ACCOUCHER AUJOURD’HUI EN FRANCE : LE RASAGE DU PUBIS

Une des pratiques courantes de nos chères maternités françaises reste le rasage quasi-systématique du pubis. On entend ici le rasage (et non l’épilation) au rasoir de tout ou partie des poils du maillot sur les femmes enceintes se présentant pour accoucher dans un service de maternité lambda à l’hôpital ou en clinique.

C’est d’ailleurs une des questions qu’on pose à son gynécologue (si on ose) ou sur les forums dédiés. Ainsi, cette primipare qui s’excuse par avance d’aborder ce « sujet dérisoire, désolée » (doctissimo) et qui se lance à poser LA question : est-ce vrai qu’on nous rase la teuch quand on accouche ?

Au vu des quelques forums parcourus, je ne vais pas mentir, cette pratique n’est pas systématique, de nombreuses femmes disent qu’on ne les a pas touchées. Mais visiblement, ça reste quand même très courant, et surtout, (surtout !) on ne sait pas vraiment à l’avance, on n’est pas prévenue, ça reste assez flou, opaque. « Peut-être », « en cas d’épisiotomie seulement » (= probabilité élevée ! cf. les statistiques des maternités françaises), « seulement autour du périnée », « pas tout », etc… voilà les réponses vagues qu’on peut faire aux femmes quand elles osent s’enquérir du sort réservé à leur chère toison.

Alors, dans le doute, beaucoup préfèrent prendre les devants et se rendre chez l’esthéticienne pour un maillot intégral quelques jours avant leur DPA (date prévue d’accouchement). C’est sûr que certains témoignages sur Internet ne donnent vraiment pas envie et font pencher la balance en faveur d’une intervention préméditée chez une professionnelle :

– A la maternité, « ils ne prennent pas toujours la peine d’humidifier la zone avant donc bonjour les micro-coupures ! » Aïe ! (doctissimo)

– « J’imagine qu’ils vont prendre un bon vieux Bic orange bien irritant et pas le dernier Gilette Vénus Vibrance Triple Lame avec sa p’tite bande aloé vera, n’est-ce pas ? »(doctissimo)

 

On constate qu’une grande désinformation règne sur le sujet. En effet, de nombreuses femmes prétendent vigoureusement que c’est au nom de l’Hygiène que cette pratique persiste et qu’elles préfèrent largement cela plutôt que de présenter des poils-caca-beurk :

– « On est rasées et heureusement ! C’est beaucoup plus hygiénique pour les soins après, les pertes etc… » (magicmaman.com)

– « Si pas de poils, ben les éventuelles cochonneries qui s’écoulent (pertes blanches, pertes de sang,… et je parle même pas de tout ce qui sort à l’accouchement) ne restent pas « accrochées » aux poils. » (aufeminin.com) (on note au passage le terme « cochonneries » pour décrire les sécrétions féminines et ce qui sort de l’utérus (y compris le bébé ? et son vernix protecteur ? et le placenta qui l’a alimenté pendant 9 mois ? …).

On sent ici à quel point la réalité du corps féminin, avec ses sécrétions, sa pilosité, son animalité, est niée, cachée, condamnée au point que certaines femmes ne la supportent pas ! La mode du « tout épilé », largement véhiculée par la pornographie qui a besoin de bien visualiser l’organe sexuel féminin, donne effectivement l’impression que c’est propre d’être lisse et imberbe, alors que les poils sont vus comme sales. Or, en réalité, le risque d’infections est multiplié sans la présence des poils. Les poils en général et les poils pubiens en particulier ont bien un but prévu par la nature : protéger un orifice ou un organe des bactéries indésirables qui pourraient venir s’y loger et pénétrer dans l’organisme.

Par ailleurs, on ne parle pas assez de l’inconfort ressenti lors de la repousse de poils coupés avec une lame de rasoir. Les poils repoussent rapidement et drus, parfois en s’incarnant (poils sous peau), ce qui peut devenir particulièrement douloureux sur une suture en cours de cicatrisation… Mais qu’est-ce qu’une légère démangeaison quand on a le bonheur de serrer son bébé contre soi ? Hein ?

