À chacun son idée pour refonder l’école [Bibli des VI]

C’est un sujet récurrent au sein des gouvernements quels qu’ils soient, des médias, des publications éditoriales, des sites Internet, des blogs et même des Vendredis Intellos ! Et pour cause, c’est un sujet important : c’est l’avenir de nos enfants, l’avenir de la société.

Je vous propose un petit tour de quelques avis et propositions (en particulier dans des ouvrages offerts aux VI). Rien d’exhaustif bien entendu mais de quoi confronter des thèses et se faire une idée de cette question brûlante.

Afficher l'image d'origineEn lisant le titre de cet essai envoyé aux Vendredis Intellos, je me suis tout de suite dit que je ne serai pas d’accord avec la thèse de l’auteur… Je ne me suis pas trompée mais il me semble intéressant d’en parler parce qu’il correspond sûrement à un courant à prendre en compte.

La question centrale du livre :

Si des méthodes prétendument révolutionnaires ont pu se révéler calamiteuses, l’origine du mal, en effet, ne serait-elle pas plutôt dans la conception de l’éducation ? Ne serait-elle pas dans l’idéologie dominante actuelle, dite moderne, qui pour être bienveillante avec l’enfant, aboutit à une négation de l’éducation rendant l’instruction impossible ?

Constat sévère… Quelques exemples des problèmes relevés par l’auteur : mères omnipotentes, familles complaisantes, enfants qui n’ont donc plus de limites, sont égocentriques, ne respectent plus les adultes, incapables d’assumer les frustrations et de gérer leurs émotions, nouveau sexisme des femmes envers les hommes.

L’École n’a pas vocation à être maternelle jusqu’aux classes de terminales. (…) Si elle doit respecter les élèves, elle n’a pas à les baigner dans un rapport affectif amoureux (…). S’il ne s’agit pas de prohiber des rapports de proximité ni de faire souffrir les élèves, l’école n’a pas pour fonction première d’assurer leur bien-être et de toujours les accompagner avec compassion. Enseigner est avant tout faire respecter des règles. L’élève apprécie son école et a envie d’étudier non pas s’il est cajolé par ses enseignants mais s’il les tient en estime.

Cette conception de l’éducation est tout à fait à l’opposé de celle de Céline Alvarez (entre autres).

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Cet essai récent fait beaucoup parler de lui. Personnellement, je l’ai trouvé passionnant parce qu’il donne des exemples concrets de pédagogies alternatives et fait un récapitulatif des avancées en matière de neurosciences que l’Education nationale devrait prendre en compte pour réformer l’école. Quelques extraits :

N’allons pas inventer des dispositifs extraordinaires, contentons-nous déjà de faire entrer de nouveau la vie dans le lieu où le jeune être humain s’épanouit. Ce que cherchent nos enfants, ce n’est pas une nouvelle méthode pédagogique, mais le monde tel qu’il existe déjà.

En attendant, nos programmes éducatifs actuels essaient maladroitement de remplir l’enfant de connaissances, sans réellement prendre en compte ni l’importance capitale de l’environnement ni les lois naturelles qui gouvernent la formation de son intelligence. Ces lois nous révèlent pourtant une chose fondamentale : nous ne pouvons pas vraiment « enseigner » l’enfant. Lui seul peut créer et former son intelligence en faisant ses propres expériences. Nous ne pouvons que l’assister dans son travail de création.

Il est fondamental de comprendre que notre tâche principale n’est pas de « faire quelque chose », et d’inventer une autre nouvelle « méthode » ; il nous appartient essentiellement de ne pas interférer avec celle de l’enfant et de respecter ses lois et directives intérieures. Notre rôle d’adulte consiste véritablement à les connaître afin de plus les court-circuiter.

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Cet essai offert aux VI propose un état des lieux des inégalités scolaires et quelques solutions pour y remédier. Le constat :

Les sources des inégalités scolaires sont multiples. Il est probable que la première d’entre elles est liée au fait que les sociétés sont hiérarchisées et stratifiées. Les élèves sont donc éduqués dans des milieux familiaux différenciés et inégaux au plan de leur proximité aux normes et valeurs scolaires. (…) Considérer les élèves comme égaux en droit ne suffit donc pas, dès lors qu’ils sont inégaux en fait.

L’école n’est pas étrangère à la construction des inégalités scolaires au travers de plusieurs processus : ceux liés à la ségrégation scolaire, qu’elle soit le fruit de l’organisation officielle de l’enseignement (les filières) ou de mécanismes plus complexes de répartition inégale des élèves des différents groupes sociaux et ethniques dans les établissements liés à la ségrégation urbaine et au choix de l’école par les parents. Mais au bout du compte, les inégalités d’apprentissage apparaissent liées à quelques mécanismes clés : différenciation de la quantité et de la qualité des apprentissages au détriment des plus défavorisés au plan social et culturel.

