les écueils des techniques de communication non-violentes

C’est le titre d’un des articles de daliborka Milovanivic et victorine Meyers publiés dans le dossier consacré à la violence éducative ordinaire du dernier numéro du magazine grandir autrement paru ce mois-ci et je dois dire que je suis plutot contente de cet article car cela faisait quelques temps que j’essayais d’écrire un sujet dans la meme veine mais que je n’arrivais pas à formuler .

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Pour commencer l’article décrit la situation ,à savoir le fait que depuis plusieurs décennies les méthodes d’éducation non violentes  se multiplient , ce qui je crois avant tout est une bonne chose dans le fond car cela signifie que les parents sont de plus en plus nombreux à chercher à élever leur enfants avec respect .

« Ces méthodes sont ,pour la plupart , dérivées de méthode initialement conçues pour les adultes et dont on a transposé les concepts et les outils aux relations parents-enfants . Elles se fondent toutes peu ou prou sur le présupposé que nous ne savons pas communiquer (…) et semblent avoir pour but principal d’éviter tout conflit . Il s’agit dès lors d’apprendre à communiquer efficacement , l’agression verbale , le jugement de valeur , l’accusation et autres procédés blessants étant considérés ,à juste titre , comme infructueux . « 

L’idée est séduisante pour les parents et ceux-ci sont donc très interessés par ces méthodes .Ils achètent les livres , se rendent aux ateliers de parentalité positive , bien souvent dans un but précis :

« Régulièrement , l’enjeu principal est de se faire obéir ou d’obtenir ce qu’on veut ;de régler le conflit en sa faveur mais autrement qu’à coup de punition, de chantage ou de fessée . »

Ainsi , les auteures se posent cette question fondamentale à mon sens :

« Et si la violence résidait en fait dans la situation meme (un adulte veut imposer sa volonté à un enfant ) et pas seulement dans la façon dont elle est gérée ? Et si la violence n’était pas dans la forme mais dans le fond ? « 

Pour étayer leur idée , elles prennent comme exemple la technique « des choix  » , bien connues dans ces méthodes , et nous expliquent en quoi ce choix que l’on offre à nos enfants , n’est en fait qu’une manipulation déguisée , puisque c’est un faux choix , donné dans le but d’obtenir ce que l’on souhaite de notre enfant (« quel manteau tu préfères ?le jaune ou le bleu ?  » à un enfant qui refuse de mettre un manteau dans le but de le faire enfiler son manteau de toutes manière ).

« …En effet , il s’agit d’emmener un enfant quelque part ou il a clairement exprimé ne pas vouloir se rendre pour des raisons tout aussi valables et sérieuses que celles qui motivent le parent : l’y emmener et lui faire croire qu’il a le choix (….) Les adultes disposent de moyens intellectuels pour mettre au jour la manipulation et la combattre . En revanche , les enfants sont trop immatures pour la dénoncer alors meme qu’ils sont parfaitement capables de la percevoir . « 

On voit donc qu’il y a clairement malaise , que si l’on en reste à l’utilisation d’outils véhiculés par la parole , superficiels en somme , nous n’agissons donc qu’en surface contre la violence éducative ordinaire . Les auteures posent donc ces questions qui changent tout :

« Est on pret à ne pas obtenir de résultat , à ne pas etre efficace mais simplement bienveillant ? Est on pret à négocier , voire à céder ,à revoir ses besoins pour prendre en compte ceux de son enfant ? Plutot que de « faire autrement  » , est on pret à « ne pas faire  » pour simplement etre dans l’acceptation ? « .

Les auteures concluent ensuite que les enfants ne sont certainement pas dupes de la violence sous-jacente , et, je les rejoins également sur ce point, que les parents se rendent bien souvent compte du piège en évoluant dans leur réflexion .

En effet , à ce moment là de mon cheminement à travers la parentalité , je suis d’accord avec le fait que ces méthodes offrent des outils et des techniques qui peuvent nous leurrer si nous restons dans l’objectif d’obtenir l’obéissance de nos enfants .

