Maman à 20 ans

Si il y a bien un sujet dont je peux vous parler, c’est celui d’être une jeune maman. Je suis tombée enceinte à 19 ans et la princesse est née alors que j’avais 20 ans 6 mois et 8 jours. J’ai très vite remarqué que regard des gens et jeune maman, ça ne va pas de pair. Même dans les articles qu’on peut lire, on remarque toujours ce côté -les jeunes mamans ne sont pas responsables- Lorsque j’ai lu cet article (Psychologies Magazine), mon sang n’a fait qu’un tour je vous propose un extrait des idioties qui sont débitées:

« 20 ans : se détacher de sa mère. Tomber » enceinte à cet âge-là correspond souvent à un désir de s’assurer que « ça marche ». Certaines avortent : savoir leur suffit. D’autres choisissent de mener leur grossesse à terme.»

Déjà l’article commence mal, je n’ai pas fait ma fille pour me prouver quoi que ce soit. Elle était voulue attendue et ultra désirée !

« Accueillir un enfant lorsque l’on est très jeune, (…) c’est (…) « passer de l’état de fille à l’état de mère sans passer par celui de femme. Comme si devenir mère, c’était devenir femme. Il y a une expansion de la féminité, et aussi une confusion totale ».

Alors, que répondre à cela ? Oui, avoir eu ma fille, avoir été enceinte, oui, dans les faits je me suis sentie femme, comme l’allaitement me fait me sentir femme. Mais pourtant, n’étais-je pas une femme avant? Je vivais déjà une vie de couple depuis mes 18 ans, avec de surcroit un homme de 10 ans mon ainé, alors oui, je suis passée par le statut de femme avant celui de mère. Oui être mère a renforcé en quelque sorte mon état de femme, et oui bien sûr quelque chose a changé en moi… Mais n’est ce pas le cas de toutes les femmes? Un enfant c’est un chamboulement, qu’on ait 20, 30 ou 40 ans !

« Ces jeunes filles marquent, précipitamment, la rupture avec le désir incestueux d’avoir un enfant avec leur père. (…) « La plupart des mères de 20 ans sont dans les retrouvailles avec la mère archaïque, celle de la toute petite enfance, tendre, pas celle qu’elles côtoient tous les jours,(…) Elles disent aussi inconsciemment à la leur, réelle cette fois-ci : C’est fini pour toi, je prends ta place.»»

J’ai plutôt été dire à ma mère, « j’ai besoin de tes conseils« , j’ai plutôt eu la chance de me rapprocher de ma mère depuis ma grossesse. Non, je ne lui ai pas fait un pied de nez en lui disant « c’est fini pour toi » , au contraire, j’ai même compris certaines choses que je ne comprenais pas avant. Ses inquiétudes; certaines interdictions…

« Plusieurs de ces jeunes mamans (…) admettent que ces premiers-là, bercés dans cette insécurité « narcissique » dont parle Muriel Flis-Trèves, essuient aussi les plâtres. « Les enfants grandissent avec elles, ils les aident à se trouver et, finalement, ils vont s’acclimater à elles »,(…) Et presque toujours, c’est l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur qui permet à l’aîné de prendre un peu d’air, et sa place dans la succession des générations. »

Non, ma fille n’est pas un médicament pour m’aider à me trouver. Non, ma fille n’est pas là pour grandir en même temps que moi. Oui, elle a sa place, elle est ma fille et celle de son père, oui elle a son rôle dans notre famille. Bien sûr que j’ai muri, que j’ai aujourd’hui d’autres préoccupations, mais est ce réellement différent d’une autre mère qui elle a un âge considéré comme « normal »

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Comment réussir à faire plus de clichés?