Il donne trois exemples d’actions effectuées dans différents pays, leurs avantages et leurs inconvénients :

  • « politique de compensation active auprès des élèves et des établissements les plus défavorisés » : en France, cela a pris la forme des « zones d’éducation prioritaire ». Mais « elle ne parvient pas à compenser le handicap scolaire des élèves et n’atteint donc pas son objectif de limiter les inégalités scolaires en tant que telles. »
  • « conditionn[e] l’octroi de financements à la capacité des établissements à augmenter le niveau des acquis de leurs élèves et de limiter les inégalités scolaires entre élèves de différentes minorités ». « Elle a abouti à des résultats non négligeables en termes d’efficacité et d’équité. »

Mais ces deux politiques « acceptent comme un état de fait l’inégale répartition des élèves dans les établissements scolaires et les effets délétères que peut avoir la ségrégation sur les inégalités ». Une troisième est proposée :

  • « politique de déségrégation » : « déconnecter le lieu de scolarisation des enfants de leur lieu de résidence de façon à ce que la ségrégation raciale et ethnique qui structure les villes américaines ne se reproduise pas – ou le moins possible – dans les établissements scolaires. ». Il y a eu certes une amélioration des résultats des élèves noirs (mais pas d’impact sur les élèves blancs) mais les classes moyennes blanches ont fui vers l’enseignement privé ou vers des secteurs scolaires où ce système n’est pas ou peu appliqué.

Il n’y a pas de recette toute faite, bien entendu mais pour l’auteur, la priorité est donc de reconnaître ces inégalités pour mettre au point des politiques scolaires adéquates.

 

Dans ces trois ouvrages, on constate tout de même une critique féroce de l’Education nationale, de la politique éducative du moment mais en faisant un tour sur les sites gouvernementaux, j’ai constaté que de nombreuses solutions sont évoquées et c’est quand même rassurant ! Le changement est long, c’est sûr mais toutes ces réflexions vont bien finir par porter leurs fruits. Battons-nous pour ça !

 

  • « POUR UNE ÉCOLE INNOVANTE » : synthèse des travaux du Conseil national de l’innovation pour la réussite éducative 2013-2014 / Didier Lapeyronnie (remise à madame la ministre de l’Éducation nationale le 10 novembre 2014)

La bienveillance est un état d’esprit ainsi qu’une orientation des pratiques et des comportements. Elle vise à renforcer l’intégration de l’ensemble des individus ou des acteurs dans une même communauté éducative. Elle se décline par un mode d’accueil respectant les particularités de chacun et par un mode d’apprentissage et d’éducation positif. Elle présuppose que l’école accueille tous les individus ou les membres d’un groupe dans une logique inclusive. Cela signifie que chacun se voit accordé suffisamment d’attention pour favoriser la confiance pour les élèves et les enseignants. Les temps et les modalités d’apprentissage particuliers à chacun au sein de groupes doivent être respectés afin que s’instaure un climat de sécurité et que les individus se sentent chez eux au sein de l’école. De cette façon, l’école doit laisser se développer l’envie d’apprendre et de développer sa curiosité. Dans les apprentissages, l’erreur doit être considérée comme une étape et non comme une faute ou comme une occasion de progresser et non l’expression d’une insuffisance personnelle. La crainte d’être en faute est un facteur important d’inhibition et de non intégration. De même, dans la vie scolaire, les écarts de comportement doivent être traités comme des moments inhérents au développement des enfants et des adolescents et faire l’objet d’actions éducatives. Afin d’inscrire et de valider ces principes dans les pratiques éducatives, et permettent qu’ils irriguent la constitution de la communauté éducative, une réflexion sur la bienveillance pourrait être demandée aux équipes, de façon à ce qu’elles la rendent explicite et l’inscrive dans leurs projets.

