L’école des loisirs et les mystères de la vie…

EDIT: A la suite du billet, vous trouverez la réponse de l’école des loisirs et ma « contre-réponse ».
Ce n’est donc pas un canular ou du second degré comme certains l’ont pensé, ni une erreur de casting puisque l’ouvrage est défendu bec et ongles, de façon très commerciale, avec passage sous silence de la problématique sexiste et, me semble-t-il un certain mépris des enfants qui « ne pourraient pas comprendre », etc…
Bref, une déception certaine ! Mais je vous laisse juge…

Voici la copie du message envoyé sur la page Facebook de l’école des loisirs.

« Chère École des Loisirs,
Je commence par vous dire que je suis usuellement fan de vos livres et publications qui représentent l’essentiel des lectures de mon fils, qui est « abonné » (à la réception d’un livre par mois) et à qui nous achetons en plus d’autres livres de cette édition.
Ayant reçu dans notre dernier envoi le catalogue, je l’ouvre avec plaisir. Un livret central attire mon attention. C’est un extrait au format réduit d’un livre « Le mystère de la vie » de Jan Paul Schutten et Floor Rieder (traduit du Neerlandais).
Ce livre prétend présenter, avec humour et illustrations le mystère de la vie depuis les premières cellules jusqu’aux gènes que nous transmettons en passant par l’évolution. Excellente idée !
Comme il y a des extraits sous forme de ce petit livret, je lis…et je n’en reviens pas…
Je vous dis ça déjà parce que je suis médecin et que j’en ai quelques notions, mais si j’étais biologiste je ferais surement des bonds en lisant les erreurs, inexactitudes et autres approximations sur la théorie de l’évolution. Mais même si j’admettais que, par souci de simplification, on ait été approximatif (ce qui en soi est difficilement pardonnable quand on prétend « éveiller de nombreuses vocations scientifiques »), en revanche j’ai plus de mal avec les préjugés sexistes…
Bon, je vous dis ça parce que je suis papa mais, même si j’étais maman, je n’aimerais vraiment pas que, plus tard, quand ils seront en âge de le lire, mes enfants lisent l’extrait suivant :
(Contexte : le chapitre s’intitule « pourquoi personne n’est parfait après toutes ces années d’évolution ?» et présente en introduction la notion de « sélection sexuelle », qui veut que dans la nature, le choix du partenaire (souvent du partenaire mâle par la femelle) selon certains critères contribue grandement à l’évolution des espèces.)
Deuxième paragraphe dont le titre est : « Pourquoi les femmes sont-elles de plus en plus belles et pas les hommes ? » (Jusque là j’ai cru que c’était de l’humour mais…extrait : )
« Chez les humains c’est différent. Les hommes choisissent souvent les plus belles femmes, alors que les femmes tiennent moins directement compte de l’apparence physique d’un homme. Elles trouvent, par exemple, plus important qu’il soit intelligent, qu’il ait un bon travail ou qu’il excelle dans un domaine ou un autre. Les jolies femmes trouvent donc plus vite un homme et ont plus vite des enfants. Parmi ceux-ci, les filles sont en général de plus en plus jolies. Les hommes n’ayant pas particulièrement besoin d’être beaux, les garçons restent à l’image de leur père, c’est à dire pas terribles…
Les femmes sont-elles plus intelligentes que les hommes parce qu’elles ne choisissent pas seulement en fonction de l’apparence physique ? Pas forcément. Les jolies personnes ont souvent un visage symétrique. (…) C’est également un signe de bonne santé. Les hommes choisissent donc les plus belles femmes afin d’avoir une descendance plus saine. Malin, non ? »
Eh bien non, pas malin, vraiment. Il y a tellement d’erreurs et d’aberrations par phrase, qu’on a pas besoin d’être militant féministe pour manquer de s’étouffer en lisant. Je pourrais m’amuser à lister les aberrations scientifiques, études à l’appui (les idioties qui sont dites ici sur les critères de choix du partenaire, la symétrie des visages, l’héritage génétique, sont absolument hallucinantes) mais je voudrais surtout que l’on note bien les messages sexistes qui passent.
Le titre du paragraphe, malgré sa forme humoristique, contient tout à fait sérieusement (la suite du paragraphe en témoigne) le présupposé que les femmes sont de plus en plus belles et pas les hommes…mais selon quels critères ?
L’évaluation subjective de la beauté se mesure et est en évolution ?….
On y apprendra que les hommes choisissent les femmes en fonction de leur beauté (sois belle et surtout tais-toi, les hommes ne regardent que le physique), et que c’est le meilleur critère de choix. Tandis que l’homme se doit d’être intelligent (ben oui, c’est pas pour les femmes l’intelligence) et qu’il ait un bon travail (sous-entendu, de l’argent ?)…