Et puis après tout y a-t-il un âge pour être mère ? Le taux de fécondité augmente comme le prouve ce graphique de l’Insee et du coup il y a de moins en moins de jeunes mamans, et on passe de plus en plus pour des extraterrestres. Oui, nous mères à 20 ans sommes moins nombreuses. Parce qu’à 20 ans, on n’a pas la légitimité que l’on devrait avoir et oui je pourrai écrire sous le hashtag #PayeTonUtérus, pour le gynéco qui s’est mis à me parler d’IVG avant même de savoir que la princesse était voulue. Ou pour la sage femme qui était étonnée que j’allaite parce que « A votre âge on donne le biberon » ou l’abruti qui est allé voir ma mère et qui lui a dit « j’ai appris qu’elle était enceinte, ça va c’est pas trop dur » le regard plein de compassion. Et puis j’ai essuyé les commentaires et les remarques des autres. Ou l’infirmier qui me demande l’âge du père et lorsque je réponds qu’il a 30ans on me dit « Ah, ça va alors » l’air soulagé qu’il y ait au moins un adulte dans cette histoire. On m’a dit que c’était une « connerie » et ce même au sein de ma propre famille. Être mère à 20 ans, c’est faire un choix qui n’est pas simple à assumer. Et dans une société qui prône la tolérance, en réalité les esprits sont que trop formatés.

Grâce à la blogosphère, j’ai pu rencontrer Mamanfaitpassesnuits elle aussi enceinte à 20 ans et qui parle dans cet article de ce qu’est accueillir un bébé à 20 ans :« J’entends un bon nombre de parents me dire que ma vie changera à tout jamais, comme si il se sentent désolé pour moi d’avoir conçu un enfant à 20 ans. Je pense pas que c’est en mal qu’on me dit cela, j’ai vu beaucoup de couples qui ont changé leurs rythmes de vies après l’arrivée de leurs enfants mais après tout c’est censé être normal non? »

La vérité est là, lorsqu’on a un enfant à un âge où on est considérée comme jeune, les personnes sont désolées. Ou trouvent des raisons sur tout ce que vous faites, oui tout est relié à votre jeune âge. J’en parle aussi sur mon blog dans cet article où je reprends une réflexion à laquelle j’ai le droit souvent : « tu as une éducation de jeune »

Pourquoi les regards, les mots et les avis sont si durs? Pourquoi est-ce si difficile d’aller contre la doxa? Pourquoi lorsqu’une femme de 30 ans est enceinte cela est merveilleux alors qu’à 20 ans tout le monde voit cela comme un déchirement?

Tant que l’enfant est désiré, quelle est la différence? En quoi un accident à 20 ans est il dramatique alors qu’un accident à 30 se comprend? Et d’un autre côté pourquoi à 20 ans, je devrais avorter alors que bébé était voulu et qu’à 30 une femme qui avorte va être diabolisée? Y a t’il un âge pour avorter et un âge pour être mère? Les choses sont elles à ce point binaire. Aujourd’hui avoir un enfant c’est un choix, pourquoi ce choix est-il aussi peu respecté?

Parfois, je me demande si ma fille ne va pas souffrir d’avoir une maman jeune, comme certains peuvent souffrir d’avoir une maman « vieille ». Ne va-t-on pas lui dire un jour que sa mère est trop jeune, ou lui poser des questions sur notre relation. Le cliché qui revient le plus souvent, c’est quand elle sera ado tu pourras l’emmener en boite. C’est désespérant… Mais elle, va-t-elle subir les a priori? Comment va-t-on la regarder lorsqu’elle ira à l’école? Je ne peux pas savoir de quoi l’avenir sera fait, mais une chose est sûre, j’ai fait un bébé à 20 ans et je le revendique, ma fille était voulue, désirée et aimée avant même qu’elle soit dans mon ventre et ça, c’est le plus important.

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21 réflexions sur “Maman à 20 ans

