Apprendre à vivre les émotions {mini-débriefing}

Les émotions… Je suis l’exemple parfait de l’être humain par excellence qui ne sait pas les gérer.
Enfin les « gérer », je n’aime pas ce mot. On ne gère pas ses émotions comme une entreprise.
On apprend à bien les vivres, à les exprimer, à les laisser passer, à les accepter, à les sentir venir, à éviter qu’elles n’explosent à notre visage et surtout à celui des autres. Quel adulte parvient à faire tout cela ? Ne nous laissons-nous pas emporter souvent par des accès de colère, une tristesse inexpliquée ? Mais aussi des émotions on ne peut plus positives et tout aussi surprenantes. N’en sommes-nous pas alors exaltés, tant et si bien qu’ils nous arrivent à avoir du mal à trouver le sommeil ?

Si vous répondez « oui » à toutes ces questions ou presque, alors vous comprendrez que lorsque l’on demande à un enfant de gérer ses émotions, c’est-à-dire souvent pour un adulte de les minimiser, de les exprimer moins fortement voire de les refouler et les nier, il peut paraître tout à fait normal qu’il n’y parvienne pas ?

Pourtant, comme nous explique Sandrine S comme C, qui nous parle de comment les enfants réussissent, les émotions peuvent prendre le pas sur la part intellectuelle disponible et compliquer certaines acquisitions notamment à l’école. Il est donc indispensable d’aider l’enfant dans ses émotions, surtout dans la douceur, et non pas dans la contrainte ou le jugement. Combien d’entre nous avons entendu des « tu es vilaine quand tu pleures », « je ne veux pas de colère compris ? sinon on rentre à la maison ! ». Si on ne sait pas toujours aider à vivre les émotions, la base, il me semble, est dans un premier temps de ne pas les stigmatiser. Décrire, accueillir, c’est déjà pas mal.

Mettre des mots sur les émotions et les nommer, c’est ce que nous pouvons faire en tant qu’adultes pour aider nos chères petits tête blondes à avoir les outils pour comprendre leurs émotions mais surtout les dire. Utiliser les mots plutôt que les gestes, dire les mots pour qu’elles soient comprises par l’autre et entendues. Un travail qui nous pousse, nous, les parents, à travailler sur nos propres émotions qui peuvent pousser à la violence éducative. Laura debout Ludo nous parle de comment faire sans fessée. Même si l’on déteste la violence, parfois, sous un coup de colère, un tape, une gifle peut partir. Cela peut arriver. Quand elle est une règle dans l’éducation, elle soulage le parent, ni plus ni moins. Elle les soulage de quoi ? De leur colère, frustration, émotions non exprimées ressenties durant l’enfance et qui s’invitent lorsque l’enfant ne cède pas à l’ordre et que l’adulte se retrouve dépourvu. Comme on peut lire dans le livret que Laura debout Ludo propose de télécharger, « Alice Miller disait qu’en chacun
de nous se trouve une pièce où sont enfermés tous nos vieux monstres (toutes
nos blessures d’enfant), et elle ajoutait que seuls nos enfants détiennent la clé
de cet endroit terrifiant ». A lire, et faire lire. Plutôt deux fois qu’une. Je reste convaincue qu’il n’y a pas de mauvais parents : il n’y a que des enfants que l’on a mal aimé.

Et pour ceux ou celles qui sont sceptiques face à ce message du « zéro fessée pour aimer » que l’on essaie de diffuser, Christine Klein – que l’on est heureuse d’accueillir aux Vendredis Intellos – nous fait part des avancées de la neuroscience sur ce qui se passe dans le cerveau de nos enfants à travers l’ouvrage du Dr Guegen dans sa participation Neurosciences et éducation avec le Dr Gueguen. Passionnant, et tout à fait probant.

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