allaitement

Mes 3 allaitements commencent à être loin derrière moi maintenant puisque la dernière tétée a été donnée en janvier 2012 quand mon tout-petit avait 10 mois, pourtant, aujourd’hui, je suis tombée sur un article en anglais intitulé « Le côté sombre et solitaire de l’allaitement dont personne ne parle » (ma traduction n’est peut-être pas très bonne).

Le titre m’a intrigué.

Cet article traite en réalité du D-mer ou réflexe dysphorique d’éjection du lait. La premier fois que j’ai lu ce terme, c’était sur le blog de « Entre Terre & Mère« , juste après la fin de mon 3ème allaitement et il m’avait permis de mettre un mot, un terme médical sur une sensation étrange qui m’avait habité durant ce 3ème allaitement.

Si mes 2 premiers allaitements avaient été quasi idylliques, le 3ème m’avait réservé bien des surprises entre crevasses, mastite infectieuse et ce sentiment de tristesse intense qui m’envahissait au moment où le lait affluait rapidement dans mes seins. Je n’avais jamais connu cela pour mes précédents allaitements. J’avais toujours eu un réflexe fort d’éjection, comme un arrosoir si bébé a la mauvaise idée de lâcher le sein dans les premières minutes de tétée, mais cette tristesse, c’était nouveau. Comme si je tombais dans un gouffre. C’était fugace, mais perturbant.

Ce phénomène, on l’appelle aussi « blues de l’allaitement« 

« Au moment où le réflexe d’éjection survient, c’est-à-dire quand le lait coule pendant la tétée, la maman ressent une perturbation de l’humeur qui est caractérisée par un sentiment déplaisant », explique Carole Hervé, consultante en lactation à Paris. « Elle éprouve comme une profonde tristesse, à l’opposé de l’euphorie. C’est ce que l’on appelle la dysphorie.

(…)

Ce phénomène, encore peu étudié, serait dû à un trouble hormonal, et plus précisément à un défaut de dopamine. En effet, en temps normal, ce neurorécepteur régule –entre autres – la production de lait, en dehors des tétées, de façon à ce qu’il ne coule pas sans discontinuer. Mais au moment de nourrir l’enfant, la dopamine baisse pour permettre à la prolactine de stimuler la production de lait. Or chez les victimes de la D-mer, elle chute de façon trop importante ou trop rapide. Résultat, si ces mères ont du lait, elles ressentent des vagues de sentiments négatifs, allant de la crainte à la colère ou l’anxiété.» (source)

Dans mon cas, je me sentais juste déprimée soudainement et cela ne durait pas, c’était seulement au moment de la mise au sein, après j’allais vite mieux, mais pour certaines mamans, les sentiments négatifs sont bien plus profonds allant jusqu’au sentiment suicidaire.

Certaines mamans témoignent :

« C’est comme si mon monde arrivait à sa fin. C’est comme un sentiment de malaise dans mon estomac et je me sens aussi bien seule et coupable « 

« Pour moi, ça variait d’une légère irritation à d’intenses sentiments de rage et de colère. A certains moments, je me suis mordue ou griffée moi-même. J’aurais voulu tirer mon lait et un biberon dans ces cas « . (source et autres témoignages en anglais) (traduction approximative)

Ce syndrome du D-mer est assez méconnu et il n’est pas étudié, peut-être parce que les mamans n’en parlent pas, se sentant coupables de ressentir des sentiments négatifs en allaitant alors que tout le monde autour en parle comme d’un moment merveilleux avec bébé.

Si vous ressentez ce genre de malaise en allaitant, un site (en anglais), que j’avais découvert sur le blog « Entre Terre & Mère » permet de « mesurer » l’intensité de votre syndrome. J’avais obtenu un score de 83.

MissBrownie