Aider son ado à bien grandir – Bibli des VI

Cet été , j’ai lu pour vous :

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Aider son ado à bien grandir – Odile BRANDT, éditions Leduc, juin 2013.

 

On trouvera des extrais en lien sur googlebooks, et mis en ligne par les editions Leduc (lien de téléchargement : www.editionsleduc.com/extract/show/977)

 

 L’auteur :

Ce livre est écrit par une journaliste spécialiste de l’adolescence, qui a été rédactrice en chef de Lolie, un magazine pour jeune fille édité par Milan presse.

J’avoue que je n’aime pas beaucoup ces magazines féminins pour « jeune fille » qui conditionnent nos filles à lire la presse féminine, presse qui  m’a personnellement toujours laissée sur ma faim car il n’y a souvent que deux ou trois articles à lire au milieu d’une montagne de publicité parfois déguisée en « nous avons testé pour vous ».

Autant dire qu’à première vue, cela ne s’annonce pas très bien !

Je n’ai pas trouvé grand-chose de plus sur l’auteur , si ce n’est sa bibliographie sur le site de la librairie Dialogues

Il s’agit d’un livre d’environ 140 pages, écrit dans un langage clair et se veut un guide pratique.

C’est à la fois la force et la limite du genre.

L’idée directrice est que l’adolescence  chamboule la relation parent-enfant. C’est le moment d’y réfléchir, de tout remettre à plat, de faire le point.

Les enfants grandissent, les parents aussi.

On n’est bien sûr pas le même parent avec un petit et avec un jeune de notre taille.

 

Le sommaire résumé  :

  • Des tests
  • 10 commandements
  • Se poser les bonnes questions

 

Des tests 

J’ai bien aimé le premier chapitre qui avant toute chose nous invite à nous interroger sur nous-mêmes en tant qu’ancien ado « Quel type d’ado étiez-vous ?» et en tant que parent « Quel type de parent êtes-vous ?».

Bien sûr comme toujours avec ce type de test, il ne faut pas prendre les résultats au pied de la lettre, (il y a toujours des questions auxquelles aucune réponse ne nous correspond !) mais c’est l’occasion de se poser des questions.

Ma fille s’est précipitée sur le livre et a tenté de deviner ce que j’avais répondu. Cela a été un moment sympa de confronter ce qu’elle imaginait et ce que je pensais.

 

Les 10 commandements

Sur le chapitre intitulé « les dix commandements du parent », je ne sais quoi penser de la référence aux 10 commandements, référence à l’ancien testament forcément connotée passéiste.

A première vue, étant plutôt d’obédience « ni dieu, ni maître », je ne suis pas fascinée par ce mode de communication sous forme d’injonction.

Mais venons-en au contenu, et quelques extraits.

1)  Vous l’aimez, mais pas aveuglément :

«  Probablement mus par un idéal de bonheur sans heurts, certains parents imagineraient éviter frustration, souffrances, punitions et autres conflits par la seule force de leurs sentiments. Mais l’amour pour un enfant se réduirait-il à une avalanche de sentiments et de cadeaux ? »

«  L’éducation passe par des limites et qui dit limites, dit souffrances. C’est inévitable. Pour se construire, l’enfant tout comme l’adolescent a besoin d’un cadre bien défini à l’intérieur duquel il peut se mouvoir et faire des expériences. Cet espace limité est sécurisant et loin d’être inhibant »

Cela me paraît être du bon sens.

Est cité en référence le livre de Claude Halmos « l’amour ne suffit pas », que j’ai lu il y a longtemps, et dont j’avoue ne plus trop me rappeler.

Bien sûr c’est un peu superficiel.

Je n’ai d’ailleurs trouvé nulle part , ce qu’on entend par « amour » vis-à-vis de ses enfants, et ce que ce mot recouvre d’une époque ou d’une culture à l’autre, si ce n’est dans les querelles sur la vision historique de l’enfance provoquées par le livre de Philippe Aries « L’enfant et la vie familiale sous l’Ancien régime », paru en 1974 et évoquées dans la presse.(voir « les nouveaux pères du moyen âge »)

Mais il n’est pas nécessaire de se plonger dans des écrits savants pour se poser la question de ce que signifie « aimer » pour chacun de nous.

Et je partage avec l’auteur l’avis que l’amour n’est pas la fuite de tout conflit.

Quant aux limites, on peut lire aussi :

« Bien évidemment ces limites exigent constamment des ajustements, en fonction de l’âge et de la maturité des individus. »

 

 2) Vous l’éduquerez

« Eduquer vient du latin educatio, lui-même dérivé de ex-ducere, (ducere signifie conduire, guider, commander et ex, hors de ) Ethymologiquement, c’est donc « guider hors de », enseigner jusqu’à ce que l’autre sache et puisse voler de ses propres ailes »

Parmi les idées exprimées dans ce paragraphe, je suis assez d’accord avec la nécessité d’assumer notre rôle de « vieux » qui permet à l’ado de se différencier, de se construire.

 

 3) Vous ferez preuve d’autorité

 « Encore faut-il ne pas confondre « être autoritaire » et faire preuve d’autoritarisme »

Je crois aussi qu’il faut savoir être une référence stable et juste, établir des règles de vie et savoir sanctionner lorsque des règles non dérogeables ne sont pas respectées.

