La fameuse question des cahiers de vacances

Il ne vous aura pas échappé que les grandes vacances ont débuté et certains petits écoliers sont partis avec les fameux cahiers de vacances dans leurs valises. Dans Psychologies magazine de juillet-août 2014, Claude Halmos, psychanalyste officielle du magazine et spécialiste de l’enfance, répond à la question: « Pour ou contre les cahiers de vacances? »

D’après elle, l’achat des cahiers de vacances résulte d’une angoisse des parents. Dans le contexte actuel difficile, l’échec scolaire fait peur et tout est bon pour l’éviter. Les éditeurs ne s’y trompent pas et en proposant toujours plus de cahiers, carnets et autres activités de vacances, ils confirment cette angoisse et l’importance de ne pas perdre ses acquis pendant les deux mois de congés. Cependant, Claude Hamos considère que le cahier de vacances n’est pas la bonne réponse car ils rappellent trop le caractère studieux et strict de l’école et risque de dégoûter davantage ceux qui ont des difficultés.

La solution serait de profiter de ces vacances pour se mettre en pause intellectuellement tout en partageant ses passions en famille. En effet, c’est le moment tout indiqué pour un papa ou une maman passionné(e) d’histoire de raconter des anecdotes sur le lieu de villégiature, pour observer les escargots dans le jardin de mamie, pour travailler les mathématiques en calculant les proportions lors de la confection d’un gâteau.

Ils [Les parents] vont communiquer leur enthousiasme à leur enfant hors du cadre de la contrainte, et l’associer à ce goût des connaissances. L’autre intérêt de ces découvertes « en vrai », c’est que l’enfant réalise que la connaissance a un sens dans la vie, que ce n’est pas juste un moyen inventé par les maîtresses pour embêter les enfants.

Je suis du même avis et je compte bien ne jamais acheter de cahier de vacances pour mes enfants. Lorsque j’étais petite, j’étais une élève studieuse et j’adorais apprendre de nouvelles choses. J’achetais moi-même les cahiers de vacances que je remplissais la première semaine… et que je laissais traîner parce que j’avais beaucoup plus envie d’aller à la plage ou de faire du vélo avec mes cousins (qui eux n’ouvraient même pas la première page de leurs propres cahiers). Il y a mille et une façon de faire travailler un enfant pendant les vacances, en lui achetant des livres ou des magazines sur un sujet qui l’intéresse, en l’invitant à écrire des cartes postales à ses amis, en l’emmenant au marché compter la monnaie. C’est beaucoup plus ludique et, à mon sens, efficace.

Pourtant, le secteur ne cesse de croître et des applications voient même le jour. Dans un univers en 3D, l’enfant doit passer des épreuves, basées sur le programme de l’année, et traverser l’île de ses vacances d’un bout à l’autre. Un concept bien pensé à la base mais la présence de notes à la fin de chaque journée d’épreuves est dérangeante. A l’heure où on réfléchit à un autre système de notation, bloquer la progression d’un enfant parce qu’il n’a pas eu la moyenne ne fait que le mettre en situation d’échec. A éviter.

Et vous, quelle approche préférez-vous?

Retrouvez-moi sur mon blog: http://www.worldofcleophis.com

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15 réflexions sur “La fameuse question des cahiers de vacances

  1. Quand j’étais petite nous achetions toujours un cahier de vacances, on l’entamait, on faisait quelques activités et puis finalement on le délaissait pour profiter de la vie, de la douceur des vacances… Il n’était donc pas vraiment « utile » ni « nécessaire » mais pour moi il marquait l’entrée dans les vacances, comme un signal! Cette année Ma Grande entre en deuxième section de maternelles et je n’ai pas résisté à la répétition de ce petit rituel! Par contre comme vous l’écrivez, l’essentiel est bien ailleurs, profitez du temps avec ses enfants pour partager et leur faire découvrir mille et une choses… Qu’ils n’apprendront sans doute jamais à l’école! ;-)

  2. J’étais moi aussi une élève studieuse, heureuse de commencer son cahier de devoirs de vacances, mais malgré tout, je n’en ai jamais fini un seul!
    La « solution » proposée (de profiter des circonstances de la vie pour expliquer des choses aux enfants), c’est la définition même des apprentissages informels comme ils sont pratiqués par les familles non-scos!

