Violence sociétale subie… et restituée [mini débrief]

Eradiquer la violence, les jeux de pouvoir et de domination, les moqueries et les humiliations… Le beau programme. L’une des ambitions de l’éducation et de la communication non-violentes d’ailleurs.
Beaucoup prennent plaisir à soulever l’absence de réalisme d’un tel programme.
C’est vrai, après tout, y’a qu’à voir le comportement des enfants dès leur plus jeune âge. C’est normal, c’est comme ça qu’ils se forgent, tout le monde a droit à sa petite moquerie ou insulte un jour ou l’autre. Nous n’allons quand même pas les mettre dans une bulle, hein ?!

J’ai personnellement du mal à comprendre comment on peut justifier la violence, au prétexte que les adultes y ont survécu. Mais avec quelles séquelles, honnêtement ?!!

Cette semaine, Dame Andine s’est confiée à nous à ce sujet et nul doute que son texte aura fait écho en nombre d’entre nous. Elle évoque la « grossophobie », l’incohérence totale des réflexions humiliantes de la société par rapport aux personnes en surpoids mais aussi les blessures subies dès le plus jeune âge. L’occasion de se questionner sur le « logique » de cette violence. On aurait beau correspondre en tout point à la norme physique de son époque, il n’y a finalement aucune raison cohérente à ces actes, si ce n’est une forme d’ascendant pris sur la personne qui n’aura pas su s’imposer en paroles ou en actes dès le premier franchissement de ses limites, le premier manque de respect. Car objectivement, ce ne sont pas toujours les plus « parfaits » (toujours au regard de la norme physique de l’époque) qui harcèlent les autres.
Comme en arrive-t-on là ? A ces petits agresseurs de la cour de récré, à ces adultes ignares qui trouvent que leurs traits d’humour, aux dépends d’un-e gros-se qui fait du sport, sont plus utiles à leur propre estime intellectuelle que révélateurs de leur crasse méchanceté ?

En lisant la contribution de Laura Debout Ludo, on peut être tenté de répondre : « tout ça, c’est la faute des écrans ! Et de la télé en particulier »… En effet, Laura nous présente le « jeu des trois figures », une mise en situation proposée par des professionnels à de jeunes enfants. Le but : les aider à « digérer » les images violentes auxquelles ils sont confrontés, à la fois très tôt et en position extrêmement passive, via la télévision. Une approche qui ne convainc pas tout à fait ni notre contributrice ni les commentateurs, et qui peut nous amener à cette question :
Si l’on considère presque unanimement que les enfants agissent entre eux par mimétisme et appropriation des images du petit écran, quand franchirons-nous le pas permettant d’admettre qu’ils le font avant tout par imitation des comportements subis et observés dans leur premier cercle vital : celui de la famille ?

En ce cas, comment peut-on encore clamer que rabaisser, humilier, frapper et rejeter les émotions de l’enfant sont des pratiques nécessaires à son éducation ? Alors qu’elles l’atteignent autant dans son être qu’elles impactent la société tout entière !

Mme Sioux

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