Plaidoyer pour la non-violence [BIBLI DES VI]

Je suis novice en matière de non violence. Ça m’a pris avec la naissance de MiniJoie, il y a 4 ans et mes toutes nouvelles interrogations de maman.

J’ai compris qu’on pouvait questionner nos comportements et ne pas juste constater nos débordements en les jugeant négativement…

plaidoyerpourlanonviolencePour le moment, j’avais seulement cantonné mes intentions aux aspects éducatifs et à ma relation à mes enfants. Ce livre m’a invitée à élargir ma réflexion à l’ensemble de mes interactions sociales : la famille au sens large, les collègues, les amis, les commerçants, les passants, etc.

J’ai essentiellement retenu de cet ouvrage que la non violence n’est ni une soumission ni une posture de passivité mais une volonté active de changer les choses. Le titre déjà l’indique : il aurait pu être « plaidoyer contre la violence » mais il dit « pour la non-violence » en ce sens que la résolution est positive et catégorique.

Et le sous-titre résume parfaitement la posture active :

Et s’il était possible de ne pas se résigner à la violence du monde ? Et si la non-violence n’était pas synonyme de passivité mais de résistance quotidienne ?

Pascal Tozzi ne cherche pas à nous faire croire que cette démarche est simple. Tout le long de l’ouvrage, on sent à quel point il faut être vigilant et attentif à nos impulsions. Cela a eu tendance à confirmer mon sentiment parfois très sombre sur la nature humaine même si je crois que ce n’est pas du tout l’intention de l’auteur…

Dans un moment où l’on se trouve contraint de recourir à la violence, le positionnement éthique incite à se souvenir que c’est l’exigence de non-violence qui est au fondement de notre humanité. Plus que l’acte violent que nous pouvons poser au nom de cette dernière. Et quand bien même serions-nous obligés de réagir violemment sous l’emprise de la nécessité, le travail éthique ne doit pas s’arrêter au non-sens de notre violence. Il doit au contraire continuer d’entraîner un processus d’amélioration.

Pour autant, le texte n’élude pas la gestion des conflits et c’est sûrement là que réside tout son intérêt : comment s’extraire d’une situation de tension ? rétablir la paix après un conflit ? retrouver les conditions de la non-violence ?

Communication, négociation, pardon, humour,… bien des perspectives concrètes sont abordées pour encourager l’harmonie entre les hommes.

D’autres précautions peuvent réduire la violence de la communication avec autrui : éviter les formules qui blessent, les surinterprétations, les façons de « vider son sac » qui, encore une fois, s’attaquent aux personnes plutôt qu’aux problèmes. Ralentir aussi les échanges et différer les réactions, questionner avec respect les vues exprimées par l’autre, s’exprimer de façon authentique et empathique ; autant de précautions qui constituent quelques-unes des étapes favorisant la mise en place progressive d’une non-violence en actes et en paroles.

Ce texte m’a donné envie de faire cet effort parce qu’il montre la beauté de l’objectif, la grandeur de l’intention et l’impression que c’est notre seule issue possible finalement ! Comme l’auteur se plaît à le répéter, choisir la violence n’apporte rien de plus que ce que la non-violence n’aurait réussi avec des « effets secondaires » catastrophiques en prime.

Dans l’écheveau des scénarios historiques et pour un œil critique, le « rendement » collectif de la seule violence s’avère finalement tout aussi limité ou discutable que celui de la non-violence. En l’absence de certitude et faute de champion incontestable, reste alors à savoir, au plan individuel, sur quelle composante on choisit de parier.

Auteur Pascal Tozzi.
Editeur Le Pommier.
Date de parution mai 2016.
Collection Essais.
EAN 978-2746510975.
ISBN 2746510979.
Nombre de pages 134.
Format 20 x 14

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2 réflexions sur “Plaidoyer pour la non-violence [BIBLI DES VI]

  1. bon je venais de mettre un comm. mais il a sauté je ne sais où.
    Je disais donc : merci pour cette présentation. Sujet important, auquel tout parent est confronté à un moment ou un autre. A peut etre aussi laisser entre les mains d’enseignants, qui sous le coup de la fatigue ont parfois un peu de mal… comme tout être humain.
    Y a t il des expériences concrètes qui sont présentées ?

    • Il y a de nombreux exemples concrets mais brossés en quelques mots ou quelques lignes tout au plus – ce sont plutôt des « renvois » à des situations ordinaires ou historiques. C’est vrai que j’aurais aimé des « cas pratiques » voire même des exercices :) mais ça reste un essai donc assez théorique.

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