La femme doit être belle, l’homme doit être riche. Dans quel monde exactement vit-on ? C’est effrayant quand l’auteur prétend justifier ces positions rétrogrades par un contenu prétendument « scientifique » !
« Les jolies femmes trouvent donc plus vite un homme »
Tu apprendras ma fille que si tu n’es pas une « jolie femme » (selon qui ? l’illustration de la page d’en face ?), tu peux oublier les amoureux, sans parler des princes charmants, tu n’as pas les critères…
Puis vous lirez attentivement la phrase qui suit, et vous y lirez clairement que les filles ressemblent à leur mère (donc de plus en plus jolies) et les hommes à leur père (donc pas terrible…)
Non mais sérieux ? Un élève de quatrième ayant lu son cours de biologie vous dirait à quel point c’est débile !
Je ne m’étends pas plus sur l’analyse de texte, juste pour ajouter qu’une illustration sur la page d’en face représente censément les critères favorisés par la sélection sexuelle. Du côté de l’homme vous lirez entre autres : intelligence, bon métier, épaules larges, poils sur le corps pour répandre une odeur masculine (sic) (je veux bien qu’on m’explique le concept…l’auteur croit peut-être encore que l’odeur virile de transpiration après le match excite les femmes…) et du côté de la femme : lèvres charnues, poitrine généreuse, peau douce ou longues jambes…
Oui « chez les humains c’est différent », mais surtout parce que les humains ont des critères de choix de partenaires bien plus complexes, les phéromones les poussent notamment à choisir une personne au système HLA, donc à la génétique différente (bien plus qu’au physique avantageux !) pour protéger l’immunité de leurs enfants et assurer un brassage génétique (contrairement à cette espèce d’endogamie entre beaux et forts que le paragraphe laisse imaginer); les interactions sociales, les sourires et les regards, augmentent considérablement les phénomènes bio-psycho-sociaux qui nous attachent les uns aux autres, plus que le tour de poitrine ou la taille du compte en banque ; et puis faut-il le dire, il y a des femmes qui n’ont pas les critères de beauté mais trouvent quand même des hommes qui trouvent leur intelligence attirante…
Qu’une maison d’édition de cette envergure laisse passer un livre avec de tels sous-entendus à destination du jeune public me semble assez grave. L’idée de base de présenter les connaissances sous une forme provocante, iconoclaste est excellente, elle a d’ailleurs été primée aux Pays-Bas (qui ont pourtant une réputation de progressisme), elle a été appréciée par « Le monde des livres » (dont la critique, une femme d’ailleurs, a trouvé le propos sur les femmes de plus en plus belles « flatteur »)…
Mais je suis navré de dire qu’il n’y a ici ni connaissances, ni véritablement humour puisque le paragraphe présenté ne laisse pas de place à une autre interprétation, critique ou mise à distance des propos, que celle d’un déterminisme sexiste, dans lequel des hommes avec de gros bras et de gros métiers choisiront des femmes avec des gros seins et le visage symétriques pour faire des belles filles et des moches garçons.
Il y a le reste du livre à lire, sera-t-il aussi inexact et critiquable ? Dans tous les cas, ce paragraphe à lui seul justifie qu’on s’en méfie grandement.
Bref, je vous dis ça aussi parce que le reste du temps, je suis psychiatre, et tous les jours je reçois des gens (dont certains très jeunes) qui subissent la pression sociale d’entrer dans un moule, d’être physiquement et socialement un peu plus ceci et un peu moins cela, d’être assigné à ce que le cliché attend d’eux, et qui en souffrent affreusement et gâchent leur potentiel. Ce livre vient dire que les gênes les condamnent, (malgré tout un développement faussement rassurant sur le fait que ce ne sont pas toujours ceux auxquels on s’attend qui survivent…) alors que l’interaction avec l’environnement est bien plus déterminante que cela.
Je serais curieux de savoir ce qui a justifié un tel choix, s’il correspond à une ligne éditoriale, si quelqu’un a mesuré l’impact que pouvait avoir la diffusion de tels stéréotypes auprès de jeunes, probablement préados (vu le vocabulaire du livre), dans un moment de grande fragilité. C’est plutôt inquiétant.
Je souhaite sincèrement qu’aucun enfant ne lise ce livre, et que ne soient pas diffusés des aberrations, des stéréotypes sexistes et un grand nombre d’idioties qui se veulent scientifiques, dans cette collection pour laquelle j’ai par ailleurs une grande estime.
Dans l’espoir d’une réaction de votre part à ce sujet, je vous adresse donc, chère école des loisirs, mes Maximax salutations.
Philippe Aïm »14959157_10154134856490208_744437120_o
Illustration du livre. (Ecole des Loisirs)
Voici la réponse de l’école des loisirs

