Devenir un super papa en trois leçons [Bibli des VI]

Il existe peu de livres qui s’adressent uniquement aux pères, en comparaison de ceux pour les mères. Il y en a de plus en plus, certes, mais ça reste peu. Est-ce parce que les pères n’aiment pas lire ce genre de choses ? Est-ce parce qu’on considère que le père a moins d’importance ? Je ne saurais dire. A titre personnel, j’aime bien savoir que les éditeurs s’intéressent aussi aux pères. C’est pourquoi j’ai accepté de chroniquer le livre Devenir un super papa c’est malin de Xavier Kreutzer que les éditions Quotidien malin ont envoyé pour notre bibli.

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Mon avis est très partagé sur cet ouvrage : je suis contente de voir qu’une place essentielle est donnée au père mais je n’apprécie pas particulièrement le ton et les clichés véhiculés (mais vous me direz que ce livre ne s’adresse pas à moi qui suis une mère et je vous répondrai que je lirai avec plaisir l’avis d’un père justement !).

Pour vous faire découvrir cet ouvrage, je l’ai découpé en trois leçons (de façon tout à fait arbitraire !). Chers pères (futurs, jeunes, vieux), j’espère que vous en sortirez grandis ;-) Donc, pour être un super papa, il faut :

Leçon n°1 : s’impliquer dès le début de la grossesse

J’ai apprécié que le livre aborde tous les thèmes de la grossesse, des rendez-vous médicaux, à la préparation en passant par le matériel à acheter. Le père n’est pas un simple serviteur de Madame acceptant d’aller lui chercher des fraises à minuit, faute de mieux. Ici, le père est invité à se rendre à la première consultation chez le gynécologue avec la future mère pour savoir ce qui va se passer (médicalement parlant) les prochains mois et poser des questions.

En revanche, j’ai souvent eu l’impression que de tels conseils étaient donnés parce que, naturellement, l’homme serait un peu tête-en-l’air, voire je-m’en-foutiste. Sinon, pourquoi conseiller dès la page 18 :

« J’écris en rouge sur mon agenda ou dans mon smartphone  la date théorique de la naissance de mon enfant. Cela me permettra :

– de ne pas oublier cette deadline importante. (…)

– de m’organiser en fonction de cette date. Par exemple en évitant de prévoir des vacances au ski avec mon meilleur ami dans les mois qui précèdent. »

Je ne sais pas ce que vous en pensez mais il me semble qu’on prend un peu les hommes pour des idiots. Pourtant c’est un homme qui écrit, je suis perplexe. Et je ne vous ai pas épargné la loooooooongue description avec force détails de la façon de mettre un body à son bébé…

 

Leçon n°2 : éviter d’être macho

Là, ça sent le cliché à plein nez, non ? Effectivement, il y en a un certain nombre dans l’ouvrage, c’est probablement de l’humour mais je n’en suis pas fan (il en faut pour tous les goûts bien entendu). Quelques exemples :

Top 5 des choses à ne pas faire pendant l’accouchement.
1. Analyser le match de foot de la veille avec l’anesthésiste. (…)

« Quoi, il va falloir que je change de voiture ? »

Néanmoins, ce qui me fait dire que c’est probablement humoristique, c’est que d’autres passages, plus développés, montrent que l’auteur considère comme un problème les stéréotypes de genres.

Quel que soit son sexe, chaque enfant est différent et son éducation est un vrai défi au quotidien. (…) Même si les parents font attention à ne pas faire de différence, la société leur renvoie en permanence le stéréotype de la différence des sexes. La meilleure chose à faire est de rester vigilant sur certains choix : les jouets, les livres, les activités, l’orientation scolaire… Retenez aussi que l’image que vous donnez à la maison, notamment dans la répartition des tâches ménagères, est essentielle !

 

Leçon n°3 : trouver sa place, l’assumer et faire attention à soi.