  1. Maman à 20 et 22 ans, j’ai aujourd’hui la chance d’attendre un troisième enfant à 36 ans. Une chose est certaine, en tout cas pour moi, la grossesse se vit physiquement mieux avec 16 ans de moins dans les jambes ! Mais je m’éloigne du sujet.
    Hormis ma mère qui voyait dans ma première grossesse un risque évident de gâcher ma vie, j’ai eu la chance d’avoir un entourage très compréhensif. Pas de remarques déplacées, ni de la part de mes proches ni du corps médical. Peut-être parce que j’étais avec le papa depuis 5 ans, peut-être parce que j’ai toujours fait plus mature que mon âge ? Pourtant, même si nous commencions en parallèle tous les deux à gagner notre vie, nous étions encore étudiants. Le côté « bébé désiré », « sécurité financière prévue » est d’ailleurs un point sur lequel j’insiste toujours quand on s’exclame « mais tu as eu un bébé super jeune ! ». Comme si j’avais besoin de me disculper ! Et oui, les clichés ont la vie dure…
    Non, ma vie n’a pas été bouleversée par l’arrivée précoce de mon bébé. Elle est devenue encore plus belle et plus riche, plus accomplie. Mais je n’ai jamais souffert de moins sortir, je ne sortais pas beaucoup avant ! Jamais je n’ai eu l’impression de passer à côté de ma jeunesse.
    En y réfléchissant bien, je ne vois qu’un seul point « négatif » dans le fait d’avoir eu des enfants jeunes : mon caractère n’était pas encore très affirmé. Quand je repense à la façon inadmissible dont le futur et moi avons été accueillis et traités lors de mon second accouchement à Toulouse (le premier à la clinique parisienne des Bleuets avait été idyllique), je me dis qu’aujourd’hui je ferais entendre ma voix, je m’imposerais davantage auprès d’un corps médical très limite.
    Un dernier point : jamais mes enfants ne se sont plaints d’avoir une jeune maman, je crois même qu’ils en ont toujours été assez fiers auprès des copains d’école.

    • ça rassure alors
      Et oui la vie n’est pas gâchée d’avoir un enfant même jeune. Mais les remarques des fois deviennent insupportables et c’est bien malheureux
      merci de ton témoignage.
      C’est vrai que j’ai eu la malchance d’avoir 20ans et d’en faire physiquement 17 ou 18 ça a pas du aider.

      • bonjour,

        Je vient de lire votre article et l’ai trouvé très pertinent, je vois qu’il date de 2014 alors je ne sais pas si vous êtes toujours active sur cette page, mais je fait un mémoire sur les jeunes mères et je voudrais savoir s’il serait possible de prendre contact afin d’obtenir des éclaircissement sur le point de vue de la part de jeunes mamans. pourriez vous me contacter sur mon adresse mail : allardbord@belorme.com

        merci d’avance.
        Cordialement

  2. Toujours des jugements et à l’emporte-pièce en plus.
    Quelle est ta réaction face à tout ça ? Je pense que je n’arriverais pas à garder patience. Cette condescendance est insupportable.
    Trop jeune, trop âgée, trop ceci, trop cela… De quoi se mêlent-ils ?

    Merci pour cet article et bonne continuation ! :)

  3. Tout d’abord je trouve ton article très bien écrit et ta pensée très explicite !
    Et surtout, je partage totalement ton opinion. Une de mes amies a eu son fils à 22 ans avec un homme de 40 ans ! Imagine les réactions ! Pourtant, ils sont heureux, et leur fils encore plus ! Quand elle est tombée enceinte, (c’était un accident) mais pour rien au monde elle n’aurait avorté, car comme toi, il était déjà aimé et évoqué avant même qu’il ne soit dans son ventre ! Aujourd’hui, je peux dire qu’elle représente la mère presque parfaite, elle est douce, attentive et le fait qu’elle ait 22 ans ne change absolument RIEN à l’éducation qu’elle donne à son fils !
    Son gynéco lui a même dit (contrairement au tien à qui j’ai envie de foutre une paire de gifles^^), que c’était agréable de voir une jeune maman car c’est exactement l’âge où le corps est le plus apte à avoir un enfant. La maman est en pleine forme, son corps dynamique et sa peau encore très élastique. Donc la nature nous dit : 20 ans = l’âge idéal pour avoir un enfant !!
    C’est la société qui nous fait croire que cet âge est encore trop immature, ce qui est sans doute vrai dans certain cas, mais encore une fois, pour moi c’est une question de société.
    Si on remonte ne serais-ce qu’à la génération de nos parents, n’étais-ce pas normal d’avoir des enfants à 20 ans ? On se mariait à cet âge et dans la foulée nous avions des enfants. A cet époque la question de la maturité de ne se posait pas une seconde !!
    Enfin, je ne vais pas écrire 3 pages (même si je suis tentée^^) mais je voulais simplement te « soutenir » dans un sens, parce que je suis tout à fait d’accord avec toi et j’espère vraiment que ta fille n’aura pas de réflexions débiles à ce sujet plus tard (mais je ne le pense pas)…