 

Les femmes pâtissent vraiment du manque d’informations généralisé sur ce sujet (et sur tout ce qui touche à l’accouchement physiologique). On trouve par exemple des raisons invoquées qui en deviennent cocasses, comme celle-ci :

« Eh oui, ils te rasent sinon comment faire la différence entre la tête de bébé et les poils qui sont déjà là ? »

Heureusement, certaines mères semblent quand même plus au courant et trouvent une répartie rigolote :

« Et si le bébé est chauve, on colore le périnée pour bien faire la différence avec la tête alors ? Lol ! » (doctissimo)

 

Mais en règle générale, (et c’est peut-être le pire), LE conseil qui ressort sur les forums, c’est :

– C’est « un peu gênant, il est vrai, mais on n’est plus à ça près ! » (infobébés.com)

– « Je peux te rassurer que lors de ton accouchement, tu ne te rends pas vraiment compte de cela. » (infobébés.com).

– « En tous cas, je veux dire de ne pas t’inquiéter pour ça », rassure-t-on sur le forum infobébés.com

– « J’y ai eu le droit mais bon, franchement, j’ai pensé à autre chose à ce moment-là, et vu la posture j’étais plus à ça près ! » (infobébés.com)

Donc, en gros, on est déjà suffisamment humiliée, on n’en est plus à rougir d’un coup de rasoir administré par un(e) inconnu(e) sur une partie intime.

En fait, minimiser ainsi la chose, la considérer comme une préoccupation pour ainsi dire puérile et indigne d’une femme sur le point d’enfanter, c’est refuser de reconnaître que c’est bien une pratique (de plus) qui va s’immiscer dans la sphère intime de la parturiente, parfois sans même qu’on daigne la prévenir et d’une manière qui peut la traumatiser à différents degrés. Dans tous les cas, cela s’inscrit dans les pratiques qui sont trop souvent imposées aux femmes et si jamais on ose relever le caractère humiliant de l’acte (sans parler de son inutilité !), on se voit reprocher qu’on n’arrive pas à élever notre esprit pour ce moment d’amour céleste qui va constituer un paroxysme de notre existence (ou qu’on n’est pas docteur ayant fait 12 ans d’études et qu’on ferait bien d’arrêter de se renseigner, faites-nous confiance, ma p’tite dame).

On en arrive à ce genre de témoignages, où les torts du personnel hospitalier sont complètement réduits, voire niés :

– « On m’a rasée au niveau du périnée juste avant d’accoucher avec un rasoir Bic … mais on m’a laissé le reste des poils. J’ai pas du tout eu malla sage-femme était douce mais il se trouve que j’ai un grain de beauté à cet endroit et il a été un peu égratigné et ça m’aun peu brûlée par la suite mais, sinon ça va, on nous enlève juste quelques centimètres carrés de poils. » (magicmaman.com) (c’est moi qui souligne les tournures de phrases destinées à minimiser l’importance de ce qu’elle a subi)

Très officiellement pourtant, pour l’OMS, le rasage du pubis entre dans la catégorie « pratiques à l’évidence nocives ou inefficaces et qu’il convient d’éliminer » pour un accouchement dit « normal » :

– « Lavement et rasage du pubis sont considérés depuis longtemps comme superflus et ne devraient plus être effectués qu’à la demande de la femme. » Source : Les soins liés à un accouchement normal – Guide pratique, publié par l’OMS en 1997 et téléchargeable à cette adresse :http://www.who.int/reproductivehealth/publications/maternal_perinatal_health/MSM_96_24_/fr/

– « Le rasage du pubis (Johnston et Sidall 1922, Kantor et al. 1965) est censé réduire les infections et faciliter la suture mais cela n’est pas prouvé. Les femmes sont gênées lorsque les poils repoussent et le risque d’infection n’est pas réduit. Le rasage systématique pourrait même accroître le risque d’infection par le VIH et le virus de l’hépatite, pour le dispensateur de soins et pour la femme. » Source : Département de Santé et Recherche génésique, OMS, et sur Internet : http://www.doulanaissance.ca/documentations/aspects_acc.html

