Moi, j’aime les sages-femmes

Pendant une grossesse, nous avons la chance, dans notre pays, de pouvoir faire des choix. De la personne qui nous suit, de l’endroit où l’on veut accoucher (si tant est que l’on vit dans un endroit assez densément peuplé), clinique ou hôpital, de la préparation à l’accouchement que l’on veut…

Mais étrangement, lorsqu’une femme est enceinte, c’est souvent un gynécologue qui la suivra. Pourquoi? Parce qu’il est celui qui gère le plus souvent le suivi gynéco de la femme, enceinte ou non, parce qu’il a de beaux yeux, parce que c’est comme ça qu’on fait..sauf que. Les sages-femmes, qui restent finalement une profession assez peu connues du grand public, puisqu’il y a de très grandes chances que vous ne les croisiez qu’au moment de franchir les portes d’une maternité, sont elles aussi habilitées à proposer le suivi gynéco, avant, pendant et après la grossesse. (cf Article L.4151-1 du code de la santé publique du 21 juillet 2009). Frottis, dépistages, prescription de contraceptifs, pose de stérilets pour certaines…c’est possible.


Quand à leur rôle en général, il reste peu connu…je me souviens de ma 1ère rencontre avec une sage-femme, qui s’est avéré être…ma meilleure copine de maternelle, retrouvée 20 ans après (merci Copains d’avant!-c’était il y a longtemps, vous l’aurez compris). Et moi de lui demander sottement: « mais elle fait quoi la sage-femme en fait? », question stupide, s’il en est mais pas tant, si l’on considère que j’étais alors une jeune primipare tout juste enceinte de la Zo (de mémoire, elle a même eu l’exclusivité de la nouvelle!).

Et là, je réalisais que je n’en savais rien du tout. Que je voyais vaguement une jeune femme affairée dans l’ombre du tout-puissant médecin, utile à lui apporter des compresse, et des linges chauds (oui, je regardais trop de films historiques à l’époque). Elle m’expliqua alors qu’une sage-femme, son boulot c’est d’AIDER à accoucher les femmes. Que les accouchements, s’ils n’étaient pas pathologiques, étaient entièrement pris en charge par elles, et que le médecin n’était appelé que si une difficulté apparaissait. 

C’était une révélation, mais cette image du médecin qui dit à la femme ce qu’elle doit faire, et qui intervient pour « accoucher » la femme est encore tenace, et me défrise d’autant plus aujourd’hui. Pour preuve cette image trouvée dans un bouquin de ma fille:

Image

Le médecin, donc…et le papa il est dans les vapes?

Voici la définition internationale de la sage-femme:

« Une sage-femme […] doit être en mesure de donner la supervision nécessaire, les soins et les conseils à la femme enceinte, en travail et en période postpartum, d’aider lors d’accouchements sous sa propre responsabilité et de prodiguer des soins au nouveau-né et au nourrisson. Ces soins incluent des mesures préventives, le dépistage de conditions anormales chez la mère et l’enfant, le recours

à l’assistance médicale en cas de besoin et l’exécution de certaines mesures d’urgence  en l’absence du médecin […]. Son travail doit inclure l’éducation prénatale et la préparation au rôle de parent […]. Elle peut pratiquer en milieu hospitalier, en clinique, à domicile ou à tout autre endroit. » in. « Vivre sa grossesse et son accouchement »-Isabelle Brabant, ed. Chronique Sociale

La suite par ici: http://mamomans.blogspot.fr/2014/02/moi-jaime-les-sages-femmes.html

Publicités

10 réflexions sur “Moi, j’aime les sages-femmes

  1. D’accord avec le fond de l’article, mais la première phrase m’a fait bondir! Non en France, on n’a PAS le choix d’accoucher où on veut et comment on veut. 98% des accouchements se font à l’hôpital ou en maternité (le choix entre l’un ou l’autre n’en est pas, c’est une structure hospitalière ultra médicalisée), les maisons de naissance n’existent pas, une loi pour leur expérimentation vient d’être votée, mais on n’est loin du modèle des MDN extra hospitalières à l’étranger. Quant à l’accouchement à domicile, déjà marginal, il est très menacé à cause de l’impossibilité pour les SF qui le pratiquent de s’assurer, ce qui est pourtant obligatoire.
    Quant au respect de la physiologie pendant un accouchement normal, sans pathologie, il y a vraiment des progrès à faire pour que les femmes ne soient plus obligées d’être ficelées à une table, les pieds dans les étriers, à pousser quand on lui dit de le faire.
    Il est vraiment temps que les femmes se réapproprient le moment de la naissance, avant et après, avec l’aide des SF qui sont LES professionnelles de la grossesse et de l’accouchement, n’en déplaise à beaucoup de gynécologues.

