacune de mes soeurs. Je me rappelle avoir continué à toujours chercher la petite surprise qui va bien pour elles ou nos parents. J’adore être une mère Noël et mon grand adore déjà devenir un père Noël.
    Je considère vraiment ça comme un petit rite de passage de la pensée magique aux rêves qu’on se donne les moyens de rendre réels.
    Pas vous ?

  10. Ah oui… et pour revenir sur la crédulité et la façon d’en sortir… une annonce brutale de  » le père Noël n’existe pas » me parait carrément nuisible à plus d’un titre si on veux développer la confiance et l’esprit critique des enfants : on leur coupe la possibilité de mûrir leur réflexion et leurs indices, de faire le tri entre leurs rêves et la réalité et tout un tas de processus ^^ ( que tes enfants ont explicité d’ailleurs Pascale72 ^^)

    ça me parait évident que ça provoque et même que ça doive provoquer une « crise » en l’enfant. Si ce n’est pas le père Noël, c’est autre chose.
    J’ai croisé des tas de familles, dés mon enfance, qui pensaient s’éviter ce genre de choses, et les éviter à leurs enfants, en pratiquant  » la vérité ». Sauf que voilà … la vérité ne doit pas exister parce qu’il y a toujours ce moment où ça craque face au « réel ». La vérité à l’instant T de l’enfant ne sera pas non plus celle de son parent ou de sa soeur non plus.

    Personnellement, la fin de mes  » croyances » ( père noël et religion) ne m’a en aucun cas immunisée contre d’autres moments de changement de perception très perturbants ^^

    L’un dans l’autre, je suis plutôt contente d’avoir pu être avec mon fils sur ce chemin là … surtout que cette année encore, malgré sa « non-croyance », j’ai réussi avec brio mon apparition magique des cadeaux et son regard d’admiration était du coup tout à moi consacré avec un petit air interrogateur façon  » et si … ?  »

    Je me garderais bien d’être affirmative ou pas sur l’existence ou pas d’être surnaturels : chez nous on dit sans remord :  » ah, ça, peut-être, je ne sais pas » que ce soit pour le big bang, le changement d’eau en vin, le père noël, le paradis, la réincarnation etc …, et le retournement de question  » qu’est-ce que tu en penses ? » ^^

  11. De notre côté, nous ne savions pas trop comment faire avec le Père Noël. Ma famille étant très croyante, Noël a toujours été plutôt tourné vers la naissance de Jésus et le Père Noël n’était pas de la partie. Je ne me souviens pas y avoir jamais cru.

    Pour nos enfants, en discutant avec mon mari, nous étions un peu embêtés : nous ne voulions pas leur mentir, mais nous ne voulions pas les mettre en porte-à-faux face à leurs copains d’école. Ma solution a été de ne pas en parler : ne pas le mettre en scène, ne pas dire que c’est lui qui apporte les cadeaux, mais ne pas dire qu’il n’existe pas. En gros, nous avons fait l’autruche.

    L’autre soir, ma fille de 5 ans et demi me demande « Maman, il existe le Père Noël ? » Ne sachant trop quoi lui dire je lui ai demandé ce qu’elle en pensait. Elle m’a répondu que non, que c’était les parents qui apportait les cadeaux. Je lui ai répondu que Noël était magique et que ce soir-là tous les parents se transformaient en Père Noël. Cela dit, je ne sais pas trop si elle y croit ou pas car depuis elle s’est plaint de n’avoir jamais vu le « vrai » Père Noël.

    Sa petite soeur (3 ans et demi) y croit dur comme fer sans qu’on lui en ai jamais parlé. Pour elle, il passe même tous les jours de l’Avent pour remplir le calendrier :-)

    Donc nous ne rentrons pas vraiment dans le jeu, mais nous ne le combattons pas à toute force non plus. Nous les laissons vivre leurs rêves, mais nous n’avons pas l’impression de leur mentir.

    Et pour prouver que les parents sont parfois illogiques : je suis à fond dans le mythe de la petite souris et ma fille y crois dur comme fer. Faut pas chercher à comprendre…

  12. Merci beaucoup de ta contribution Pascale! Et désolée d’arriver si tard pour la commenter!!
    Ici on a opté pour une demi-mesure: pas de mise en scène (biscuit/lait, Pères de Noël de rue, lettres envoyée, etc…) mais on fait quelques mystères et utilise l’expression « le père Noël va passer ». J’ai eu des enfants qui avaient peur du Père Noël (intrusion sans effraction!!) à qui il a fallu très vite dire la vérité. D’autres qui y ont un peu cru à qui on a expliqué qu’à Noël nous aimions tous jouer les Pères Noël: préparer et apporter des choses en secret pour faire des surprises à ceux qu’on aime. Et qu’ils avaient le droit eux aussi d’être des Pères Noël! Je suis en accord avec cela, après tout: pourquoi faudrait-il arrêter de croire? Nous pouvons tous êtres des magiciens! ;)

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