 

         Alors, comment se fait-il que cette pratique soit toujours d’actualité dans nos contrées ? Les gynécologues-obstétriciens et sages-femmes français ne lisent-ils pas les actualités scientifiques de leur domaine ? Pourquoi de telles absurdités perdurent-elles au vu et au su de tous alors même qu’elles sont décriées par les experts du monde entier ? Les parturientes sont-elles trop honteuses parce qu’il s’agit de leurs organes génitaux ? Ou plutôt parce qu’elles sont déjà dans une posture de soumission extrême face au personnel hospitalier et qu’il est communément admis que ses membres n’ont pas à justifier de leurs protocoles, aussi stupides, bornés et néfastes soient-ils ? Est-il normal que les femmes aient besoin d’aller quémander cette information capitale pour leur corps sur des forums de vulgarisation scientifique réputés peu fiables ? Qu’est-ce que cela sous-entend sur la soi-disant « relation de confiance » qu’elles sont censées entretenir avec le médecin qui suit leur grossesse ? A quand une prise de conscience du grand public sur les méfaits physiques et psychologiques (à court et long terme) des pratiques routinières autour de l’accouchement ?

A ce propos, savez-vous combien de pratiques classées comme « fréquemment utilisées à tort » par l’OMS vous avez eu à subir lors de votre propre accouchement? Venez compter sur mon blog.

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38 réflexions sur “ACCOUCHER AUJOURD’HUI EN FRANCE : LE RASAGE DU PUBIS

  1. Bonjour,
    merci pour votre article, je n’étais pas au courant qu’il s’agissait d’une pratique inutile.
    On m’a rasé les poils du pubis pour mon premier accouchement, et j’avoue que je suis un peu dans les cas que vous décrivez dans votre article : je n’étais pas à ça près.
    Je ne me souviens plus si l’on m’avait fourni une explication, mais sur le moment, je crois que cela m’avait semblé plus pratique en cas d’intervention (ventouse, forceps, épisiotomie, …).
    Je vais poser des questions « bêtes » mais il n’est jamais trop tard pour se renseigner et bien comprendre
    -est-ce que les poils ne pourraient pas se coincer dans la ventouse ? (et faire mal à la maman, ou gêner la ventouse)
    – idem pour les forceps ?
    – est-ce que les poils ne pourraient pas gêner l’épisiotomie ? :
    en cas d’épisiotomie, est-ce qu’il n’est pas obligatoire d’enlever les poils pour recoudre par la suite ? et passer le rasoir juste avant de recoudre me semble compliqué car cela risquerait de couper (encore plus), non ?

    • Il n’y pas de questions bêtes, c’est au contraire très sain de chercher des infos.
      Pour les instruments (ventouse et forceps), ils sont introduits dans le vagin et utilisés à l’intérieur, donc pas dans la zone poilue. La ventouse adhère au crâne du bébé, les forceps viennent se placer de part et d’autre de sa tête, lorsqu’il est encore à l’intérieur (c’est d’ailleurs parce qu’il n’arrive pas à sortir qu’on sort ces instruments).
      L’épisiotomie, c’est une incision de côté qui se fait au niveau du périnée, c’est-à-dire de la peau qui sépare l’entrée du vagin de celle de l’anus. Cette partie du pubis n’est pas d’une part pas toujours poilue, d’autre part, au moment où le risque de déchirure est évalué et on prend la décision de pratiquer l’épisio, cette petite bande de peau est étirée au maximum de sa capacité (on peut aller voir des images sur google) donc les poils ne sont pas aussi touffus qu’en temps normal car la surface est beaucoup plus vaste.
      Il n’est obligatoire de pratiquer le rasage qu’en cas de césarienne car c’est une chirurgie.
      J’ai trouvé ce document destiné aux gynécos et qui détaille l’acte de l’épisiotomie: http://www.uvmaf.org/UE-obstetrique/episiotomie/site/html/cours.pdf
      On y indique que « si nécessaire, l’ébarbage des poils ou une tonte chirurgicale sera préférée plutôt qu’un rasage. » En gros, on coupe, on élague si la dame a vraiment des poils longs.
      Une fois l’épisiotomie pratiquée, il est hors de question de raser en effet. Il faut suturer minutieusement.