  3. J’étais comme vous : petite je réclamais un cahier de vacances (alors que mes parents n’y voyaient pas vraiment d’intérêt !), je me jetais dessus les premiers jours mais ne le finissais jamais ! Aujourd’hui je n’en vois vraiment pas l’intérêt pour mes enfants, et je partage l’avis de Halmos quand elle considère que ça peut même être néfaste pour les élèves en difficulté. Je préfère de loin la découverte du monde avec les petites choses du quotidien, et en ce moment je m’éclate à partager tout ces bons moments avec mes poussins. C’est vrai que ça rappelle le concept de l’école à la maison, que j’aime beaucoup aussi.

  4. Pas de cahier de vacances mais dans l’obligation de faire « travailler » notre fils de 5 ans. Instit absente une semaine sur deux, classe multi niveau, gamin délaissé qui ne sait même pas écrire son prénom et ne tient pas son stylo correctement en fin de GS.
    C’est pas qu’on recherche l’excellence, c’est juste qu’on ne souhaite pas que la marche soit trop haute pour notre fils, de fin d’année et qui manque un peu de maturité.
    Il change d’école pour le cp et aura enfin un enseignant investit.

    Volontaire, il veut écrire avec son père, en trois jours les progrès sont déjà significatifs. A quel point sa maîtresse l’a délaissé!! Il était à sa table devant un coloriage magique et on le laissait avec ses difficultés, voire même il devait finir le travail pendant la récré.

    Bien entendu je ne peux pas soutenir le bisness éditorial des cahiers de vacances, mais la position tranchée de l’article ne tient pas compte des réalités de certains enfants.
    j en’ai pas acheté de cahier de vacances à mon loulou, car je ne les ai pas trouvé aussi ludiques que par le passé.

    je garde un bon souvenir des cahiers de vacances, mon père faisait sa sieste, et nous faisions notre double page avec ma mère : histoire, jeux, lectures, gommettes, plein de petits exercices variés et sympa, j’en ai un souvenir ludique. ensuite activités manuelles, dans la salle avec une grande table, avec le vrombissement de la grosse mouche de la sieste d’été. Une fois tout ça terminé, nous allions à la plage.
    c’est devenu très nulle à partir de la 6°. De toute façon à partir du collège seul comptait mon carnet de notes.

    • Je n’ai jamais dit qu’il ne fallait pas travailler pendant les vacances, au contraire, puisque j’ajoute qu’on peut leur acheter des livres ou autres magazines. Comme vous le soulignez vous-mêmes, les cahiers de vacances sont plutôt académiques, il y a d’un côté le français, de l’autre les mathématiques et un dernier exercice de géographie, d’histoire ou de sciences naturelles. Claude Hamos considère que mettre des enfants en difficulté devant des exercices scolaires peut les bloquer davantage et qu’il faut trouver d’autres biais. Votre fils a fait d’énormes progrès en travaillant avec son père parce qu’il n’est pas dans le cadre de la classe. :)

      • ceux que j’ai feuilleté l’étaient, il doit en exister de meilleurs.Justement on aime ici l’enchaînement de petits exercices de matière différentes autour d’une petit texte qui fédère l’ensemble de la double page autour d’un thème.
        Claude Hamos (que je ne connais pas) dit une vraie lapalissade.L’instit de mon fils était nulle, même aux critères des IUFM qui déconseillaient déjà l’utilisation des coloriages magiques, qui ne sont qu’occupationnels mais en aucun cas un support d’apprentissage.

