Sans fessée comment faire ?

Le 30 avril, c’est la journée de la non-violence éducative. A cette occasion, je suis tombée sur un livret très bien fait écrit par Catherine Dumonteil-Kremer, illustré par Elsa Pastor et intitulé « Sans fessée comment faire ? »

Voici un petit livret très bien écrit et très bien illustré sur le sujet de la fessée et plus largement de la violence faite aux enfants (à télécharger à la fin de l’article).

La violence envers les enfants, ce ne sont pas QUE les actes de maltraitance grave : privations diverses, coups répétés, abus sexuels et j’en passe. La fessée, la gifle, la tape sur la main, même de façon occasionnelle, même « pas fort », c’est aussi de la violence.

Le but de ce livret n’est pas de culpabiliser les parents ou éducateurs qui auraient un jour ou l’autre levé la main sur leur enfant (souvent d’ailleurs sous le coup de la colère ou de la fatigue). Il ne nie pas la difficulté d’élever un enfant et de l’accompagner au quotidien. Il propose juste une autre manière, apaisée, réfléchie et non-violente, de gérer les besoins de l’enfant, d’éviter ou de résoudre les conflits, et au final, de vivre en famille harmonieusement.
Pas de jugement, pas de ton moralisateur, pas de statistiques effrayantes, c’est un livret plein de bienveillance et de conseils. :)

Voici un petit extrait pour vous donner envie :

Notre enfant en grandissant nous pose beaucoup de défis, et nous sommes quelquefois surpris par nos réactions qui ne correspondent pas à ce que nous aurions souhaité. Sous l’emprise de la colère, il arrive que nous les frappions, que nous les punissions, que nous leur fassions peur. Nous savons aujourd’hui que la peur n’est pas un moteur efficace pour l’apprentissage, bien au contraire, effrayé, un enfant est sidéré et il ne peut pas comprendre ce que l’on attend de lui.

Mon point de vue sur la fessée

Je suis totalement d’accord avec les idées énoncées dans ce livret. Mais, j’ai moi-même été une partisane du « Une ou deux fessée, ça n’a jamais tué personne » :$
J’ai donc envie de rajouter quelques points qui ne sont pas dans ce livret, et qui m’ont fait prendre conscience qu’éduquer en utilisant la violence, à quelque moment que ce soit et sous n’importe quelle forme, est une erreur contre-productive.

Je pense que nous sommes tous d’accord pour dire que pour être un bon éducateur, il faut rester juste, cohérent et constant dans ses décisions. (j’ai pas dit que c’était facile, hein ! ;) )
Et bien voici quelques incohérences auxquelles on se heurte si on frappe un enfant.

  • Le droit français interdit à un homme de gifler sa femme (et réciproquement). C’est une faute en cas de divorce, et un conjoint violent est considéré par la majorité des gens comme « mauvais ». Mais le même geste porté à un enfant qui n’a pas les moyens de se défendre, ni de porter plainte, ni de quitter le foyer n’est pas répréhensible.
  • A peu près tous les éducateurs, profs et parents apprennent très tôt aux enfants que « frapper les autres, c’est mal ». Donc en frappant un enfant, les adultes se comportent mal (et l’excuse « oui, mais l’enfant s’est mal comporté » n’arrange pas les choses). Le comble (et j’y ai déjà assisté) c’est de mettre une claque à un enfant parce qu’il en a tapé un autre. Là, c’est carrément absurde.
    L’enfant en retiendra : soit que les adultes ont plus de droits que lui (ou des droits SUR lui), soit que c’est le plus fort qui gagne. Dans un cas comme dans l’autre, il ne va pas écouter bien longtemps ce que lui dit l’adulte qui l’a frappé.
  • La phrase qu’on entend le plus souvent quand on parle de l’interdiction de la fessée (et que je disais encore il y a quelques années) c’est : « J’ai reçu 2 ou 3 fessées quand j’étais petit.e, j’en suis pas mort.e ». Alors non, la fessée occasionnelle ne tue pas et heureusement. Mais est-ce que honnêtement ça a une quelconque valeur éducative ? Est-ce que ça empêche l’enfant de recommencer sa bêtise ? Est-ce que ça lui apprend quelque chose d’utile ? NON.
  • Et pour finir, si gifler, fesser ou taper les enfants donnait des résultats, les trois-quarts des enfants français seraient de vrais petits anges ! ;)

Je vous invite donc à télécharger, lire et diffuser ce petit livret et bien sûr à faire part de vos remarques dans les commentaires !

« Sans fessée comment faire ? » est écrit par Catherine Dumonteil-Kremer et illustré avec brio par Elsa Pastor :

Télécharger le livret « Sans fessée comment faire ? »

Pour d’autres ressources sur l’éducation non-violente, rendez-vous sur le site La maison de l’enfant.

Par Laura de Debout Ludo, le blog ! le jeu au service du développement de l’enfant de maternelle

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15 réflexions sur “Sans fessée comment faire ?