    • Pour la petite histoire j’ai été voir ce gynéco une seule fois et après j’ai changé et je suis tombée sur un super gygy qui lui avait eu sa première fille pendant ses études donc le top
      Mais oui les âges on avancés et ce qui était normal il y a 40ans ne l’est plus aujourd’hui
      Et bon courage pour ton amie aussi

  4. Ah, comme il est difficile d’aller à contre-courant de la « norme » sociétale, et je compatis pour les clichés que tu confrontes ! Tant mieux si toi ce parcours te correspond et si tu te sentais prête et mûre pour le tsunami de la parentalité. Je me dis aussi que ta fille deviendra indépendante quand tu auras 40 et quelques années, à un moment où tu auras toi aussi encore toute une vie devant toi ! (Peut-être auras-tu d’ailleurs envie d’en lancer une nouvelle fournée à ce moment-là ? ;)

    Par rapport à mon propre vécu, j’ai tendance à rejoindre Aurélie ci-dessus : j’ai aujourd’hui 35 ans et un petit de 2 ans et demi (avec le 2ème prévu pour mars) et c’est indiscutable que je me sens beaucoup plus « moi » que quand j’avais 20 ans, alors même que j’étais une jeune adulte plutôt mûre par rapport à la moyenne. A la trentaine, tout est plus clair et plus serein dans ma tête, je sais mille fois mieux qui je suis et ce que je veux, pour moi comme pour mon couple et pour ma famille, et je pense que ça m’aide au quotidien.

    Par contre, j’ai vécu avec quelques difficultés la naissance de mon premier parce que ça remettait soudainement en question ma vie d’adulte 100% libre que je vivais avec délice depuis une douzaine d’années. Ca aurait sans doute été très différent si j’étais entrée dans ma vie d’adulte et dans ma vie de parent à peu près en même temps.

    • Oui surement qu’à 40 je ferais une « dernière fournée » au moins j’ai le temps. Après je ne sais pas encore ce que c’est d’avoir 30 ans et oui les choses sont sûrement diffèrentes, mais je ne pense pas qu’il y ai un « monde ». Un premier enfant c’est l’inconnu pour tout le monde je ne pense pas que l’âge aide à mieux affronter les choses. C’est vrai qu’entrer dans la vie d’adultes et de parents en même temps c’est autre chose. Quoi que parce que depuis mes 18ans je vivais avec zhom et à coté de ça depuis mes 16ans j’avais pris mon indépendance pour les études donc j’ai pu aussi profiter de la vie « seule » et libre

  5. Super article ! Personnellement je n’ai pas eu l’impression d’être jugée par qui que ce soit (ou alors ceux qui l’ont fais l’on très bien caché) ce qui m’a permis de vivre la grossesse et le après sereinement. Comme toi je suis tombée enceinte à 19 ans et il est arrivé j’en avais 20. Un deuxième est venu agrandir la famille il y a 8 mois, j’en ai aujourd’hui 25. Bon, vu tout ce qui c’est passé entre ces deux bébés, j’ai l’impression d’avoir pris 30 piges dans la tronche mais bon… ;-)

  6. Témoignage très intéressant.
    Quoi qu’on fasse ou pas , on est toujours  » suspecte ». Pour sortir de la norme il ne faut pas avoir des œillères.
    Ce soir sur ARTE le documentaire « FEMMES SANS ENFANT, FEMMES SUSPECTES » devrait intéresser pas mal d’entres vous. Et si la diffusion tardive est un problème il est toujours possible de voir le podcast sur ARTE +7, pendant une semaine.

  7. c’est malheureux tout ces préjugés… ne les écoute pas, toi seule sais ce qui est bon pour toi. Quant à cette vision psychanalytique, euh… tout le monde sait que la psychanalyse prétend souvent avoir la science infuse, alors qu’elle n’est justement pas une science mais un dogme.

