(Sur)vivre en santé [mini debrief]

La semaine dernière, Cécile a lu l’article de Pascale, Allaitement long et caries dentaires, un lien ? Il ne lui a pas plus fallu pour se replonger dare-dare dans l’abondante documentation qui traite des rapports entre allaitement et dentition. Si vous relisez l’article de Pascale, vous lirez qu’elle avait conclu de ses lectures que l’allaitement maternel n’est pas un élément favorisant des caries dentaires. Cécile va plus loin et nous explique que l’allaitement est bien meilleur que la tétine ou le biberon pour la santé bucco-dentaire des enfants, parce que, du fait des efforts que le sein exige, de la position de la langue et de la forme du biberon, il favorise un bon développement des structures faciales (palais, muscles de la mâchoire, position de la dentition).

LaMamansurleGateau a, quant à elle, réagi à un article de Parents.fr issu d’un communiqué de presse qui rapporte que « Le comité de nutrition de la Société française de pédiatrie et la nouvelle Société française d’athérosclérose recommande désormais un dépistage généralisé du cholestérol chez les enfants ». Il se trouve que LaMamansurleGateau fait partie des familles désignées comme « à risque » : elle a donc étudié et même décortiqué cette idée de dépistage systématique de l’hypercholestérolémie chez l’enfant, voire de son traitement via des statines dès 8 ans. De quoi se (re)poser la question de cette médecine préventive, qui s’échine actuellement à faire rentrer les populations dans des cases « risques », qui sonnent comme autant de pré-maladies, avec tout le cortège de médication à vie qui s’ensuit. Sûrement juteux pour les labos, mais probablement pas toujours si efficace que ça en terme de bénéfice-risque, de santé publique ou (surtout) de qualité de vie pour les personnes désignées…

Cleophis a lu dans Sciences Humaines un article portant sur la monogamie. L’article explique ainsi que chez les animaux, et notamment les mammifères, le modèle dominant reste la polygynie (un mâle pour plusieurs femelles). Les oiseaux font exception, puisqu’ils sont à 95% « monogames sociaux », le plus souvent en raison de contraintes bien spécifiques (il faut être deux pour s’occuper des œufs à tour de rôle). Et chez l’homme ? Historiens, anthropologues et sociologues qui retracent l’histoire du couple ont bien montré que les modèles monogames sont toujours liés à des raisons économiques, culturelles ou sociales. Contraintes environnementales ? Polygamie refoulée ? Monogamie sérielle ? La réponse est probablement plus dans nos cultures que dans notre nature !

Enfin, on remercie Phypa pour son neurone (pas si) free de juin. Une réflexion inspirée autant par les chaleurs de juin que pas l’ouvrage de Natalie Levisalles L’Ado et le bonobo (qui définit pour nous ce séduisant concept décrivant nos ados comme des patates de canapé, affalés devant la TV à grignoter sans cesse, dans une posture anti-gravité parfaite), venu rencontrer un article du Monde du week end rendant compte d’une étude qui montre que les 18-24 ans effectuent, en moyenne, moins de pas que l’ensemble de la population (toujours en moyenne), c’est-à-dire moins que leurs parents et à peu près autant que leurs grands-parents.

Outre les questions que posent ces études commandées par des organismes d’assurance, outre ce nouvel indicateur (10000 pas par jour) « pour notre santé », outre la conviction du docteur Toussaint qui incrimine « les écrans » et non « la voiture », par exemple, pour expliquer la sédentarité des Français (18-65 ans), si j’ajoutais mon grain de sel personnel, je mettrais volontiers en relation plusieurs choses : si nos enfants bougent moins qu’il serait souhaitable, c’est peut-être parce que l’espace public ne les accueille pas, et parce que nos sociétés les enferment et ne leur laissent plus suffisamment de liberté.

Si nos ados bougent encore moins, c’est peut-être parce qu’on a globalement augmenté la pression et la charge de travail qui pèse sur leurs épaules, en traquant aussi, et par la même occasion, les temps libres et les moments creux autrefois parfaits pour la « balade ». Nos sociétés aiment dire « dépêche-toi », « ne traîne-pas », et que dire des ados qui « traînent » dans les espaces publics ? Quant aux jeunes adultes et aux parents, parions pour la folie très peu douce qui a envahi nos vie, sous forme de travail extensible à l’infini, travail qui est passé, en quelques décennies, de majoritairement actif (artisanat, industrie, services) à… très souvent assis derrière un bureau (récemment muni d’un écran et d’un clavier).

Comme il n’est pas certain que nous parvenions rapidement à modifier les nouvelles formes de travail, surtout pour ceux qui sont, pour leur bonheur mais aussi leur malheur, des « travailleurs du savoir », militons pour la création d’un nouveau design, d’une nouvelle ergonomie des postes de travail : asseyons-nous sur des ballons, testons des bureaux hydrauliques pour travailler debout, installons des tapis de course ou des vélos à la place de nos sièges (bien peu) ergonomiques. Et mettons des choses intelligentes, comme le site des VI, dans nos écrans, pour réfléchir en marchant aux problèmes essentiels qui menacent notre survie, et notamment notre survie en santé.

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4 réflexions sur “(Sur)vivre en santé [mini debrief]

  1. Ah… Si seulement on montait des vélos d’appartement sur des dynamos qui seraient branchés sur les ordinateurs, on ne pourrait pas bosser sans pédaler, et on serait tous sveltes et musclés… Et on consommerait moins d’électricité…!

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