Mais je souhaiterais rajouter que je crois que ces méthodes sont bien souvent la porte d’entrée vers la bienveillance et la non-violence de bon nombres de parents , les premiers pas vers d’autres niveaux de réflexion et de compréhension , vers une parentalité consciente .Il faut bien garder à l’esprit que ces habiletés ne constituent qu’une partie du travail à accomplir et de la route à faire .Aujourd’hui , d’autres auteurs décrivent l’éducation respectueuse dans sa globalité , j’en parle dans mon blog , venez me suivre sur mon chemin : http://bienveillante.canalblog.com/archives/2014/03/06/29374398.html .

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36 réflexions sur “les écueils des techniques de communication non-violentes

  1. Cet article me parle +++. Oui, souvent, CNV et autres techniques du même genre virent presque immanquablement à la manipulation.
    SI on est individuellement prêt à céder sur de petites choses (ok, tu ne mets pas ton manteau alors qu’il fait -° et j’assume que si tu tombes malade il va falloir en accepter, toi comme moi, les conséquences), c’est souvent plus compliqué :
    1/ en présence de tiers très réprobateurs (au hasard : belle-maman, la maîtresse, qui menace d’un signalement si « ce pauvre gosse » ne vient pas « correctement couvert »)
    2/ en cas de vrai danger immédiat (non, je ne peux pas te laisser traverser le bd Saint-Michel en courant), ou en cas de situation médicale délicate (je comprends que tu refuses cet immonde antibiotique goût banane pourrie, MAIS tu as une bronchite aggravée).
    Dans les cas de vrai danger, d’ailleurs, on peut tenter la manipulation parce qu’elle semble moins violente que la contrainte, mais c’est de la manipulation quoi qu’il en soit et donc une certaine dose de violence. Quant à la contrainte, elle est vraiment difficile à instaurer. On l’attache ? On l’enchaîne dans sa poussette ? On s’y met à quatre pour le médoc ?
    Souvent, nous, parents, sommes vraiment démunis, non ?

  2. Bonjour, merci pour cet article.
    Moi aussi j’ai dû mal avec ma conscience, quand je sais que je manipule. Mais d’un autre côté, il y a des choses sur lesquelles il m’est impossible de céder…lorsque la sécurité sur le court terme (donner la main pour traverser la route) ou le long terme (apprendre à ne pas manger toutes les heures par exemple) est en jeu.
    POur le reste, c’est un peu plus facile de céder, je l’accorde. Oui mais pas trop…parce que le parent ne doit pas non plus devenir « la bonne à tout faire »…Bref, il faut bien parfois mettre les limites. Mais que c’est difficile ! bref, je suis toujours en quête de bonnes astuces pour ménager tout le monde.

  3. Il faudrait aussi peut être arrêter de tout analyser, oui on met un manteau quand il fait froid, oui on laisse le « faux » choix du rouge ou du bleu, faut il avoir honte de faire subir « cette violence » pour avoir voulu éviter le conflit, les larmes, les cris et la contention dans le but d’assurer un besoin primaire (maintient du corps au chaud) tout ça avec le petit frère qui réclame son doudou, ses clefs de voiture perdues et les 5 mn de retard à l’école avec le cahier de correspondance non signé???

    Arrêtons de culpabiliser pour n’importe quoi!!!

    Nous ne faisons pas subir de la violence à nos enfants en les obligeant à mettre un manteau, à prendre un médicament ou à varier son alimentation ou à aller se coucher tôt !! Même avec de petites astuces comme celle ci!! Cherchez bien, on fait pareil avec nos conjoints, nos enfants vont de même avec nous.

    Des milliers d’enfants dans le monde n’ont personne pour les obliger à se couvrir et n’ont pas même de médicaments pour se soigner…Rencontrer ces enfants là fait tout de même relativiser les choses…

    • le but d’écrire un article suite à une lecture est justement d’en tirer une analyse donc ….et il me semble complètement oportun d’etre capable de tirer une réflexion et une critique constructive d’un phénomène aussi important dans l’éducation que l’émergence des techniques de cnv .ça ne veut pas dire qu’il faille ne faire que ça de sa journée , mais bon à ce moment là si on vous suis on ne réfléchit plus à rien parcequ’il ya pire ailleurs , nivelons par le bas alors .
      de plus , il n’est pas question de culpabiliser ici . il me semble que vous n’avez pas lu ou pas compris l’article , il n’est dit , écrit ou sous-entendu à aucun moment que faire prendre un médicament ou mettre un manteau à un enfant était une violence , ce qui peut etre une violence serait de le manipuler pour lui faire croire qu’il a le choix de ne pas accepter alors qu’en fait il ne l’a pas . la manipulation est une violence , pour les adultes et aussi pour les enfants .
      cet article est une réflexion , savoir comment faire autrement et si c’est applicable au quoitidien est encore autre chose , ça n’empeche pas de réfléchir à ce qu’on fait ….