  2. Heuuu, attendez, là… Il me semble que vous mélangez un peu tout!
    On ne peut pas recoudre une épisio sur des poils, si celle-ci est pratiquée! (pratique dont le quasi systématisme est aussi contesté d’ailleurs, mais c’est une autre histoire)
    Les points d’épisio sont particulièrement délicats à faire d’une part, et enfermer des poils dedans, c’est l’infection assurée!
    Et il arrive qu’une épisio doive se faire +/- en urgence (ça a été le cas l’ors de la naissance de mon aînée) et donc devoir perdre du temps à raser…

    Par contre, la façon dont ce rasage est pratiqué laisse souvent à désirer, oui.
    Personnellement, il y a 25 ans pour mon aînée, ça n’a été que la zone concernée (quand je lis qu’on pratique un rasage entier du pubis à certaines je n’en reviens pas!!! A quoi ça rime????) mais, oui, à sec et grain de beauté compris – oups, j’ai pris votre grain de beauté avec, a dit l’infirmière… C’est pas grave, je vous mets un peu d’alcool pour désinfecter… (merci, dites!!!!! et aïe, donc!)
    Et je ne me souviens plus du tout si l’ors de mon premier accouchement j’étais au courant de cette pratique… En tout cas, je sais qu’au moment même j’avais oublié ce « petit détail », j’ai donc été prise « par surprise » et on ne m’a pas proposé de le faire moi-même (quoique, avec le gros bidou et en pleines contractions, ça n’aurait pas été de la petite bière… Mais j’aurai apprécié qu’on me laisse le choix, quand même! Ainsi que de l’eau et du savon aussi…)

    Résultat des courses, pour mon 2è accouchement, j’avais pris les devants, parce que, oui, ça pique quand ça repousse et, franchement, on s’en passerait bien…

    • Je remets le lien que j’ai trouvé plus haut: http://www.uvmaf.org/UE-obstetrique/episiotomie/site/html/cours.pdf
      On y indique que « si nécessaire, l’ébarbage des poils ou une tonte chirurgicale sera préférée plutôt qu’un rasage. » En gros, on coupe, on élague si la dame a vraiment des poils longs. Le rasage n’est pas recommandé.

      Je le redis mais le périnée n’est pas forcément poilu et j’ose espérer que le gynéco qui pratique une épisio est suffisamment concentré pour ne pas enfermer de poil à l’intérieur! Comment font les sages-femmes libérales qui pratiquent des accouchements à domicile et qui doivent recoudre une patiente après une déchirure? Bien sûr que c’est possible de recoudre sur des poils, c’est peut-être moins « confortable » pour le médecin mais c’est beaucoup plus respectueux de la femme.

      Vous dites: « il arrive qu’une épisio doive se faire +/- en urgence » et n’est-ce-pas là la seule condition de réalisation de l’épisio, qui n’est censée se pratiquer que lors du moment « critique » de l’étirement périnéal maximal, si la sage-femme ou le gynéco le juge nécessaire? C’est d’ailleurs pour cela qu’on se retrouve avec des taux d’épisio que l’on sait absurdement élevés mais qui montrent à quel point c’est une pratique de confort pour les gynécos français.
      Aïe pour le grain de beauté! Moi, pour mon premier accouchement, j’ai préféré aller chez l’esthéticienne avant car je savais que je n’y couperai pas dans ma maternité. Mais pour le prochain, il est hors de question qu’on touche mes poils (ou qu’on me fasse une épisio, mais c’est une autre histoire)

  3. Je suis pour le moins estomaquée d’apprendre que le rasage pubien est encore pratique courante en France, puisque cela a été abandonné ici depuis plusieurs années, notamment pour les raisons invoquées dans votre billet : risques liées aux petites coupures et poils repoussant les invasions bactériennes.

