Mères au foyer, Mompreneuses, Working Mums, toutes les mères d’aujourd’hui semblent épuisées.

Est-ce parce que le sujet est moins tabou et que les femmes osent le dire ou est-ce parce que réellement, le quotidien des mamans du 21ème est plus harassant que celui de nos aînées ?

Je suis maman de 3 enfants comme l’était ma propre mère. Nos parcours de maman sont similaires. 2 aînés rapprochés de 18 mois d’écart (même moins entre ma soeur et moi), puis un petit dernier quelques années plus tard. Contrairement à moi, ma maman ne s’est jamais arrêtée de travailler. Mais elle était institutrice alors elle était tout de même très présente. Pour ma part, j’ai juste choisi de réduire mon activité et de travailler de chez moi, tout en permettant à mon tout-petit d’éviter la collectivité de 0 à 2 ans 1/2.

Depuis que je ne suis plus salariée, mes enfants ont donc à peu près le rythme de vie que j’avais enfant.

Ma mère avait un lave-vaisselle, un lave-linge et un sèche-linge. Tout comme moi.

Il y a 1 génération de cela, ma mère était tout autant épuisée que moi aujourd’hui. Elle aussi criait dans le vide. Elle aussi subissait les mêmes tâches répétitives dont parle Vaallos dans son billet. Et bien plus consciencieuse que moi, elle repassait tout et faisait plus souvent le ménage. La différence est qu’elle n’avait pas les réseaux sociaux ou un blog pour le crier haut et fort.

« Le travail de maman est un éternel recommencement de chaque tâche. Elle lave, nettoie. Tout est sali de nouveau quelques minutes plus tard, privant la maman de ce sentiment d’accomplissement qui donne sens au travail et énergie. » (Il n’y a pas de parent parfait, Filliozat)

Contrairement à moi, ma mère avait sa mère et sa belle-mère à proximité, en cas de besoin. Elles n’étaient plus actives et disponibles. Pourtant, ma mère faisait peu appel à elles car, mes grands-pères étant décédés, elles étaient seules et sans moyens de transports.

Comme le fait remarquer Kiki The Mum dans son article, nous sommes de plus en plus nombreux à être éloignés géographiquement de nos parents, de plus, à l’heure où nous devenons nous même parents, les nôtres sont encore dans la vie active. Et quand ils n’y sont plus, ils ont une vie sociale tellement riche qu’elle leur laisse peu de temps pour leurs petits enfants.

« Faute d’avoir nos parents près de nous, on endosse TOUT. Boulot, maison, éducation. Sans sas de respiration. »

Parfois, quand les parents ne sont pas éloignés géographiquement, ils peuvent l’être par leurs idées en matière d’éducation et un fossé peut se creuser.

« Lorsque les grands-parents, trop rigides, assènent à leurs enfants des “tu devrais faire comme ci ou comme ça”, une certaine distance s’installe. » (Nathalie Isoré, directrice de l’accueil des familles à l’École des parents et des éducateurs, à Paris)

Alors que notre génération a parfois été élevée au martinet, aujourd’hui, la part de parents voulant une éducation différente, bienveillante et sans fessée est grandissante.

Les mères d’aujourd’hui se retrouvent tiraillées entre différents sentiments, avec toujours plus de culpabilité …

Pour avoir été une maman qui travaille avec 2 enfants rapprochés en bas âge pendant 7 ans, puis une maman à la maison (qui travaille comme elle peut et à son rythme) de 3 enfants, avec des grands-parents très éloignés, je sais que les working mums culpabilisent souvent de laisser leurs enfants autant de temps en collectivité et envient les mères au foyer, alors que les mères au foyer rêvent d’avoir un du temps hors de la maison et des tâches du quotidien pour souffler.

Dans la tête, c’est une lutte perpétuelle.

Comme le fait remarquer Vaallos, en tant que maman, on se demande souvent où est le bouton « pause », quand la répétition cessera ou quand seront les vacances. Je finirai presque par comprendre les parents qui partent sans leurs enfants … Sauf que je culpabiliserai.

Quand je me sens épuisée, au bout du rouleau, au bord de l’explosion, je pense à ma belle-mère qui a élevé 4 enfants, en travaillant, sans lave-vaisselle, sèche-linge ni même lave-linge, mais surtout j’ose demander de l’aide à mon mari, même si je l’avoue, je vis cela comme un échec.

En tout cas, je ne culpabilise plus quand je demande à commander des pizzas, sans aucune envie de cuisiner.

Aussi, je n’hésite plus à m’octroyer 1 soirée entre copines par mois pour m’aérer la tête, depuis que je ne suis plus salariée et que je n’ai plus de collègues à qui parler.