Parler de sexualité avec des enfants de moins de 6 ans? Yes you can! [Dossier spécial éducation à la sexualité]

Je publie ce texte au nom de la fondatrice de l’association Pulse qui, suite à notre appel à contributions sur le thème de l’éducation à la sexualité, a proposé de présenter les missions et la vision de son association. N’hésitez pas à réagir, elle lira et répondra à vos commentaires.

La transformation sociale par l’éducation à la sexualité

La transformation sociale, mais qu’est-ce que c’est que ça ? Et pourquoi ou pour quoi par l’éducation à la sexualité ?

La transformation sociale, c’est l’évolution des valeurs, de la culture, du mode d’organisation de la société et des politiques. L’éducation populaire est un des moyens idéaux pour y arriver. C’est l’éducation de toutes et tous par toutes et tous ; c’est rassembler des savoirs théoriques avec les expériences de chacun-e, afin de développer un savoir commun et élargir le champ des possibles pour tou-te-s. Éduquer prend alors le sens de (re)donner le pouvoir d’agir. C’est accompagner la découverte de la diversité des points de vue, de la complexité des mécanismes des constructions sociales, du contrôle social, de la pluralité des pratiques et des représentations et c’est développer l’esprit critique.

La sexualité est universelle. Qu’elle soit active ou pas, chacun-e en a une. Elle se retrouve dans notre rapport à soi, aux autres, au monde. Il m’est alors apparu comme essentiel de ne pas laisser tout un chacun-e se débrouiller seul-e avec ces questions, sans aucune éducation. Éducation, oui, mais pas n’importe laquelle. Comme vous les comprendrez, il ne s’agit en aucun cas de prêcher la bonne parole, mais bien d’amener chacun-e à trouver sa propre réponse dans la multitude des possibles. La liberté n’est pas de faire tout ce que l’on veut mais de vouloir tout ce que l’on fait.

L’éducation à la sexualité, que je propose dans le cadre de l’Association PULSE, apporte un étayage à la construction de soi et de nos relations. Pour cela, elle se nourrit, entre autres, de l’approche de genre, qui remet en cause à la fois les processus qui différencient et hiérarchisent les individus en fonction de leur sexe, et les rôles et places socialement construit-e-s. Un autre point essentiel est de considérer chacun et chacune comme expert-e de sa vie, ceci permet de respecter la singularité des cheminements.

Tout ça, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu’on part de là où on est et on va voir comment ça fonctionne : les normes, le contrôle social, les rôles, les définitions, etc. On se questionne : Qu’est ce que l’on ressent ? Pourquoi ? Est-ce que ça nous convient ? Pourquoi ? Quels sont les paradoxes ? Comment je compose avec la société dans laquelle je vis, la culture de laquelle je viens, mes désirs, mes envies, mes limites, ceux et celles des autres, les regards, les attentes, etc. ? Comment je me positionne individuellement ? Collectivement ?

En multipliant les réponses, qu’elles soient issus de penseurs ou penseuses, chercheurs ou chercheuses, ou d’expériences, l’éducation proposée apporte à chacun-e la possibilité de trouver sa propre réponse, son propre positionnement.

Les ateliers parents

Une rencontre avec un Lieu d’Accueil Enfants-Parents a amené l’association à proposer des ateliers pour les parents, futurs parents et autres adultes référent-e-s d’enfants de 0 à 6 ans. En s’adressant aux parents, ce qui me semblait intéressant, c’est que non seulement on s’adresse à des adultes qui peuvent être acteur de transformation sociale individuellement et collectivement, mais en plus on leur permet de (re)penser l’éducation de leurs enfants. Au delà d’un moment pour eux, pour prendre du recul, l’atelier peut leur apporter des outils, postures éducatives qui auront forcément un impact sur leurs enfants et leur construction.

On ne devient pas parents tout-e seul-e. Parce que être parents, accompagner des enfants, jeunes ou moins jeunes, ça s’apprend, ça se construit, ça se déconstruit et reconstruit, ça demande du recul sur sa propre histoire, ses propres expériences, il est proposé à ces parents ou autres adultes référent-e-s de venir cheminer autour des différentes étapes de découverte et de construction de la sexualité du fœtus, du bébé, de l’enfant, de l’adolescent, de l’adulte. Le but de cette proposition est de se pencher sur ce qu’être parent ou adulte référent-e-s veut dire (en général, mais aussi en particulier autour des questions de sexualité). L’idée est donc :

  • de mettre en mouvement les questions liées à l’accompagnement de la découverte et de la construction de la sexualité ;

  • d’acquérir des postures éducatives ;

  • d’apporter un cadre sécurisé et sécurisant aux enfant-s.