      • La « manipulation » du manteau est elle si violente que ça? chaque limite imposée à l’enfant est elle une violence? que cherche l’enfant en refusant de mettre le manteau ? est il sécurisé par le fait d’avoir le choix ou bien par l’encadrement d’un parent solide qui affirme les mêmes choses jour après jour?
        Bien évidemment je ne fais pas l’apologie de l’autorité aveugle et de l’obéissance sans autre finalité.

        Je ne parle pas de niveler par le bas, mais de relativiser et d’arrêter de faire aux croire aux parents que certaines limites ou choses imposées à l’enfant sont violentes.

        L’enfant sait qu’il doit mettre son manteau, l’adulte propose un choix qui n’en ait pas un, mais c’est une perche que l’enfant peut saisir pour ne pas aller au conflit, ce genre de choses se pratique à l’échelle de la famille, du travail, des pays…

        • ce qui est dit c’est que le risque de fonctionner comme ça en utilisant ces méthodes dans le seul but de se faire obéir de son enfant , c’est que sous couvert d’éviter les conflits , il peut y avoir une autre forme de violence derrière , peut etre le manque d’authenticité ou d’empathie du parent ….et que c’est perçut par l’enfant . alors bien sur l’utilisation ponctuelle et réfléchie est tout à fait adéquate je crois et je pratique , mais ça me semble quand meme interessant de réfléchir à ce risque , tout en relativisant bien sur

    • pareil pour moi…il y a des choses non négociables et laisser un faux choix permet à l’enfant de ne pas perdre la face et de pouvoir faire « son » choix même si il n’est pas dupe.
      Bienveillant oui mais les règles sont posées par les parents, sinon la vie de famille devient invivable (ou alors il faudrait vivre hors de la société dans un bois…)
      ex : l’enfant ne veut pas se coucher car évidement il y a trop de choses intéressantes à faire à la place…vous le laissez se coucher quand il veut? et le lendemain les conséquences pour vous et pour lui ne seront pas bien agréables….
      Se faire écouter et expliquer les choses oui, céder sur le non essentiel (comme la couleur des chaussettes) oui, laisser faire selon les volontés de l’enfant sur tout : non.

  4. Excellent article! À mon avis, le message essentiel est qu’on ne doit jamais se croire bon parent (ou meilleur parent que celui qui crie ou autre) et que se remettre en question en permanence est probablement le plus difficile mais aussi le meilleur pour sa famille!

    • tout a fait , en fait comme pour tout dans la vie , partir du principe qu’on a toujours à apprendre et se questionner

  5. Je suis très étonnée de lire cet article qui, pour moi, ne reflète pas la CNV. Parler en CNV ça n’est absolument pas imposer son autorité avec plus de rondeurs. C’est dire à l’enfant qui est en face quel est notre besoin qui n’est pas assouvi, si le problème nous appartient.

    Dans l’exemple du manteau, quel est ton besoin ? Etre un bon parent ? T’assurer que ton enfant sera en bonne santé ? Assumer ta responsabilité de parent quand à la santé de ton enfant ? Etre une bonne mère aux yeux de la maîtresse ?…
    Je crois que si tu cherches le besoin que tu as derrière les situations de la vie quotidienne, tu trouves si le problème est « objectif et défendable » face à ton enfant, et donc plutôt facile à exprimer finalement, ou s’il est le reflet de quelque chose de plus profond, qui t’appartient.
    La parent a une fonction de limite (que je découvre tout doucement pour ma part) et c’est effectivement rassurant pour l’enfant. Jamais je n’aurais cru pouvoir dire ça un jour tellement les limites me paraissaient être des freins dans ma vie. J’ai compris que ce que l’on appelle « péjorativement » limites, peut être défini comme des appuis.

