Décrypter leurs comportements et mieux les aider {Mini-Débriefing}

Encore une fois, pour ce mini débrief, je vais m’appuyer sur mon expérience de maman.

Pleurer …

Les bébés pleurent, les enfants pleurent, les parents pleurent … nous pleurons tous, mais pas tous pour les mêmes raisons, ni de la même façon.

Quand nous pensons au verbe « pleurer », on l’associe instinctivement aux larmes, pourtant dans les définitions du Larousse, il est écrit que, de façon littéraire, « pleurer » est émettre un son plaintif et prolongé. En parlant d’un bébé, on dit qu’il pleure quand il crie.

Longtemps, j’ai pensé que ma fille jouait la comédie, que son chagrin n’était qu’une simulation parce qu’elle pleurait sans larmes. Toujours. En grandissant, nous lui avons même fait couper un oignon, espérant voir des larmes ruisseler sur ses joues. A côté de cela, son petit frère avait directement les yeux humides quand il se mettait à pleurer. Je me souviens, en voyant les larmes couler sur ses joues rebondies de bébé, je disais toujours « Oh ! En plus tu as des larmes« , comme si cela était une preuve de sa tristesse ou de sa douleur.

Mais j’ai appris qu’un enfant pouvait être extrêmement sensible sans pour autant avoir les joues ruisselantes de larmes et qu’un autre pouvait être qualifié de p’tit dur mais avoir vite le visage inondé de larmes en cas de pleurs.

Comme l’écrit très bien Isabelle Filliozat dans son livre « Au coeur des émotions de l’enfant » :

« Les larmes de nos enfants nous émeuvent. Pour nombre de gens, elles sont synonymes de douleur. Si l’enfant pleure, il a mal. Est-ce à dire que s’il ne pleure pas, il n’a plus mal ? Nous sommes dans la pensée magique ! » (page 228)

Pourquoi la nature nous aurait-elle dotés de larmes si elles étaient inutiles ? »

Dans son article, Christine Klein s’interroge justement sur l’utilité des larmes. Elle y explique que le Dr Frey a démontré avec ses études scientifiques que « pleurer pourrait-être comparable à d’autres processus physiologiques tels qu’uriner, déféquer, expirer, menstruer et transpirer, qui ont tous pour but d’éliminer des déchets organiques. (…) ». Selon le type de pleurs, la composition chimique des larmes serait différente. Personnellement, je les trouve juste salées.

« W Frey a suggéré que pleurer permettait au corps d’éliminer une partie des molécules libérées quand nous ressentons de fortes émotions.(..) Mais tous les scientifiques ne partagent pas cet avis. Est-ce vraiment parce que les larmes éliminent un excès d’hormones que l’on est soulagé d’avoir pleuré ? Non, car les canaux lacrymaux ne sont pas assez gros ni assez efficaces. »

Pourtant, après avoir pleuré, on se sent souvent plus léger. Certains pleurs font du bien, ils libèrent la tension qu’on retient en nous.

« Ce ne sont pas les larmes elles-mêmes qui agissent en baume miraculeux, mais un processus cathartique, au même titre que le cri primal (crée par Arthur Janov, cette technique « dure » de respiration amène le patient à une régression profonde, parfois jusqu’à sa naissance, qui l’aide à revivre ses premières souffrances.), explique le docteur Alexander Lowen, fondateur de la thérapie bioénérgetique (thérapies visant à rendre à l’individu son équilibre en l’aidant à libèrer son énergie vitale.). En pleurant, nous libérons le corps de ses tensions.

(…)

Qualifié parfois d’inutile – pleurer ne participe pas à notre survie et, quand nous avons peur, nous distrait même d’un comportement autoprotecteur comme la fuite –, l’acte de pleurer est pourtant ressenti comme apaisant par 85 % des femmes et 73 % des hommes (étude William Frey, 1985). » (source)

Sauf qu’un bébé ne peut pas fuir, donc ses pleurs ont une autre raison. Ils sont souvent un appel au secours et dans son livre, comme l’explique Christine Klein, Aletha Solter conseille d’accueillir les pleurs d’un bébé en le regardant dans les yeux, juste en le regardant. Personnellement, j’ai le sentiment d’être un bourreau me délectant du supplice d’un petit être sans défense en le regardant pleurer sans le rassurer. Prendre un bébé dans ses bras et poser une main ferme sur sa nuque, pour soutenir sa tête est une façon de lui dire « je suis là pour toi », tout comme lui parler. Il paraît que certains sons apaisent les bébés aussi.

Bref, pleurer avec ou sans larmes est libérateur. Les larmes sont peut-être juste là pour nettoyer, éponger la tristesse ou la douleur de façon symbolique (je n’ai pas fait d’études sur les larmes). Ma fille a peu de larmes. J’ai fini par en voir 1 ou 2 sur ses joues. Alors quand elle pleure, elle le fait très bruyamment pour qu’on le sache, comme ça ne se voit pas autant que les autres. Si un jour elle a besoin de lunettes et veut porter des lentilles, on lui dira peut-être que c’est impossible à cause de son trop peu de larmes, comme sa mamie.

Elle ne pleure pas avec des larmes, mais il a de nombreuses autres choses qu’elle fait que les autres ne font pas tous.

Elle suce son pouce en cachette et elle met souvent de petits jouets en plastiques dans sa bouche pour les mâchouiller, pourtant elle a bientôt 3×3 ans. Elle ne fait donc plus partie de la catégorie des enfants qui mettent des choses à la bouche pour raison d’évolution. Dernièrement, j’ai retrouvé la coiffe d’un playmobil totalement mâchouillé, ressemblant à un vieux pruneau.

Du coup, j’ai lu avec attention le billet de Valsita qui propose une méthode pour que les enfants stoppent leurs comportements que nous jugeons néfastes. Imaginée par Milton Erickson, cette méthode vise à contraindre les enfants à exécuter leurs comportements néfastes comme sucer son pouce, ronger ses ongles, mettre des choses à la bouche … plusieurs fois par jour, surtout quand ils n’en ont pas l’envie.

Il lui a prescrit à une fille de quinze ans qui ne pouvait s’empêcher de sucer son pouce de le faire uniquement en présence de sa mère et de son père et de tous ceux à qui elle voulait témoigner son mécontentement, à des heures précises et pendant un temps donné. En même temps, il a « ordonné » à ses parents de ne plus rien lui dire à ce sujet. « En moins d’un mois, elle avait découvert qu’il y avait d’autres choses à faire. Je l’avais obligée à sucer son pouce et elle ne voulait pas qu’on l’oblige à quoi que ce soit. (…) On peut considérer ce mode de prescription du symptôme comme une application du mot d’Alfred Adler à propos de la thérapie: « La thérapie, c’est comme cracher dans la soupe de quelqu’un ». Après on peut continuer à manger, mais on n’y prend plus plaisir ». En rendant obligatoire la succion du pouce, Erickson « a craché dans la soupe de cette fillette ».

Peut-être devrai-je tester cette méthode sur ma fille …

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