Pourquoi vous ne pouvez pas avoir confiance en vous ?

La confiance en soi est partout. Dans tous les médias, dans les livres de développement personnel (y compris le mien, oups !), dans les séminaires d’entreprises, les offres de coaching, …

C’est simple, dans la sphère conseil « La confiance en soi » est la solution à tous vos problèmes.

Seulement dans la vraie vie, la confiance en soi est presque nulle part (j’exagère à peine). Elle vous manque atrocement au moment de prendre la parole en public ou de réclamer cette promotion, elle vous fait faux bon au moment de vous affirmer devant une décision injuste, elle vous manque terriblement au moment de partir plus tôt du bureau, …

Parce que la confiance en soi est sournoise ! Elle se crée lentement dès le plus jeune âge. Depuis le jour où l’on arrive seul à se tenir debout, jusqu’au jour où notre maman nous trouve beau ou que notre petit ami nous trouve trop forte ; en passant par nos résultats scolaires et les encouragements de ceux qui ont eu, à un moment donné, le pouvoir de nous donner confiance en vous, c’est à dire des profs !

Et puis elle s’en va sur un coup de tête ! A la moindre remarque d’un chef en manque de pouvoir, question sur votre poids de votre mari, convocation de la maîtresse pour les bavardages de votre fille, …

Tout est là pour vous déstabiliser parce que vous avons peur de mal de faire, du regard des autres, jusqu’à prendre pour vous-même les remarques sur nos enfants.

Dans son article sur l’express, Isabelle Filliozat distingue quatre « étages » en la matière. « La confiance de base, également appelée « sécurité intérieure », à savoir notre « sensation corporelle d’être à notre place dans notre vie », la confiance en notre personne propre, en nos sensations, émotions, capacité à affirmer nos désirs et nos besoins, la confiance en nos compétences, notre intelligence, nos talents, connaissances, etc et enfin, la confiance relationnelle, en l’autre et en notre capacité à tisser des liens durables »

Il est vrai que la confiance en soi c’est bien plus complexe que de s’aimer et de croire en soi.

Pour moi, c’est l’histoire des 3 petits cochons.

La première maison c’est l’image que l’on a de soi. Elle s’est construite avec le regard des autres, notamment lorsque nous étions petits car nous n’avions ni la capacité de jugement ni le sens de l’observation, ni même l’art de comparaison.

Si l’on vous a dit toute petite que vous aviez des genoux calleux, il y a peu de chance que vous aimiez porter des jupes. Vous n’avez pas assez confiance en votre image pour le faire et vous avez l’impression que ça va gêner les autres.
Et si par malheur un grand méchant loup venait à passer par là un jour de beau temps alors que vous aviez sorti votre seule jupe de votre armoire, en vous disant « Tiens t’es en jupe ça fait bizarre de te voir en jupe »

Votre maison de paille s’envole.
Remarquez qu’il n’a même pas parlé de vos genoux, mais une simple remarque à suffit !

La deuxième maison est en bois. Réputée plus solide que la première elle abrite votre réputation, c’est à dire ce que vous voulez que les autres pensent de vous.

Elle s’est construite sur ce qu’on a voulu vous enseigner comme théorie universelle. On retrouve ici le syndrome de la bonne élève bien sûr, mais aussi toutes vos croyances comme
« les femmes doivent passer du temps à s’occuper des enfants, si tu n’as pas de Rolex à 50 ans tu n’as pas réussi, si tu n’as pas de mention au bac tu seras toujours un cancre, il faut bien cuisiner pour garder son mari, … »

Cette maison peut facilement s’auto-détruire à chaque visite du « couple loup » autrement nommé « parents ».

Elle est aussi très exposée au « loup qui voulait être ton ami parce qu’il porte les mêmes croyances ». Celui la t’offre sa vision idéale et détruit ta maison. Sa phrase (car on ne peut pas appeler ça un conseil) commençe souvent par « Tu devrais faire gaffe à … ».

Sous entendu tu ne fais pas comme on nous a appris, comme tu devrais le faire. Elle est là pour vous faire douter de vous-mêmes, de vous décisions de changer, d’avancer, de vous détacher !

Mais heureusement, vous pouvez toujours vous réfugier dans la maison de briques ! Celle où vous vous accordez un regard bienveillant et objectif, où le regard des autres vous importe peu (chacun chez soi et les moutons seront bien gardés) et où le loup reste à la porte devant tant de détermination. Chaque brique de cette maison est un accomplissement personnel, bien plus solide qu’une croyance.