    Une idée erronée (parfois véhiculée par certains exemple dans les livres) c’est que la CNV c’est magique, genre il suffit de dire à son enfant une phrase type « observation-sentiment-besoin-demande » pour que l’on arrive à débloquer un conflit. Non, parfois ça demande du temps, de la répétition pour arriver peut-être à quelque chose d’un peu différent de ce que l’on avait imaginé au début.
    Parce que la demande en CNV, ça n’est pas forcément un demande d’action genre « serais-tu d’accord pour mettre ton manteau ? » mais aussi une demande de compréhension « pourrais-tu me dire ce que tu as ressenti en m’entendant dire ça ? ».
    Ce genre de demande ouvre le dialogue et permet à l’enfant de dire s’il est d’accord, par exple, lors d’une demande d’action, il va peut-être trouver tout seul une solution genre « je suis d’accord pour mettre mon manteau mais après avoir mis mes chaussures », ça paraît bête, mais parfois l’enfant a juste besoin de répondre à un ordre-rituel qui est important pour lui.
    Et dans une demande de compréhension, on peut arriver à savoir pourquoi l’enfant ne VEUT pas mettre son manteau, qu’est-ce qui est important pour lui a ce moment-là.

    Pour revenir à l’exemple que l’on arrive pas à assumer devant la maîtresse ou la belle-mère ;), c’est sûrement que le choix que l’on a fait n’est pas pleinement en accord avec nos besoins. Je suis tentée parfois de dire « ok, sors comme ça et assume les conséquences » et en même temps, ça n’est pas en accord avec mon besoin d’assurer la sécurité/santé de mon enfant.
    Donc, à partir de là, comment l’enfant peut aussi trouver une solution à notre conflit, parce que la solution « manteau bleu ou rouge » c’est lui amener la solution (qui n’est PAS DU TOUT une technique CNV d’ailleurs), alors que l’enfant a peut-être sa solution a lui, qui va nous convenir aussi. Ce qui permet de lui redonner le choix, en ayant les cartes en main (cad nos besoins) et trouver une solution tout seul et grandir dans son estime de lui-même.

    Je m’aperçois que tout cela est très long comme commentaire parce que la CNV est quelque chose qui me tient à cœur, et j’ai à cœur de transmettre le message qu’elle donne.

    J’espère avoir apporté ma contribution et ouvrir quelques perspectives dans ce fil de discussion.

    • je suis d’accord oui la cnv , est l’outil de quelque chose qui se situe à un autre niveau , oui il y a une autre réflexion à mener derrière (en terme de besoins comme vous l’étayez , ou de d’authenticité ou de respect de l’autre …) , mais ce que cet article dénonce ce n’est pas le fond (la bienveillance , l’éducation respectueuse ) c’est la forme , le propos n’est pas de dire que la cnv c’est du bidon , mais de se questionner sur les risques qui existent bel et bien pour les parents n’ayant pas encore accédé à une réflexion plus poussée . c’est vrai que c’est compliqué , mais je crois sincèrement que ce questionnement à lieu d’etre . beaucoup de parents croient en ces méthodes comme en des méthodes pour « que ça fonctionne  » , d’ou l’interet pour moi d’offrir de prime abord une vision beaucoup plus globale de ce qu’est l’env .mais merci pour ce long commentaire très interressant .

      • J’avoue ne pas avoir regardé qui avait écrit l’article et si j’avais vu que c’était « bienveillante », dont je suis le blog, j’aurais été étonnée ;)
        Ce qui m’a fait réagir dans ton article c’est le fourre-tout que l’on peut mettre sous « non-violence ».
        Sous l’appellation d’ENV ou de « parentalité positive » je crois que l’on met un peu tout et n’importe quoi, alors que la CNV est un outil très précis et très détaillé pour peu que l’on lise les livres qui lui sont consacré.
        Et j’ai eu envie de revenir sur cette différence.
        Et en relisant bien précisément ton article, tu ne parles pas de CNV finalement, donc tu ne fais pas d’amalgame mal venu ;)