Cela peut s’avérer d’ailleurs parfois plus contraignant pour nous que pour nos enfants !

 

 4) Vous fixerez des limites

 

Il est rappelé que l’ado auquel on ne fixe pas de limites risque de rechercher des sensations fortes , se mettre en danger, pour faire réagir ses parents.

 « Inutile de désespérer, si un ado passe son temps à transgresser les limites, c’est plutôt bon signe. Il est juste normal.  Les relations sans heurts n’existent pas, c’est dans le conflit que l’enfant se structure et peut faire face à ses propres exigences personnelles.

Courage ! »

 5) Vous lui ferez confiance

 6) Vous trouverez la bonne distance

 7) Vous le coacherez

 8) Vous le respecterez

Cela signifie accepter ce qu’il est en train de devenir, ses goûts, ses copains. Cela ne veut pas dire tout cautionner.

« Tant qu’il s’agit des enfants de autres, les parents se montrent tolérants, mais dès qu’il est question des leurs, c e n’est plus la même chanson »

Je crois aussi qu’on n’accepte pas du tout les mêmes choses d’un tout petit, et d’un presqu’adulte. C’est assez normal, mais la transition est difficile à vivre pour toute la famille !

« admettre ses goûts, ses choix, même s’ils sont très différents de ceux des parents, lui faire confiance et pouvoir lui dire que même si on n’est pas d’accord, on l’accepte tel qu’il est et qu’on l’aime comme avant, comme toujours. »

Il y a là un peu de contradiction avec les paragraphes précédents où il n’est pas question de tout accepter.

Bien sûr il est nécessaire d’accepter cette altérité que représente son enfant, qui forcément ne devient jamais un autre « nous-mêmes ».

J’en reviens aussi à la question fondamentale que veut dire « aimer » ? Qu’est-ce qui fait qu’on aime une personne ?

Peut-on réellement aimer un être qui agit en désaccord total avec nos principes fondamentaux, nos choix de vie ? Jusqu’où ?

Je pense que nous avons tous nos limites.

Pour l’instant, par exemple, j’ai beaucoup de mal avec la dictature du look dans laquelle ont plongé mes ados. Mon acceptation est limitée au fait que « c’est un passage », qu’ils finiront par trouver un équilibre qui les en affranchira !

Et qu’est-ce que cela doit être pour les parents de ces ados qui partent faire la guerre en Syrie dont nous parlent les médias, alors qu’ils ne les ont pas du tout élevés dans le fondamentalisme religieux. ? Ce doit être une immense souffrance.

 

 9) Vous ne vous accrocherez pas à lui

 10) Acceptez votre âge

C’est un peu une redite, mais pour son ado on est toujours vieux, et c’est normal, c’est nécessaire à sa construction.

A vrai dire, Mr Phypa et moi, cet été avons eu l’impression d’avoir deux vieux avec nous : nous avons couru dehors observer le passage de la station spatiale internationale pendant que l’un de nos ado était devant la télé, l’autre en pyjama après sa sacro-sainte douche du soir, et pas question de leur proposer d’aller prendre des photos du coucher de soleil avec vue sur la baie de Douarnenez ! :-)

 

« Se poser les bonnes questions »

Le chapitre « Se poser les bonnes questions » est plus concret et donne des exemples, mais certains points sont discutables ou insuffisants.

Par exemple au chapitre « l’informer sur la sexualité » on peut lire :

« pour les filles une visite chez le gynécologue s’avère indispensable à l’adolescence. Sans la maman, bien sûr. Il s’agit de son intimité.

Pour un garçon, le médecin généraliste est tout à fait en mesure de lui livrer quelques informations et de donner des adresses utiles. »

Pourquoi accaparer le temps de médecins qui se font rares si on n’a pas de problème de santé ?

La puberté n’est pas une maladie, et il sera toujours possible de poser des questions au médecin à l’occasion d’une consultation.

(D’ailleurs pour ce qui me concerne, lors des consultations médicales, je laisse mes enfants seuls avec le médecin.)

 

En revanche, il est important de laisser des informations à disposition.

Dans mon département a été distribué aux élèves de 4e le guide que l’on peut trouver en lien ici qui aborde à peu près toutes les questions que se posent les ados, et pas seulement sous l’angle de la SVT.

La notion de consentement est même évoquée dans un encart « quand c’est non, c’est non ».

 

Le chapitre « ça me regarde ou pas ? » est à mon avis insuffisant concernant internet.

Je crois qu’il faut parler à ses enfants des images pornographiques qui sont renvoyées par google rien qu’en tapant « femme nue ».

En ce qui concerne les sorties le soir, selon l’âge et la maturité de son enfant, il me paraît évident que la réponse ne sera pas la même.

Un ado de 12-13 ans ou un de 16-17 ans, c’est totalement différent.

Et si son enfant est emmené en voiture, avec qui ? Y a-t-il un non buveur décidé pour la soirée ?

 

En conclusion,

Ce livre a le mérite de nous inviter à nous poser des questions sur nous-mêmes, nos perceptions, notre vie avec notre (ou nos) ados, même si certains points mériteraient plus de précision ou de réflexion.

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2 réflexions sur “Aider son ado à bien grandir – Bibli des VI

  1. Pingback: La communication parent-enfant pour mieux s’aimer {mini-débriefing} | Les Vendredis Intellos

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