    Aux mères qui défendent cette pratique que je considère franchement irrespectueuse, je peux témoigner que j’ai eu une épisiotomie « d’urgence » à mon premier accouchement (je suis déjà fâchée de ça parce qu’on m’a avertie, mais pas demandé mon avis… c’est un autre sujet) et qu’en tout cas, aucun problème avec les poils quand j’ai été recousue, guérison sans problème, sans aucune infection, et plutôt rapide. Ce n’est qu’une fausse raison que se donne le personnel hospitalier pour justifier un acte autrement injustifiable. Je trouve que c’est la manifestation d’un mépris du corps de la femme mature, comme si nous étions viles et dégoûtantes d’être pubères alors même que nous nous apprêtons à devenir mères.

    • J’ai vu sur votre blog que vous êtes au Québec: c’est vrai que les mentalités ont un temps d’avance au Canada dans le domaine de la périnatalité. En France, beaucoup de gynécos refusent de changer leurs pratiques malgré les études scientifiques allant contre leurs opinions (par exemple, mon gynéco refusait que j’accouche sur le côté, il m’a imposé la position sur le dos, car sinon, selon lui, ça changeait tous ses gestes et il n’était pas habitué).
      Après, il y a aussi souvent les sages-femmes qui font la préparation à l’accouchement qui conseillent aux femmes une épilation intégrale avant l’accouchement (pour éviter le rasage sauvage!) et du coup, on va dire: « c’est pas la maternité qui a rasé, c’est la femme qui est allée chez l’esthéticienne avant, c’est pas pareil! » mais en fait, c’est du même ordre: on n’accepte pas le corps de la femme tel qu’il est et on rend les femmes honteuses de leur pilosité.

  4. Bonsoir,
    Je suis sage-femme depuis 6 ans et franchement étonnée que le rasage soit une pratique encore « très courante ». Sur les 18 sages-femmes que nous sommes à la maternité où je travaille, 1 le pratique encore, c’est vrai. Et je n’ai vraiment pas souvent vu ça pendant mes études. Il est certain que c’est encore très praticien-dépendant et que les anciennes sages-femmes l’ont appris pendant leurs études (comme l’épisio systématique d’ailleurs). Cela dit, une grande majorité de sages-femmes veillent au respect de la femme et de son corps, et s’appuyent de plus sur des études scientifiques pour valider ou modifier leur pratique. En effet, épisio systématique et rasage n’ont absolument pas lieu d’être. Le rasage ou la tonte des poils avant l’accouchement ne sert donc à …. rien : on peut parfaitement recoudre une déchirure avec des poils autour… D’ailleurs le périnée n’est pas poilu et si vraiment qq poils nous gênent car ils s’immiscent dans la suture alors il suffit de couper les qq indésirables. Vous avez donc parfaitement le droit de refuser de vous raser ou de vous faire raser avant si on vous le demande. C’est comme tout, quand on reste dans le dialogue entre les 2 parties, non agressif et en argumentant sa position, tout passe (sauf avec les gens très obtus, et ça malheureusement il y en a partout).
    C’est article me donne l’occasion de passer un message. C’est vous qui accouchez, ce ne sont pas les professionnels de santé qui vous accouchent. N’hésitez pas à avoir un projet de naissance (pas forcément écrit, mais au moins avoir réfléchi à ce que vous convient et ce qui ne vous convient pas), et à nous en faire part. Nous ne vous connaissons pas, ou si peu quand vous arrivez pour accoucher… Et clairement, défendez vos droits : il s’agit de votre corps et en aucun cas le corps médical ne le possède. Demandez des explications à ce que l’on vous fait, pourquoi, comment. Demandez au personnel qu’il se présente quand il vient vers vous. Exigez qu’on vous respecte et respectez-nous vous aussi en retour…

