Un accouchement « idéal »

J’ai eu un accouchement « parfait » ,du moins vu de l’exterieur.

Premieres contractions à17h, entrée en salle d’accouchement à minuit (je vous épargne les 2h de travail sur les sièges « ultra confortable de la salle d’attente de la mater) dilatée à 4, le temps de poser la peri j’etais à 7 et à 4h du mat ma fille venait à notre rencontre en 3 poussées, sans déchirure, sans episio, sans forceps ou ventouse. J’ai pu me mettre en position semi assise sur le bord de la table, c’est le papa qui l’a sortie et l’a posée sur mon ventre ou elle a aussitot cherché à teter avec vigueur, le cordon a été coupé seulement apres qu’il ai arrété de battre, on a pu faire du peau a peau pendant que j’expulsait le placentat, il n’y avait pas trop de lumiere. Bref parfait vous dis je !

oui …mais.

J’avais, moi, un sentiment mitigé de cet accouchement, quand on me demandait comment ça c’était passé, je répondais : parfaitement bien ! parce que c’était l’avis de mon compagnon et puis de la sage femme et puis de tout ceux a qui je le racontais.

oui… mais

je ne pouvais m’empecher de preciser à chaque fois, que je m’en voulais d’avoir demandé la peridurale, précisant qu’entre le moment ou je l’ai demandée et celui ou je l’ai eu, il s’est ecoulé une petite demi heure, pendant laquelle je suis passée de 4 à 7 (mais ca je ne l’ai su qu’apres la pose, pourtant dans l’article du gest des vendredis intellos sur la péridurale, il le disait bien de se faire réexaminer le col juste avant la pose) et que donc vraiment j’aurai pu m’en passer, et on me repondait

oui mais …

« tu l’a demandée et tu as donc pu vivre ton accouchement sereinement » et puis « oui ça a ralentit le travail (a tel point qu’apres être resté 2h dilatée à 9 on a du te mettre un petit coup d’ocytocine) mais bon on etait pas pressé hein ! »

oui…mais

un truc clochait, un goût mitigé sans que j’arrive à mettre le doigt dessus, et puis le temps passe, je n’en parle plus puisque visiblement mon ressentit es incompris, ma fille à 5 mois et je tombe sur cet article, le titre évoque quelque chose en moi, mais moi l’allaitement a bien demarré (du moins après qu’on lui ai enfin coupé son frein de langue après 3 jours de crevasses); je lis et soudain cette phrase : « La revue Cochrane (2011) portant sur 9958 femmes parturientes est claire sur le sujet : « Les péridurales ont permis de soulager la douleur ressentie lors de l’accouchement mieux que n’importe quel autre type d’analgésique ».

La douleur est une chose mais le ressenti global de l’accouchement en est une autre. Bon nombre de mamans ont fait part de difficultés survenues suite à la péridurale et finalement l’impression globale de la naissance de leur enfant s’en est trouvée relativement mitigée. »

Et soudain tout s’éclaire : au début de ma grossesse je me suis laissé porter et suite à une mésaventure ici j’avais décidé de reprendre ma grossesse en main, de redevenir actrice de mon corp, de ma grossesse, de ne plus laisser le corp médical ne voir en moi qu’un uterus et faire mes choix. D’ ou une lecture assidu des vendredi intellos et rédaction d’un projet de naissance avec refus de la
péridurale.

oui …mais

J’ai craqué le jour J, et on s’est empressé de me la donner sans essayer de m’aider à gerer autrement la douleur et en me prevenant qu’a 4 ça pouvait encore être long, que souvent pour un premier on dillate d’1 par heure. (bon je n’accuse personne hein c’est mon choix j’assume, mais peut etre que ça aurait pu être different si on m’avait soutenu dans mon choix initiale lors de ce moment
de faiblesse).
J’ai craqué et aujourd’hui j’ai l’impression que la péridurale en m’anesthesiant physiquement, m’ a aussi anesthesié les sentiments. A la naissance de ma fille je n’ai rien ressentit, ho j’en ai pris soin, j’étais heureuse qu’elle aille bien,qu’elle tète, qu’elle soit si éveillée mais je ne l’ai réellement aimée qu’un bon mois plus tard, le jour ou elle m’a souri pour la première fois.
Et je me dis que la peridurale m’a volé la fin de l’histoire de ma grossesse que je n’ai pas l’impression de l’avoir vécu, tant cette passivité, ces « poussez madame ! »paraissent iréel.