Une fois qu’on a dit ça, c’est bien beau, mais on a lancé des généralités. Concrètement, ça veut dire quoi ? Il a donc fallu décortiquer chaque objectif. Pour se mettre en mouvement, mettre en mouvement nos idées, nos conceptions, nos représentations, il s’agit de :

  • accueillir ce qui se passe en nous ;

  • se questionner sur ce que l’on transmet ou pas ;

  • prendre du recul, se décentrer de son histoire, de son vécu ;

  • identifier, décortiquer, définir, clarifier, conscientiser ;

  • questionner le contrôle social intériorisé (ce que nous avons intégré des règles et normes), relationnel (notre éducation et ce que pensent nos pairs) et formel (ce que nous demande notre société, culture, religion), ainsi que les tabous ;

  • travailler sur ses moteurs et ses freins ;

  • acquérir des connaissances et/ou valider les siennes.

Que l’on soit parents, beaux-parents, grands-parents, oncle, tante et/ou professionnel-le-s de la petite enfance, de l’accompagnement, de l’éducation, du soin, nous adoptons tou-te-s des postures, plus ou moins réfléchies, face aux enfants, jeunes ou moins jeunes. Les postures que nous appelons éducatives, sont pour moi celles qui :

  • permettent l’ouverture du champ des possibles pour l’enfant ;

  • accompagnent l’enfant dans le respect de son rythme et de ses choix ;

  • accompagnent l’enfant vers l’autonomie, l’émancipation, l’épanouissement ;

  • accueillent chez l’enfant les manifestations, les expressions de sa sexualité en construction ;

  • sont à l’écoute des questionnements de l’enfant ;

  • respectent l’espace intime de l’enfant ;

  • mobilisent la sensualité, la tendresse dans la relation avec l’enfant ;

  • permettent à l’enfant d’adopter les rôles et places qu’il ou elle souhaite quel que soit son genre ;

Pour accompagner leurs enfants, les parents proposent un cadre. Dans l’idée d’accompagner les enfants à se construire et s’autonomiser, on pense que le plus pertinent est alors un cadre sécurisé et sécurisant. C’est un espace de construction différent en fonction des étapes de construction de l’enfant. Pour que le cadre reste sécurisé et sécurisant, il me semble important de :

  • favoriser la prise d’autonomie de l’enfant sans le ou la forcer ;

  • ouvrir vers les possibilités relationnelles entre parents et enfants ;

  • permettre à l’enfant de créer et protéger son espace intime ;

  • permettre à l’enfant de prendre conscience et de respecter l’espace intime de l’autre, tout comme son propre espace intime ;

  • permettre à l’enfant de développer des représentations positives de la sexualité en général et de sa sexualité en particulier ;

  • accompagner l’enfant à vivre ses propres expériences en étant à l’écoute de ses propres ressentis, quelles que soient les nôtres ;

  • autoriser l’enfant à consentir si il ou elle le souhaite et à refuser si il ou elle ne le souhaite pas ;

  • prévenir les situations de danger tout en étant à l’écoute des choix de l’enfant ;

  • l’autoriser à vivre et développer des relations éthiques où se mêlent le plaisir, les sens, la tendresse et l’affectif ;

De quoi les parents ou autres adultes référent-e-s ont besoin pour accompagner les enfants ? Je suis partie du processus de construction de la sexualité et j’ai suivi le fils. Tout au long des ateliers, on accède ou on valide ses connaissances, mais aussi, on regarde notre pratique, nos postures, nos ressentis, les endroits où on est à l’aise et ceux où on l’est moins. Lors des ateliers, il est abordé, entre autres choses :

  • La différenciation sexuelle et l’anatomie

  • Le genre et sa construction

  • La construction sexuelle

  • L’éducation sensuelle et sexuelle au quotidien

  • Nos attitudes face aux réactions sexuelles

  • Les explorations auto-érotiques

  • Les relations sensuelles et sexuelles

Au cours des préparations de ces ateliers, j’ai croisé, entre autres, le livre de Jocelyne Robert et Jo-Anne Jacob, Ma sexualité de 0 à 6 ans1. J’avais envie de vous en parler car c’est un des rares livres pour enfants qui aborde la sexualité par la sexualité humaine (et non pas animal), avec ses mots (ceux du sexe, de la sexualité). En tout cas, ce n’est le cas d’aucun des livres que j’ai pu trouver à la bibliothèque de Marseille sur le sujet. Ce livre nous rappelle, entre autre chose, dans les pages destinées aux adultes, que :

Le petit enfant exprime sa sexualité au fil de ses activités quotidiennes et que celle-ci fait partie intégrante du développement fascinant qui est le sien. […] [Que l’on peut apprendre] à accueillir celle-ci comme faisant partie intégrante de sa personne, à lui accorder ni plus ni moins la place qui lui revient et à la percevoir comme source de croissance, de mieux-être, d’émerveillement. […] C’est donc avec les enfants que parents, éducateurs et éducatrices ou tout autre intervenant en petite enfance devraient explorer ces pages et partager leur contenu, situations et jeux… tout simplement pour mieux les accompagner dans la découverte et l’apprivoisement de leur dimension sexuelle.