    • Alors, ici je parle bien de mon vécu et de mon ressenti. On a le choix parmi ce qui est proposé, si je peux modérer mon propos, évidemment les maisons de naissance, il n’y en a pas encore beaucoup…mais la loi a été votée…en aout dernier je crois! Dire qu’on a un train de retard serait encore un peu trop gentil…Mais il faut le temps de les construire! des projets sont en cours, mais il faudra être un peu patient. Quand a la physiologie, oui, là encore de gros progrès sont à faire, mais les échanges que j’ai eu avec ma mater (GROSSE maternité, la seule de niveau 3 du département…), et les retours très positifs que j’en ai eu me permettent d’être optimiste. Formation avec B. De Gasquet, respect des choix, baignoire, ballons, « pleins pouvoirs » ou presque donnés aux SF…j’y accoucherai dans les prochaines semaines mais je suis en confiance, je pense avoir droit à l’accouchement que je souhaite. Je ne parle pas de la clinique de ma ville. Ou en 99 les femmes avaient encore les jambes attachées aux étriers.

  2. Merci beaucoup de ta contribution qui valorise à raison une profession qui le mérite amplement!
    C’est vrai que les préjugés sont tenaces (et je reconnais dans ta capture d’écran un des imagiers publiés chez Fleurus, qui ne brille pas exactement par sa modernité ni sa subversion^^). Moi-même quand j’ai accouché de ma fille en 2006 je me souviens m’être dans un premier temps « inquiétée » du fait que les accouchements sans problème étaient supervisés « uniquement » par des sages femmes (mon premier accouchement, en clinique privée ayant été supervisé, pour des raisons financières, par le gynéco qui m’avait suivi… 120 eu de dépassements d’honoraire pour sa seule présence pendant 20 min ce jour là, avouons il aurait été stupide de s’en priver…)

    • Tu as raison je me souviens de cette crainte au 1er enfant de n’être dans une mater encadrée « que » par des sages-femmes, avec l’inquiétude derrière-vont-elles savoir faire? J’ai vite compris que les pros, c’était elles (et eux! j’ai enfin rencontré 2 sages-femmes hommes, suite à un petit détour à la mater!- au passage, on peut laisser tomber le terme de maïeuticien, eux-même arrivent en disant « Bonjour, M., sage-femme… » ça fait un peu bizarre au début, mais on s’y fait!)

  3. Je me suis retrouvée à l’hôpital pour cette grossesse-ci (ma première) par défaut, mais plus j’y pense, plus je me dis que j’aimerais tenter l’expérience avec une sage-femme si je retombe enceinte. Dans mon cas, comme je n’ai pas de gynécologue, c’est aussi un moyen d’être suivie tout du long par la même personne. Même si je n’ai pas de sujet de plainte pour l’instant (ma grossesse se déroulant très bien), le fait de voir une personne différente à chacun de mes rendez-vous et de n’avoir aucune idée sur qui je vais tomber pour l’accouchement peut être source supplémentaire de stress.

    • Oui j’ai vraiment aimé voir la même personne avant ma grossesse et jusqu’au 7e mois, après, je suis obligée d’être suivie à l’hôpital, puisque c’est là que j’accouche, et comme elle est en libéral c’est sûr que je ne tomberai pas sur elle…mais il y a des gens qui la connaissent là-bas! Après c’est peut-être un peu différent chez vous, puisque je crois voir que tu es au Québec…et puis vous avez tout plein de maisons de naissances chez vous!

      • Ah oui, effectivement. Il y a au moins une maison de naissance à Montréal, mais la liste d’attente est très longue… Donc il y a aussi des sage-femmes qui font les accouchements à l’hopital où je suis suivie, et apparemment, c’est à peu près garanti que la personne qui nous a suivie s’en charge. Je trouve ça intéressant : un accouchement sans médecins, mais au cas où, ils sont déjà sur place.

  4. Pingback: Gros bidon cherche information {mini-débrief} | Les Vendredis Intellos

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s