La qualité et le style de vie scolaire reposent sur un sentiment de sécurité mais ce sont surtout l’engagement, la motivation, le plaisir qui comptent.(…)

Que nous dit la recherche ? Les deux dernières enquêtes de climat scolaire en France, passées auprès des élèves et auprès des personnels du primaire montrent que :

– une grande majorité d’élèves vivent plutôt heureux dans leur établissement mais 1 élève sur 10 est victime de harcèlement douloureux en milieu scolaire

– 11 à 12% d’élèves sont harcelés, avec un harcèlement moral qui se monte à 14% et des conséquences en termes de santé mentale, et de scolarité (décrochage, absentéisme, perte d’image de soi, tendances dépressives)

– on observe une surreprésentation des garçons victimes et agresseurs – l’amélioration du climat scolaire et le développement des compétences sociales des enfants en particulier l’empathie apaisent l’ensemble des relations au sein de l’école. (A l’école des enfants heureux, enfin presque, OIVE/Unicef, 2011)

– 1 enseignant sur 10 estime le climat médiocre, surtout les enseignants jeunes (moins de 6 ans d’ancienneté) ou les enseignants en éducation prioritaire

– c’est en école maternelle et en zone rurale que l’on a la vision la plus positive de l’école. (L’école, entre bonheur et ras le bol, OIVE/FAS, septembre 2012)

 

Pourquoi travailler sur l’empathie émotionnelle à l’école primaire ? Acceptons que les jeunes violents soient, au moment du passage à l’acte, sous l’emprise de leurs émotions (pression des pairs notamment), c’est-à-dire hors d’eux, incapables de se maîtriser et donc incapables de reconnaître autrui comme un autre, comme une version d’eux-mêmes. Cette perte de contrôle soudaine de soi – conséquence d’un psychisme aux abois – prend le jeune au corps, un corps qui ne pense plus et agit. Dès lors, brutaliser ceux qui l’entourent ne semble pas poser de problème. Partant de cette hypothèse, la recherche a mis au point et validé auprès d’adolescents délinquants un protocole qui consiste à mettre en scène les expériences partagées des émotions – générées par la mise en jeu des corps –, pour restaurer l’empathie qui semble leur manquer au moment du passage à l’acte. Fort de ces résultats et conscient qu’il ne faut pas attendre de réprimer, la recherche propose désormais des programmes d’éducation – par corps – à l’empathie pour favoriser un bon climat scolaire. L’intérêt d’instaurer une éducation à l’empathie, émotionnelle notamment, dès l’école primaire constitue un « socle moral » sur lequel d’autres compétences sociales viendront se nourrir.

Clem la matriochka

 

 

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11 réflexions sur “À chacun son idée pour refonder l’école [Bibli des VI]

  1. La fin est absolument passionnante. Les recommandations de pratique par le corps (inspirées des TCC ?), me semblent très clairvoyantes. J’ai moi aussi beaucoup apprécié l’ouvrage de Céline Alvarez que j’ai trouvé à ma bibliotheque. Je ne pensais pas pouvoir en apprendre encore autant sur cette méthodologie, et surtout, le livre m’a permis de parler de façon plus ouverte et argumentée des « lois de l’ enfance ».
    Pour revenir au corps, actuellement enceinte, je suis moi même étonnée à quel point une séance courte de yoga me redynamise tout en me relaxant enfin de journée. L’envie de m’a vache devant la télé disparaît tout de suite, ainsi que l’agressivité liée à la fatigue. On a encore beaucoup à apprendre sur les liens corps-esprit!

  2. Bravo Clem pour le travail réalisé !
    Je crois qu’il y a des parts de vérité aussi bien chez Jean Gabard que chez Céline Alvarez
    Sur la pérennisation des inégalités sociales, il y aurait beaucoup à dire, à commencer par le concept de « réussite »!

    • Oh oui, il y a encore tant à dire ! C’est toujours un peu frustrant de faire un si petit tour d’horizon, si rapide…

  3. Bonjour et merci de citer mon livre

    Vous dites « à chacun son idée » ! Je suis tout à fait d’accord, à condition de ne pas faire des idées des autres celles que l’on voudrait qu’ils aient.
    Comme vous le dites, le sujet de l’école et de l’éducation en général est un sujet important puisqu’il s’agit de l’avenir de nos enfants et de la société.
    Il est aussi extrêmement important de « confronter des thèses et se faire une idée de cette question brûlante ».
    Il est tout aussi important, si l’on ne veut pas que les « Vendredis Intellos » se transforment en « Intellos du vendredi » (c’est-à-dire à des intellos fatigués par leur semaine de travail et n’aspirant plus qu’à de la détente), que les livres présentés, même assez rapidement, ne soient pas caricaturés, voir déformés.

