On est foutu on pense trop

On_est_Foutu

J’ai eu la chance suite à avoir vu, depuis ma télé, l’auteur sur France2, comme invité des 5 dernières minutes du journal de 13h, puis d’assister le soir même à la présentation de son livre (conférence/dédicace) (Je cherchais à le commander et j’ai vu que le soir même il y avait cette présentation sur Paris et j’ai sauté sur l’occasion. )

Il faut dire qu’en 5 minutes il avait vraiment attiré mon attention, fait rire la salle avec 2 exemples très concrets de nos maux du quotidien.

Le titre de son livre: On est foutu on pense trop: comment se libérer de Pensouillard le hamster ?

Serge Marquis, ce médecin québecois, voit son livre édité en France après un grand succès outre-atlantique.

Présentation du hamster

Sa théorie? Notre quotidien est parasité par une partie de nos pensées, non constructives: les « pensouillures » qui tournent en bouclent dans notre tête et nous font voir généralement le mauvais coté des choses: c’est le hamster qui tourne en boucle dans sa roue. C’est sans fin, et si on le nourrit, l’encourage, il ne s’arrête jamais.

Ce petit hamster qui trotte dans la tête des humains, je l’ai appelé Pensouillard. Pourquoi? Parce qu’il « pensouille » beaucoup, mais pense très peu! Et ses « pensouillures » occupent notre esprit toute la sainte journée: jugements, blâmes, critiques, ressassements, regret, etc.

Ce hamster représente notre égo, ce à quoi nous aimons nous identifier pour nous sentir plus grand: nos vêtements, un club de foot, une vedette, une profession, notre courant politique, une micro-communauté ou un mouvement religieux, quelqu’un d’honnete et de généreux: nos pelures d’oignons identitaires très importantes dans notre société. Ce à quoi nous nous identifions.

Le problème survient si on attaque cette identité: nos vêtements font haussé un sourcil d’un collègue? le club dont nous sommes supporter est en train de perdre un match important? des inconnus critiques votre profession? un ami n’a pas la même opinion sur le dernière sujet politique du moment? Cela peut nous mettre dans un état de stress: nous nous sentons attaqué et nous stressons, ruminons, râlons (intérieurement), voir nous exprimons plus violemment, devenons même hors de nous. Nous souffrons.

Je précise juste que la cause de votre souffrance, c’est votre ego… Pensouillard! … Le hamster fou et sa logorrhée sans fin dans votre tête: « C’est moi qui aurait dû être promu… moi qui ai travaillé si dur…. moi qui suis exceptionnel! … »

Le livre nous propose des exemples très concrets issus de de nos petits tracas de la vie quotidienne: On se retrouve à râler potentiellement dès le matin, sur un tube de dentifrice mal écrasé ou un manque de papier toilette: « Comment, avec tout ce que je fais pour eux, c’est encore moi qui doit changer le rouleau de papier toilette? ». On parle aussi du stress au travail, du manque de reconnaissance, toutes nos difficultés lorsque nous cherchons parfois désespérément à être reconnus.

Nourrir le hamster est inutile

L’objectif de ce livre est de nous faire prendre conscience de plusieurs choses notamment:

Que le hamster ne sera jamais satisfait: il recherche l’égo surdimensionné la gloire, l’argent, la performance. Et que plus il en a… plus il lui en faut. Un hamster (et un égo) surdimensionné a peu de chance d’être heureux car il ne sera jamais satisfait. Qu’il faut donc essayer de chercher la décroissance personnelle et apprendre à apprécier l’instant présent: pour vivre pleinement et mieux.

Changer

Une fois compris qu’alimenter le hamster avec ces pensées parasites n’était pas productif, il propose d’apprendre à vivre avec lui, puis à travailler à le faire taire. La méthode proposée est de commencer par reconnaitre l’action du hamster et l’observer, sans jugement; un travail sur la respiration et la concentration pour diminuer ses pensées (les pensouillures). C’est un pas vers l’écoute personnelle, la respiration, la méditation.

Une première étape: l’éveil.

L’éveil, c’est l’éclair de lucidité qui permet de nous dire: Ca y est, voilà Pensouillard qui s’énerve! », comme si notre activité mentale-conscience découvrait tout à coup son envers (activité mental-ego) en le prenant en flagrant délit d’agitation mentale.

Une deuxième étape: Commencer à décroitre

Plus en aurez, plus vous en voudrez, ainsi va la vie!

