Si il y a bien un sujet dont je peux vous parler, c’est celui d’être une jeune maman. Je suis tombée enceinte à 19 ans et la princesse est née alors que j’avais 20 ans 6 mois et 8 jours. J’ai très vite remarqué que regard des gens et jeune maman, ça ne va pas de pair. Même dans les articles qu’on peut lire, on remarque toujours ce côté -les jeunes mamans ne sont pas responsables- Lorsque j’ai lu cet article (Psychologies Magazine), mon sang n’a fait qu’un tour je vous propose un extrait des idioties qui sont débitées:

« 20 ans : se détacher de sa mère. Tomber » enceinte à cet âge-là correspond souvent à un désir de s’assurer que « ça marche ». Certaines avortent : savoir leur suffit. D’autres choisissent de mener leur grossesse à terme.»

Déjà l’article commence mal, je n’ai pas fait ma fille pour me prouver quoi que ce soit. Elle était voulue attendue et ultra désirée !

« Accueillir un enfant lorsque l’on est très jeune, (…) c’est (…) « passer de l’état de fille à l’état de mère sans passer par celui de femme. Comme si devenir mère, c’était devenir femme. Il y a une expansion de la féminité, et aussi une confusion totale ».

Alors, que répondre à cela ? Oui, avoir eu ma fille, avoir été enceinte, oui, dans les faits je me suis sentie femme, comme l’allaitement me fait me sentir femme. Mais pourtant, n’étais-je pas une femme avant? Je vivais déjà une vie de couple depuis mes 18 ans, avec de surcroit un homme de 10 ans mon ainé, alors oui, je suis passée par le statut de femme avant celui de mère. Oui être mère a renforcé en quelque sorte mon état de femme, et oui bien sûr quelque chose a changé en moi… Mais n’est ce pas le cas de toutes les femmes? Un enfant c’est un chamboulement, qu’on ait 20, 30 ou 40 ans !

« Ces jeunes filles marquent, précipitamment, la rupture avec le désir incestueux d’avoir un enfant avec leur père. (…) « La plupart des mères de 20 ans sont dans les retrouvailles avec la mère archaïque, celle de la toute petite enfance, tendre, pas celle qu’elles côtoient tous les jours,(…) Elles disent aussi inconsciemment à la leur, réelle cette fois-ci : C’est fini pour toi, je prends ta place.»»

J’ai plutôt été dire à ma mère, « j’ai besoin de tes conseils« , j’ai plutôt eu la chance de me rapprocher de ma mère depuis ma grossesse. Non, je ne lui ai pas fait un pied de nez en lui disant « c’est fini pour toi » , au contraire, j’ai même compris certaines choses que je ne comprenais pas avant. Ses inquiétudes; certaines interdictions…

« Plusieurs de ces jeunes mamans (…) admettent que ces premiers-là, bercés dans cette insécurité « narcissique » dont parle Muriel Flis-Trèves, essuient aussi les plâtres. « Les enfants grandissent avec elles, ils les aident à se trouver et, finalement, ils vont s’acclimater à elles »,(…) Et presque toujours, c’est l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur qui permet à l’aîné de prendre un peu d’air, et sa place dans la succession des générations. »

Non, ma fille n’est pas un médicament pour m’aider à me trouver. Non, ma fille n’est pas là pour grandir en même temps que moi. Oui, elle a sa place, elle est ma fille et celle de son père, oui elle a son rôle dans notre famille. Bien sûr que j’ai muri, que j’ai aujourd’hui d’autres préoccupations, mais est ce réellement différent d’une autre mère qui elle a un âge considéré comme « normal »

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Comment réussir à faire plus de clichés?

Et puis après tout y a-t-il un âge pour être mère ? Le taux de fécondité augmente comme le prouve ce graphique de l’Insee et du coup il y a de moins en moins de jeunes mamans, et on passe de plus en plus pour des extraterrestres. Oui, nous mères à 20 ans sommes moins nombreuses. Parce qu’à 20 ans, on n’a pas la légitimité que l’on devrait avoir et oui je pourrai écrire sous le hashtag #PayeTonUtérus, pour le gynéco qui s’est mis à me parler d’IVG avant même de savoir que la princesse était voulue. Ou pour la sage femme qui était étonnée que j’allaite parce que « A votre âge on donne le biberon » ou l’abruti qui est allé voir ma mère et qui lui a dit « j’ai appris qu’elle était enceinte, ça va c’est pas trop dur » le regard plein de compassion. Et puis j’ai essuyé les commentaires et les remarques des autres. Ou l’infirmier qui me demande l’âge du père et lorsque je réponds qu’il a 30ans on me dit « Ah, ça va alors » l’air soulagé qu’il y ait au moins un adulte dans cette histoire. On m’a dit que c’était une « connerie » et ce même au sein de ma propre famille. Être mère à 20 ans, c’est faire un choix qui n’est pas simple à assumer. Et dans une société qui prône la tolérance, en réalité les esprits sont que trop formatés.

Grâce à la blogosphère, j’ai pu rencontrer Mamanfaitpassesnuits elle aussi enceinte à 20 ans et qui parle dans cet article de ce qu’est accueillir un bébé à 20 ans :« J’entends un bon nombre de parents me dire que ma vie changera à tout jamais, comme si il se sentent désolé pour moi d’avoir conçu un enfant à 20 ans. Je pense pas que c’est en mal qu’on me dit cela, j’ai vu beaucoup de couples qui ont changé leurs rythmes de vies après l’arrivée de leurs enfants mais après tout c’est censé être normal non? »

La vérité est là, lorsqu’on a un enfant à un âge où on est considérée comme jeune, les personnes sont désolées. Ou trouvent des raisons sur tout ce que vous faites, oui tout est relié à votre jeune âge. J’en parle aussi sur mon blog dans cet article où je reprends une réflexion à laquelle j’ai le droit souvent : « tu as une éducation de jeune »

Pourquoi les regards, les mots et les avis sont si durs? Pourquoi est-ce si difficile d’aller contre la doxa? Pourquoi lorsqu’une femme de 30 ans est enceinte cela est merveilleux alors qu’à 20 ans tout le monde voit cela comme un déchirement?

Tant que l’enfant est désiré, quelle est la différence? En quoi un accident à 20 ans est il dramatique alors qu’un accident à 30 se comprend? Et d’un autre côté pourquoi à 20 ans, je devrais avorter alors que bébé était voulu et qu’à 30 une femme qui avorte va être diabolisée? Y a t’il un âge pour avorter et un âge pour être mère? Les choses sont elles à ce point binaire. Aujourd’hui avoir un enfant c’est un choix, pourquoi ce choix est-il aussi peu respecté?

Parfois, je me demande si ma fille ne va pas souffrir d’avoir une maman jeune, comme certains peuvent souffrir d’avoir une maman « vieille ». Ne va-t-on pas lui dire un jour que sa mère est trop jeune, ou lui poser des questions sur notre relation. Le cliché qui revient le plus souvent, c’est quand elle sera ado tu pourras l’emmener en boite. C’est désespérant… Mais elle, va-t-elle subir les a priori? Comment va-t-on la regarder lorsqu’elle ira à l’école? Je ne peux pas savoir de quoi l’avenir sera fait, mais une chose est sûre, j’ai fait un bébé à 20 ans et je le revendique, ma fille était voulue, désirée et aimée avant même qu’elle soit dans mon ventre et ça, c’est le plus important.

Mama nuages