« Monsieur Philippe AÏM

Paris, le 16 novembre 2016

Monsieur,
Nous avons pris connaissance de votre message qui nous vaut de saluer la qualité du regard critique avec lequel vous avez lu Le Mystère de la Vie.
Nous vous remercions d’avoir pris la peine de nous communiquer les réserves que vous a inspirées la lecture des extraits de ce livre. Vos remarques portent toutefois sur deux pages (58 et 59) d’un ouvrage qui en compte 160. Elles seront cependant bien entendu transmises à l’auteur, qui ne manquera pas d’y prêter l’attention qu’elles méritent, dans la perspective de toute réédition.
Cet album n’a aucune prétention à l’enseignement scolaire ou universitaire. Il n’est ni un livre de classe ni un traité de biologie, mais un vrai livre, littéraire, par lequel un auteur s’applique à présenter de manière personnelle l’émergence et le développement de la vie tels que les avancées scientifiques nous les font aujourd’hui appréhender. Cela l’incite à s’adresser à son public en des termes que celui-ci pourra comprendre.
L’objectif qui s’impose pareillement à l’éditeur de livres pour la jeunesse est d’abord de favoriser la lecture. Y réussirait-il en publiant pour les enfants un album qui leur raconterait, comme vous l’écrivez, qu’« entre hommes et femmes le choix d’un partenaire est rendu complexe par des phéromones qui incitent à choisir une personne au système HLA donc à la génétique différente pour assurer un brassage dans un domaine où les interactions sociales augmentent les phénomènes bio-psycho-sociaux qui nous attachent les uns aux autres » ?
Jan Paul Schutten ambitionne d’être lu par des pré-adolescents dont les capacités d’assimilation exigent des ellipses, des simplifications et surtout un ton parfois un peu « décalé », voire humoristique, qui offense sans doute le respect dû à la science, mais lui permet de remplir une mission capitale : éveiller et retenir l’attention. C’est pour cette raison que son ouvrage a déjà été reconnu et primé en Allemagne et aux Pays-Bas.
En vous remerciant de vos suggestions, nous vous prions de croire, Monsieur, à notre meilleure considération.

La direction éditoriale »

Et voici ma « contre-réponse »

 

« Bonjour et merci d’avoir pris le temps de me répondre,

Quelques points et précisions sur votre réponse:

1. « c’est un vrai livre, littéraire »:
a. content d’apprendre que les autres sont des faux livres
b. il est faux de le présenter ainsi, ce n’est pas une oeuvre uniquement littéraire et intéressante pour sa prose, le livre est présenté comme un documentaire dans un style décalé.
c. content d’apprendre qu’il suffit qu’un livre soit « littéraire » pour qu’on puisse y écrire n’importe quoi

2. « tels que les avancées scientifiques nous les font aujourd’hui appréhender »
Non, pas du tout. Je pourrais m’étendre sur les autres pages, mais non, ce livre n’est pas conforme aux avancées scientifiques et particulièrement sur les points soulevés.

