Un sommeil paisible et sans pleurs d’Elizabeth Pantley

Quel parent ne rêve pas d’avoir un petit bout qui dort 12h d’affilées la nuit, plus la sieste en journée ? Tous, je crois et moi la première. Bon, moi, j’ai plutôt une choupette qui dort peu la journée, et se réveille souvent la nuit, avec un endormissement parfois long et difficile. Qu’a cela ne tienne ! Je m’arme de courage et prend sur moi… Cependant, la fatigue est là et en cherchant des solutions douces et sans pleurs (car je ne veux pas laisser mon bébé pleurer), je suis tombée sur ça : la méthode Pantley. Pour en avoir parlé avec des mamans autour de moi, ça marche !
Je ne parlais pas ici des résultats sur mon enfant ni de mon expérience, ce n’est pas le but, mais bien du livre en lui-même, à la fois sur la forme et le fond.

Tout d’abord les points négatifs :

  • La traduction. Elle est vraiment mauvaise, certaines expressions sont littéralement du mot à mot, comme le fauteuil berçant (rocking chair, j’imagine), la combinaison qui s’attache « à la fourche » (fermeture éclair, non ?). ou encore « les boires de nuit au biberon »
    J’ai même trouvé une coquille : p 128 « Lisex la suite »
  • Le coté coaching américain. Des fois, on peut s’imaginer dans une grande salle, avec E. Pantley, un micro aux lèvres et son visage sur un grand écran derrière, enthousiasmant une foule de mères brushinguées et béates devant leur gourou. Le ton proche de la confidence est un peu surfait, mais bon, n’oublions pas que l’auteure est américaine, mère de 4 enfants et « éducatrice de parents »… Bon tout s’explique maintenant !

Mais, au delà de ces points, le livre est une mine d’informations intéressantes et utiles, au point que je pense qu’il devrait être recommandé à tous les parents qui galèrent avec leurs bébés non dormeurs…

L’ouvrage est à la fois informatif, rassurant et déculpabilisant. Le style est simple, efficace, compréhensible. Un bon mélange qui lui permet d’être accessible à tous et toutes  et consultable à souhait. Des tableaux et des questionnaires sont disponibles au fil des pages, ce qui offre la possibilité de prendre des notes directement, plutôt que sur une feuille qu’on va perdre (c’est sûr) et du coup, cela simplifie la récupération d’infos à défaut de retrouver son cerveau (dixit une maman qui ne dort pas beaucoup…).

  •  Informatif donc : on y apprend pas mal de règles de sécurité qui semblent logique, mais qu’on peut oublier. Ce qui m’a paru le plus intéressant, c’est le fonctionnement du sommeil et ses différentes phases. On  découvre dans l’introduction aussi de nombreux arguments contre le « laisser pleurer », qui ne sont pas dénués d’intérêt et de sens, avec des témoignages et des paroles d’experts. Il y a aussi une partie sur les différents problèmes médicaux que peuvent rencontrer les bébés : coliques, dents…

Ce passage sur le cycle du sommeil des bébés est particulièrement intéressant et explique beaucoup de choses.. Il est rassurant également.

Somnolence, endormissement
Sommeil léger
Sommeil profond d’environ 1 h
Eveil bref
Sommeil profond d’environ 1h ou 2h
Sommeil léger
Eveil bref
Mouvements oculaires rapides, rêves
Eveil bref
Sommeil léger
Eveil bref
Mouvements oculaires rapides, rêves
Eveil bref
Vers le matin : autre période de sommeil profond
Eveil bref
Mouvements oculaires rapides, rêves
Eveil bref
Sommeil léger
Réveil : début de la journée.

  • Rassurant : les déclarations des mamans qui racontent leurs expériences et dans lesquelles on peut se retrouver. On est pas seul-e au monde ! Cela rassérène, je trouve, de trouver un miroir de ses propres épreuves et de savoir qu’au bout, on y trouve une solution, une fin heureuse.

« Pour moi, cette idée de rituel à l’heureux coucher est essentielle. Depuis que vous en avez parlé, j’ai remarqué que les jours où je sautais des étapes, j’vais plus de difficultés à endormir mon bébé »

« Ma fille est pour ainsi dire incapable de se rendormir la nuit sans que je lui donne le sein. Si je ne le fais pas, elle s’agite et se met encore colère. Nous avons donc eu l’idée d’envoyer son papa la calmer quand elle se réveille. Les premières nuits, elle a été plutôt fâchée quand elle s’apercevait que c’était papa et non maman qui s’occupait d’elle. Cependant, vers la fin de la semaine, elle est tombée sous le charme de son père. »

  • Déculpabilisant : en effet, la méthode proposée par Pantley permet de faire le point sur sa situation (grâce aux tableaux et questionnaires) et de comprendre qu’il faut du temps et de la patience. Et si on doit faire machine arrière, c’est juste un pas en arrière pour mieux avancer. Elle propose, sans jugement, de commencer par s’interroger soi-même et de se lancer quand on est prêt-e et non pas parce qu’il le faut, au regard de la société ou de l’âge de l’enfant.

Elizabeth Pantley propose de nombreuses astuces à adapter à son cas. Ce sont des solutions douces (comme adopter un bruit blanc, avoir un rituel de coucher, sevrer du sein ou biberon par étapes), certaines originales, et qui ont le mérite d’aller au delà du « laisser pleurer » ou « attendre », comme elle l’évoque dans l’introduction. Elle met en place également une partie avec un suivi, à l’aide des fameuses fiches, mais aussi de questions pertinentes pour analyser ce qu’elle appelle le « plan de sommeil » : succès ou pas, on trouve encore des informations pour gagner en confiance et parvenir à l’objectif défini. Elle encourage grandement la patience comme clé de réussite et rappelle bien que chaque enfant est unique, donc chaque « plan » l’est aussi.

En conclusion, Un sommeil paisible et sans pleurs se révèle être un ouvrage très bien documenté et un allié utile dans le combats des nuits courtes. Je n’ai pas encore appliquée la méthode, mais j’y ai déjà trouvé des informations intéressantes et une forme de soutien rassurant !

Chichi

 

Publicités

3 réflexions sur “Un sommeil paisible et sans pleurs d’Elizabeth Pantley

  1. Juste une petite remarque pour contextualiser ce que vous appelez une « mauvaise traduction » : la maison d’édition est québécoise. Il est donc logique que la traduction reprenne le français tel qu’il est parlé là-bas.
    « les boires » et autres sont typiquement des expressions du Québec. De même que les doudous sont appelés des « toutous », les tétines sont des « suces », un couffin est une « bassinette », etc. Idem pour l’expression « fauteuil berçant ».

    Pour la coquille par contre, je ne dis pas. ;)

  2. Bonjour

    Je suis papa et je peux vous assurer que les pleurs de ma petite choupette nous empêchent de dormir. En tant que parent je prends beaucoup sur moi parce que je peux comprendre ces pleurs.

    Pour comprendre ces pleurs, J’ai du travailler sur moi pour prendre conscience et ne pas tomber sur l’adultomorphisme.

    Merci encore pour cet article

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.