Mon mec, pourtant réfractaire à la psychologie à tout va, semble penser que si notre fille de 5 mois refuse (et non pas « ne parvient pas ») toujours de prendre le biberon chez la nounou, c’est parce que je n’ai pas vraiment envie de la lâcher. Mouais. (la vérité, c’est juste qu’elle sait ce qu’elle veut. Point barre ! Non mais.)

En même temps, qui aurait envie de laisser ses gamins 10h par jour en collectivité pour aller faire un boulot qui ne l’épanouit pas plus ? Mais bon, c’est la vie. C’était pourtant déjà plus ou moins le cas pour l’aîné et il a pris son biberon sans trop se poser de questions – parce que je m’en posais moins moi-même à l’époque ? STOOOOP, on tourne en rond !

Eh oui, la psychologie dans la vie de tous les jours, ça peut devenir barbant. En même temps, il est vrai qu’après avoir vraiment pris le temps de parler à ma fille un soir au retour de chez la nounou, elle y est apparu beaucoup plus épanouie le lendemain, comme acceptant davantage la situation.

Alors oui, je reste convaincue des bénéfices de la parole, de l’impact des non-dits, du fait que les êtres humains absorbent mêmes des émotions qui ne sont pas clairement formulées, qui seraient manifestées « inconsciemment » par autrui ou encore par le fait que notre histoire a fait de nous ce que nous sommes, ce que nous exprimons.

Mais, comme pour tout, il est parfois bon de prendre du recul et de ne pas se laisser déboussoler par trop de questionnement. Prendre du recul sur les grandes théories des livres de puériculture, prendre du recul sur les grands principes de la psychanalyse aussi, comme nous l’explique Camille et Olivier de Superparents – ou le lien entre Freud et cette importance aujourd’hui accordée à « poser des limites » aux enfants.

De même, dans Trop d’enfants chez le psy, MamanMaisPasSeulement nous pose l’intéressante question du « trop de psy » dans nos vies (en particulier pour faire passer certains troubles de nos enfants), ne conduit-il pas à une sur-analyse, parfois plus génératrice de stress que de réconfort pour eux ?

Quoiqu’il advienne, dans nos vies et surtout en matière d’éducation, la question du « juste équilibre » (ou la bonne dose entre attentions/écoute/frustration/autonomie/etc) et de « savoir s’écouter » (toutes les méthodes ou préconisations doivent être « digérées » parce que chaque couple parent/enfant est unique) semble être la clé de la sérénité.

 

Madame Sioux