« Nous mourrons d’épuisement avant que vous ne mourriez de vieillesse. » lettre d’une trente-quarantenaire à la génération précédente des papi-mamie-boomers-soixantehuitards

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Nous mourrons d’épuisement avant que vous ne mourriez de vieillesse, en avez-vous conscience? Imaginez quelles sont nos tâches réelles actuelles. Nous devons, en vrac et tout-à-la-fois:

  • élever nos enfants seuls au quotidien dans la bienveillance et le respect d’eux-même tout en essayant qu’ils ne vous dérangent pas dans vos loisirs permanents de nouveaux retraités…
  • faire face et prendre en compte leurs particularités de fonctionnement lorsque c’est le cas
  • tenter de réparer la Terre bousillée par surconsommation à outrance et l’ « esprit d’entreprise » de ces 60 dernières années et +
  • ou au moins trouver des solutions pour faire face au réchauffement climatique et à ses conséquences dans la vie quotidienne actuelle et à venir pour la population mondiale et son environnement
  • faire face aux conséquences du surpeuplement de la Terre lié entre autres à l’allongement de la durée de la vie
  • travailler pour faire avancer le monde et gagner suffisamment d’argent pour vivre ou survivre
  • travailler pour payer vos retraites en sachant que nous, on n’en n’aura pas, ou qu’on sera morts d’épuisement avant, qu’on n’est plus actuellement qu’à moins d’1,5 travailleur (rémunéré cotisant) pour 1 bénéficiaire de la retraite, et que les prévisions de ce ratio ne sont pas franchement encourageantes
  • ou galérer pour assurer financièrement notre vie ou survie et celle de nos enfants en n’ayant pas forcément de travail puisque du travail rémunéré, ou rémunéré correctement il n’y en n’a plus suffisamment pour tout le monde (par ex dans le médico-social)
  • payer nos loyers ou remboursements de prêt d’habitation pris sur 25 ou 30 ans (lorsque nous avons encore eu la chance de pouvoir emprunter pour acheter à un prix abordable), ou se faire à l’idée que nous ne pourrons jamais acheter de logement à nous car au-dessus de 200 000€ il n’y a plus beaucoup de jeunes familles qui peuvent techniquement le faire … là où vous avez une ou plusieurs habitations pas toujours occupées
  • accueillir dignement les être humains en « voyage de survie » (« migrants ») là où d’autres voudraient les renvoyer simplement chez eux sous les bombes ou sur leurs champs devenus stériles par sécheresse ou sur-exploitation-intensive-à-la-demande-passée-de-nos-pays-,-clients
  • trouver des solutions pour que dans la suite du 21e siècle chacun puisse avoir un toit et manger à sa faim, même chez nous en France
  • modifier les rapports hommes-femmes et adultes-enfants dans tous les domaines privés et publics vers plus de respect mutuel et de co-mm-uni-cation tout en digérant la manière dont nous avons reçu et vécu ces mêmes rapports violents jusque là
  • prendre soin de nous et nourrir notre relation de couple
  • ou gérer les conflits et conséquences de conflits et séparations de couple
  • trouver comment vivre confortablement dans une société de sur-abondance alimentaire et à base de communication et fonctionnements visuels avec des soins dentaires et ophtalmologiques hors de prix et de remboursement, pour chaque membre de la famille
  • accompagner et motiver nos ados, vos petits-enfants, pour « finir » leurs études menant à un bac, général ou pro, sachant que cela les mène… au chômage s’il est pro car souvent déjà trop qualifié, ou au chômage s’il est général car avec un bac seul on ne fait rien de particulier. Et s’ils arrivent à trouver une voie qui les intéresse un tant soit peu, les accompagner et motiver pour faire des études supérieures pendant plusieurs années, à 8000€ l’année parfois (voir plus) + coût du logement et de la vie quotidienne exorbitants, comme pour nous déjà. Et tout ça pour … un taux de chômage assez hallucinant ensuite.
    Et faire face à leurs prises de conscience sur ces sujets.

la pauvreté a rajeuni : en quarante ans, le taux de pauvreté des moins de 25 ans a été multiplié par deux, alors que celui des plus de 65 ans était divisé de moitié. Elle s’est aussi déplacée des familles nombreuses vers les familles monoparentales. Les familles monoparentales trouvant très majoritairement à leur tête des femmes, la « monoparentalisation » de la pauvreté alimente une féminisation de la pauvreté. Celle-ci touche désormais des actifs qui travaillent, en raison des doubles mutations du monde du travail et de la famille. […]

En synthèse on peut décrire rapidement les dix mutations qui ont affecté les questions et phénomènes de pauvreté/précarité depuis une trentaine d’années. […]

2.Rajeunissement de la pauvreté. Les pauvres étaient d’abord, pendant les 30 glorieuses, les personnes âgées qui n’avaient pas encore accès à des régimes de retraite de qualité. Ce sont, aujourd’hui, principalement des jeunes et des enfants vivant dans des ménages jeunes qui n’ont pas accès à une insertion professionnelle stable.