  6. merci de cet article, ça montre ce que beaucoup de gens « dénoncent » dans la cnv : si ça devient un automatisme éducatif de large ampleur, alors oui c’est une prise de pouvoir, et l’effet, à long terme, pour répondre aux commentaires, c’est que l’enfant va décoder qu’il y a une faille dans la relation sans forcement savoir l’analyser mais du coup va finir par se méfier systématiquement car peur de se faire arnaquer …

    perso la technique du choix fermé je l’utilise, mais en ayant parfaitement conscience que c’est de la manipulation, certe légère, mais manipulation quand même, et je veille à l’utiliser peu pour que ça ne devienne pas un truc général justement … parce que des fois pas le temps d’expliquer, négocier, écouter, etc… et pas envie d’être dans l’affrontement car c’est pire quand ça démarre à 8h du mat, mais parce que ça correspond à mes limites …

    mais clairment bcp de parents désemparés se tournent vers la cnv et pensent y trouver LA méthode miracle qui va rendre leurs enfants sages…. alors qu’un enfant respecté, écouté, etc… sera aussi enervé/agité, etc… car il a besoin de ces crises pour se construire et s’autonomiser !

    et au fond ce que je constate généralement c’est que si on est clair vis à vis de soit et de notre enfant dans notre éducation (genre que si on dit à notre enfant que s’il ne s’habille pas il ira à l’école en pyj, ben faut être VRAIMENT prêt à y aller comme ça !), et bien les choses roulent bien .. que si je dis un non clair, intimement convaincu, alors ils l’acceptent (évidemment hors situation stress/fatigue/faim pour eux…) …

    bref, perso je n’aime pas l’idée de LA méthode miracle… je picore ici et là des clés éducative pour faire mon propre mélange de techniques pour gérer au mieux les choses avec mes loupiots avec comme principe de base leur respect et le mien…

  7. Pour moi, tout ceci est un faux débat. S’il y a tentative de manipulation, on n’est plus/pas dans la bienveillance. POINT.
    En tant qu’adulte, qd je propose un choix à mes enfants, je le fais dans l’idée de gagnant-gagnant, de trouver le bon compromis à un moment donné, qui satisfasse nos besoins réciproques. Et je ne négocie pas tout, certaines choses ne sont pas négociables (la sécurité par exemple). Je suis l’adulte, mon rôle est de guider mon enfant, je fais chque jour des choix pour lui, et ce, depuis sa naissance. Qu’à un moment donné il soit acteur de certaines décisions lui permet de s’ autonomiser, d’avoir son libre arbitre et de ne pas tjrs être dépendant de moi. Pour moi, c aussi ça donner le choix à l’enfant.

  8. Merci beaucoup pour ta contribution qui soulève un point souvent ressenti, rarement formulé à propos de la communication non-violente. Je suis consciente du risque de manipulation, ainsi que de la violence symbolique qui en découle, pour autant je ne vois pas tant la CNV comme un moyen d’obtenir coûte que coûte que ce que je souhaite auprès de mes enfants… ce que j’en ai surtout retiré au quotidien, c’est de pouvoir attirer leur attention sur le fait de formuler leur « vrais » besoins/attentes sur la base du respect de leur ressenti et de respecter réciproquement les vrais besoins des autres. Quand on lit Faber & Mazlish, les parents sont encouragés à ne pas être les meneurs de la discussion: dans les ateliers de résolution de problèmes, tout le monde peut proposer sa solution, les enfants sont invités à parler en premier et tout le monde peut mettre son veto sur une solution proposée par un tiers et qui ne nous conviendrait pas… tout cela me semble-t-il réduit beaucoup les risques de manipulation.

  9. Merci beaucoup pour cet article.
    A mon avis le glissement se fait à partir du moment ou on considère l’éducation bienveillante comme un ensemble de recettes destinées à avoir des « résultats » en terme de comportement de nos enfants. Je me suis battue avec mon conjoint, au départ, il me disait souvent, en cas de crise plus importante ou d’impossibilité de susciter la coopération de notre fils « on arrive aux limites de ta méthode, il faut le forcer ». Il a fallu donc que je réussisse à lui faire comprendre que ce n’était pas une méthode, mais une « façon d’être », de communiquer, et que ça n’allait pas faire de notre enfant un enfant plus « sage » ou plus obéissant (et peut-être même au contraire, puisqu’il a toute liberté de s’exprimer).