Décroître, c’est renouer avec les choses simples de la vie et en profiter pleinement, l’esprit tranquille. […] Mais surtout, la décroissance personnelle n’est pas une histoire d’abnégation, de renoncement, de frustration[…] ».

Ensuite, il nous propose une méthode pratique pour y arriver.

Ce livre dans notre quête parentale

  • Sur l’égo:
    Nous vivons dans un monde qui surinvesti l’ego et on se rend bien compte que cela touche nos enfants dès le plus jeune age.
    Nos couches-identitaires sont bien présentes dès tout petit: Surtout: ne pas critiquer Hello-Kitty, porter les mêmes vêtements que ses idoles, etc. Et s’il arrive quelque chose à l’idole de notre enfant, c’est un véritable drame.
    Ce livre nous aidera à trouver des pistes pour faire comprendre que nous sommes plus qu’une marque, un chanteur…
  • Râler :
    C’est un sport familial dès le matin. Petit exemple maison: cela souvent chez nous entre mes enfants par râler sur celui qui a mis la table du petit déjeuner – qui a forcément mal fait quelque chose (sympa). Celui qui râle se sent généralement agressé par ce qui a mal été fait (c’est pour cela qu’il râle)… et celui qui a fait est évidemment mécontent de la critique (il l’a mis la table). Il faut réussir à en sortir.
    Il parait que les enfants aiment l’image du hamster dans la tête: c’est encore ton hamster qui tourne dans sa roue et te donne envie de râler!
  • Autre sujet: Faire apprécier l’instant présent à son enfant, l’accompagner.
    Il est avec vous en train de faire une activité qui le passionne? Combien de fois cela peut se terminer par: « Et demain, on fera quoi?, tu m’achèteras le dernier machin-truc? ».. Sans rejeter complètement l’envie de son enfant: lui montrer par l’exemple (en étant vraiment là avec lui) que le plus important est l’instant présent.
    Comment apprendre à être pleinement présent?

L’occasion, en famille d’essayer de moins râler, moins se sentir agressé (par un rouleau de papier toilette vide par exemple), et vivre ensemble l’instant présent, plutôt que de faire la course avec le hamster.

Ma conclusion

Lisez ce livre, au moins pour découvrir la proposition et vous faire votre point de vue, dans notre monde qui surexploite notre égo.

On ne sera pas forcément toujours d’accord, ou on ne se reconnaitra pas dans tous les cas pratiques présentés. Mais la méthode est intéressante car elle propose une vision plus scientifique que psychanalytique ou spirituelle (qui peut aussi pour lui être finalement une autre porte vers la croissance de l’ego). Elle propose de vivre le présent plutôt que de ressasser le passé ou se projeter tellement dans nos objectifs futurs que l’on perd l’instant présent. Nous en avons grandement besoin.

Je suis juste un peu restée sur ma faim, car finalement en 150 pages, c’est à la fois court et très long une fois qu’on est convaincu. J’aurai aimé avoir peut-être plus d’exemples, ou plus d’argumentation sur les différents sujets. Peut-être des informations sur la genèse de cette proposition. Peut-être un peu léger quand on est déjà en recherche de décroissance, mais très formateur comme première approche sur le sujet.

6 réflexions sur “On est foutu on pense trop

  1. Merci beaucoup de ta contribution!! Mais alors du coup, comment articule-t-on « ne pas nourrir le hamster » avec « nourrir la confiance en soi »… Avoir un ego solide n’est pas qu’un handicap, c’est aussi une ressource nécessaire non?

    • Ce que je comprends de ma lecture (et appuyé de quelques nouvelles citations), c’est que l’égo ici est un processus d’identification et de « gonflement » de soi, et non de « confiance ».
      Clairement, l’auteur remet en cause la nécessité de trouver la « réalisation de soi » (pyramide de Maslow), c’est assez à contre-courant. Mais il le justifie en expliquant que le hamster ne se satisfait jamais. Il propose à la place non pas de « devenir nous-même » (nous réaliser, qui est généralement compris comme réussir) mais « devenir ce que nous sommes vraiment », c’est à dire: « ce qui est nous ne vieillit jamais. La capacité d’aimer, de contempler, de savourer, de donner, de créer, d’apprendre, de transmettre ». Capacité qui « n’a rien à voir avec l’identification ».
      Comme je dis, on n’adhèrera pas forcément à 100%, mais c’est une réflexion que je trouve intéressante dans notre monde « moderne » de sur-identification.

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