Que la péridurale m’a volé le début de mon autre histoire, celle de la maternité en m’empechant de faire le lien entre le bébé dans monventre que j’aimais déja et celui qui en est sorti, comme si il y avait eu une coupure dans l’histoire, un blanc.

Alors peut être que même sans, j’aurai eu ce manque d’émotion, peut être que si notre societé n’avait pas été si négative et moqueuse quand je disais que je ne voulais pas de péridurale, je ne me serai pas sentit obligée de préciser à chaque fois « qu’effectivement je ne savais pas ce que c’était et que peut être je la demanderai laissant ainsi une faille dans ma volonté, dans laquelle la douleur a pu se faufiller. Peut être que sans peridurale j’aurai eu tellement mal que je n’aurait pas pu acceuillir ma fille differement, et peut être que si la norme en France n’était pas la péridurale on aurait pu m’accompagner différement dans la gestion de la douleur.

oui mais…

Reste ce sentiment  et cette impression que personne n’a voulu acceuillir mon ressentit, que je n’ai pas le droit d’avoir ces sentiment mitigés, parce que j’ai eu un accouchement « parfait ».
Avant je savais que la communication non violente apprennait à acceuillir et à respecter le ressentit et les emotions de chacun, je comprend maintenant dans mes trippes combien c’est important.
Enfin, j’ai commencé par mettre des mots sur ce malaise mardi matin et je l’ai posté sur le groupe facebook «Éducation Bienveillante et Parentalité Positive» et au vu des commentaires que j’ai eu en réponses, j’ai l’impressions que ce malaise vis a vis des emotions liées à nos accouchements sont assez répandus, qu’ils aient été »parfait » ou « catastrophique » personne ne veut accepter nos émotions, comme si le fait que nos enfants aillent bien, rendait négligeable le ressentit de cette étape essentiel de leur venue au monde. Dommage on aurai beaucoup à gagner à prendre le temps d’y revenir, en tout cas mettre des mots structuré sur CA m’a fait un bien fou !

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17 réflexions sur “Un accouchement « idéal »

  1. Comme ça me parle !
    Même si mon attachement immédiat pour mon aînée n’a pas été altéré par la péridural, même si « tout s’est bien passé », j’étais restée sur ma faim… Et surtout j’en voulais à mon compagnon, qui n’était pas du tout impliqué dans la préparation à l’accouchement, et qui bien que connaissant mon projet (je ne peux vraiment pas parler de « notre projet »), ne m’a absolument pas soutenu. Seule « contre » sages-femmes et gynéco, j’ai capitulé… Ma fille est née trop tôt (j’ai poussé quand la gynéco est arrivée, pas quand j’en avais envie) et très en colère ! C’est vraiment la première impression qe j’ai eu. On me félicitait pour sa tonicité, je la sentais en colère. On me félicitait pour l’expulsion rapide, je me sentais frustrée. Aucune écoute, aucune empathie…
    Et monsieur qui m’a dit « je ne me suis jamais senti aussi inutile de ma vie » !

    J’ai « réparé » avec ma cadette : changement de gynécologue, et surtout un RV extraordinaire avec une doula en couple… pour un réel accouchement de rêve ! Nous étions 3 : moi dans ma bulle, à l’écoute de mon bébé, suspendue à mon compagnon, qui faisait barrage avec l’équipe médicale (totalement inutile !). Un moment puissant, le plus intense que j’ai vécu, qui a complètement changé ma relation avec mon propre corps. J’ai tellement adoré que j’en veux un 3è aussi pour revivre un accouchement !!! :)
    Et mon compagnon qui a raconté des dizaines de fois notre accouchement, et qui est partant pour un AAD…

    Les suites de couches, aussi bien du point de vue physiologique que psychique, sont complètement oubliés… (oui, je sais, j’ai une fiche de lecture en cours à ce sujet… que je termine dès que je récupère le livre en question…)

  2. Merci pour ce témoignage. Je crois aussi que dans tous les cas cela fait du bien d’en parler et d’y réfléchir. Le ressenti par rapport à votre accouchement est fondamental. L’aspect psychologique est très important, et c’est peut-être cela qui n’a pas assez été pris en compte par votre entourage (médical et familial).
    Perso, j’ai finalement mieux vécu mon 2e accouchement par césarienne (programmée car bébé en siège, impossible d’accoucher par voie basse là où j’habitais) que mon 1er accouchement par voie basse avec péridurale, car j’avais eu le temps pour le deuxième de me préparer et d’accepter que cela ne serait pas l’accouchement idéal (et peut-être idéalisé) que je voulais pendant ma préparation à la naissance.