Pour aller vers la transformation sociale, j’ai trouvé qu’effectivement, s’adresser aux enfants directement avait vraiment du sens. C’était une chouette occasion aussi de proposer aux parents de vivre ce moment avec leurs enfants, tout en leur permettant de repartir avec, éventuellement, quelques billes supplémentaires pour accompagner leurs enfants dans leurs questions de sexualité.

Les ateliers enfants-parents

Les ateliers enfants-parents sont spécifiquement conçus pour les petit-e-s entre 3 et 6 ans, mais fonctionnent sur les mêmes principes que ceux proposés aux adultes. Ils partent de ce que peuvent dire ou exprimer les enfants, de leur cheminement et de leurs questionnements. Ils apportent des éléments de compréhension et posent des mots pour parler des choses, des mots sur des sensations, des ressentis. L’enfant s’exprime, écoute, observe, expérimente, sous l’œil bienveillant de l’adulte qui l’a accompagné-e à l’atelier, avec qui il ou elle pourra en discuter et rediscuter.

Les parents, beaux-parents, grands-parents, oncles, tantes, nounous, etc. ne sont pas là pour juger, mais bien pour apprendre de l’enfant lui/elle-même ce qu’il ou elle sait, comment il ou elle se le représente et ce qu’il ou elle en fait. Il n’y a pas de bonne ou mauvaise réponse, il y a les réponses dans lesquelles chacun et chacune se reconnaît, adulte comme enfant.

La construction sexuelle des enfants se faisant lors de la vie quotidienne, j’ai re-situé l’atelier dans des situations de la vie quotidienne. Il est question de corps, de sensations, de plaisirs, de relations, de toucher, de différence, de ressemblance, de jeux, d’envies… De questionnement en questionnement, nous traversons les différentes dimensions de la sexualité (physiologique, sociologique, psychologique, morale, artistique…)

Bien entendu, les ateliers s’adaptent aux enfants qui y participent et à leurs questionnements, tout en respectant leurs cheminements, leurs limites.

Afin de permettre aux enfants de cheminer, il est prévu quatre séances autour desquels nous parcourons ces différents thèmes :

Mon corps et ses sensations :

Qu’est ce que je connais de mon corps ? Comment je nomme les différentes parties de mon corps ?Qu’est ce que je fais de mon corps et qu’est ce que ça me fait ? Qu’est ce que l’intimité ?

Les différents sexes :

Se sentir fille, se sentir garçon, se sentir enfant. Est-ce qu’avoir un pénis ou une vulve fait une différence dans mon quotidien, dans mes choix possibles ?

Plaisirs et droit de dire oui ou non :

Le droit de dire oui, le droit de dire non. Les sensations sexuelles, c’est quoi ? Comment ça marche ? Qu’est-ce que ça veut dire « faire l’amour » ? Être amoureux ou pas ?

Les bébés :

D’où je viens ? Comment on fait les bébés ?

Les séances s’adaptent à ce que proposent ou évoquent les enfants, mais j’ai quand même, volontairement, séparé en deux séances la notion du plaisir dans les relations sexuelles, de celle de la reproduction afin de permettre aux enfants de comprendre que ces deux notions ne sont pas nécessairement liées.

Durant les ateliers, nous lisons des histoires que vous pourrez retrouver dans cette bibliographie (la liste est non exhaustive), nous dessinons des corps, nous observons et manipulons des poupons sexué-e-s, nous manipulons des maquettes pour chercher comment les spermatozoïdes peuvent rencontrer l’ovule en testant différentes configurations par exemple ou pour visualiser comment naît un bébé.

Comment j’en suis arrivée là ?

Tout d’abord, il faut dire que j’étais déjà sensibilisée à l’éducation par mon métier d’éducatrice spécialisée. Puis je me suis formée à l’éducation à la sexualité après avoir travaillé avec des personnes prostituées et avoir tenté de faire de la prévention des conduites à risques. Mais comment faire de la prévention sans parler de sexualité. Pour moi, ce n’était pas possible, mais il y avait tellement à faire en terme d’éducation qu’il n’y avait plus de place pour la prévention. Et surtout, ce n’était pas prévu. C’était un non-sens complet pour moi. Puis j’ai rencontré l’éducation populaire.

Pour moi, avant d’être un risque, la sexualité est un plaisir, un éveil de notre personnalité, de notre rapport au monde. Et parce que la sexualité est un langage qui s’apprend et se construit, avec d’autres personnes sensibles à ces questions, nous avons souhaité lui (re)donner sa place de levier d’émancipation et de transformations individuelles et collectives.