3.Urbanisation de la pauvreté. La pauvreté est longtemps demeurée un problème d’abord rural. C’est désormais un problème urbain, très présent dans les centres métropolitains.

4.« Monoparentalisation » de la pauvreté. La pauvreté était un phénomène concentré dans des familles nombreuses. Aujourd’hui, alors que les familles nombreuses sont moins nombreuses et les familles monoparentales plus répandues, la pauvreté affecte d’abord les personnes vivant dans des familles monoparentales.

5.Féminisation. La monoparentalisation de la pauvreté est à rattacher à une certaine féminisation de la pauvreté. Les femmes à la tête de foyers monoparentaux ont plus de difficultés encore sur le marché du travail.

6.Problème des budgets contraints. Si les taux de pauvreté peuvent sembler rester relativement constants, l’augmentation du coût de la vie, et singulièrement des coûts du logement, a un puissant impact sur les budgets des plus défavorisés.

7.Davantage de travailleurs pauvres. Moins de pauvres âgés, mais plus de pauvres actifs. Les travailleurs pauvres sont certes des individus en situation professionnelle précaire, mais la pauvreté se mesurant non pas à l’échelle individuelle mais à celle du ménage, les travailleurs pauvres sont aussi des personnes vivant dans des familles à faibles revenus, même avec des emplois stables.
https://www.inegalites.fr/Pauvrete-et-precarite-en-chiffres

 

Bref, comme disait ma grand-mère, « l’argent ‘faut qu’ça circule » et c’est maintenant.
Ne nous attardons pas sur le classique « vous serez contents d’en hériter quand on sera morts » parce que, vu la durée moyenne actuelle de la vie, si jamais on hérite de ce qu’il en restera on aura 80 ans et ce sera pour le passer à notre tour à nos enfants voire petits-enfants, donc dilué en un nombre parfois conséquent de parts donc peu utile pour chacun.
Et au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, au train où va les choses, il y a de fortes chances qu’on n’en hérite pas, de vos maisons vides ou de vos comptes enrichissant les banques.
On n’en n’héritera pas car on sera morts d’épuisement avant.

Un coup de main pour tout ça ne serait pas de refus…

Des idées?

  • Vendre ou louer les logements vides à prix raisonnable à des jeunes familles et répartir l’argent de la vente ou de la location à vos proches ou associations caritatives (redistribuer l’argent stocké dans ces « pierres » et faire baisser le prix du marché)
  • Transmettre le contenu des comptes bancaires inutilisés (inutilisés sauf pour la finance internationale via les banques de placement) à vos proches, ou à des associations caritatives, ou à des associations ou organismes de soutien à l’entrepreneuriat éco-responsable

  • Utiliser une part de votre temps pour soutenir physiquement vos enfants-devenus-adultes-voire-parents et petits-enfants, sans ingérence, selon des modalités à établir avec eux dans le respect de chacun.
    Une belle occasion encore de maturer émotionnellement en digérant vos propres visions et perceptions de votre ancien rôle de parents-d’enfant devenu caduque pour créer ensemble une nouvelle manière d’être en relation, d’adultes à adultes responsables, et de colorer de manière positive ce qu’ils sont devenus.
  • Utiliser une part de votre temps pour soutenir physiquement vos propres parents s’ils sont encore là, en respectant leur espace et leur mode de vie, là aussi sans ingérence et en utilisant cette dernière occasion de partage de vie pour digérer et régler vos éventuels rancœurs d’ex-enfants sans les leur faire payer par renversement des anciens rôles.
    Là aussi c’est une belle occasion de grandir encore émotionnellement et de participer à offrir à vos parents une belle fin de vie physique et relationnelle.
  • Utiliser une part de votre temps pour continuer de faire avancer le monde par du bénévolat efficace, pas seulement pour la chorale de quartier même si c’est utile et agréable, mais aussi pour n’importe quelle manière d’améliorer le quotidien de chacun, ce ne sont pas les associations ou organisations locales qui manquent pour y faire votre choix.
  • Utiliser une part de votre temps pour soutenir physiquement et émotionnellement vos voisins, notamment les jeunes familles et personnes âgées ou/et en situation de solitude. Rien que l’organisation de la Fête des voisins au printemps y contribue, mais aussi toute idée ou contact bienveillant et respectueux de l’espace-temps de chacun pourront être les bienvenus.
  • Et surtout modifier votre mode de consommation: arrêter les achats d’impulsion « pas chers » pour passer vers des actions, réflexions puis achats responsables et durables, y compris dans les cadeaux faits à vos proches :-). Le choix des achats et non-achats est là où réside le plus grand pouvoir de changement.