  1. Bonjour LauradeboutLudo
    Pour info, il existe bel et bien un texte de loi qui réprimande les violences physiques faites à un enfant : « les violences volontaires sur mineurs sont réprimées par le Code pénal : article 222-13 réprimant les violences volontaires avec ITT [ndlr: Incapacité Totale de Travail] inférieure ou égale à huit jours ou n’ayant entraîné aucune ITT commises sur les mineurs de 15 ans par un ascendant (5 ans d’emprisonnement, 75000 euros d’amende). » On en avait parlé sur les Vi dans un guest intitulé « Faut-il une loi pour interdire la fessée ? » https://lesvendredisintellos.com/2013/09/05/retour-sur-faut-il-une-loi-pour-interdire-la-fessee-guest/
    La fessée, c’est un thème récurrent sur les VI ! Il y a même plusieurs articles intitulés comme le tien… Pour en savoir plus, c’est ici :
    https://lesvendredisintellos.com/?s=fessée

    • Bonjour Miliochka,

      Je me suis peut-être mal exprimée. Je sais bien que la violence faite aux enfants est interdite (et heureusement). Mais comme tu le soulignes, ce ne sont que les violences entrainant des ITT qui sont réprimées, pas la violence ordinaire.

      Dans la rue, si un homme met une gifle à sa femme, il y aura plusieurs personnes pour s’interposer ou être choqué. Si un homme met une gifle à un enfant, il y aura beaucoup moins de réactions. Alors que, pour moi c’est bien plus grave d’avoir un geste violent envers un plus faible. [Que l’on considère que la femme est plus faible que l’homme ou pas est un autre débat, mais même si l’on considère que oui, ça reste incohérent de frapper un enfant].

      Je sais que la fessée est un thème récurrent des VI, j’ai même déjà lu plusieurs de ces articles ! Mais je n’avais pas remarqué qu’il y en avait avec le même titre d’article que celui-ci, zut !
      J’ai juste repris le titre du livret de Catherine Dumonteil-Kremer.

      J’espère avoir quand même alimenté un peu le débat, même avec un thème vu et revu. :)

      • oui oui bien sûr que tu alimentes le débat ! Et même sur un thème vu et revu, il est toujours intéressant de multiplier les points de vue, c’est même le propre des VI ;-)
        Je voulais juste dire que la croyance selon laquelle la loi n’interdit pas la fessée n’est pas fondée… D’ailleurs pour la violence conjugale, il s’agit aussi de violence ayant entraînée des ITT, pas de différence donc entre violence faite à une femme et celle faite à un enfant, du moins au regard de ce que dit la loi.
        http://stop-violences-femmes.gouv.fr/IMG/pdf/Violences_au_sein_du_couple_Les_principales_infractions_et_les_peines_encourues.pdf
        La différence réside plutôt, comme tu le soulignes, dans le regard que porte la société…

        • je rajoute un petit point concernant le regard de la société, ce que j’ai constaté dans ma vie de tous les jours, une femme qui se reçoit une gifle de son mari, avec une mini trace sur sa joue aura de son médecin des itt lui permettant de porter plainte et ainsi se protéger en cas de litige lors de la séparation, un enfant…. on l’écoutera même pas, même mieux on lui rappelera bien que c’est lui le fautif, que c’est à cause de lui qu’il s’est fait frappé (ben oui mais tu as fait « ça »)…

      • Bonjour, merci pour cet article car il est tellement ancré dans notre société que la violence est « quasi normale »…que la dénoncer ce n’est jamais trop. Je dis que la violence est partout, à chaque coin de rue, sur les enfants, les adultes, les animaux…que certains ne s’en retournent meme pas et c’est cela le plus choquant. Une femme est morte (hier je crois) dans le RER bousculée par les autres [je l’ai vécu personnellement alors que j’étais enceinte], une fille se fait violer dans le métro sans AUCUNE réaction des passants, les gens qui se tapent dessus lors des soldes…les films, les jeux vidéos où il faut conquérir, piller, tuer… Bon j’en passe…bref, la violence fait partie des meubles…donc NON, le thème n’est pas épuisé ! Et il est toujours bon d’avoir des conseils, des outils… car ce n’est pas facile d’élever un enfant… on est tous faibles, fatigués, un moment ou à un autre !

      • Sur internet, les infos ne durent guère dans le temps! Chaque contribution est l’occasion de remettre sur le tapis des billets plus anciens, et c’est tant mieux car tout cela contribue à faire vivre l’ensemble! Merci de ta contribution!

  2. « Et pour finir, si gifler, fesser ou taper les enfants donnait des résultats, les trois-quarts des enfants français seraient de vrais petits anges ! ;) » I love it ! Je la retiens celle-ci !

  3. Pingback: Apprendre à vivre les émotions {mini-débriefing} | Les Vendredis Intellos

  4. Effectivement, si cela marchait on devrait déjà être témoins d’une civilisation presque parfaite et « bien » éduquée vu le temps depuis qu’on frappe les enfants.

  5. Pingback: Sans fessée comment faire ? |

  6. Pingback: Il faut donner la fessée à Vallaud-Belkacem |

  7. Pingback: Sans fessée comment faire ? - Debout Ludo, le blog !

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