  5. Mon fils sort de 1ère maternelle. La grosse lacune constatée a été au niveau de la prise en main du crayon et des ciseaux. But des vacances: colorier, découper, manipuler.
    J’ai investi dans deux petits cahiers à l’effigie de ses personnages préférés, avec de petites activités pour travailler la motricité fine (relier un personnage à sa voiture en suivant un parcours en pointillés, entourer des objets, etc.). Et le fait qu’une application sur la tablette demande à mon fils d’appuyer sur 4 pommes pour passer à l’étape suivante ne me choque pas particulièrement… (la question de la cotation me gêne plus, par contre).
    Entre cahier de vacances et carnets d’activités de loisirs, la frontière peut être mince.
    Entre devoirs et jeux, tout est dans la façon de présenter l’activité… et il faut bien les occuper quand il pleut!

  6. Bonjour!
    Personnellement, enfant j’en avais chaque été et j’ai détesté, esquivé, laissé traîner, etc, pour autant, j’en ai souvent fait faire à ma grande fille car elle était demandeuse d’activités de type scolaire même pendant l’été. Je ne pense pas que les deux approches s’annulent, le fait qu’elle ait fait des cahiers de vacances ne nous a pas empêché d’aller au devant d’autres types d’apprentissage (mais je pense que ceci est valable aussi en période scolaire!).
    Je dirais qu’en effet tout dépend de l’attitude et de la demande de l’enfant, le forcer me paraît risqué et probablement inefficace, mais ce peut tout de même s’avérer un outil pratique lorsque l’enfant en a envie et que l’on a une approche détachée de la chose (pas de rattrapage de l’année/mise à niveau etc…), et que l’on est pas soi-même instit (et qu’on stagne à un niveau CE2 depuis plus de vingt ans…hum).
    Elle a maintenant neuf ans et c’est la première année que je ne lui en ai pas acheté, car ni elle ni moi n’y avons pensé, c’est à la lecture de cet article que je viens de m’en rendre compte!

  7. Je n’ai pas d’avis tranché sur la question. J’en ai acheté parce que mes enfants sont demendeurs (l’année dernière, Grégory m’en avait rempli 5…), c’est moi qui dois les limiter un peu^^
    En tout cas, je ne les forcerai jamais.

    Mais on est une grosse famille de curieux et d’intellectuels^^ On passe notre temps dans les livres et dans l’apprentissage. Du coup, expliquer aux enfants telle ou telle chose (dans le jardin, sur la route, dans la cuisine, dans le ciel etc etc…) est notre quotidien et ils en demandent encore et encore ;)

  8. Enfant, j’ai eu quelques fois des carnets de vacances… ça ne me paraissait pas « studieux », juste ludique, l’équivalent des mots croisés de maman :-).
    Par contre, il me semble encore mieux d’exercer les connaissances dans le concret : on peut « réviser » les masses et les capacités en faisant des crêpes, lire un roman (ah Fantômette :-)), observer les fleurs et les insectes, etc.

  9. Je crois que comme tu le dis il y a plein de façons d’apprendre, et c’est bien d’avoir une approche non académique, c’est même primordial !
    Les cahiers de vacances sont biens si l’enfant est demandeur, tout simplement (c’était mon cas et c’est déjà le cas de ma fille qui a déjà dévoré le sien !).

  10. Mes enfants les réclament alors je leur prend même si je suis pas super pour. Ca reste limite un cahier de jeux pour eux.

  11. Merci beaucoup pour ta contribution (et désolée d’arriver si tard pour la commenter!)! En voilà un sujet bien d’actualité et dont on n’avait plus parlé depuis bien longtemps sur les VI (je crois qu’en cherchant bien on devrait retrouver un petite bafouille de Maman Bavarde sur le sujet, il y a …. presque 3 ans!).
    Chez nous, pas de cahier de vacances durant l’été. Les grandes vacances sont par excellence le temps des apprentissages autonomes et informels… j’encourage souvent mes enfants à vivre leurs passions mais souvent non-scolaires. Cette année, nous partons donc en vacances avec: une loupe binoculaire, un télescope, du matériel de couture et de tricot, du matériel de dessin, etc…et tout le monde est ravi!!!

  12. Pingback: Faire du mieux qu’on peut {mini-débrief} | Les Vendredis Intellos

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