Des vacances heureuses [l’été des VI]

Du plus loin que je me rappelle, les vacances sont pour moi une parenthèse enchantée, où les habitudes sont délicieusement bouleversées, où le farniente est autorisé, où l’on en profite pour se déconnecter du quotidien dans sa vie et dans sa tête.

Bien sûr nous pourrions nous interroger sur ce besoin aussi impérieux de liberté, et sur un nécessaire rééquilibrage de notre mode de vie.

Mais rien n’est simple : aimerions-nous le foie gras si nous en mangions tous les jours, ou l’apprécions-nous pour les souvenirs de fêtes familiales imprimées dans notre mémoire épisodique ?

Mon cerveau étant encore en vacances, je ne creuserai pas plus loin que l’évocation de ces bons moments auxquels l’ambiance estivale nous invite.

Pour ceux  et celles qui tiennent absoluement à agiter leurs neurones malgré la chaleur, il est possible de se plonger dans le numéro de Cerveau&Psycho n° 70 de Juillet-aout 2015 intitulé « le cerveau en vacances ».

Pour illustrer mon propos vagabond, « l’essentiel » de l’article « Pouquoi les vacances forgent notre identité ? » issu de ce magazine :

-Nous sommes de plus en plus nombreux à préférer vivre des expériences (séjours, des voyages ou des spectacles) plutôt que d’acheter des biens matériels.

– De tels moments laissent une trace en nous sous forme de souvenirs et d’émotions positives.

– Ce faisant, nous renforçons notre identité. En parlant de ces moments autour de nous et en nous les remémorant, l’on se sent davantage exister.

– Une transition s’est amorcée vers une société de l’événement, où les préoccupations matérialistes sont perçues, par contraste, comme égoïstes et immatures.

où je retiens surtout « de tels moments laissent une trace sous forme de souvenirs et d’émotions positives », et « ce faisant, nous renforçons notre identité ». Je regrette un peu dans cet article le développement plutôt axé sur l’avantage du partage d’expérience au regard de la possession d’objets, et assez peu sur l’impact sur le tissage des liens affectifs, la transmission familiale et les bénéfices pour toute la famille.

Je retiens aussi que « les pratiques extrêmes ou les voyages insolites ne sont pas nécessaires pour se définir ou conforter l’image de soi. »

Même si nous sommes fascinés par « burning man« , cette expérience n’est pas à l’ordre du jour familial. Mais certains parents y emmènent leurs enfants comme le montre Ziporrah Lomax dans de très belles photos publiées dans slate.

Dans la famille Phypa, il y a par exemple la tradition de déguster des « cookies de vacances » lors du trajet en voiture.  D’habitude, une boîte de cookies de notre supermarché habituel fait l’affaire. Cette année, j’ai fait des cookies maison.

Il y a aussi le « Traou Mad » dégusté sur une plage bretonne après une baignade vivifiante, souvenir d’enfance revécu avec nos enfants. Bon ça, avec nos ados, c’est un peu fini.

Toujours au chapitre de la gourmandise, nous ne mangeons que l’été en Bretagne, homard, langoustines et poisson grillé du marché.

Cette année, nous avons écrit ensemble au porte-plume au musée de l’école rurale de Trégarvan, admiré les peintres de la manufacture de faiences Henriot, où nous avons découvert avec surprise que les décors y sont encore peints à la main.

Comme chaque été lorsque le ciel est clair, nous avons guetté le passage de la Station Spatiale Internationale, toujours fascinés par la proximité de ce satellite, qui fait 4 fois par jour le tour de la terre, et émus de savoir que quelques humains s’y trouvent en permanence. (pour environ 3 euros, l’application smartphone Star walk permet de suivre la plupart des objets du ciel (ISS, abréviation en anglais à y rechercher pour retrouver à coup sûr cette fameuse station). NB : la NASA diffuse gratuitement les heures de passage de la station spatiale internationale , il suffit de s’inscrire sur la page Spot The Sation du site de la nasa).

Plus simplement le mois d’août est le bon moment pour aller s’allonger dans l’herbe, dans le sable ou sur un rocher, la nuit venue, loin des sources lumineuses des villes, pour guetter les étoiles filantes, repérer les constellations les plus faciles à voir, comme la Grande Ourse ou Cassiopée. Là encore l’occasion de partager un bon souvenir d’enfance. (les plus beaux rendez-vous astronomiques du mois d’août sont par exemple annoncés sur le blog de Guillaume CANNAT « autour du ciel »)

Peu importe l’activité, elle n’est pas nécessairement ruineuse, il suffit de partager un bon moment, cela fait du bien à toute la famille. Et pour les enfants, c’est certainement plus profitable que les fameux « cahiers de vacances ».

Dans ce numéro de Cerveau&Psycho de Juillet aout 2015, il y  a aussi un article « Faut-il donner des devoirs de vacances aux enfants » où on peut lire :

« Pour s’exercer dans un cadre détendu, en laissant les contraintes scolaires dans le casier de la classe, les chercheurs conseillent de solliciter les apprentissages dans des situations de la vie quotidienne »

Exercer ses papilles ou ses talents culinaires, observer le ciel, visiter un musée ou une manufacture, autant d’occasions d’apprentissage pour le plaisir avec en plus les émotions positives du partage…

Et vous chers lecteurs, quelles sont vos activités familiales préférées de vacances ? Merci de partager en commentaire, cela peut aussi nous donner d’autres idées!

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Une réflexion sur “Des vacances heureuses [l’été des VI]

  1. Pingback: A quoi servent les vacances ? | Les Vendredis Intellos

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