Car si ils vous est difficile de croire en vous de part votre histoire, vous ne pouvez ignorer vos accomplissements. Ce que vous avez réalisé, réussi, construit, … Les croyances d’efficacité personnelles influencent vos choix et vos prises de décisions. Soyez en fier, car il n’est pas de plus forte confiance en soi que celle qui se crée sur vos propres réalisations et vos propres réussites.

Une fois la maison de briques construite, continuez à déposer en toute sécurité et sérénité, tout ce que vous aimez. Déposez y toutes vos expériences, vos compétences, vos capacités, … pour bâtir votre nouvelle confiance.

Dans la classe (moyenne section) de mes jumelles, il existe un travail incroyable qui a clairement changé la plus timide d’entre elles. Cet exercice s’appelle « The me box ». Cela consiste à ramener une jolie boîte (ou plutôt un petit coffre) à la maison pour la remplir des choses que l’on aime et dont on veut parler devant tous les copains. La maîtresse n’intervient pas.

Ce moment de partage est d’une puissance insoupçonnée. Non seulement il permet à l’enfant de s’exprimer sur des choses qui viennent de la maison sans qu’un frère ou un parent lui demande pourquoi il la déranger, mais en plus il peut dire ce qu’il veut dessus y compris que c’est sa grand-mère qui lui a donné alors que c’est le père Noël. Il a la confiance acquise de son jeune public qui ne juge pas, qui s’émerveille, qui encourage et félicite.

Ce qu’il dit est écouté. Cela renforce sa compétence de choix des objets, de manipulation des objets pour les exposer au regard de tous,  de sa connaissance du nom des objets, des couleurs, … et de sa  prise de parole en public.
Il construit sa confiance.

C’est exactement ce que notre éducation aurait dû nous donner.

Alors je suis heureuse que mes enfants aient croisé le chemin de cette incroyable maîtresse qui a gentiment accepté de m’écrire sa vision : (Merci Jenny)

« The « Me Box » project has evolved over the years for me. I understand why the children are so excited with this activity.

Each child has a chance to show his/ her individuality by having a chance to freely choose his own objects from home. The discussion of choosing encourages much fruitful conversation/

The child has a moment of feeling special and noticed and heard on the Me Box chair. It is definitely empowering for each individual. The child who has a small voice and is shy can be empowered by having respectful listeners. 

It is time for the speaker to speak and the audience to listen. It is a safe and special environment. The familiarity of objects cause a secure feeling and for the audience an exciting anticipation. »

Traduction :

« Selon moi, le projet de la “boite à moi » a évolué au fil du temps. Je comprends pourquoi les enfants sont si enthousiastes vis-à-vis de cette activité.

Chaque enfant a l’occasion de dévoiler sa personnalité en choisissant librement un objet de son univers quotidien. La conversation autour de ces choix favorise des échanges très constructifs.

L’enfant dispose d’un moment privilégié pour se sentir unique, remarqué et écouté lorsque c’est à son tour de commenter  « Ma boite à moi ». Cela permet à chaque individu de développer son potentiel,  sans aucun doute. Un enfant timide qui  s’exprime avec une petite voix peut être vivement encouragé par le fait d’avoir une audience en écoute active.

C’est au tour de l’orateur de s’exprimer et à l’assemblée d’écouter. C’est un contexte privilégié et sécurisant. Le fait de choisir des objets familiers rassure l’enfant et permet à l’audience de se projeter avec entrain »

Quand je raconte cette histoire à une copine manager d’un grand groupe industriel, elle me confie qu’elle aussi a eu sa propre expérience de « Me box » … à 40 ans en séminaire annuel.

Je me dis que rien n’est perdu et qu’à tout âge on peut se créer sa « me box ». La mienne s’appelle Maison et vous ?

Barbara

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2 réflexions sur “Pourquoi vous ne pouvez pas avoir confiance en vous ?

  1. Merci beaucoup de ta contribution!!!! Comme je t’avais dit, je suis totalement fan de la Me Box!! En te lisant, j’ai l’impression que cela ressemble un peu (en plus construit et plus complet) aux « présentations » que les enfants sont souvent invités à faire en maternelle et au début du primaire. Les enfants sont invités à amener des objets de chez eux qui leur plaisent/auquel ils sont attachés et qu’ils viennent présenter en classe. L’activité est plutôt centrée sur le développement des compétences langagières, et aussi sur le tissage d’un lien famille-école mais je pense que ça offre aussi un espace de liberté du même type que la Me Box. Mes enfants ont souvent beaucoup investi ces propositions de « présentation » pour faire partager leurs passions, leurs lectures, et choisir le matin un objet à amener/présenter a beaucoup contribué à faire baisser leur stress de la séparation.

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