3. « sur un livre qui en compte 160 (pages) »
c’est vous qui choisissez les 14 pages d’extraits, censés être représentatifs non? S’ils ne le sont pas, il faut revoir votre copie. Si les extraits donnent un message contradictoire de l’ensemble, il faut s’interroger sur la compétence de ceux qui écrivent le catalogue.

4. « favoriser la lecture (…)Y réussirait-il en publiant comme vous l’écrivez »
Comme je l’écris? mais je m’adresse à vous, des adultes pouvant comprendre !
Le travail de l’auteur est de rendre ces notions accessibles, pas fausses ni sexistes ! Le travail de l’éditeur est de rendre accessibles des données à des enfants par des auteurs qui savent écrire.
Mon style n’est pas assez littéraire pour vous peut-être, mais allez, je me lance, j’aurais très bien pu dire à des pré-ados, avec un niveau de vocabulaire identique au livre:
« Chez les humains, c’est bien plus compliqué! Nous ne nous choisissons pas sur des critères uniquement physiques ou de performance. Nous ne sommes pas attirés uniquement par quelqu’un qui nous semble beau ou a des aptitudes spéciales (contrairement aux paons du chapitre suivant). La nature nous a équipé de systèmes qui nous permettent de nous brasser, de nous mélanger, d’être naturellement attirés par des gens qui ne nous ressemblent pas, car le brassage des gènes nous donne une plus grande résistances aux maladies ! Malin non?
De plus, si les animaux cherchent le meilleur partenaire en vue de la reproduction, concernant les humains, notre cerveau s’est développé au point que nous pouvons aussi choisir notre partenaire en fonction de ses goûts, de ses affinités, des idées que nous partageons. Bref, pas seulement pour nous reproduire mais pour être ensemble ! Dans les pays libres, le choix peut marcher dans les deux sens (les femelles et les mâles peuvent se choisir mutuellement !) Et nous choisissons un partenaire parce que nous voulons nous en rapprocher, l’aimer et partager. »

5. « qui offense le respect du à la science »: m’avez-vous lu? Je dis en tout début de mon billet que je peux comprendre qu’on simplifie au risque d’inexactitudes concernant la théorie, la science n’est pas un tel Dieu qu’il faille parler d’offense…
Mais que ce qui m’embête (et le seul point sur lequel j’insiste) ce sont les clichés sexistes. Et là dessus, silence radio. En ce sens, votre réponse est une non-réponse.

Oui ce n’est pas tout le long du livre mais cet extrait est problématique et justifie le commentaire. (Si vous voulez les inexactitudes scientifiques, je crois que d’autres blogueurs s’en sont partiellement chargés…)
Le prix aux pays-bas n’excuse rien. Il y a un choix éditorial et un choix de catalogue qui me semble bien dommage. Et dommageable pour vous si vous vous payez un « bad buzz ».

6 Dernier point plus personnel et plus important pour moi: j’aime l’école des loisirs, vous savez pourquoi?
Notamment pour son idée de départ, son « mythe fondateur ». L’idée qu’il y a de la place pour sortir de la question uniquement de l’apprentissage, du didactique, du « moule » dans les livres pour la jeunesse. Il y a de la place dans les livres pour enfant pour l’émotion, le divertissement, voire le « politiquement incorrect ». L’école des loisirs c’est laisser nos enfants lire Ponti et la folie douce de ses ouvrages, c’est les laisser être des Maximonstres, c’est sortir des sentiers battus, être plus libre et s’affranchir un peu par la créativité.

Alors quand on sort de tels vieux clichés, même sous des couverts d’humour et de décalage, on est dans l’opposé total en vérité. L’apparence de décalage ne suffit pas. Les liens peu clairs à la religion dans le livre, les inexactitudes sur les sciences (qui auraient pu être corrigées même dans un langage simple…si, si…), et surtout le bon vieux le sexisme « à l’ancienne » me semblent au contraire être bien régressifs et enfermants.
Je n’aurai pas été aussi touché venant d’une autre édition.

