Alors heureux ? Euh… [Mini-débriefing]

Hier, alors que je lisais Direct Matin, une phrase m’a plongée dans un abîme de réflexion que vous allez avoir le privilège de découvrir ci-après (la chance !) :

Alors que Gad Elmaleh savoure les joies de la paternité pour la seconde fois, l’humoriste poursuit la tournée de son spectacle.

Tout à coup, je l’ai imaginé en train de marcher nerveusement dans son appartement, espérant ainsi calmer les cris déchirants de son bébé. L’expression « joies de la paternité » perdit alors de son éclat, il va s’en dire…

J’ai tout d’abord trouvé drôle que ce soit la première image qui me vienne à l’esprit. Peut-être est-ce parce que, si j’ai (déjà) quelque peu oublié les difficultés des premiers mois, j’ai autour de moi beaucoup de jeunes parents qui passent des heures et des heures à bercer leur bébé, à chercher la meilleure façon de le calmer et à désespérer parfois de ne pas y arriver.

Je me suis alors dit que le mot « joies » (au pluriel !) n’était peut-être pas le plus adapté. Mais je me suis évidemment ravisée ! Malgré les difficultés, c’est une joie d’avoir un enfant, on est d’accord (sauf à quelques exceptions près), ce n’est pas moi qui vais vous dire le contraire. Heureusement que le journal n’avait pas pris ce parti en écrivant : « Gad Elmaleh, qui galère jour et nuit avec son bébé insomniaque et hurleur, reprend sa tournée avec GRAND plaisir ». Cela ferait mauvais genre…

Cela dit, cela participe de l’idée qu’être parent, « ce n’est QUE du bonheur ! » Tout le problème réside donc dans le « que ».

Demandez à un parent « Alors, heureux ? » un jour où son enfant n’a pas trop pleuré, vous obtiendrez sûrement un oui. Posez-lui la même question juste après une crise ou pendant qu’il nettoie les draps (à 4h du matin) de sa progéniture, la réponse sera probablement un peu différente. « Oui mais… » s’il est bien luné, « Au secouuuuuuurs » sinon.

On a beau dire que c’est une joie / une chance / un vrai bonheur d’avoir des enfants, ça ne l’est pas TOUT LE TEMPS. Il y a de nombreux passages difficiles, il faut sans cesse s’adapter, revoir ses principes…

Voici un aperçu de ces obstacles qui jalonnent la vie des parents. Obstacles qui permettent aussi d’avancer, d’en apprendre plus sur soi, d’améliorer sa relation à ses enfants le cas échéant. Ils ont aussi leur utilité, j’en suis convaincue.

Dès la grossesse, des questions se posent, elles peuvent entraîner des doutes, parfois des angoisses. L’émotion vécue au sujet du sexe de son enfant, par exemple, abordée cette semaine par Les Aventures de petite bête, peut être douloureuse. Il n’est pas toujours facile de la contrôler, même si on finit, la plupart du temps, par être heureux. Inutile de se voiler la face, on a parfois des réactions décalées, il est important de le reconnaître pour pouvoir avancer.

Plusieurs facteurs entrent en compte. Cela peut être parce qu’on a une vision de la famille idéale et parce qu’il est difficile d’accepter que la réalité soit différente.

C’est criant également au moment de l’accouchement. Celui-ci ne correspond pas forcément à ce qu’on attendait et c’est difficile à vivre. Il se peut même qu’il soit considéré comme « idéal » par les autres alors que ce n’est pas le sentiment de la jeune mère, comme nous l’explique Mélinawitch. Il me semble vraiment important d’avoir la possibilité d’exprimer ce qu’on a vécu lors de son accouchement parce qu’il peut avoir des conséquences sur l’attachement mère-enfant et/ou sur les éventuelles futures grossesses.

Les obstacles ne s’arrêtent pas à la naissance évidemment… Ils n’échappent pas non plus à ceux qui adoptent. Mère cruelle aborde le sujet des enfants adoptés puis abandonnés. C’est terrible mais comme il a été dit en commentaire : les parents qui adoptent ne sont pas de « super parents », ils ont aussi des difficultés. C’est pourquoi certains des enfants adoptés sont placés, tout comme certains enfants élevés par leurs parents biologiques. Il serait intéressant de comparer les chiffres, les statistiques (si cela existe) pour mieux comprendre ce qui passe.

Quoi qu’il en soit, ces billets mettent le doigt sur la différence entre ce qu’on idéalise et ce qu’on vit, que ce soit à cause de ce que la société nous renvoie comme image ou à cause de nos propres croyances et attentes. La seule solution, c’est d’en parler. Pour que l’on puisse en parler, il est important que les autres ne nous jugent pas. C’est bien ce qu’on essaie de faire sur les Vendredis Intellos (plus ou moins facilement, c’est bien normal).

L’idéal, selon moi, n’est pas que tout soit facile (c’est illusoire) mais que nous ayons des outils, de l’aide pour surmonter les difficultés.

Bonne lecture !

Clem la matriochka

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Une réflexion sur “Alors heureux ? Euh… [Mini-débriefing]

  1. Merci beaucoup Clem pour ce joli débrief!!! Tu as su habilement renouveler ce thème souvent abordé sur les VI de la dure confrontation entre rêve et réalité et y apporter ta touche et tes réflexions personnelles… c’est vraiment très réussi!!

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