    Bon, et pour la blague, depuis que j’ai lu cet article, j’ai arrêté de me battre pour qu’il mette son manteau (j’ai l’impression que c’est un sujet sensible ^^) : http://www.tatoufaux.com/?Prendre-froid ou la : http://www.topsante.com/medecine/medecine-divers/droits-des-patients/sante-5-idees-fausses-qui-ont-vraiment-la-vie-dure523-10262/on-tombe-plus-facilement-malade-quand-il-fait-froid-14292 ^^

  10. Je suis aussi sensible au fait que ces techniques peuvent être un premier pas vers une remise en cause de nos modèles éducatifs, et qu’ils peuvent aider les parents à aller vers autre chose. Et je me sens vraiment en phase avec ce que dit Fabyrose : ces techniques ne reflètent pas ce qu’est la CNV. Je ne connaissais pas cette réflexion de Grandir Autrement, je m’étais intéressée à la question ici http://parentsaparents.fr/cnv-manipulation/ et ici http://parentsaparents.fr/cnv-face-non-verbal/ . J’aimerais beaucoup savoir comment des personnes qui se sont vraiment intéressées à la CNV dans sa philosophie (et pas comme une méthode de communication) s’en servent avec leurs enfants. De mon côté, je ne suis pas une pro de la CNV, mais je constate au fil des ans que la CNV me sert surtout à comprendre mes besoins, rarement à communiquer avec mes enfants. J’ai hâte de lire vos réactions !

  11. Je reviens sur l’exemple des « faux choix », qui me trotte dans la tête depuis que j’ai commenté tout à l’heure. Je me dis qu’il y a peut-être deux lectures. On peut voir dans le parent qui propose à l’enfant de choisir entre son manteau rouge et son manteau vert un vil manipulateur, si l’on considère qu’il sait par avance que la situation de mettre le manteau est problématique, et qu’il cherche à contourner le problème en focalisant l’attention sur une autre question. Sur ce point je suis assez d’accord.
    Mais si le parent, après analyse, ne voit pas chez l’enfant de raison qui lui ferait refuser de mettre son manteau autre que son besoin de décider pour lui même, est-ce que le mettre devant un choix (même si on l’a déplacé de mettre ou pas son manteau à mettre le manteau rouge ou le manteau vert) n’est pas une manière gagnant-gagnant de résoudre ce qui les oppose : l’enfant a pris une décision (son besoin est satisfait) et il a quand même mis son manteau (celui du parent est satisfait).
    Donc, selon la cause de l’opposition, on pourrait dans ce cas parler de manipulation… ou pas ?

    Autre question, l’enfant est-il si « manipulable » que ça ? Restons dans l’exemple du manteau. Mon fils (3 ans et demi) refuse de mettre le sien, je sais très bien que c’est parce qu’il est moins à l’aise pour jouer lorsqu’il le porte. Et moi j’ai lâché prise, en me disant que pour lui, l’aisance dans ses mouvements est plus importante que la température, et que si le froid le gênait vraiment, il me réclamerait son manteau (c’est d’ailleurs déjà arrivé). Sachant cela, si j’essayais de le « manipuler » pour qu’il mette son manteau, cela fonctionnerait-il, étant donné que son opposition n’est pas sur le principe que je veuille lui imposer quelque chose (la forme), mais réellement sur le fait de porter un manteau (le fond) ? Et si on pousse le questionnement plus loin, est-ce que la manipulation fonctionne si elle ne répond pas à un besoin profond ? Et si on reste en connexion avec un besoin profond, n’est-on pas dans la bienveillance ??

    (j’en perds la tête ^^)

    • Je suis d’accord avec toi Aurélie, je crois que c’est l’intention qui compte : si nous pensons que c’est à nous de décider et que notre seul objectif est d’imposer nos volontés, si nous avons cette croyance que l’adulte doit décider sinon il perd dans le rapport de force (des trucs que j’entends parfois et qui m’étonnent toujours), alors de toutes façons, nous serons dans la manipulation et le rapport de force, la méthode ne fera que servir notre intention. Si l’objectif est d’écouter les besoins de notre enfant et d’écouter les nôtres, de trouver des solutions pour vivre des relations vivantes, harmonieuses, où nous grandissons ensemble, nous pouvons être dans ce que tu suggères, essayer de comprendre pourquoi nous tenons à ce manteau (nous avons peur qu’il ait froid, alors peut être pouvons nous le prendre au cas où et le laisser sur le porte manteau de l’école ou dans la voiture,.. ) et pourquoi lui, n’y tient pas du tout (il n’a pas la sensation d’avoir froid, il a envie d’un autre vêtement,…). ça confirme bien ce que tu voulais dire ? Belle & bonne journée !