    Ma mère m’a eu à 20 ans, mon père avait le même âge, j’étais archisouhaitée. Ca a été agréable pour une partie des choses dans mon enfance, mes parents sont encore jeunes aujourd’hui, font beaucoup de sport et font plein de choses avec leur petit fils. A l’adolescence c’était plus gênant, certaines de mes copines étaient amoureuses de mon père…. :-/ j’étais souvent gênée de me balader avec lui toute seule, parfois les gens nous prenaient pour un couple, ou on voyait qu’ils se demandaient si j’étais sa fille ou sa copine. Une fois aussi quand j’étais à la maternelle, un atsem a pris mon père pour mon grand frère… pour la petite histoire :-)

    D’un autre coté mes parents étaient, avec le recul de mon regard d’adulte, assez immatures, et j’en ai beaucoup souffert. Les rôles étaient en quelquesorte inversés, ma mère nous demandait inconsciemment d’être là pour elle, de nous mettre à la disposition de ses besoins psychiques. Je ne sais pas si ça aurait été différent à 30 ans, si c’est lié à son age ou à son histoire (sans doute les deux, c’est d’ailleurs son histoire qui a fait qu’elle a choisi de devenir maman si jeune). Mais je me suis souvent dit que j’aurais souhaité finalement qu’ils m’aient plus tard, afin qu’ils aient plus d’expérience de la vie, de maturité et qu’ils soient plus « stables » émotionnellement, plus adultes dans leur tête. Ca a surtout été douloureux aussi quand nous sommes parties de la maison avec mes soeurs : mes parents n’ayant jamais eu d’autre vie que celle de parents pratiquement (ils ont vécu un an ensemble avant), il n’acceptaient pas vraiment que nous quittions la maison parce que ça leur laissait un énorme vide. Ca a été très dur, ma mère entre autres ayant pris l’habitude que sa place sociale soit portée uniquement par son rôle de mère (même si elle travaillait). Pour ma part j’ai souvent dit que jamais je n’aurais d’enfants avant 25 ans car je ne voulais pas reproduire ça.

    Et je ne dis pas que tous les parents de 20 ans sont comme eux : c’est juste mon ressenti vis à vis de mes parents à moi. Mes parents affirmaient haut et fort qu’ils étaient matures pour leur âge, qu’ils étaient responsables et tout. D’un point de vue financier, matériel, et sur comment ils s’occupaient de nous, c’est vrai. Par contre, pour la relation avec eux…. pas vraiment. Ils n’avaient pas l’ancrage nécessaire, ils avaient peu d’expériences des relations humaines, ils ont voulu faire le contraire de leurs parents pour certaines choses et ça n’a pas forcément été fameux (mais ça c’est le cas de beaucoup de monde). Ils ont appris au fur et à mesure. Mais ils ne pouvaient pas le deviner, ils ne savaient pas qu’ils seraient différents plus tard, ils ne savaient même pas qu’il était possible d’être différent.

    Quoi qu’il en soit, ce que dit l’article, ce sont des choses qu’on peut se dire éventuellement à soi même, plus tard, quand on prend du recul, juste pour soi. Pas des choses qu’on peut plaquer de l’extérieur sur toutes les situations qui y ressemblent. Cet article que tu cites n’a donc aucun intérêt…

  8. J’aime beaucoup ton post, c’est vrai que l’article que tu commentes fait vraiment très fort en matière de préjugés ! Quel manque de respect …De toute façon, un enfant bouleverse et fait grandir ses parents quelque soit leur âge. Je crois que la société ne peut s’empêcher de condamner les femmes quoiqu’elles fassent. On peut discuter à l’infini des avantages et inconvénients de chaque âge, cela est bien dépendant des personnes et des ressentis…Le bon âge pour être parent est juste celui où on l’a décidé. A l’inverse de toi, nous avons eu nos enfants relativement tard (40 ans et 3 mois pile me séparent de notre petite Doudouce), par chance personne de notre entourage ne nous a jugé, ou du moins pas en notre présence. Il faudra un jour qu’on parle aussi du « terrorisme » envers les grossesses après 35 ans, il y aurait à dire…