    J’ai pourtant l’impression que le titre de mon essai : « Materner ou éduquer » a suffi à donner une idée du contenu, que cet a priori a conditionné la lecture et que vous avez cherché des phrases qui pouvaient laisser penser que votre a priori était justifié.
    Le titre et même les extraits retenus peuvent effectivement laisser penser que l’auteur est favorable à un retour aux méthodes traditionnelles et que l’on est encore en présence d’un vieux grincheux réactionnaire représentatif d’un courant qui comme vous le dites si bien est à prendre en compte parce qu’il est effectivement en développement et plutôt dangereux.
    Mais vous n’avez montré que ce qui vous arrangeait parce qu’il est beaucoup plus facile de mettre tous les critiques des méthodes modernes dans le camp des réactionnaires. Ceci permet de se persuader que l’on est sur la bonne voie et de se donner bonne conscience de refuser le débat et de rejeter ceux qui dérangent.
    Je propose donc d’autres extraits qui, sans exposer mes propositions, peuvent donner une impression différente si on les lit avec attention.

    « La société faite par et pour l’homme dominant a cédé la place, en occident, à une société qui condamne le sexisme et se démocratise. La liberté et l’égalité inscrites dans la loi, ne sont, certes, pas toujours respectées et rendent la lutte toujours nécessaire, mais la vision du monde et les mentalités de la grande majorité de la population s’en trouvent quand même totalement transformées. » P13

    « Si le salut de l’école devait, en effet, venir des réformes, il y aurait longtemps qu’on aurait dû constater des progrès dans les résultats des élèves. Non seulement ce n’est pas le cas, mais, au contraire, depuis quarante ans, la motivation des élèves est inversement proportionnelle aux efforts déployés pour l’améliorer. » P55

    « Pour que les fonctions éducatives de père et de mère puissent se jouer, les deux doivent rester toujours conscients que ce n’est qu’un jeu. Le père ne doit pas céder à la tentation de dominer l’autre et de soigner son égo. » P71

    « De nombreux adultes se méfient encore de l’autorité qu’ils confondent avec l’autoritarisme d’anciens maîtres. Ils ne tiennent pas à voir jouer cette fonction par un éducateur qu’ils ne connaissent pas. Il est pourtant possible d’appréhender l’autorité « comme autre chose que la domination et la force » et peut-être même comme « une forme d’intelligence et de relation à l’autre, qui accepte l’autre dans sa différence et dans sa complémentarité ? » p74

    « … avancer alors que se complaire dans la crise actuelle ne peut que nous amener, si ce n’est déjà fait, au désenchantement et à la désespérance (cf « Le suicide français Eric Zemmour) et à ce que l’on a cherché à éviter : le retour en arrière vers une société sexiste et fasciste ! » p75

    Cordialement
    Jean GABARD
    jean.gabard01@laposte.net

    • Bonjour,
      merci pour votre intervention. Je suis navrée que mon commentaire vous ait déplu et navrée que vous vous permettiez à mon égard des remarques désobligeantes (« intellos fatigués par leur semaine de travail et n’aspirant plus qu’à de la détente » ou « vous n’avez montré que ce qui vous arrangeait » ou encore « Ceci permet de se persuader que l’on est sur la bonne voie et de se donner bonne conscience de refuser le débat et de rejeter ceux qui dérangent. ») dont je n’ai pas usé avec vous, vous en conviendrez.

      Je persiste : j’ai choisi ces extraits car, pour moi, ils représentent bien votre thèse (et non parce qu’ils serviraient un supposé intérêt) qui est que les méthodes actuelles cherchent plutôt à favoriser le bien-être que l’instruction . Les extraits que vous avez ajoutés montrent certes que vous n’êtes pas un réactionnaire (ce que je n’ai jamais dit) mais ne me semblent pas représentatifs de votre livre en entier et de son ton. Mais peut-être n’ai-je pas compris ce que vous vouliez dire, auquel cas n’hésitez pas à préciser votre pensée. Pour le moment, nous ne sommes pas d’accord, j’en conviens, c’est le risque ou l’intérêt qu’il y a à partager ses idées.