Nous avons donc créé l’Association PULSE ayant pour but la transformation sociale par l’éducation à la sexualité et qui a pour objectifs de :

  • permettre à tou-te-s, de développer des connaissances, des compétences, pour comprendre, se situer, ressentir, choisir de participer ou pas, transformer ou pas ses modes de pensées et d’agir ;

  • permettre à tou-te-s de se positionner par des choix libres, éclairés et autonomes ;

  • se donner une grille de lecture de la sexualité pour agir individuellement et collectivement sur les rapports sociaux, contre les discriminations et les dominations et faire ses choix en conscience ;

  • faire de la sexualité un lieu de pratiques démocratiques, et ainsi permettre le développement de relations éthiques, basées sur la réciprocité ;

  • réduire les inégalités dans l’accès à une sexualité épanouissante et émancipatrice.

Nous nous sommes d’abord adressés au grand public parce qu’on trouvait qu’il y avait assez peu de propositions pour celles et ceux qui se posaient des questions (en dehors des médecins). On a commencé par proposer des ateliers et des porteurs et porteuses de paroles, puis, devant l’enthousiasme, on a poursuivit.

Et aujourd’hui, on en est où ?

Aujourd’hui, les ateliers sont en pause car l’association a déménagé de Marseille à Rennes, mais l’idée est de reprendre ces ateliers ouverts à tou-te-s, aux parents, aux enfants, mais aussi de les proposer à des crèches, des maternelles, des centres sociaux afin qu’ils puissent continuer à ouvrir le champ des possibles des adultes et des enfants d’aujourd’hui et des adultes de demain.

1Existe aussi de 6 à 9 ans et de 9 à 11 ans.

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2 réflexions sur “Parler de sexualité avec des enfants de moins de 6 ans? Yes you can! [Dossier spécial éducation à la sexualité]

  1. Je trouve très bonne l’idée d’un espace pour parler aux enfants de sexualité, mais je crois qu’il est aussi important à cet âge de respecter leur cheminement personnel et idéalement de répondre à leurs questions au moment où ils les posent : pas après-ce que votre association permet- mais pas avant non plus. Comment être sûr de répondre aux questions de l’enfant sans le brusquer?

    • Bonsoir,
      Merci pour votre retour.
      Effectivement la question se pose et il est essentiel de ne pas brusquer les enfants, ni de les confronter à des questions qui ne sont pas les leurs. Les ateliers sont faits dans des lieux plus grands que l’espace occupé par l’atelier. En gros, nous sommes assis-es sur un tapis et il reste plein de place pour circuler.
      Une règle est posée au départ : celle de laisser ceux et celles qui veulent écouter le faire et leur permettre d’entendre ce qui se dit, s’échange. En dehors de cette règle, on peut circuler, aller jouer plus loin (sous réserve de ne pas faire de bruit du coup), etc. Ceci permet de ne pas avoir à « faire la police » à longueur d’atelier, mais aussi, et surtout, de laisser les enfants libres de se confronter ou pas aux thématiques abordées. Les attitudes des enfants sont assez parlantes. Certain-e-s (un-e notamment) ne sont pas revenu-e-s après le premier atelier qui est le moins engageant, d’autres ont pris le temps, ils ou elles se sont rapproché-e-s petits à petits, d’autres n’ont pas eu besoin de ce temps et se sont engagé-e-s dans l’atelier dès le début.
      Les tabous liés à la sexualité sont nos tabous d’adultes intégré-e-s à une société. Les enfants n’en sont pas empreints au départ. Ils et elles sont confronté-e-s aux tabous et aux normes par leurs parents et les autres instances de socialisations. C’est ce qui crée les questionnements qui sont verbalisés, mais pas toujours (si l’enfant sent son parent trop en difficulté pour lui répondre ou sent un tabou trop fort, il ou elle risque de ne pas lui poser la question). Un-e enfant qui a appris à nommer son sexe en même temps que les autres parties de son corps n’aura aucun tabou à parler de vulve ou de pénis par exemple, contrairement à un-e enfant à qui ont a nommé toutes les parties de son corps sauf son sexe. Qu’en pensera t-il ou elle ? Et effectivement, pour cet-te enfant, on peut se poser la question de le ou la brusquer en abordant la connaissance du corps. A chacun-e de voir vers quoi il ou elle a envie d’accompagner son enfant.
      L’idée de proposer les ateliers aux tout jeunes enfants est de s’adresser aux enfants qui ont le moins possible de tabous ou blocage concernant les questions de sexualité(s). Plus ils et elles sont âgé-e-s, scolarisé-e-s, etc., plus on sent les tabous et les normes déjà intégré-e-s.

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