    • J’aurais bien aimé tomber sur une sage-femme aussi à l’écoute que vous pour mon premier accouchement car franchement, on m’a ri au nez avec mon projet de naissance physiologique et on ne m’a pas du tout encouragée. Une fois que j’ai pris la péridurale, j’ai été prise dans un protocole hospitalier où je n’avais plus mon mot à dire… Où travaillez-vous, si ce n’est pas indiscret? (ville? hôpital public?)
      En tous cas, pour le rasage du pubis, même si je veux bien croire que les mentalités changent et que les sages-femmes ne le font plus aussi souvent, je peux vous confirmer que: 1°) il en reste quand même de nombreuses pour ne pas envisager d’autres possibilités
      2°) quand la question est abordée en cours de préparation à l’accouchement (car les femmes pensent à ce genre de détails en amont), la SF de la prépa conseille d’aller se faire épiler intégralement le maillot deux semaines avant la DPA. Pour beaucoup de femmes, c’est une première et on est d’accord, c’est inutile. Dans le même ordre d’idée, le lavement intestinal n’est plus systématique à l’arrivée à la maternité pour la bonne raison qu’on nous encourage vivement à ingurgiter un Microlax pour se vider avant de nous rendre à l’hôpital (encore un conseil entendu lors de la prépa à l’accouchement)!

      • Ah le Microlax… honnêtement je ne suis pas à la place de mes collègues quand elles font les séances de prépa mais je n’ai pas souvent entendu parlé de ça dans ce sens là. Le sujet est abordé car il paralyse à l’avance un certain nombre de femmes (et je les comprends)… mes collègues et moi prônons plutôt la déculpabilisation, l’humour, parlons de la physiologie pour mieux comprendre ce qui se passe. Cela dit, qq patientes m’ont déjà demandé si elles pouvaient le faire elles-même avant de venir à la maternité. Moi ça m’est bien égal si elles sont plus à l’aise mais je n’irai jamais leur mettre cette idée dans la tête.
        Je pense que toutes ces questions reviennent à ce que je disais en fin de mon 1er commentaire. Il est temps, je trouve, que les femmes se réapproprient leurs corps, leur accouchement et que la médecine les encouragent à le faire : pour plus de physiologie, plus de satisfaction personnelle, et surtout plus de respect ! Le chemin est long j’en suis consciente mais il est possible j’en suis convaincue. Des siècles de paternalisme à combattre, mais de plus en plus de professionnel(le)s ouverts et à l’écoute.

      • Pour mon premier accouchement, je me suis intéressée aux cours de préparation à l’accouchement. J’ai cherché à rédiger un projet de naissance, ce qui m’a poussée à me renseigner sur l’organisation de la maternité où j’allais accoucher. Les sages-femmes les plus âgées, qui dispensent les cours de préparation à l’accouchement et qui parlent de la péridurale comme faisant parti de l’accouchement, ne pratiquent plus d’accouchement aux côtés de leurs collègues plus jeunes… Du coup, les cours se résument à un conditionnement pour accepter le spafond, le microlax, la péridurale, le rasage, l’épisio… Le jour J la réalité est bien différente.

  5. c’est dans la même veine que les « soins » au bébé dès la naissance….mon fils était en pleine forme il tétait dès sa sortie et bien malgré mon refus il me l’ont pris 2 min pour aller l’aspirer car ça fait partie du protocole. j’étais vraiment pas contente sur ce coup là!!!
    + épisio de malade qui a mis 2 mois et demi à cicatriser….
    c’était mon premier (et seul) accouchement, j’étais inexpérimentée et n’avais pas rédigé de projet de naissance avant…

    • Oui exactement, il y a toute une série de protocoles comme ça, on nous demande pas notre avis ou on le fait au nom du principe de précaution même si tout va bien parce qu’ils ont trop peur d’être attaqués en justice…
      moi j’avais rédigé un projet de naissance mais je ne l’ai pas assez défendu, du coup ça n’a pas vraiment servi. mon conseil: prend un RDV spécial avec une sage-femme pour mettre au point ton projet de naissance et le jour J, n’hésite pas à être agressive pour te faire respecter!