    • Tellement d’accord avec ton commentaire !!!!
      En lisant l’exemple du manteau, c’est absolument ce à quoi je pensais. Merci de l’avoir mis en mots !

  12. A reblogué ceci sur Les découvertes de Floet a ajouté:
    Ces lectures sur la parentalité positive ont pour ma part ouvert des possibilités « autres » que je ne connaissais pas et qui me conviennent dans la philosophie. Le plus difficile ensuite c’est de trouver son propre chemin, travailler aussi sur ses propres limites. J’aime bien la conclusion de ce texte « ces méthodes offrent des outils et des techniques qui peuvent nous leurrer si nous restons dans l’objectif d’obtenir l’obéissance de nos enfants … ces méthodes sont bien souvent la porte d’entrée vers la bienveillance et la non-violence de bon nombres de parents , les premiers pas vers d’autres niveaux de réflexion et de compréhension , vers une parentalité consciente . »

  13. je vous remercie pour la richesse de vos questionnement , qui viennent compléter mon article , et c’était vraiment mon objectif en l’écrivant . « les enfants sont -ils manipulables ?  » est une question sur laquelle il faudra que je réfléchisse, j’aurais tendance à dire que oui mais en y rélféchissant , c’est peut etre moins évident que ça , et puis considérer l’enfant comme manipulable est encore une fois un moyen de se considérer au dessus d’eux , comme si ils étaient des « sous-humains » non ? bref vous l’aurez compris la cnv doit pouvoir nous ouvrir à d’autres niveau de réflexion , par exemple sur « l’obéissance » des enfants , et ce sera l’objet de mes futurs articles .

  14. Le titre de cet article m’a interpellé, car c’est à demi-mot ce que reproche mon mari à ces « techniques »… Après, de lire vos commentaires m’a rassuré. NON, la CNV ce n’est PAS « vouloir imposer son choix d’adulte à un enfant » avec des techniques d’esbrouffe, genre, « tu veux le manteau bleu ou le vert? Ah ah je t’ai eu tu as mis ton manteau » pour reprendre l’exemple du manteau. En cela, j’ai eu un peu peur en lisant l’article, de voir réduire les approches CNV a des « techniques », voire juste à des jeux de langages. Un peu comme si on mettait un joli décor sur un mur sale. Je rejoins Tali T, l’enfant sentira bien si le fond est violent malgré une apparente douceur.

    Ce qui m’ a bcp intéressée moi dans la CNV et en particulier dans les approches qui découlent de Th. GORDON (dont les fameux Faber et Mazlich), c’est justement de ne pas IMPOSER un CHOIX, et de réfléchir à nos besoins, ceux de l’adulte et de l’enfant. Pourquoi je demande cela à mon enfant? De quoi ai-je réellement beoin moi ? Est-ce si grave au fond qu’il sorte sans manteau?
    Et je rejoins certaines commentatrices: les enfants ne sont pas dupes ! En proposant A ou B, un enfant peut très bien répondre C !

  15. Là où je ne suis pas d’accord avec cet article c’est quand il est noté que le but principal de la Communication bienveillante (je vais résumer toutes les approches évoquées dans l’article ainsi) est d’éviter les conflits et que l’enjeu est de se faire obéir ou de régler le conflit en sa faveur mais par des moyens plus doux.
    Ceci est complètement faux et c’est là je pense l’écueil de personnes qui transforment la comm bienveillante en ces termes. Le conflit est bon, le but n’est pas de l’éviter à tout prix, juste de savoir l’appréhender pour voir ce qu’il dit de moi et de l’autre pour trouver un terrain d’entente (solutions gagnant-gagnant). Et l’enjeu n’est pas de se faire obéir mais au contraire de lâcher tout projet sur l’autre, de vivre la relation dans l’ici et maintenant.
    Je ne sais pas où les auteurs de l’article dont vous parlez se sont formés à ces approches… mais je pense qu’ils ne sont pas tombés sur des formateurs qui ont intégré la philosophie humaniste sous-jacente.