  9. Merci pour cet article, où l’on voit à quel point la société est normative dans un sens comme dans l’autre. Aujourd’hui on considère que le bon âge pour faire son premier enfant, c’est autour de 30 ans – en fonction de quels critères imbéciles ? Quand ma mère était jeune, il était normal de commencer à avoir des enfants autour de 22 ans. 20 ans, c’était juste un peu plus jeune que la moyenne. 30 ans, c’était carrément anormal. Il faut absolument lutter contre ces normes qui ne laissent pas à chacun(e) le vrai choix de sa vie. Courage, ne te laisse pas enfermer dans ce carcan et profite de ta vie de jeune mère : la vie est belle ! :)

  10. J’ai vécu les mêmes affirmations simplistes mais parce je viens d’avoir 42 ans et ma puce à 15 jours…. De toute manière, quoi que l’on fasse rien n’ira jamais … Il y aura toujours quelqu’un pour remettre en cause nos décisions, mais ce sont les nôtres prises en connaissance de cause et qui n’engagent que nous…. Et puis le bonheur qu’elle nous apporte balaie tous ces jugements à l’emporte pièce !! :)

  11. Je ne fais pas partie du club malheureusement parce que j’ai une ma fille à 28 ans mais j’ai toujours rêvé d’être mère très jeune (19-20ans) et je suis totalement scandalisée de lire les débilités que tu as pu lire/entendre. Pour moi, Psychologies Magazine c’est vraiment de la psychologie de comptoir enseignée à des débiles et cet article en est la preuve ! Personnellement je ne pense pas que j’aurais eu plus de difficultés à être maman à 20 ans, ou que ça aurait été plus irresponsable qu’à 28 ans. Je pense que c’est simplement des arguments de gens élitistes qui pensent qu’il faut faire tout comme eux pour être parfait. Être mère jeune, je trouve ça merveilleux, tant pour la mère que pour l’enfant qui pourra nettement plus profiter de ses parents à l’âge adulte (en ça, je trouve qu’avoir des enfants vieux est nettement plus égoïste!). Bref, courage, entendre des conneries pareilles ça ne doit pas être tous les jours facile !

  12. Merci beaucoup de ta contribution et aussi de ton témoignage! Pour bien avoir connu les remarques que tu relates, je ne peux qu’appuyer à quel point il est urgent d’en finir avec ces normes sociétales procréatrices. Ne pas procréer trop tot, ni trop tard, ni trop, ni trop peu, ni avec trop d’écart, ni avec trop peu, ni surtout ne pas procréer du tout. Il serait grand temps de s’ouvrir à la diversité des etres humains, des familles et des vécus.
    Par ailleurs, l’article que tu relates pue la psychanalyse de bas étage, à qui on fait dire ce qu’on veut, comme on veut pour peu que cela serve les clichés…

  13. Excellent ton article !
    Je crois que c’est en lien avec mon article de cette semaine sur le film « La vie sauvage » et mon article de vendredi à venir sur un film à propos de Françoise Dolto : la question du non-conformisme. Notre société attend de nous de rentrer dans un moule. On le voit dès l’entrée en maternelle de nos enfants jusqu’à ce qu’on devienne parent. Le fait d’être devenue mère (à 30 ans comme tout le monde) a accompagné une prise de conscience de ce formatage à grande échelle, notamment parce que je voulais allaiter et que j’ai allaité longtemps (2 ans chacun) donc de fait, je suis devenue différente. Et je suis beaucoup plus ouverte à la différence qu’autrefois.
    Personnellement, je te tire mon chapeau d’avoir assumé cette différence à 20 ans, d’avoir assumé ta décision et la phrase qui termine ton article est juste et magnifique :
    « Ma fille était voulue, désirée et aimée avant même qu’elle soit dans mon ventre et ça, c’est le plus important. » Les extraits de l’article que tu cites sont effectivement de la pure foutaise.

