Voila maintenant environ 1,5 ans que je suis tombée sur son livre …Et je ne suis jamais allé à l’école. J’en avais d’ailleurs parlé lors de ma premiere contribution aux VI ici et chez moi ici.

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Depuis mon p’tit bout a grandit, et moi aussi comme maman. Il est au milieu de sa deuxième année, plein d’enthousiasme pour la vie. Moi j’ai fait mon ptit bonhomme de chemin, lisant à droite à gauche, visitant des écoles plus ou moins alternatives, rencontrant des personnages comme J-P Lepri aux rencontres 2013 des Vendredi Intellos. Mon coeur a oscillé entre les incitations de la société à suivre le flot, et mon questionnement permanent, celui d’une maman qui cherche à proposer ce qu’elle trouve de mieux à son p’tit bout.

Aujourd’hui je crois qu‘il n’y a pas une solution, mais que chacun peu construire la sienne. Idealement, je crois néanmoins que suivre la proposition de vie suggérée par le livre d’André Stern devrait quand meme fonder des être pleins et confiants, aptes à s’adapter aux changements de notre société. Maintenant, ce n’est pas toujours facile de concilier cette vie, celle qui va à 300 à l’heure aujourd’hui et qui comporte les contraintes économiques qui en découlent, avec cette volonté de laisser l’enfant apprendre au gré de ses enthousiasmes, dans la vraie vie (par opposition à la vie que les enfants apprennent par des livres, au travers des fenêtres d’une école où ils n’ont pas forcement choisi d’aller et n’ont pas forcement envie de suivre). Cela demanderai sûrement une grosse remise en question, peut être un changement de profession, voire de vie. On n’est peut être pas tous prêt à ça, pas tout de suite…

Au fil de mes réflexions, j’ai atterri sur des groupes de discussions qui parlaient de unschoolingEt j’ai vu passer des appels à rencontrer André Stern… au Canada… (moi qui suis en France j’étais bien frustrée!). A force de teaser (merci Edith!), je me suis fait avoir ! Et une idée a germé petit à petit : « Et si je l’invitais moi aussi par ici ? J’ai tellement de questions à lui poser. » Et comme mes idées restent rarement en l’air, je lui ai écris, simplement…

Et c’est comme ca qu’André Stern a accepté de venir nous voir en Isère! Si vous êtes dans les parages vendredi prochain (le 21 Fevrier) il donnera une conférence à Moirans (plus d’infos ici – un peu de pub pour ceux qui ont raté l’info…).

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Pour parler du livre ici, j’avais pensé d’abord citer tous les passages du livre qui m’avait marqué. Je voulais noter tous les trucs qui pouvaient amener un tel schéma éducatif à être reproduit par d’autres. Par exemple le fait que ses parents ne le considérait pas comme un enfant mais lui offrait des livres ou des outils classiques, d’adultes, ou de grand. Je voulais noter les types de musique qu’il avait écouté, les livres qu’il avait lu, les emprunter à la bibliothèque pour mon p’tit bout, noter les cours qu’il avait suivit _ car il a quand même suivi des cours, ou des enseignements choisis, comme la danse, la guitare, la lutherie, la dinanderie… mais ce qui fait alors la singularité de ceux ci était la forme peu traditionnelle qu’ils prenaient, pas directifs mais sur l’exemple et la reproduction, dans la confiance malgré son jeune âge. J’aurai pu parler de la partie questions/réponses de la fin du livre où on retrouve les peurs de chacun autour de la socialisation (on en parle assez bien ici aussi), la marginalisation, le fait que c’était quelqu’un de particulier, … J’aurai pu faire l’éloge de toutes les compétences que ses enthousiasmes ont amenées (à la fois luthier, guitariste, chorégraphe, directeur d’institut, journaliste, écrivain, conférencier…)…

Plutôt que d’essayer d’identifier une « méthode » qui n’en n’ai pas, je préfère mettre en avant le fait que cette expérience lui est propre et n’est pas transposable telle quelle. Ce qui est important je crois de retenir c’est ce qu’il rappelle en introduction :

J’étais un enfant heureux et plein d’enthousiasmes. Apprentissage et jeu sont, pour moi, synonymes. […] Mes « semaines types », composées, à coté des riches heures improvisées, de nombreuses activités hebdomadaires ou structurées, étaient chargées et pourtant affranchies du stress, de la concurrence, de la course à la performance et du combat pour la bonne note.

Plus je regarde s’épanouir mon p’tit bout, plus je crois moi aussi en la disposition spontanée de l’enfant.

Et si l’enthousiasme et le jeu étaient la clé de l’apprentissage ?

Pour ma part, j’ai surtout le souvenir d’avoir passé beaucoup de temps contre mon gré sur des bancs scolaires à essayer de me rappeler de choses qui ne m’intéressaient pas plus que ça, surtout pour faire plaisir au système… Beaucoup de temps que j’aurai certainement pu passer à approfondir toutes ces autres thématiques qui me passionnent et qui font que je suis moi aujourd’hui. Le souvenir de n’avoir jamais eu assez de temps pour faire ces autres choses qui me tenaient à coeur (et pourtant j’en ai fait des activités « extra-scolaires » comme on dit… peu de pauses dans mes journées si longues…).

Le plus difficile je trouve (surtout pour moi qui ai fait des très très longues études) est de laisser derrière moi tous les préjugés et tous les formatages qui résultent de ma propre éducation. Avoir confiance en nous est pour moi la clé. Confiance en moi, confiance dans mon p’tit bout.

J’ai envie de tenter l’expérience, alors je vais me donner l’espace pour ce faire. Je vous raconterai peut être lors d’un prochain post !

En attendant, une petite vidéo qui fait du bien, sur le bonheur selon André Stern ici.

Catherine