Si nous sommes des Hommes… debouts (Vacances des VI)

Pour les vacances des VI, j’ai pioché à l’aveugle la tâche de commenter l’article de Mme Déjantée appelant à la mobilisation pour aider ceux qui sont enfermés dehors, dans le froid, à la rue, sans toit ni réchaud pour eux et pour leurs enfants. Mme Déjantée a publié son appel 2014, en relayant celui de 1954 de l’Abbé Pierre, un peu avant Noël.

J’écris ce texte au coeur de l’été, sous ce soleil qui brille, en tongs; cette belle saison où les badauds se mélangent à ceux qui vivent dehors, sous le soleil, la pluie, l’orage, la neige, le froid… le soleil qui met un fard impudique sur la pauvreté « la misère serait moins pénible au soleil ». L’été, le riche reste riche et le montre, le moins riche dépense ses économies durement gagnées depuis Noël, et le pauvre reste pauvre même sous le ciel étoilé.

Il est reproché à Mme Déjantée de sortir les violons et de ne finalement pas préciser les actions qu’elle mène ou pourrait mener pour consolider son appel. Il me parait présomptueux de se laver les mains en disant « moi je fais ça et ça et ça pour les pauvres, à ton tour camarade ». Informer, c’est aussi agir, et comme elle le dit « Je ne pourrais plus dire que je ne SAVAIS pas. Vous ne pourrez pas dire que vous ne SAVIEZ pas. »

Des pistes de réflexion pour agir? Chacun suivant ses moyens. je crois qu’il faut restaurer la solidarité, le partage des richesses, et la justice. Trouver en soi la matière de son engagement : politique, citoyen, solidaire, féministe, écologique, éducatif…

si tu es indigné par les enfants hospitalisés, pourquoi ne pas rejoindre les Dames Roses? Si la pauvreté te rebute surtout en période de fête, tu peux prétexter un mal de crâne aigue pour échapper à la dinde familiale et rejoindre un groupe de bénévoles qui distribue des repas gratuitement. Tu as peur que des mômes aient froid? tu peux trier les vêtements des tiens, et tes placards et le coffre à jouets, et faire passer ce qui est trop petit, démoder, mis de côté à une association qui se chargera de les redistribuer, et faire quelques heures de permanence au local. Tu es sensible à l’écologie? tries tes déchets, consomme différemment…

Je ne pense pas qu’il soit nécessaire d’accueillir sous son toit un inconnu, pour répondre à la Farfa, mais l’indignation peut conduire à des petits gestes qui feront de grandes rivières. Et chaque geste compte, et chaque geste est un exemple pour son propre enfant.

Mes parents étaient engagés à leur manière dans l’école en tant que parents d’élèves, dans la foi avec un groupe de réflexion, dans la solidarité comme bénévoles à Emmaüs, à ATDquart-monde… ou dans un parti politique. C’est l’exemple que j’ai connu, qui m’a façonné. C’est par mon engagement que je veux montrer le chemin à mon fils, un engagement qui m’est propre et qui ne ressemble pas à celui de mes parents, mais qui a les mêmes fondements.

 

Et pour finir, je voulais citer en écho à Mme Déjantée, une autre figure de l’engagement, et répondre à son indignation par une injonction : Indignez-vous!

« Le motif de base de la Résistance était l’indignation.

Nous vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France Libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, à transmettre, l’héritage de la Résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous!

Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l’ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l’actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.

 

Je vous souhaite à tous, à chacun d’entre vous, d’avoir votre motif d’indignation. C’est précieux. Quand quelque chose vous indigne comme j’ai été indigné par le nazisme, alors on devient militant, fort et engagé. On rejoint ce courant de l’histoire et le grand courant de l’histoire se poursuit grâce à chacun. Et ce courant va vers plus de justice, plus de liberté mais pas cette liberté incontrôlée du renard dans le poulailler. Ces droits, dont la Déclaration universelle a rédigé le programme de 1948, sont universels. Si vous rencontrez quelqu’un qui n’en bénéficie pas, plaignez-le, aidez-le à les conquérir. »

Stéphane Hessel, Indignez-vous!, pages 11-12,Editions Indigène, décembre 2010

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2 réflexions sur “Si nous sommes des Hommes… debouts (Vacances des VI)

  1. Je suis d’accord avec toi chaque « petit » engagement apporte sa contribution de solidarité et vaut la peine

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