  6. Je n’ai jamais posé la question à personne parce que je ne savais même pas que ça se pratiquait! Ma sage-femme ne m’en a jamais parlé et à la maternité non plus! J’aurais appris quelque chose ce soir.

    • ça veut dire qu’on ne t’a pas touchée? as-tu eu une épisio? si ce n’est pas trop indiscret, ton « cas » en intéresserait peut-être certaines qui semblent incrédules.
      en tous cas, tant mieux pour toi et ça prouve que ce n’est pas une pratique « systématique »

      • Moi en tout cas je peux témoigner : on ne m’a pas rasée, je ne me suis pas fait épiler avant, je n’avais jamais entendu que ça se faisait avant de le lire (après mon accouchement) dans les pratiques utilisées à tort listées par l’OMS, ni à la maternité, ni pendant les cours de préparation à l’accouchement.
        J’ai eu une épiso en urgence, pourtant, et visiblement ça n’a posé aucun problème au moment de recoudre.
        J’ai eu la chance d’accoucher à la maternité des Lilas (maternité menacée de fermeture malheureusement et en lutte actuellement), ceci explique peut être cela.

      • Non ce n’est pas indiscret. J’ai eu une petite déchirure mais pas d’épisio. J’ai eu l’accouchement que je souhaitais : pas de péridurale et position assise, non médicalisé au maximum (on a quand même dû le déclencher avec un tampon hormonal au bout de 31h à cause du risque d’infection suite à la perte des eaux, ma fille est née 10h après… on avait essayé toutes les méthodes naturelles dont le tire-lait pour provoquer des contractions…).

  7. Merci beaucoup de cette contribution!! Et bravo pour son succès! Le sujet mérite qu’on s’y attarde et je suis heureuse de tous ces témoignages qu’elle a suscité!

  8. Rien à voir avec l’accouchement mais il y a quelques années j’ai subi une petite opération dans le bas du ventre (une hernie pour tout dire). Au moment de partir en salle d’op, on me demande « au fait, vous vous êtes épilée? ». « Ben non on ne me l’avait pas dit. » Soupir. On regarde vite fait l’étendue de ma toison. Re-soupir. « Bon, on va le faire vite fait, ça vaut mieux ». Et hop, rasage de quelques centimètres. Vous savez quoi? J’ai trouvé ça vraiment humiliant, pas tant le rasage (dont je peux comprendre la nécessité) que la manière dont il s’est fait.

    • J’ai l’impression que les personnels hospitaliers ne se rendent même plus compte qu’ils travaillent avec « de l’humain » comme on dit. Le ressenti des patients est rarement pris en compte et ils ne se gênent pas pour être malpolis ouvertement… Soupirer comme ça, c’est tout à fait déplacé… Mon copain avait dû se faire rasé au niveau de la cuisse pour une opération aussi et l’infirmière était hilare en le rasant… Pareil, ça l’avait mis mal à l’aise.