    • et en même temps je comprends qu’il puisse y avoir cette interprétation faussée notamment sur certains des outils (ex du choix) s’ils sont isolés de l’approche globale.
      D’ailleurs toute communication est une forme de manipulation, l’idée est justement d’en prendre d’avantage conscience pour sortir de ce cercle vicieux et de communique de manière authentique (d’abord avec soi puis avec les autres). ;-)

  16. Pingback: Que c’est difficile de s’orienter dans nos sociétés, et d’y orienter nos enfants [mini debrief] | Les Vendredis Intellos

  17. Je discute souvent sur des forums avec des mamans « qui ne s’en sortent pas du tout avec l’ENV » et ce qu’il en ressort généralement, c’est que finalement elles ne font qu’appliquer des « petites astuces » sans avoir forcément intégrer l’état d’esprit général. Et forcément quand le but est toujours de se faire obéir et de garder le pouvoir, ça ne fonctionne pas et c’est très compliqué à vivre…
    Sur cette question de la manipulation, j’ai l’impression que c’est une vision d’adulte qu’on plaque sur l’enfant. Je rejoins Aurélie sur l’idée que la technique du choix limité fonctionne avec un enfant qui a surtout pour besoin de choisir. Et peu importe ce qu’il choisit, du moment qu’il a l’impression de faire ses propres choix. C’est un petit choix qu’on lui propose, un choix à sa portée. Avec l’âge (très tôt ou pas, selon les parents, les enfants), on apprendra à le laisser décider tout seul de l’intérêt de porter son manteau ou pas. De la même manière, je ne vais pas laisser mon enfant choisir son école maternelle (pourtant c’est une décision importante qui le concerne!) mais je vais lui laisser choisir son cartable. Ce n’est pas un manque de respect, c’est juste que je m’adapte à son âge. L’enfant qui est content de choisir son manteau ne se sent pas manipulé. Et on sait très bien que cette technique du choix limité ne va pas fonctionner éternellement (vous pouvez toujours essayer avec des ados!), ce qui est finalement rassurant. C’est comme le bisou magique ou le Père Noël, je n’ai pas l’impression de tromper mon enfant ou de le manipuler mais simplement de m’adapter à son âge.

    • Oui je suis assez d’accord : le choix du manteau beu ou jaune reste un choix à sa portée.

      Les enfants ont parfois besoin qu’on « impose » des choses, qu’on soit un pont solide qu’on peut malmener sans que celui ci s’éffondre. Cela les rassure : certaines choses sont immuables et leur volonté seule ne peut pas écrouler le monde.
      Le choix est une chose difficile pour l’enfant, qui peut le perturber, il apprend peu à peu à décider pour lui même en tenant compte de sa volonté propre (ça me couffle de porter un manteau) et des contraintes sur lesquelles on ne peut rien (il fait 10° dehors).

      A vous lire il me semble qu’imposer c’est pas une bonne chose, qu’imposer est à l’opposé de l’écoute et de la bienveillance. je pense qu’il faut conjuguer les 2 mais que les petits n’ont pas à être consultés sur toutes les décisions, tout simplement parce que c’est insécurisant, pas parce qu’ils sont trop « inférieurs » pour qu’on les écoute, parce qu’ils sont « en apprentissage ».

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  20. Ce sont les enfants qui ne sont pas assez informés de leurs droits. Tout d’abord le droit à l’ignorance, permettant de s’abstenir et de ne pas décider ou choisir, et le droit à la fatigue, trop souvent ignoré des parents alors que sont activité est bien souvent plus gourmande en énergie que celle des « grands ».
    A ce compte, on n’expliquerait pas aux enfants qu’ils ont des droits sans détailler les devoirs qu’ils imposent.

    Pour l’expliquer de façon trivial, il faudrait rajouter un droit philosophique, celui de ne pas être obligé d’écouter ses parents… Chaque fois qu’on a désobéi et que cela se concrétise par des actes, les parents sans être nécessairement furieux sont a minima inquiets. Ils s’emploieront dans le meilleurs des cas à une « prise de tête » en règle de l’enfant et exprimant par ailleurs leur propre culpabilité envers les actes répréhensibles de leurs progéniture. On connait déjà les conditions dans les pires des cas. La meilleure méthode pour ne pas avoir à subir le point de vue philosophique de leurs parents consiste pour les enfants à juste obéir. Par cet acte, ils s’autorisent à devenir des êtres capables d’un esprit critique hors de toute chapelles, qu’elles soient familiales ou environnementale. Ils peuvent aussi dès lors revendiquer leurs droits et exiger qu’ils soient respecter. L’enfance peut aussi être très tôt une école du-de la citoyen-ne.

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