Vous savez, je souhaite parfois que nos enfants soient des enfants « école des loisirs », c’est à dire aimés parce qu’ils sont aussi des maximonstres atypiques, qui misent sur leur humour et leur créativité plus que sur leurs gros seins ou leurs portefeuilles pour séduire. Ce livre ne les y aidera pas et je le regrette.

Je vous remercie d’avoir pris le temps de me lire.
Je constate à vos réponses qu’il n’y aura aucune remise en cause. Je le regrette, surtout si cette absence de remise en cause provient d’un souci commercial (gros tirage, livre mis en valeur par la reliure, par sa place dans le catalogue etc.). Je ne m’attends hélas plus à grand-chose mais je tenais à préciser ces points. Il va être difficile de convaincre des lecteurs avertis et parents impliqués avec ce genre de réponse de pure forme.
J’attends de voir aussi les réponses que vous ferez aux autres personnes qui vous ont interpellées, notamment Lucie Cauwe qui a fait une revue plus exhaustive que la mienne.
En espérant qu’il s’agisse bien (même si on peut supposer que vous ne souhaitiez pas le dire publiquement) d’une erreur de casting et de parcours, je conserve pour le moment notre abonnement à votre édition, et je vous adresses mes sincères salutations.

Philippe Aïm »

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49 réflexions sur “L’école des loisirs et les mystères de la vie…

    • Bonjour

      Puis-je savoir pourquoi vous aviez confiance dans cet éditeur ? la caution des enseignants ? la présence massive de son catalogue dans les bibliothèques des écoles et/municipales ? l’abonnement proposé dès l’entrée en maternelle ? les conditions et/ou cadeaux donnés aux uns et aux autres ?
      Merci

      • il est en effet étonnant à l’époque de la théorie du genre « voulue » dans les écoles, que des enseignants soient caution de ce genre de notions…

        • Encore quelqu’un pour parler de « théorie du genre » ? C’est décidément un concept inexistant qui a beaucoup de succès ces dernière années… J’espère que vous êtes conscient que ce terme a été inventé ainsi que sa définition par les opposants à cette pseudo théorie ?

  1. J’ai rarement été déçue par l’école des loisirs mais c’est déjà arrivé, et celui-là a l’air bien gratiné ! J’espère que vous leur avez envoyé votre article directement pour qu’ils puissent y réfléchir. Merci pour votre article.

  2. Ha ben moi aussi je prend leurs livres les yeux fermés. Tant de perles rares, de livres magnifiques, de sujets variés.un vrai regal !
    Mais je feuillèterai à l’avenir. Celui ci ressemble à un gag !

    • Bonjour ,

      Et bien moi , les yeux grands ouverts je vais voir ailleurs et il y a de belles choses chez ces éditeurs non  » sponsorisés  » par les enseignants et autres librairies dites « de qualité  » !
      La curiosité nous ouvre les yeux et nous invite à pousse à choisir parce qu’on le veut ce livre et non parce qu’il est édité chez EDL !!!! cherchez fouillez feuilletez savourez souriez …..il y a beaucoup hors cet éditeur !

      • J’ai bien compris que vous étiez absolument contre l’Ecole des Loisirs, en revanche je n’ai pas compris ce que vous leur reprochiez exactement. Quels éditeurs, absents des bibliothèques et des écoles, conseillez-vous ?

  3. Arghhhhh – MERCI pour ce coup de gueule salutaire (séduisant, le coup de gueule chez les hommes? Les femmes belles y sont-elles sensibles? L’espèce s’en trouvera-t-elle améliorée?) Il faut continuer à se méfier de tout et de tout le monde dans ce combat contre le sexisme et les préjugés. L’adage « Never judge a book by its cover » n’a jamais été plus vrai : l’école des loisirs n’est pas une garantie, manifestement. Peut et DOIT mieux faire! Notre vigilance est le meilleur rempart.

