Les parents, ces « fashions victims » [mini-debrief]

Dans les contributions de cette semaine, deux courants « tendance » sont évoqués :

– L’éducation à domicile vantée par Ilse dans son article  « L’école à la maison : la clé du bonheur ? Aura-t-on encore le choix ? »

– L’éducation « au naturel » , décryptée par Mme Déjantée dans son article « Parenté « au naturel » : de quoi parle-t-on ? »

Education à domicile :

Ilse nous propose le témoignage vidéo d’un enfant de 13 ans qui étudie à domicile, et s’imagine dans la tête d’une mère qui a fait ce choix pour ses enfants.

« Peut-être qu’elle a comparé ses propres intérêts (le bonheur de ses enfants) aux intérêts du gouvernement de son pays (créer une nation prospère et préparer le futur du-dit pays) et a trouvé que ses intérêts à elle coinçaient avec les intérêts du gouvernement et de l’éducation nationale. » nous dit-elle.

Et plus loin « Mais le bonheur serait-il donc un but valable pour l’éducation de mon enfant ? »

Et là me voilà assaillie de questions :

Qu’est-ce que le bonheur ?

Est-ce que l’idée que nous nous faisons aujourd’hui du bonheur pour nos enfants sera celle à laquelle ils aspirerons demain ?

Qu’est-ce que l’éducation ?

Qu’attendons-nous de l’éducation nationale ?

Je ne me lancerai pas dans une comparaison des avantages et des inconvénients de l’éducation à la maison vs l’éducation à l’école.

Pour ma part j’attendais de l’école primaire, qu’elle inculque à mes enfants les connaissances basiques qui leur permettraient d’accéder à tous les autres savoirs, donc oui bien sûr la maîtrise de la lecture en premier lieu.
Je crois aussi nécessaire que les enfants apprennent à vivre parmi leurs pairs : leur vie sera avec leur génération , pas avec nous.

Il est clair que les dernières enquêtes PISA montrent que notre école ne fonctionne bien que pour les enfants qui n’ont sans doute pas le plus besoin d’elle, et qu’il y a des progrès à accomplir.

Mais n’oublions pas que c’est la scolarisation obligatoire des enfants qui a fait baisser le travail des enfants en Europe (voir l’article wikipedia sur le travail des enfants )

Il y a certainement un meilleur équilibre à trouver entre temps et influence scolaire, temps en famille … et temps libre.

Et si finalement c’était notre rapport à tous au temps qui était en cause, et le déséquilibre de nos vies d’adultes.(voir ce que nous disions en juillet 2012 du mouvement « slow education« )

 

Education « au naturel »

Je crois que nous sommes pas mal à avoir beaucoup aimé :
« Il y a 20 ou 30 ans de cela, hormis pour le thon, personne ne songeait à revendiquer publiquement une façon de vivre « au naturel ». Vivait-on pour autant d’une façon plus « artificielle »? Rien n’est moins sûr… »

Mme Déjantée nous fait un commentaire détaillé du livre « La grossesse au naturel, c’est malin », et s’étonne que la « nature » soit autant prétexte à publicité en tout genre, sans compter certains messages carrément faux sur ce qu’il faudrait ou non manger pendant la grossesse.

Et c’est vrai qu’on peut s’interroger sur cette mode du « naturel ».

La nature sait aussi être dangereuse , elle ne nous a d’ailleurs pas vraiment gâtés ces dernières décennies (voir infographie des catastrophes naturelles entre 1980 et 2009 )
Il y a certainement à dire sur notre volonté de contrôler la nature, nos modes et nos lieux de construction.

Preuve que le « naturel » n’est ni bon ni mauvais, c’est  notre façon de vivre avec qui fait la différence.

 

Et notre choix dans tout ça ?

La loi prévoit de limiter les possibilités d’éducation en famille. J’avoue que lorsque j’entends que des enfants de 15 ans ont voulu partir en « guerre sainte » en Syrie, que des parents manifestent leur réprobation à une prétendue « théorie du genre » qui serait inculquée à l’école, cela me paraît normal qu’on rappelle le caractère obligatoire de certains principes communs à tous les citoyens de France.

D’un autre coté lorsqu’on doit gérer la phobie scolaire d’un de ses enfants, une période d’enseignement à la maison peut être une solution.

Il me paraît primordial que le choix de ne pas scolariser un enfant soit « dans l’intérêt supérieur de l’enfant », quand le système scolaire n’est pas en mesure d’apporter une réponse adaptée, et non au nom d’une conviction idéologique des parents.

Quant à la mode « naturelle », je crois que nous pouvons compter sur les neurones pour en dénoncer les dérives, et j’ai confiance en la capacité de chacun de ne pas se laisser berner par les sirènes du marketing.

 

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2 réflexions sur “Les parents, ces « fashions victims » [mini-debrief]

  1. Merci beaucoup Phypa d’avoir accepté de prendre en charge ce débrief et nous donner ta lecture de ces deux articles, qui au final, posent pas mal de questions…
    Je suis assez partagée sur ta vision de l’instruction à domicile: si je reconnais les risques de dérives dont tu parles, j’ai aussi lu des témoignages allant dans le sens d’une réelle richesse (y compris sociale) que l’école peine parfois à offrir à tous…

    • Oui j’avoue, je suis très attachée à l’idéal d’une « école pour tous » , même si nous en sommes éloignés en ce moment.

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