  3. Bonjour. Je te remercie d’avoir cité mon article, c’est valorisant pour la fouille que j’ai pu faire sur ce sujet qui me passionne. Mais… je crois bien qu’il faut partir d’un article de presse, d’un livre, ou quelque chose du genre, plutôt que d’un article de blog…(je ne veux surtout pas être une exception à la règle).
    Bon, toujours est-il que c’est très intéressant de voir les réactions des unes et des autres sur ce sujet qui passionne, qui rappelle des souvenirs aux unes ou au contraire qui dérange les autres parce qu’elle n’ont pas perçu la péridurale comme un obstacle à quoi que ce soit (et tant mieux !).
    Concernant le ressenti global des mères, et l’insatisfaction globale ressentie (alors que tout s’est bien passé), tu as raison de le souligner, le fait de choisir la péri. alors qu’on ne la souhaitait pas expressément au départ et souvent source de frustration. Comme si, on se disait « mais je n’ai pas été capable d’y arriver toute seule ! » Et là; c’est effectivement une remise en cause de ses propres capacités.. et c’est dur. Personnellement, j’ai eu un peu de sentiment, mais il a très vite circulé (ouf !). Je comprends qu’il puisse s’installer plus durablement et c’est dommage : je crois qu’il est important d’évacuer. Car il ne faut pas oublier que nos mères, grand mères qui n’avaient pas accès à cette technique, pouvaient avoir des accouchements péniblement épuisants… soldés par un incapacité à s’occuper pleinement de leur bébé dans les premiers jours.
    Il y a un article intéressant à ce sujet (une « VRAIE » étude) (anglais) pour creuser le sujet…
    http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/11561269
    Un autre tout récent là
    http://www.biomedcentral.com/1471-2393/13/108

  4. Merci pour ce témoignage si intime, il me parle beaucoup. Pour ma première j’ai eu déclenchement plus péridurale, que je ne voulais pas au départ mais on ne m’avais pas prévenue que ça allait faire si mal ces contractions artificielles, et que je n’avais personne pour m’aider à les gérer. Ma mère qui prêchait « mais vas-y, tu as mal, prend la péri », mon mari absent parce qu’on l’avait renvoyé dormir (ça sera long monsieur, rentrez vous reposer) mais pas plus « soutenant » car pas du tout investi dans mon projet de naissance.

    Oh oui, cette malédiction sociale qui plane sur nous : sans péri point de salut. Quelle société détestable que celle qui ne conçoit la douleur que silencieuse, ou honorable par les performances sportives. Mais pas en accouchant, surtout pas dans ces moments-là…Pourquoi ?

    Après ce long travail, où j’ai dormi à moitié, et pleuré en dormant, où je rêvais/imaginait mon bébé ressentant TOUTES les contractions et moi aucune…Ce lien coupé, et cette impression d’être une mauvaise mère, une mère lâche. Qui m’a écoutée ? Qui était pour accueillir mes sentiments ? Personne…Par contre les « mais non, c’est pas grave, le bébé dort il ne sent rien » (tu parles) « et puis c’est votre premier, vous ne pouvez pas y arriver sans péri avec toute cette ocytocine » (quel réconfort). Ils ont nié ma douleur, ils ne m’ont pas aidée à traverser cette tempête de sentiments négatifs.

    Quand on m’a dit de pousser j’avais plus envie, après m’être retenue pendant 2 h sur ordre de l’équipe ! Et vas-y que je te menace de césarienne, et que je sors brutalement ton bébé avec des instruments…

    Mais on m’a dit que c’était un bel accouchement. Un accouchement normal pour un premier déclenché.

    Mais les beaux accouchements, j’en ai eu d’autres, sans péri cette fois, un très long, un très rapide, et j’ai demandé qu’on m’examine avant de réclamer la péri (passer de 2 à 6 en 1h, ça fait mal), et quand on m’a dit 6, j’ai retrouvé un nouveau souffle, plus envie de péri. Bel accouchement qui m’a laissée complètement groggy, mais une si belle relation avec ma bébé, une relation qui m’a cruellement manquée la première fois.

    C’est en lisant des témoignages comme le tiens qu’il me vient l’envie de devenir accompagnante à la naissance, je voudrais tellement d’aider les mères et les pères à ne pas vivre ce cauchemar de solitude et d’amertume.

  5. Article très intéressant pour moi… Alors que je dois faire mon plan de naissance dans une semaine. Je n’ai pas non plus l’intention de demander la péridurale, vu comme j’haïs qu’on me pique pour me filer des trucs dans le corps (ou en prendre), mais qui sait, dans l’action, dans la douleur… J’ai l’impression que cela me met aussi la pression pour ne pas montrer que j’ai mal (pas quelque chose à quoi je suis douée), sinon on va forcément me la proposer, non ?

