Le couple après la naissance (ou l’adoption) d’un enfant est un sujet qui m’intéresse particulièrement, j’en parlais déjà ici. Le sujet fait de plus en plus parler, on entend maintenant le terme de « baby-clash » mais la façon d’en parler diffère d’un article à l’autre bien entendu. La plupart du temps, il me semble que cela tourne principalement autour de la sexualité, comme dans cet article du magazine Parents « Après bébé, une relation de couple à réinventer », comme la photo l’illustre bien, on y voit un couple au lit, heureux. Pourtant, cela me semble réducteur, je préfère lire, par exemple, les interviews de Bernard Geberowicz, psychiatre et thérapeute familial, auteur avec Colette Baroux de Baby-clash. Le couple à l’épreuve de l’enfant (Albin Michel) sur Elle (« Comment éviter le baby-clash ») et Psychologies magazine (« Devenir parents sans baby-clash »). Pour illustrer ces articles, ce sont des photos de couples avec un enfant. On comprend déjà que l’orientation ne sera pas la même.

Dans le premier, on lit :

Pour redevenir une amante, une nouvelle mère a souvent besoin de temps. (…) Elle s’installe confortablement dans cette relation, sans intention de nuire à son compagnon, sans même penser qu’il puisse en souffrir. (…) A lui revient le rôle de redonner sa place à l’érotisme dans les relations du couple, avec patience, et doigté.

Dans les interviews en revanche, on peut lire :

La baisse de désir est souvent mise au premier plan de la crise de couple, même lorsqu’elle préexistait à l’arrivée de l’enfant. Bien sûr, le changement (de corps, de statut, de place) amène des transformations dans la dynamique du désir et nécessite une redécouverte par les parents. Mais on croit trop souvent que c’est de la femme, trop “pleine” de son bébé pour désirer son mari, que dépend le retour à une sexualité épanouie. Cette lecture à sens unique évite à certains hommes de se poser la question de leur propre désir, mis à mal par une confusion entre leur femme et leur propre mère, par une difficulté inconsciente à mélanger “le sexe et le sacré”, entre trop de respect et trop de crainte. Pour lever petit à petit ces blocages, chacun doit accepter de faire un pas pour aider l’autre à en faire un, sans désigner un seul responsable.

Les conseils donnés sont également très différents. Dans le premier :

Pour s’aimer à satiété, il faut en général du temps. Du temps sans bébé, tranquilles. Du temps entièrement dévolu aux retrouvailles. Le jeune père pourrait donner l’impulsion à ces escapades. Et même les organiser avec soin, pour éviter que la maman angoissée ne puisse se rétracter à la dernière minute.

Le second :

L’arrivée de l’enfant est une période pendant laquelle il est indispensable que les parents repositionnent les frontières de leur intimité et retrouvent des moments de promiscuité. Mais il ne s’agit pas forcément de moments sexuels. Plutôt de moments de complicité, de sensualité, de sensorialité. (…) Il est important de réussir à prendre du bon temps ensemble, et cela ne veut pas forcément dire partir huit jours aux Seychelles, ou aller au restaurant. Il suffit parfois de passer une heure ou deux ensemble, quand le bébé dort, à discuter, à prendre soin l’un de l’autre. Et je soulignerais juste de faire attention aux écrans (télé, ordinateur, téléphone…), qui font « écran », justement, à la relation.

Le premier article me semble très réducteur, voire dangereux parce qu’il oppose l’homme et la femme, alors que tous deux vivent un changement (non ressenti de la même manière certes) et c’est sur cela que la discussion peut se baser.

En ce qui concerne la relation de couple au sens strict, la sexualité est un point très important bien entendu. Mais pour éviter le baby-clash, je pense que cela est plus compliqué, il faut prendre soin de toute la relation : communication, attention à l’autre, à ce qu’il vit, à ce que cette naissance lui fait vivre. Je sais bien que c’est facile à dire mais je crois que la première étape est de se parler, même si ce que l’autre a à dire est dur à entendre et peut-être consulter un thérapeute si la communication ne revient pas facilement.

Oui je suis pour la paix des ménages ;-)

Clem la matriochka