  4. Vous répétez beaucoup que vous prenez les albums de l’école des Loisirs les yeux fermés, et vous acceptez aussi cet article les yeux fermés sans vous donner la peine de le vérifier. On lit pas bien les yeux fermés.
    Rappelons nous aussi qu’il s’agit ici de la citation d’un extrait d’un seul article d’un livre de 160 pages, c’est peu pour juger… La partie citée est-elle tempérée dans le reste de l’article ? par les illustrations ? voire mise en opposition avec un autre article ? s’agit’il d’une partie d’un raisonnement plus vaste? De plus, je ne peux pas nier que l’illustration présentée ici, avec son design catalogue de mode année 40 dégage une certaine ironie.
    à part cet extrait, on nous parle « d’erreurs, inexactitudes et autres approximations » sans jamais rien citer. je me méfie de ce genre d’affirmations.

    • Bonjour et merci pour ce commentaire tout à fait juste.
      Je ne demande à personne de me croire, la méfiance est salutaire.

      Le catalogue de l’école des loisirs peut se trouver je pense en librairie, où être demandé à l’éditeur je pense, et chacun pourra vérifier s’il le souhaite. Au centre du catalogue ce trouve un livret de plusieurs pages qui est un « extrait long » dirons-nous du livre.

      Quelques précisions cependant:
      -La forme de mon billet relève en partie du « coup de gueule » et pas totalement de l’article scientifique, j’accepte bien volontiers qu’il ne soit pas méthodologiquement irréprochable…

      -Je précise dans l’article que c’est juste de ce paragraphe que je parle, cet extrait à lui seul justifie selon moi le questionnement adressé à l’éditeur.

      -Si je questionne, c’est bien après avoir lu le reste de l’extrait disponible, dans lequel, d’après ma lecture, cela ne me semble pas tempéré par le reste du texte, ni mis en balance, et juste inclus dans un raisonnement sur la sélection sexuelle et les critères de choix chez les animaux. (ma critique est, au fond, que je suis assez d’accord sur le fait que les femelles paons choisissent les mâles sur la taille de la queue (pour des raisons fort bien expliquées dans l’extrait) mais que reproduire le raisonnement aux humains, sans tenir compte des facteurs qui font que nous ne reproduisons pas seulement un schéma de comportement instinctif, peut conduire à des préjugés tels que ceux exprimés dans l’extrait).

      -Sur les erreurs et approximations je parle des chapitres sur la théorie de l’évolution.
      Comme ce n’était pas le sujet de l’article et que je ne suis d’ailleurs pas biologiste, et que je ne voulais pas faire trop long pour le billet (!) je n’ai donc pas insisté car comme précisé, je peux passer (un peu) là dessus :cela n’a pas de conséquences aussi graves à mon sens qu’un livre pour préados contiennent des approximations scientifiques (qu’ils corrigeront un peu s’ils s’intéressent aux sciences, même si c’est très gênant…) que des préjugés sexistes qui sont bien néfastes à cet âge… (déformation professionnelle ou sensibilité de parent?…)

      Bonne journée,
      Philippe

    • je ne comprends pas l’argument de « ’il s’agit ici de la citation d’un extrait d’un seul article d’un livre de 160 pages, c’est peu pour juger »… certes c’est peu pour juger… mais assez pour s’interroger et se questionner non ?
      il s’agit d’un ouvrage destiné aux enfants, qui a fait l’objet d’une relecture… désolée, mais moi cela m’interpelle.

      • Je suis tout à fait d’accord avec vous. Avez un seul article de cette teneur, il y a de quoi se poser des questions sur l’ensemble du livre. Une maison d’édition attentive à ne pas véhiculer des stéréotypes de genre n’aurait probablement jamais laissé passer un tel article, et il me semble légitime de se demander si, dans le reste du livre, on ne risque pas de trouver des « approximations » (comme ils/elles disent) assez néfastes pour l’image d’eux/elles-mêmes qu’ont les enfants…

  5. Bonjour,
    Je suis ravi de lire cette critique. J’ai moi aussi lu ce livre et j’ai été horrifié par son contenu. J’ai envoyé un courrier de 3 pages à L’école des loisirs en essayant de recenser toutes les erreurs de cet ouvrage. Il y a donc des erreurs factuelles, des erreurs de raisonnements, du sexisme et des propos confus sur le rapport entre religion et société.
    Je peux vous envoyer mon courrier. tellier.arthur@laposte.net
    Merci pour cette chronique.
    Arthur

    • Ce n’est pas de l’humour ou du second degré puisque le texte prétend expliquer la vérité dans un soucis éducatif. Je crois que vous devriez changer de logiciel , répéter « humour » à chaque fois qu’un contenu clairement sexiste est dénoncé va finir par vous faire passer pour un imbécile, un collégien de cinquième est supposé être capable de distinguer le premier et le second degré.