    • Le choix du gynéco / de la sage-femme qui fait le suivi de grossesse, du lieu d’accouchement… et surtout créer une bulle permettant de lâcher prise, sont quelques ingrédients qui permettent d’envisager sereinement un accouchement physiologique.
      Quelques questions à poser :
      > dans quelles positions est-il possible d’accoucher ? (sur le dos, c’est souvent beaucoup plus douloureux !)
      > sera-t-il possible de limiter le nombre de TV (touchers vaginaux), le temps de monitoring (1/2h toutes les 2 heures sont suffisantes – or quand on est branché et qu’on ne peut plus bouger, ouille !), d’avoir un simple cathéter (et pas de « branchement » avec un tuyau qui limite les mouvements) ?
      > est-ce possible d’avoir une lumière tamisée, de mettre de la musique (si tu aimes ça), de parler doucement et de s’adresser en priorité à ton compagnon (il gère le dossier/réponses médicales / tu « gères » exclusivement les contractions, c’est déjà pas mal !).
      Pour rester dans la « bulle » qui permet de passer les contractions sans souffrir, pour lâcher prise, il ne faut pas surtout pas être stimulée… et encore moins se mettre la pression pour paraitre ceci ou cela ! :)

      Magnifique reportage à voir jusqu’à la fin du mois en replay : Entre leurs mains
      http://www.publicsenat.fr/lcp/politique/selection-des-documentaires-public-senat-vod

      Deux articles qui en parlent :
      http://www.poule-pondeuse.fr/2013/12/15/entre-leurs-mains/
      http://10lunes.com/2014/01/si-tard/

    • Je ne pense pas que ce soit une bonne idée !pour que ça se passe bien pour toi il fait vraiment que tu sois dans l instant présent et que ce genre de contingence matérielle soit loin ! Je pense que c est ton homme qu il fait bref fer afin qu il fasse le vide autours de toi, qu il comprenne que c’est plus important que ma douleur et qu il te rappelle doucement, si le moment viens ou tu craque, que tu ne la veut pas, bref qu il te soutienne qu il gagne du temps.
      En en ré parlant avec mon compagnon après cet article il était si désemparé devant ma douleur qu il m’a enjoint à la prendre sans insister mais du coup ça m’a encore plus empêche de résister. Je ne lui en veux pas il a fait ce qu il a pu et comme moi même je n étais pas droite dans mes bottes avant ne sachant pas à quoi M attendre en terme de douleur

    • Jeanne, une piste de lecture que je vous conseille vraiment pour avancer dans votre préparation à la naissance, « vivre sa grossesse et son accouchement, une naissance heureuse » d’Isabelle Brabant aux éditions Chronique Sociale (il vient d’y être réédité!) … J’espère qu’il vous permettra comme moi de vivre vraiment toutes les sensations de la naissance, réussir à exprimer ce que vous ressentez… Je vous souhaite une belle rencontre à venir avec votre bébé!
      http://www.amazon.fr/gp/product/2850089753/ref=pd_lpo_sbs_dp_ss_1?pf_rd_p=471061593&pf_rd_s=lpo-top-stripe&pf_rd_t=201&pf_rd_i=2850085103&pf_rd_m=A1X6FK5RDHNB96&pf_rd_r=08Y1GHM84PQZ7MBSZGNA

  6. Merci beaucoup de ta contribution! Merci aussi d’avoir accepté de nous parler de ton expérience.
    Ce que tu en dis me fait penser une fois encore à quel point il serait utile de proposer un moment quelques temps après l’accouchement aux femmes pour pouvoir le « débriefer », pour pouvoir dire ses frustrations, ses inquiétudes aussi en vue d’une grossesse future, ses colères, de pouvoir lever le voile sur certaines décisions prises, etc…
    C’est souvent proposé lorsque les accouchements ont été traumatiques, et plus j’en lis et plus je me dis que ça ferait du bien même à celles pour qui, en apparence du moins, « tout s’est bien passé »….

