L’estime de soi de nos ados [Bibli des VI]

Un petit résumé en images :

Nous avons reçu pour la bibliothèque des VI l’estime de soi de nos adolescents.

L’éditeur est le CHU Sainte-Justine, un centre hospitalier de Montréal spécialisé dans la relation mère enfant.

Quelques pages peuvent être feuilletées sur le site des éditions Sainte-Justine.

Les auteurs Germain DUCLOS, psychoéducateur et orthopédagogue, Danielle LAPORTE, psychologue clinicienne, Jacques ROSS, andragogue et psychothérapeute, sont des spécialistes renommés.

Nous avons déjà chroniqué un livre de Germain DUCLOS , l’Estime de soi, un passeport pour la vie.

L’adolescence est une période compliquée pendant laquelle une bonne estime de soi peut-être utile, et l’objectif de cet ouvrage est de rendre accessibles et concrètes les principales notions théoriques concernant l’estime de soi.

Ayant deux ados à la maison, je me suis sentie concernée.

Au début du livre un mode d’utilisation nous oriente : il est possible de ne lire que les rubriques théoriques « Saviez-vous que » ou « A retenir ».

Les plus déterminés pourront suivre de la première à la dernière page, explications et tests.

Pour ma part j’ai tout d’abord été assez déroutée par le nombre important de tests, et le côté « intrusif » du propos.

Il ne s’agit pas uniquement de relater des résultats d’études théoriques, mais d’inciter les parents à revenir sur leur propre confiance en eux-mêmes, la confiance qu’ils ont en eux-mêmes, et le lien possible avec la confiance qu’ils accordent à leurs enfants.

Parents et adolescents sont incités à discuter de leurs tests.

Les quatre chapitres du livre abordent 4 grands thèmes :

  • Développer la confiance
  • Se connaître soi-même
  • Participer, coopérer
  • Apprendre des stratégies pour réussir.

 

Profitant de la période des vacances, nous avons « testé »  ce livre avec ma fille.
Nous avons complété le chapitre 1 « Faire vivre un sentiment de confiance à l’adolescent »
On ne peut qu’adhérer aux principes mentionnés en début de chapitre, dont voici un extrait :

« A l’adolescence, l’enfant ne peut se fier ne à ses propres perceptions passées, ni à ses anciennes idées. Il ne peut s’en remettre non plus à l’image qu’il avait de lui puisqu’il est en processus de changement continuel. S’il reste sans repères, il perd confiance en lui et dans les autres. Il est donc important de l’aider à se rassurer en lui montrant qu’il peut compter sur vous, que vous demeurez fiable et que vous êtes toujours convaincu de sa valeur. »

Il faut cependant bien avouer que lorsque son enfant vient de passer son après-midi sur les réseaux sociaux au lieu de faire son travail scolaire, c’est passagèrement un peu compliqué de se montrer « convaincu de sa valeur ».

Pour chaque thème, le parent est d’abord invité à réfléchir sur lui-même.
Sur le thème de la confiance, plusieurs tests lui sont proposés :

  • Avez-vous confiance en vous-même en tant que personne : avez-vous confiance en vos aptitudes physiques, intellectuelles et sociales ?
  • Avez- vous confiance en vous-même en tant que parent : pensez-vous prendre en compte les besoins de votre enfant, respecter ses sentiments et ses opinions, l’encourager à l’autonomie, reconnaître ses succès ?
  • Etes-vous un parent fiable : en accord entre vos actes et vos valeurs, à l’heure à vos rendez-vous, persévérant malgré les difficultés, treminez-vous ce que vous avez commencé, tenez-vous vos promesses ?

J’avoue ne pas savoir toujours répondre aux questions de ces tests.
Par exemple « je l’aide à gérer son stress » toujours, souvent, parfois ou rarement.
D’une part, nos enfants ne racontent pas forcément leurs stress les plus intenses, qui se jouent souvent dans leurs relations entre ados. D’autre part, peut-on vraiment aider un tiers à « gérer son stress », dans le sens où c’est une perception très personnelle ?

Nous rabâchons à nos enfants l’importance de prendre soin de son sommeil, de manger équilibré. Nous leur répétons sans cesse que la meilleure façon de se sentir bien en classe c’est de travailler ses cours.

Mais jusqu’où peut-on les aider sur des choses que l’on ne peut faire à leur place ?

En cela l’invitation à réfléchir à l’exemple que nous donnons est intéressante, car plus que de longs discours, nos comportements imprègnent nos enfants…même si ce n’est pas flagrant avec des ados !

 

Ma fille et moi avons complété les chapitres 1 et 2.
C’étaient tout de même les vacances, et nous ne sommes pas allées plus loin.

 

J’ai d’ailleurs personnellement calé sur le chapitre 3 qui invite à planifier l’organisation familiale afin de faire participer les enfants aux tâches de la maison.

Sans doute avons-nous besoin de nous interroger sur la place de chacun dans la maison, et notre rapport au temps.

Force est de constater que nous vivons une sorte de déséquilibre avant permanent entre la scolarité des enfants, nos trajets domicile – travail, nos temps de présence au travail, nos activités associatives et les diverses activités musicales ou sportives de chacun. Les tâches ménagères étant faites « à l’arrache », la plupart du temps le week-end, en grande partie parce que ce n’est pas ce que nous préférons.

Quelques règles néanmoins : nous mangeons ensemble et chacun range son assiette, son verre et ses couverts au lave-vaisselle avant de quitter la table.

 

Quant au chapitre 4, il mériterait une chronique à lui seul : il s’agit de « Guider l’adolescent dans la découverte de stratégies menant au succès ».

Sont abordées les notions de construction de l’identité et de gestion de conflit et processus d’apprentissage.

 

En conclusion :

J’ai globalement apprécié le ton bienveillant, fidèle aux publications des Editions du CHU Sainte-Justine.

J’ai été un peu déroutée par les incitations à l’introspection.

Un autre regret : l’absence de référence aux contextes sociétaux, et une forme d’acquis des stéréotypes de genre.

Par exemple il est dit suite à une étude sur le stress chez des jeunes de 12 à 17 ans :

« les principales causes de stress chez les filles étaient l’apparence physique et le travail scolaire. Le travail scolaire et l’argent jouaient le même rôle chez les garçons »

Et nulle part il n’est fait allusion à l’hypersexualisation subie via les médias par les adolescents.

Un certain nombre de références bibliographiques sont citées en fin d’ouvrage (ça nous aimons toujours aux VI !).

Ce livre constitue un bon outil de réflexion sur nous-mêmes, nos adolescents, le fonctionnement de la famille. Il peut aussi être utilisé pour amorcer des dialogues avec nos ados.

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2 réflexions sur “L’estime de soi de nos ados [Bibli des VI]

  1. Hypersexualisation: d’où le stress conçernant l’aspect physique pour les filles, et l’argent pour les garçons (regardez n’importe quel clip de pop où des bitchi biatch dansent devant de gros beaufs, permettez, pétés de thunes).
    Introspection: ‘’Il serait vain pour moi, si j’étais un menteur, de vouloir inculquer la franchise à mes enfants. Un lâche ne réussira jamais à enseigner le courage. Et comment initier les autres à se dominer si on en est soi-même incapable.’’ Gandhi. Pareil pour l’estime de soi, j’oserais avancer.
    Salutations

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