  9. En tant que sage-femme, je ne peux que vous conseiller une chose : renseignez-vous bien sur la maternité où vous voulez accoucher. Une maternité de niveau 3 (tous les CHU et quelques CH) est spécialisée dans la pathologie : la prise en charge y est donc souvent (très) médicalisée même si des efforts sont faits dans un certain nombre d’endroits pour avoir des salles « nature ». Les niveaux 2 ou 1 sont plus centrés sur la physiologie puisqu’ils ne peuvent accueillir toutes les grossesses pathologiques (cela dépend du terme et de la gravité de la pathologie de la mère ou du bébé à venir). Par exemple les niveaux 2 accueillent les femmes qui accouchent dès 32 à 34 SA alors qu’une maternité de niveau 1 accueille les femmes à terme (à partir donc de 37 SA). Vous avez plus de chances dans ces maternités de trouver du personnel et un environnement « familial », où les pratiques sont moins protocolisées, plus individualisées.
    Cela étant le respect de l’autre en général, du corps de la femme en particulier devrait être universel, peut importe le niveau de la maternité évidemment.
    Ce qui nous convient ou pas, nous l’avons vu est très personne-dépendant.
    Et puis, encore une fois, n’hésitez pas à demander des explications à ce que l’on vous fait, dire combien c’est important pour vous de savoir ce qui se passe. Décrivez-nous ce que vous ressentez (dans le corps et la tête), vos peurs, ce qui vous soulage ou pas…. cela nous permettra de mieux vous connaître et de nous adapter – autant que faire se peut, c’est-à-dire en fonction de la situation médicale, de l’évolution du travail et aussi, malheureusement, de notre charge de travail.
    En vous souhaitant des accouchements qui vous satisfassent (même s’ils ne correspondent pas forcément à vos idéaux) et de belles rencontres avec vos bébés…

  10. pour ma part, je n’ai pas eu à subir cela… Sans même parler de la dangerosité de l’acte, restons pragmatique comme le sont les gérants des hôpitaux : dans un monde où on traque la moindre économie, il est bizarre que des gestes inutiles subsistent !

    • Oui, c’est une manière de voir les choses: l’angle économique. Par exemple, au Royaume-Uni, après un rapide calcul, le gouvernement a compris qu’un accouchement à domicile ou en maison de naissance coûtait nettement moins cher à la société qu’un accouchement à l’hôpital. D’où des campagnes pour favoriser le suivi de grossesse par une sage-femme et accoucher hors de l’hôpital quand la grossesse est normale.

  11. oui, c’est vrai qu’il est primordial, à quelques heures de donner la vie, de se préoccuper de la manière de présenter sa vulve à son gynéco (ticket de métro? intégral? qu’est-ce qui lui plairait le plus?)

  12. Pingback: Retour sur …. la dénonciation des violences médicales via le hashtag #Payetonuterus [GUEST] | Les Vendredis Intellos

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  14. Bonjour,
    Je vais subir une cœlioscopie bientôt, et idem, l’infirmière m’a dit qu’elle me conseillait de m’épiler le pubis avant parce qu’ils le feraient au rasoir sinon.
    J’ai voulu discuter mais ma mère m’en a empêché. Elle trouve cela ridicule d’argumenter sur cela et risquer de se mettre le personnel soignant à dos pour « ça ».
    J’ai appelé le secrétariat aujourd’hui pour vérifier, c’était encore pire. L’infirmière l’a confirmé que pour tout intervention dans la zone du bas ventre, c’était le rasage systématique (alors que, je tiens à insister : cœlioscopie ! personne ne va toucher mon appareil génital …) et elle même me conseillait le rasage intégral, jambes, aisselles et même ventre si j’avais des poils dessus.
    WHAT. THE. F… !!!!!
    C’est décidé, après mon opération, je saisis la commission des relations avec les usagers et de la qualité de la prise en charge et je vais leur dire ce que j’en pense. Je ne donnerai aucun nom, je ne mettrai aucun service dans l’embarras, mais c’est à eux de faire leur boulot, pas aux femmes de se sentir gênées, humiliées ou bien contraintes !

    • c’est tout simplement aberrant qu’on exige un rasage du pubis pour cette opération: la coelioscopie se pratique par le nombril!! vous avez raison de ne pas vs laisser faire et de refuser qu’on minimise cet acte intrusif et inutile! c’est dingue qu’on n’ait aucun recours ds des cas pareils! ne pouvez-vous pas demander à signer une sorte de « décharge » qui stipulerait que vs acceptez les « risques » qui découlent d’une non-épilation?? on veut bien être tenus au courant de la suite en tous cas

  15. Après ce rasage lors de mon accouchement, je n’avais d’ailleurs pas été prévenue, les poils ont repoussé très clairsemés sur le mont de Vénus. J’ai fini par les raser complètement car c’était pas terrible.

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