  14. J’aime ton article et surtout le fait que tu « réponds » à cet article en carton, si je peux dire cela.
    Personnellement à 20 ans, je me sentais mais alors pas du tout prête pour avoir des enfants. Trop jeune, trop « je pense à moi avant le reste du monde », etc. Pourtant, jamais au grand jamais, je n’aurais pu tenir le même discours que dans cet article : la venue d’un enfant désiré (ou non) est toujours source de bonheur et de joie quelque soit l’âge des parents !
    Tu te sentait prête à avoir ta fille et mieux que ça, tu l’a désirée donc pourquoi attendre l’âge normal pour avoir des enfants ? La normalité, ça craint ;)

  15. Pingback: Nature et culture dans l’éducation ou le joug de la liberté [mini débrief] | Les Vendredis Intellos

  16. Je suis émerveillée, soulagée, heureuse, stupéfaite… Que dire! Je subi une telle pression parque j’ai eu ma fille à 22 ans… Je pense qu’il y a aussi du racisme.

    Bref, contente de voir que tu es fier d’avoir eu un enfant à 20 ans. Aujourd’hui j’ai 27, je continue mes études: de sérieux problèmes de santé m’ont empêché d’avancer plus vite. Sans ma fille je ne sais pas comment j’aurais pu continuer cette épreuve, car comme toi j’ai été insulté et humiliée par les professeurs à l’université.

    Là où je vis je n’arrive pas à rencontrer des filles qui sont fières de leurs choix: elle le dissent clairement, devant leurs enfant qu’elle si c’était à refaire elles n’aurait pas eu cet enfant ou qu’elles aurait du avorter. Elles sont souvent à la maison et croient de toutes leurs force ce que la société leur dit: qu’elles sont bêtes et qu’elles n’arriveront à rien car elles ont eu un enfant trop tôt…

    Tu peux pas t’imaginer comment cela me fait plaisir de te lire… J’ai souvent l’impression que l’avortement est une obligation pour les moins de 25 ans et le pire c’est que quand elles le font on les culpabilise. C’est le serpent qui se mord la queue!

    Dès fois j’ai même l’impression qu’in m’en veux d’aimer mon enfant, on serait d’autant plus compréhensif avec moi si j’adopterais l’attitude  » c’est lui qui voulait un enfant, moi je voulais avorter » ou encore « j’ai gâché ma jeunesse ». Les femmes dans la trentaine, je trouve sont celles qui acceptent ce bien être le moins bien. Je comprends pas pourquoi, les vieilles dames ici sont souvent plus à l’aise. Elles émettent moins de jugements.

    Pour les hommes ici c’est comme si je serais un fille facile parce que j’élève mon enfant seule et j’ai la vingtaine. Je me sens complètement isolée dans ce pays où même le peu de fille avec qui je peux passer mon temps sans être jugée ne comprennent pas la thématique

    On me le reproche tellement souvent d’avoir gardé mon enfant, alors qu’à la base je la pensais à deux, les choses se sont mal passé c’est tout…

    Récemment je suis rentré dans mon pays où avoir un enfant à 20 n’est pas un problème. Elles aussi ont des diplômes et elles en souffrent pas. Ici on fait la différence entre être mère et être femme. Comme si on femme qui aurait des enfant valait moins qu’une femme  » normale ».

    Normale. Voilà ce que je n’arrive pas à être ici. J’aurais dû avorter pour continuer mes études, mais comme je l’ai pas fait je devrait rester à la maison avec les aides. On m’a déjà conseillé de faire un deuxième à la CAF. LOLOLOL

    Comme je ne choisit pas la norme, mon choix n’est pas valable. Je croyais que quand les femmes s’étaient battues pour leur droit c’était pour qu’on ai toutes le choix: d’avorter, de garder, de se diplômer, de se marier, de divorcer, de créer son entreprise, d’être ambitieuse, de vouloir tout simplement!

    Je ne voit pas tout cela ici alors qu’on me l’avait promis. J’ai retrouvé un pays tout aussi catholique et misogyne que le mien. J’ai mal car j’ai vraiment cru à Simone Veil, car j’ai cru dans ce pays.

    Tu peux pas t’imaginer la joie que j’ai en te lisant. Il y a pas que moi !!!! Peut-être les choses peuvent alors changer!

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