Si il y a bien un moment de nos vies de femmes où l’on se rend compte que nous ne sommes pas toutes nées sous la même étoile, c’est bien lorsqu’on enceinte !

Lorsque certaines sont belles, rayonnantes, pleine d’énergie et de bonne humeur, d’autres ont élu domicile dans les toilettes où les injures s’alternent avec les larmes.

Il existe deux mondes des femmes enceintes. Celui où le ciel est bleu et celui où le ciel, la terre, le soleil sont couleurs … vomi.
Mais ces mondes ont en commun un ennemi, cruel effrayant, irrationnel :

le monde des femmes qui ont déjà accouché !

Ce qui est cool dans le fait d’avoir un ennemi commun c’est que ça rapproche et que ça permet de relativiser un peu sur ce que l’on vit.
C’est vrai lorsqu’on entend une femme de l’autre monde parler de son horrible accouchement de 36 heures alors qu’elle rayonnait enceinte, on se dit qu’on préfère de loin nos nausées !

Oui les femmes qui ont déjà accouché font flipper les femmes enceintes parce qu’elles leur balancent leur expérience comme pour mieux se délivrer de leur souffrance. Il faut admettre que formaliser et exprimer les événements traumatisants est une bonne technique pour évacuer le stress. Sauf qu’une femme enceinte est une éponge émotionnelle pas une thérapeute.

Alors je dis merci à Louise Tourret et Jérémy Collado qui ont osé dire sur le site Slate Fr

« Arrêtez d’embêter les futurs parents avec vos conseils foireux »

Mamans expérimentées merci de tenir vos langues (même si vous êtes désespérées) sur votre expérience d’accouchement mais aussi sur vos conseils de maternage. Non nous ne sommes pas une mauvaise mère si l’on a pas allaité ou pratiqué le peau 7 secondes après l’expulsion. Chacun grossesse et unique et chaque enfant est différent.

Etre maman « c’est faire ce que l’on peut avec ce que l’on a ».

Vous souvenez vous la première fois que l’on vous a parlé d’épisiotomie ? Personnellement j’ai cru vomir (bien que je n’ai pas eu besoin de cela). J’aurais préféré attendre les détails médicaux de mon médecin mais ma copine ne pas laissée le choix.
Je me souviens avoir été assaillie de témoignages plus ou moins atroces mais j’avais décidé qu’on ne pouvait pas tout avoir : une grossesse pourrie et un accouchement atroce. Je me suis donc rangée derrière cette phrase qui m’a bien rendu service je dois avouer.

Dans les faits c’est ce qui c’est passé : J’avais pris option « grossesse pourrie », j’ai donc eu mention « accouchement de rêve ». Du coup j’ai renouvelé l’expérience pour ma deuxième grossesse (à terme) car en plus d’être pourrie elle été gémellaire et médicalement assistée.

Alors là je ne vous raconte pas comme l’entourage s’en donne à cœur joie :

« Tu vas en chier » Tu les a voulu tu les as eu » « tu vas y passer à la césarienne » « tes prête à pas voir tes bébés tout de suite après l’accouchement »

Et ce qui avait changé entre ces deux grossesses et que l’on retrouve très bien expliqué dans Slate c’est que les papas s’y sont mis aussi.

«Moi je n’ai pas assisté à l’accouchement. Tu te rends comptes ; tu vois ta femme souffrir. Et après, comment tu fais l’amour avec elle?» ou «Quoi, tu ne veux pas assister à l’accouchement? Tu vas te priver des premiers instants de vie de ta fille?».

En 8 ans les papas ont envahis le « monde des mamans qui ont accouché » pour former le « monde des parents qui ont accouchés ». A force de vouloir l’égalité Homme Femme nous voilà envahis de doubles conseils foireux !

A moins que cela soit la faute de l’incursion des livres et méthodes sur l’éducation des enfants permettant à chacun de devenir un spécialiste ?

« Les pays développés n’ont jamais eu à leur disposition autant de méthodes, de possibilités de choix quant à la manière de s’occuper des enfants. En théorie, ces choix devraient représenter une liberté. En réalité, il n’y a pas plus oppressant que de se voir confrontée à plusieurs discours qui se posent comme des vérités uniques. »

Mais même si les papas en parlent de plus en plus, ils sont peu nombreux à passer le cap du congé parental (seuls 12% selon l’INSEE), laissant la maman bien seule.

Certes, le congé maternité est essentiel pour reprendre son souffle, s’occuper du bébé, atterrir. C’est aussi un moment de solitude pour certaines femmes. Ou une expérience d’asservissement domestique. »

C’est peut être pour ça qu’elles partagent leur expérience si facilement

Barbara