Chacun-son-caractère

Oui c’est l’ambition de Chacun son caractère, offert par les Editions JC Lattès aux VI (et disponible à la bibli) : donner des conseils aux parents selon les traits de caractère de leur enfant. Bonne idée ! Je pense d’ailleurs que tout parent le fait, consciemment ou non. C’est assez connu, d’ailleurs, quand on a plusieurs enfants, on ne les éduque pas de la même manière. C’est en partie parce qu’on s’adapte à chaque enfant, son caractère, ses qualités, ses difficultés, etc.

Si on le fait tous (plus ou moins), quel est donc l’objectif de ce livre ? Les auteurs, Helen F. Neville et Diane Clark Johnson, vont plus loin : elles demandent d’abord au parent d’étudier précisément les réactions de son enfant (s’adapte-t-il facilement ? est-il patient ?) pour établir la carte de son tempérament. Selon le profil qui se dessine, des conseils adaptés sont alors donnés.

Là se pose un problème pour moi : l’enfant est alors enfermé dans une case. Je cite quelques chapitres : « Tarita la tortue – L’enfant d’énergie basse facilement découragée » ou « Tiganda la tigresse – L’enfant intense, peu adaptable« . Personnellement, je n’aime pas vraiment cette façon de classer les enfants, même s’il est précisé dans le livre qu’un enfant peut correspondre à plusieurs descriptions.

Cela dit, on y trouve des conseils intéressants. Par exemple, dans le cas où votre enfant a une forte sensitivité et vous non :

Célébrer sa sensibilité et donner crédit à ce qu’il raconte de son univers, de ce qu’il ressent.

Apprendre grâce à lui à mieux reconnaître les sentiments des autres.

J’aime cette façon de voir car cela marche dans plein de domaines : « Célébrer » les capacités de son enfant et « apprendre grâce à lui ». C’est une belle description de la relation enfant/parent où chacun a des choses à apprendre à l’autre.

Un autre conseil peut-être évident mais auquel je ne pense pas forcément quand la crise se produit :

Eviter les spirales d’intensité. L’intensité se nourrit d’intensité.

[Il faut donc penser] à maîtriser sa propre intensité, à baisser d’un ton et à retenir sa violence physique ou verbale.

J’ai  également apprécié qu’ils évoquent aussi l’enfant qui n’exprime pas ses besoins (« coopératif et réceptif »), à qui il faut donc demander régulièrement comment il va, quels sont ses besoins, proposer des choses, etc. Pour avoir été un enfant comme ça, je sais à quel point il est important que les adultes soient attentifs, qu’ils prennent les devants, sinon on se sent facilement abandonné.

 

Un autre passage me semble intéressant à relever : la différence entre la « colère de tempérament » et la « colère de manipulation » (même si ce dernier terme ne me semble pas tout à fait adéquat, je dirais plutôt de « frustration ») :

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C’est vrai que la distinction est importante pour mieux répondre au besoin de son enfant au moment de la colère.

Bref, le livre donne des pistes de réflexion mais je ne pas convaincue par la thèse générale au sujet de la définition des caractères.

Qu’en pensez-vous ? Cela vous parle à vous ou vous êtes plutôt sceptiques comme moi ?

Clem la matriochka