      Cordialement

      • Bonjour et désolé de vous avoir « déplu ». J’ai peut-être été assez direct (99.9% des critiques qui me sont faites portent sur des propos que l’on me fait tenir mais qui ne sont pas les miens) mais je n’ai pas fait de remarques désobligeantes à votre égard. J’ai effectivement critiqué votre façon de faire un commentaire sur un livre et dit qu’il faudrait ne pas s’arrêter à une impression  » si l’on ne veut pas que les « Vendredis Intellos » se transforment en « Intellos du vendredi » (c’est-à-dire à des intellos fatigués par leur semaine de travail  » .
        Vous ne dites pas que je suis un réactionnaire mais (et vous le dites à nouveau) que mes propos sentent le réactionnaire. Ma critique des méthodes dites modernes prend effectivement une grande place, mais avant de proposer ne faut-il pas montrer ce que l’on refuse, surtout lorsque ce que l’on refuse est ni plus ni moins que l’idéologie dominante actuelle ? Et je ne suis toujours pas d’accord qu’on en reste à une impression à moins que toute critique des méthodes modernes soit automatiquement réactionnaire. Pour moi sur cette question il n’y a pas que deux positions possibles mais trois : celle des réactionnaires qui regrettent le temps passé et veulent revenir à ce qu’il y avait avant ; celle des conservateurs qui veulent poursuivre dans la voie des méthodes dites « modernes » que l’on met en place depuis maintenant plus de quarante ans (qui ne sont pas toutes mauvaises) mais qui aboutissent à des résultats contraires à ce que l’on espérait, c’est à dire de moins en moins de motivation et de résultats ; celles des progressistes qui tenant compte des critiques des méthodes traditionnelles et modernes, veulent trouver le moyens d’éduquer à la liberté sans verser dans le seul maternage. Il s’agit d’éviter de fabriquer, comme cela se fait actuellement, des machos et des fachos. Je le dis et l’explique dans le livre. Je pensais que c’était assez clair même si je conçois que cela puisse être gênant !

        • Je ne sais pas comment vous (re)dire que je ne vous considère pas comme réactionnaire. J’ai lu votre livre et je sais que vous proposez une troisième voie, comme vous dites. Néanmoins je ne suis pas d’accord avec votre thèse selon laquelle les méthodes modernes privilégient le maternage et je ne suis pas non plus d’accord avec votre analyse de la situation actuelle (mères omnipotentes, enfants qui n’ont plus de limites, etc.).
          Les Vendredis Intellos s’engagent à lire des ouvrages et à les commenter mais pas à les apprécier absolument. Mon billet reflète donc mon avis, subjectif certes mais honnête. Je ne suis pas restée sur une impression, comme vous préférez le penser, je ne suis pas d’accord avec vos propos, voilà tout.

          • Je suis désolé et je vous fais mille excuses. C’est peut-être moi qui suis resté sur une première impression : celle que m’a fait votre premier commentaire. Je n’apprécie pas du tout les critiques qui me font dire ce que je ne pense pas (et qui sont très très nombreuses) mais quand ce n’est pas le cas, je les accepte totalement.
            Vous ne partagez pas ma thèse « selon laquelle les méthodes modernes privilégient le maternage » ni « mon analyse de la situation actuelle (mères omnipotentes, enfants qui n’ont plus de limites, etc.) ». On ne peut cependant nier aujourd’hui que de plus en plus d’enfants manquent de limites. Je l’ai constaté et ceci depuis plus de 20 ans, dans une école qui était pourtant dans les premières du département de l’Isère au niveau des résultats au BAC ! Vous pouvez, certes, dire que j’exagère et que ceci n’a aucun rapport avec l’éducation et encore moins avec des mères qui seraient omnipotentes. Et si vous le dites, c’est peut-être parce que vous ne partagez pas ma conception des fonctions symboliques de père et de mère et qu’elles n’ont pas la même importance. Ceci voudrait dire que vous suivez l’idéologie dominante croyant non plus simplement à une égalité en droits entre les hommes et les femmes mais à une égalité homme/femme (et donc père/mère). Ceci voudrait dire que vous aussi vous prenez le postulat des Etudes de genre, disant que toute inégalité homme/femme provient de la construction sociale et des discriminations, pour une théorie. C’est, semble-t-il sur ce point que porte notre désaccord.
            Je ne peux pas prouver toutes les différences entre les hommes et les femmes, autres que celles dues à la construction sociale (qui ne sont d’ailleurs pas davantage prouvées) mais je peux prouver qu’il y en a. Et, même s’il n’y en avait qu’une, que le postulat des Etudes de genre est faux. Et s’il n’y a pas de théorie de théorie du genre, qu’il y a des différences homme/femme et donc père/mère.
            On peut expliquer mais on ne peut effectivement pas prouver les différences de structuration du psychisme et donc la nécessité que se jouent des fonctions symboliques différentes pour le père et la mère, mais qui peut nier que le fait de naître dans un corps de fille d’une personne du même sexe et dans un corps de garçon d’une personne du sexe opposé puisse avoir au moins autant d’importance que le fait de se voir offrir une poupée ou un camion ?

            • Je ne suis pas sûre que notre discussion soit vraiment productive puisque vous interprétez à chaque fois mes propos. Ce n’est pas parce que je ne suis pas d’accord avec vous que je suis l’idéologie dominante.

              Merci d’avoir précisé votre pensée et bonne continuation dans votre recherche de refondation de l’école.

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