Bref, pour profiter de vos enfants-devenus-adultes et petits-enfants le plus longtemps possible, il y a besoin d’engagement et de partage efficace. Et c’est MAINTENANT.

(Et pour détendre un poil l’atmosphère, je vous invite à lire l’article suivant, grands-parents d’aujourd’hui: https://www.parentepuise.com/profiler-du-parent-epuise/profiler-grands-parents-special-vacances . Et vous, vous vous voyez dans quelle catégorie?)

 

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7 réflexions sur “« Nous mourrons d’épuisement avant que vous ne mourriez de vieillesse. » lettre d’une trente-quarantenaire à la génération précédente des papi-mamie-boomers-soixantehuitards

  1. hello, ca me donne envie de partager le projet perso que nous avons ma femme et moi. Plutôt que d’envoyer nos parents en maison de retraite, l’idée c’est de mutualiser le « patrimoine » de chacun et d’acheter une maison avec 2 dépendances pour vivre ensemble mais chacun chez soit. Et de faire appel à des professions libérales pour les soins éventuels et pourquoi pas à des sociétés de service pour quelques repas. Précision : moi et ma femme sommes enfant unique, ce qui simplifier la faisabilité. Si nous avions des frères et/ou sœurs ce serait bien évidemment plus compliqué…..

    • merci pour votre témoignage de projet :-). C’est intéressant pour la suite de la vie de vos parents-grands-parents et pourrait vous être utiles à tous avant qu’ils ne soient en situation de dépendance.

      Je vois dans les villages près de chez moi une grosse différence de qualité de vie à la fois pour la génération des « parents-en-activité » actuels que pour celle des des grands-parents, que ce soit au moment des naissances et de l’agrandissement des familles nucléaires actuelles qu’au moment où les plus anciens arrivent en période de dépendance physique. L’état d’épuisement parental ou de dépendance physique des aïeux est vraiment différent selon que les familles élargies habitent à proximité géographique ou non.
      Pour les jeunes parents, avoir les grands-parents valides à proximité change considérablement la donne par rapport aux jeunes familles dont les grands-parents, oncles et tantes se trouvent à l’autre bout de la France.

      De la même façon, avoir des grands-parents, même géographiquement éloignés, qui prennent le temps de s’occuper des petits-enfants lorsque les parents en ont besoin (vacances scolaires pendant qu’eux-même travaillent ou « simplement » pour souffler un peu et prendre quelques jours sans enfants pour recharger les batteries individuelles et batteries de couple), quel que soit l’endroit trouvé le plus approprié (chez les parents, chez les grands-parents, dans un lieu neutre etc…) permet des soupapes de sécurité organisationnelles mais aussi « simplement » basiquement physiques, émotionnelles et relationnelles qui permettent à ces familles nucléaires de mieux survivre à la vie actuelle avec enfants :-).

      Et inversement, pour les familles ne bénéficiant pas d’aide matérielle ou physique fluide par les grands-parents, la vie est bien plus compliquée et l’état de forme/épuisement est bien plus mauvais et durable, avec parfois des conséquences néfastes sur la pérennité du couple qui tombe encore plus facilement dans les écueils de la répartition traditionnelle des rôles et du déséquilibre de charge mentale entre les parents, avec les conséquences de séparation par épuisement et pour survie que l’on connaît.

      De la même manière, la qualité de vie des aïeux devenant âgés avec perte progressive d’autonomie est bien meilleure lorsque leurs enfants sont physiquement proches que lorsqu’ils sont éloignés.

      Je pense aussi que l’ entraide apportée ou non de manière judicieuse par les grands-parents aux parents lors de l’agrandissement de leur famille nucléaire joue vraiment sur la qualité de relation entre eux et pour le futur, lorsque ces même grands-parents deviennent eux-même en situation de fragilité avec besoin d’aide pour pallier à la perte progressive d’autonomie.

      • parfaitement mesuré, en ayant discuté hier soir avec des amis dont les parents sont éloignés, je mesure la chance que nous avons avec ma femme et ma fille d’avoir nos parents (donc grands parents pour ma fille) à proximité. Aussi bien pour nous (simplement partager avec eux et aussi souffler de notre rôle de parents) que pour eux ainsi que pour notre fille. Mais cela a aussi été un choix à la naissance de notre fille de quitter la région parisienne pour revenir en province auprès de nos familles

  2. Je n’avais pas vu cet excellent article sur les actus des VI … dommage. C’est un cri du coeur et je le comprends, j’y adhère même.

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