Pendant la grossesse, l’attention est donnée essentiellement à la mère (et le bébé qu’elle porte), après l’accouchement, c’est au tour du bébé d’être surveillé, choyé. Qu’en est-il du père ? J’imagine qu’il peut se sentir souvent exclu. J’ai donc apprécié que l’auteur donne de nombreuses clés au futur père pour trouver sa place et ne pas s’oublier dans le processus.

Il est question, en particulier, des groupes de paroles pour les futurs papas (dont je n’avais pas connaissance personnellement), du baby-blues au masculin, tout ce qu’il est possible de faire pour créer un lien avec son enfant (même quand la mère allaite au sein, argument souvent donné pour dire que les pères sont exclus) ou encore la possibilité de prendre un congé parental. L’auteur évoque l’égalité hommes-femmes dans le monde professionnel, ce que je trouve intéressant.

Le monde professionnel a encore bien des progrès à faire pour reconnaître à sa juste valeur le rôle de papa. Manifester auprès de son employeur le désir de s’investir davantage dans sa vie familiale est souvent interprété comme le signe d’un désinvestissement de son travail. La solution : militer contre l’inégalité professionnelle, qui est tout autant préjudiciable pour les hommes que pour les femmes. Et parvenir à ce que chacun s’épanouisse dans ses différentes vies, tant professionnelle que personnelle.

 

Pour conclure, je ne suis pas sûre de conseiller ce livre (puisque personnellement le ton m’a agacée) mais je ne le déconseille pas non plus car il me semble faire le tour de la question de façon assez complète (même si les parties sont courtes, tous les sujets essentiels sont abordés). Encore une fois, l’avis d’un père ou d’un futur père serait plus pertinent. Messieurs, à vos claviers ! Le livre est disponible à la bibli.

 

Clem la matriochka

 

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7 réflexions sur “Devenir un super papa en trois leçons [Bibli des VI]

  1. J’imagine que le but de l’auteur était de rallier (un certain type de) pères aux questions abordées, en faisant preuve d’humour pour les mettre à l’aise ? Je pense qu’il y a vraiment des futurs pères qui ne mémorisent pas la DPA de leurs enfants – ou qui s’en amusent peut-être, devant les copains, pour se donner un genre détaché, je ne sais pas.
    Mais d’un autre côté, ça n’aide pas à dépasser les clichés, dans un sens comme dans l’autre. Donc faire le postulat que l’homme s’intéresse à la grossesse de sa femme par inadvertance ou juste pour lui faire plaisir, c’est effectivement donner une image du futur père assez frivole et négative.
    Personnellement, je ne suis pas sûre que mon conjoint y aurait trouvé son compte…

    • Oui c’est possible, c’est pour ça que j’aimerais bien connaître l’avis de pères. Il en faut pour tous les goûts, donc c’est sûr que ça parle à certains. Moi je ne suis pas fan du ton mais ça c’est subjectif. Après c’est vrai que les clichés sont un tantinet agaçants… pour les hommes comme pour les femmes d’ailleurs.

  2. Je ne suis pas fan non plus des injonctions faites aux pères d’être présents à tous les RDV médicaux: : à chaque couple d’en décider. On sait aussi très bien que l’implication ne se commande pas . Mais s’ils lisent le bouquin, c’est qu’ils se posent des questions, les guider vers leurs propres réponses me paraîtrait plus pertinent.

    Pour ce qui concerne les stéréotypes de genre, je vais radoter : Y A DU BOULOT !!
    Et en effet sur le lieu de travail aussi .

    • Là dans le bouquin, il n’y avait pas d’injonction à proprement parler pour que le père aille à tous les rendez-vous médicaux. Il conseillait surtout d’aller au premier pour comprendre le déroulement et poser des questions, il évoque le reste pour expliquer ce qui va se passer, sans obligation d’y aller.
      Ah ça les stéréotypes ont la peau dure, c’est clair.

  3. Pingback: Info Août 2014 | EgaliGone

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