  7. J’ai eu (la chance) d’accoucher en moins de 2h30 (perte des eaux dans mon sommeil paisible à 2h du mat), mon fils est arrivé à la maternité à 4h30 … autant dire pas de temps perdu !
    Toutefois cet empressement nous a fait passer à côté d’une arrivée sereine, nous étions prêt pour le marathon des 10h minimum, pour accueillir la douleur …
    Mais « trop » d’un coup et la SF elle même a été dépassée.
    Pas de péri (pas le temps) mais aucun regret. Plutôt des regrets quant aux positions (sur le dos) et à l’épisio qui en a découlé vu ma fatigue intense après 45min de poussée inutile et dont je ne ressentais pas le « besoin » …
    Bref du rapide mais du trop …

    Se préparer à un accouchement « naturel », assumé pour un prochain sera un vrai choix :)

    Marie

  8. Pingback: Alors heureux ? Euh… [Mini-débriefing] | Les Vendredis Intellos

  9. Je suis touchée et émue par votre article et les témoignages des autres mamans dans lesquels je me retrouve complètement. j’ai donné naissance à ma première fille dans une maternité de type III où tout s’est « très bien déroulé » et j’ai raconté autour de moi mon « accouchement de rêve » avec pourtant péridurale posée à 2 de dilatation, sondage urinaire, rupture de la poche des eaux par sage femme, ocytocine posée sans m’en informer etc… A cette époque, je ne savais pas que l’on pouvait donner naissance autrement, pour moi c’était cela une naissance et rien d’autre, j’avais eu « de la chance » de ne pas avoir d’episio, de forceps ou encore de césarienne!
    Ce n’est qu’en attendant notre 2ème enfant qu’un déclic s’est produit, non ce n’était plus ce que je souhaitais, cet accouchement trop médicalisé ne correspondait pas à mon désir pour l’accueil de mon futur bébé. J’ai choisi une maternité permettant un accueil plus « physiologique », et avais émis le souhait de donner naissance dans l’eau sans péridurale. Nous avons, avec mon conjoint, préparé cette deuxième naissance différemment en suivant une préparation en chant prénatal notamment. La lecture du livre « une naissance heureuse – vivre sa grossesse et son accouchement » d’Isabelle Brabant a pour moi été un vrai tsunami (je le conseille à toutes les futures mamans), je découvrais que la future maman pouvait être vue autrement qu’une patiente, une malade!
    En lisant ce livre, j’ai cheminé et compris que je souhaitais vivre pleinement la naissance de mon enfant en étant actrice tout au long du travail.
    Lorsque les premières contractions se sont fait sentir j’ai ressenti le besoin de les vivre chez nous au maximum, j’avais peur de partir à la maternité, peur que mon désir profond et fort de donner naissance sans analgésique ne puisse être respecté, peur de « craquer » dès qu’une sage femme me proposerait la péridurale … Au final j’ai tant attendu que ma fille est née à la maison, dans les bras de son Papa avant l’arrivée des pompiers. Nous avons eu beaucoup de chance, car il n’y a pas eu de complications et sa naissance a été un moment incroyablement puissant et magique. En tant que femme, que mère, j’en suis ressortie renforcée, aujourd’hui j’aime mon corps et je le respecte comme jamais auparavant.
    Cette naissance incroyable ne m’a pas empêché de vivre un gros babyblues par la suite mais m’a rendu plus femme, plus forte, je me suis sentie au pouvoir, on ne m’a rien volé, j’ai été actrice de cet incroyable moment, et pas infantilisée (« non Madame vous ne pouvez pas vous lever, pas vous tourner… Allez pousser! », « euh mais je ne sais pas comment pousser, je ne sens rien! ») j’ai pu exprimer tout ce que je ressentais, pleurer, rire, pousser des râles quand j’en ressentais le besoin, quelle liberté!
    Bien sur de nombreuses naissances avec péridurale ne se passe pas comme mon premier accouchement (péridurale mieux dosée, maman plus écoutée) mais je regrette que pour cause de coupe budgétaire notamment on valorise la péridurale car les mamans se « gèrent » ainsi seules et ont moins besoin des sages femmes… On valorise ainsi l’acte médical versus l’humain … Je suis persuadée qu’une femme accompagnée par la même sage femme toute sa grossesse et pendant toute la durée de son accouchement sera mieux à même de gérer ses contractions et sa douleur lors de la naissance.
    Merci de m’avoir permis de prendre la plume sur ce beau sujet que j’avais déjà abordé un peu ici http://leblogdeslulus.com/2013/09/16/une-naissance-heureuse/
    Je souhaite à toutes les futures mamans de prendre le temps pendant leur grossesse de réfléchir à leurs désirs, leur vision pour réussir à être accompagnée au plus près de leurs envies (péri ou pas, positions, accouchement à domicile, en maternité etc…)
    Bonne route à toutes!
    Amicalement,
    Leslie des Lulus

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