  6. Donc en suivant la logique du bouquin : les hommes deviennent des monstres intellectuels tout pleins de sueurs, sorte de limaces évoluées tandis que la femmes deviennent un canon de beauté, genre poupée barbie… on comprendra le problème grandissant du célibat !

    • On ne peut pas dire qu’il y a un nouvel éditeur à l’école des loisirs, puisque Arthur Hubschmid en a été un des fondateurs en 1965. Mais il est exact que depuis le printemps, il supervise toute la production éditoriale, albums qui étaient son domaine et romans.

  7. Bonjour,
    Je découvre cet article un peu par hasard et j’interviens peut-être à contre-temps, mais il me semble que la première chose serait de faire remarquer que la plupart des hommes et des femmes (surtout dans nos sociétés) se reproduisent et que les facteurs faisant qu’une personne se reproduit où pas ne relève que très rarement d’une sélection par le partenaire. Dans ces conditions, s’il reste de la sélection naturelle dans l’espèce humaine, ce qui est peu probable, elle ne saurait pas relever de ce processus. En fait, le livre semble confondre la sélection du partenaire (la raison qui fait que deux personnes données vont décider de se mettre en couple) – qui n’a aucun effet sur la sélection naturelle – et le fait que certains types de personnes pourraient, parce qu’ils ne correspondent pas au canons du moment, être totalement écartées de la reproduction (ce qui mériterai d’être très sérieusement étayé tant cela parait peu vraisemblable et dont les effets sur une évolution génétique de l’espèce mériteraient d’être soigneusement analysés dans la mesure où les canons ne sont ni constant ni uniforme). cela n’en rend le livre que plus contestable, dans la mesure où il ne s’agit pas d’illustrer par exemple compréhensible un mécanisme complexe, mais de fantasmer totalement les causes d’un phénomène (la sélection naturelle dans l’espèce humaine) probablement inexistant.

    Bien à vous

  8. Bonjour,
    Merci Philippe Aïm d’avoir poussé ce « coup de gueule » (et merci à Arthur Tellier pour sa lettre qui détaille d’autres aspects problématiques du livre en question). Il est vraiment affligeant de voir de telles théories divulguées auprès des préados, sous couvert de vulgarisation scientifique, de surcroît par une maison d’édition réputée pour la qualité de ses productions.
    Toutefois, je regrette que vous ayez invoqué la théorie selon laquelle, je vous cite : « les phéromones les poussent [les humains] notamment à choisir une personne au système HLA, donc à la génétique différente […] pour protéger l’immunité de leurs enfants et assurer un brassage génétique ».
    En effet, cette théorie est au moins aussi fumeuse que celles dont vous critiquez à raison l’exposé dans ce livre. En effet, l’existence même de phéromones chez l’être humain est pour la moins discutable (voir par exemple cet article en accès libre et en français : https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01224883/document). A fortiori, il n’est nullement établi que la différence de système HLA a une quelconque influence, et ce par le biais de phéromones, sur les attirances amoureuses ou sexuelles humaines. Enfin, l’idée que ce serait « pour » assurer une bonne imunité à sa progéniture et/ou pour assurer un brassage génétique relève d’un raisonnement finaliste qu’il vaut mieux éviter, lui aussi, de transmettre aux enfants.

  9. Bonjour,
    Je n’ai pas trouvé leur réponse sur leur page FB… pourriez-vous nous donner le lien, SVP ?

    Merci.
    (très déçue aussi, encore plus de leur réponse, d’ailleurs!)

