Enseigner le consentement aux enfants : 1 à 5 ans [traduction]

Enseigner le consentement aux enfants : 6 à 12 ans

1. Apprenez aux enfants à demander la permission avant de toucher ou d’embrasser un camarade de jeu, en le formulant par exemple ainsi : « Sarah, on demande à Léo s’il aimerait un câlin pour dire au revoir ? ». Si Léo dit « non » à cette demande, dites à l’enfant d’un ton enjoué : « C’est pas grave, Sarah. On va lui dire au revoir ou lui envoyer un bisou avec la main ! ».

2. Aidez l’enfant à développer son empathie en lui expliquant pourquoi ce qu’il ou elle a fait a pu blesser quelqu’un, en le formulant par exemple ainsi : « Je sais que tu voulais ce jouet, mais quand tu as frappé Tom, cela lui a fait mal et il s’est senti très triste. Et on ne veut pas que Tom soit triste parce qu’on lui a fait mal ». Encouragez l’enfant à imaginer comment il ou elle se sentirait si Tom l’avait frappé·e, par exemple. Il est tout à fait possible de dire cela d’un ton affectueux et avec un câlin, pour que l’enfant ne se sente pas honteux·se ou gêné·e.

3. Apprenez aux enfants à aider d’autres enfants qui pourraient avoir des ennuis, et à prévenir des adultes de confiance quand d’autres personnes ont besoin d’aide.

Demandez à l’enfant de regarder des interactions et d’essayer de comprendre ce qu’il se passe. Habituez l’enfant à observer et être attentif·ve aux comportements. On peut passer par un animal de compagnie comme exemple : « Oh, on dirait que la queue du petit chat est coincée ! Il faut qu’on l’aide ! ». Félicitez l’enfant s’il ou elle aide d’autres personnes qui ont besoin d’aide, mais rappelez-lui que si un adulte a besoin d’aide pour quelque chose, c’est à un autre adulte d’aider. Félicitez l’enfant s’il ou elle vous prévient lorsque des gens sont en difficulté afin que vous puissiez faire ce qu’il faut.

4. Apprenez à l’enfant que « non » et « stop » sont des mots importants et doivent être pris en compte. On peut l’expliquer avec ces mots : « Sarah a dit « non », et quand on entend « non », on arrête toujours tout de suite ce qu’on est en train de faire, quelle que soit la situation ».

Apprenez aussi à l’enfant que son « non » doit être pris en compte. Expliquez que de la même façon qu’on doit toujours arrêter de faire quelque chose si quelqu’un dit « non », nos ami·es aussi doivent toujours arrêter quand on dit « non ». Si un·e ami·e n’arrête pas quand on dit « non », alors il faut réfléchir pour savoir si oui ou non on se sentait toujours à l’aise et en sécurité pour jouer avec eux : si ce n’est pas le cas, on a le droit de choisir d’autres ami·es.

Si vous pensez que vous devez intervenir, faites-le. Soyez bienveillant·e, et expliquez à l’autre enfant que le « non » est important. L’enfant va ainsi comprendre que c’est à la fois important pour lui/elle et pour les autres.

5. Encouragez l’enfant à lire les expressions du visage et les gestes du corps : la peur, la joie, la tristesse, la frustration, la colère, etc. Des jeux où l’on devine des mots en mimant les expressions sont une très bonne façon d’apprendre aux enfants à déchiffrer la gestuelle.

6. Ne forcez jamais un enfant à faire un câlin, un bisou ou à toucher quelqu’un d’autre, sous aucun prétexte. Si sa grand-mère demande un bisou et que l’enfant ne semble pas vouloir, proposez des alternatives en disant quelqu’un chose comme : « Tu préfères peut-être lui serrer la main ou lui envoyer un bisou ? ».

Vous pouvez toujours expliquer à sa grand-mère plus tard ce que vous faites et pourquoi. Mais ne faites une scène devant l’enfant : si c’est un problème pour la grand-mère, tant pis, pour le moment, vous devez juste faire ce qui est mieux pour l’enfant et lui donner des outils pour être en sécurité et à l’aise, puis aider les autres à faire la même chose.

7. Encouragez l’enfant à laver son sexe pendant le bain. Bien sûr, les parents peuvent avoir besoin d’aider parfois, mais expliquer à l’enfant que son pénis ou sa vulve est une partie importante de son corps et qu’il faut en prendre soin est une bonne façon de permettre aux enfants d’être bien dans leur peau et d’avoir le sentiment que leur corps leur appartient.

Vous pouvez éduquer au consentement en demandant la permission d’aider l’enfant à se laver, à condition de toujours respecter le souhait de l’enfant s’il ou elle ne veut pas être touché·e : « Est-ce que je peux laver ton dos maintenant ? Et ton pied ? Et tes fesses ? ». Si l’enfant dit « non », donnez-lui le gant et dites « Super ! Tes fesses ont besoin d’un petit nettoyage. Tu le fais ? ».

8. Donnez aussi à l’enfant l’occasion de dire « oui » ou « non » dans des choix quotidiens : permettez-lui de choisir des habits et d’avoir son mot à dire sur ce qu’il ou elle porte, ce à quoi il ou elle joue, ou la façon de se coiffer. Bien sûr, il y a des moments où il faut intervenir (si l’enfant veut porter une robe d’été au milieu de l’hiver par exemple) ; dans ce cas, aidez l’enfant à comprendre que vous avez entendu son souhait, que c’était important pour vous, mais vous voulez simplement faire en sorte qu’il soit en sécurité et en bonne santé.

9. Permettez à l’enfant de parler de son corps de la façon qu’il ou elle souhaite, sans en avoir honte. Apprenez-lui les mots qui désignent son sexe, et prévoyez des moments où l’on peut parler librement et confortablement du corps et de sexe.

Dites par exemple : « Je suis content·e que tu m’aies demandé ça ». Si vous ne savez pas comment formuler la réponse sur le moment, dites : « je suis content·e que tu me poses des questions là-dessus, mais j’ai besoin de chercher la réponse. Est-ce qu’on peut en parler après dîner ? » et faites attention à bien revenir sur le sujet si vous avez dit que vous le feriez.

Si votre premier mouvement est de les faire taire ou de montrer des signes de gêne, entraînez-vous seul·e ou avec quelqu’un d’autre. Plus vous vous entraînerez, plus ce sera facile.

10. Parlez des signaux intérieurs d’alerte et de l’instinct. Parfois des choses nous mettent mal à l’aise – on se sent bizarre, on a peur, ou on se sent sale – mais sans savoir pourquoi. Demandez à l’enfant si cela lui est arrivé et écoutez sans l’interrompre avec attention pendant qu’il ou elle explique.

Dites-lui que parfois cette « voix du ventre » a raison, et que s’il ou elle ressent un instinct d’alerte difficile à comprendre, il ou elle peut toujours venir vous voir pour que vous l’aidiez à comprendre ses émotions et prendre des décisions. Et rappelez-lui que personne n’a le droit de le / la toucher s’il ou elle ne le souhaite pas.

11. « Dis-le avec des / tes mots » : ne répondez pas aux crises de colère : demandez à l’enfant d’utiliser des mots, même des mots simples, pour vous dire ce qu’il se passe.

…………..

Ces conseils ont été publiés sur le blog du Huffington Post The Good Men Project, rédigés par Joanna Schroeder, Julie Gillis, Jamie Utt et Alyssa Royse et traduits par Anne GE.

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3 réflexions sur “Enseigner le consentement aux enfants : 1 à 5 ans [traduction]

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