  10. Pingback: Littérature et bibliothèques | Pearltrees

  11. Bravo pour ce coup de gueule ! Je me permets de déposer un commentaire car je découvre dans la foulée le blog la ficelle, évoqué par Laurène, où s’expriment les auteurs de l’école de loisir sur la nouvelle ligne éditoriale ainsi que ce post de Claire Castillon, qui a fini de m’achever :
    https://laficelleblog.wordpress.com/2016/04/07/berk-sur-ecole-claire-castillon/
    Son « Mais vous êtes qui ? » à l’attention du grand manitou de l’école des loisirs est tellement savoureux qu’il ferait presque oublier l’immense détresse dans laquelle doivent se trouver tous ces auteurs de qualité disqualifiés du jour au lendemain. Incroyable !
    La ficelle, c’est aussi celle sur laquelle vous avez tiré, en ciblant ce paragraphe, et qui détricote petit à petit tout un mythe pour bien des lecteurs. Il nous faut dare-dare repriser tout ça.

  12. Bonjour,
    Je suis en totale adéquation avec vos propos .Cet ouvrage prône la théorie des genres .Notions si controversées dans la théorie ,mais hélas pratiquées par tous .Merci de m’avoir permise de partager votre opinion.Il y a encore une petite lueur d’espoir .

  13. Ah, mince, ce sont les hommes qui doivent être intelligents et avoir un bon métier? Je file me faire faire une ablation des seins et rajouter des poils alors, j’avais mal compris, pardon !

    En fait, le gros problème, c’est que si ce livre s’adresse à des ados, c’est au contraire la pire période pour leur faire lire un truc pareil, même s’il s’agit d’humour ! Les ados sont les plus cruels, ils ne laissent rien passer. J’ai eu une puberté tardive, on m’a traité de bébé, de planche à pain, on s’est moqué de moi car je n’étais pas « à la mode », que je ne faisais pas plus que ça attention à mon apparence, et du jour où mon corps s’est transformé (tard, mais en très peu de temps), j’ai été immédiatement hyper-sexualisée par les garçons mais également par les filles, qui voyaient soudainement en moi l’objet d’une compétition. C’est une honte de publier des choses pareilles. L’auteur de ce ramassis d’énormités n’a manifestement jamais été ado, en tout cas pas au XXIème siècle, car des témoignages comme le mien, et bien pire, pullulent sur internet…

    • Je soutiens votre propos. L’adolescence est une époque où les humains sont facilement sexistes, racistes et homophobes parce qu’ils essayent de se construire en se démarquant les uns des autres. Il est dès lors plus facile de rejeter les « autres » (ceux/celles qui sont différent.es de soit) que de se construire en tant que personne sans passer par le rejet. Des groupes se forment, notamment au collège, avec comme élément central la « popularité ». Et les gens sont très cruels avec les personnes qui ne sont pas populaires (je peux largement en témoigner), qui ne savent pas se défendre ou qui montrent qu’ils sont atteints par les moqueries. La popularité dépend souvent de stéréotypes sexistes (les filles jugées belles et « faciles » sont souvent populaires, les garçons forts en sports et mauvais à l’école aussi). On n’a vraiment pas envie de donner aux personne de ces âges des stéréotypes supplémentaires ! Certes, on peut changer en grandissant (moi-même, je me souviens très bien avoir été lesbophobe étant ado, et je suis aujourd’hui horrifiée d’avoir pu penser de pareilles choses), mais il me semble qu’il y a bien assez d’occasions où ces stéréotypes sont renforcés auprès des ados pour leur faire en plus passer le message sous couvert de « propos scientifiques ».

  14. Pingback: Les liens du moment (4 janvier 2017) | Fille d'album

  15. Pingback: À classer 30 | Pearltrees

  16. A reblogué ceci sur Anna-Lise et le Genreet a ajouté:
    Je reblog cet article car il m’a semblé extrêmement intéressant et pertinent. Je remercie son auteur pour sa détermination à faire réagir la maison d’édition aux propos tenus dans le livre, ainsi que pour ses explications claires et précises sur les problèmes posés par les extraits du livre auxquels il a eu accès.

  17. Pingback: Infos Décembre 2016 – Janvier 2017 – L'institut EgaliGone

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