Adoptés, puis abandonnés à nouveau

L’adoption est un sujet délicat, surtout quand on n’a pas ce vécu.

A la lecture de cet article du figaro : Adoptés, ils sont abandonnés une deuxième fois 

Plusieurs questions ce sont posées à moi, je pensais que la dureté et la longueur des démarches servaient aussi à un accompagnement. Qui n’est peut-être pas celui que je crois. je me demande si on on peut se permettre certaines questions, si on n’a pas peur de ne pas avoir son agrément pour des questions considérer comme déplacer. Nous avions pensé à l’adoption, et ce projet est toujours dans nos têtes. Je suis donc à l’affut d’expériences, de vécus et d’avis.

Dans cet article on démarre par des chiffres qui sont pour moi élevés :

Entre 5 et 15% des enfants adoptés en France sont confiés aux services sociaux. Dans certains cas extrêmes, les parents adoptifs abandonnent définitivement leurs enfants.

Environ 2000 enfants sont adoptés en France chaque année, et l’histoire familiale qui s’ensuit peut virer au drame. Le phénomène est extrêmement difficile à quantifier, car très peu d’études ont été menées sur le sujet. Selon les derniers chiffres publiés par le ministère de la Santé il y a plus de 10 ans, près de 15% des enfants adoptés sont ensuite placés auprès des services sociaux.

L’article a recueillis des témoignages sur un sujet où peu d’études sont faites, ce qui est étrange lorsque l’on voit le nombre d’enfants qui ont besoin d’une famille et de familles prêtes a adopté.Sur le site du gouvernement j’ai trouvé cet info, mais il n’y a rien depuis 2011 ( niveau chiffres) :

après avoir presque doublé en 15 ans, tend à diminuer (- 7 % entre 2009 et 2010)

Vous pourrez voir ici: Statistiques 2011

Les chiffres sur l’âge des enfants adopter et les adoptions international

Dans l’article il nous donne le témoignage d’une mère :

Jeanne a ainsi confié sa fille, Johanna, aux services sociaux à 12 ans, six ans après l’avoir adoptée. «Elle ne m’a jamais aimée. Dès la première rencontre, elle ne voulait même pas me regarder. J’ai confié mes doutes aux professionnels, sur place, qui m’ont dit que tout s’arrangerait», confie-t-elle.» Quelle naïve j’étais, poursuit Jeanne. Rien ne pouvait apaiser Johanna. Elle avait construit un mur de haine autour d’elle et appelait sans cesse sa mère biologique. Elle avait vécu l’adoption comme un enlèvement.»

C’est, raconte Jeanne, après des années de conflit et de disputes insolubles avec Johanna, qu’elle décide de la placer auprès de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE). «J’ai pleuré des nuits entières», raconte-t-elle. «Mais Johanna ne semblait se sentir bien qu’en collectivité, elle était par exemple heureuse quand elle allait au centre aéré». Cette séparation, qu’elle imaginait temporaire, est aujourd’hui définitive. «Johanna n’a jamais voulu revenir», poursuit Jeanne. Elle n’a plus aucune nouvelle

C’est là que je me demande, comment ce passe l’accompagnement? Vers qui ces familles peuvent-elles se tourner pour avoir du soutient de la part de familles ayant vécu cette situation? Où alors est-ce inévitable? Je demande toujours si un parent qui adopte ce sent-il forcément plus juger? Et surtout l’est-il?

Le passé traumatique de l’enfant rend en effet parfois très difficile la construction d’une relation familiale. «Les parents sont bercés d’illusion. Il est faux de croire qu’avec de l’amour, on résout tout»

C’est ce qu’explique Sylvie Lebris, co-fondatrice de l’association PETALES

Parents d’Enfants souffrant de Troubles de l’Attachement – Ligue d’Entraide et de Soutien

Il y a une situation à laquelle je n’avais pas songer celle d’une jeune fille adopter par son beau-père… Qui quelques années plus tard divorce de sa mère et fit le choix suivant :

Seul un juge peut décider de rompre une adoption, soit en retirant la garde aux parents adoptifs dans le cas d’une adoption plénière, soit en la révoquant, dans le cas d’une adoption simple. C’est ce qu’a décidé de faire le père d’Eva, qui l’avait adoptée après s’être marié avec sa mère. Dans certaines histoires, pas question de déracinement ou d’incommunicabilité. «Je suis sûre qu’il m’a désadoptée pour que je ne puisse jamais lui demander d’argent ou toucher d’héritage», affirme la jeune femme.

Nous continuons notre chemin sur la construction de notre famille, et nous nous remettons toujours en questions sur nos pensées, notre ressentis, car la meilleur volonté du monde ne suffit pas… J’ai aussi écrit un billet sur mon blog, sur mon ressentie lors de mon premier accouchement, un bref avis sur l’interview de Valérie Lermecier et son énorme maladresse face aux mères, avec un lien vers le billet de Marie Perarnau qui est extrêmement bien fait. Et je parle aussi d’un blog, qui a changer beaucoup de choses pour moi sur la vision de l’adoption et les choix fait par ces parents qui pour moi, est exceptionnel…

Voici mon article : Le fruits de TES entrailles

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12 réflexions sur “Adoptés, puis abandonnés à nouveau

  1. Pingback: Le fruits de TES entrailles | merecruelle

  2. je ne sait pas vraiment d’où sortent ces statistiques, ça revient tous les ans comme un « marronnier » dans la presse….bien sur que ça existe mais d’où sortent ces chiffres? Il n’y a effectivement aucun suivi post-adoption (à part quelques visites des assistantes sociales du conseil général la première année – pour nous rien, c’était il y a 13 ans…)
    On monte en épingle des situations familiales certes réelles mais exceptionnelles. (il faudrait mettre en parallèle avec les placements et problèmes avec les enfants bio pour avoir une idée précise)
    Il est vrai que l’attachement à son enfant n’est pas automatique et que certains enfants ne sont pas aptes à être adoptés car inaptes à accepter de se laisser aimer. Ils ont souvent vécu des situations très difficiles avec des abandons successifs et donc ne peuvent plus s’attacher car ils se protègent.
    pour vous donner une idée je suis abonnée à un groupe yahoo de parents adoptants (nous sommes environ 2000 membres) et depuis 10 ans que je suis membre je crois qu’on n’a vu que deux situations critiques où l’enfant partait vivre ailleurs (à l’adolescence)…
    Donc bon oui il y a des situations où les parents et les enfants sont obligés de se séparer mais je pense que c’est plutôt rare….
    ET MEILLEURS VOEUX AUX V.I !!!!!!

  3. Bonjour
    Le suivi post adoption s’améliore doucement: création des COCA consulations adoption, mais beaucoup manquent de moyens. Pour nous (via OAA) il y a eu 3 visites à domicile par les bénévoles de l’OAA, des coups de fil de l’As de l’agrément, un suivi par an à envoyer au pays de naissance jusqu’à la majorité des enfants, un contact régulier avec l’OAA.

    Environ 150 000 enfants font l’objet d’une procédure à l’ASE (placement, retrait partiel..) je ne trouve pas de chiffre clair.
    7 à 15%, ok mais es ce plus ou moins que l’ensemble des familles? là est la vraie question.
    Sommes nous des « super parents » parce que adoptants? non. Le chiffre des familles adoptantes peut être plus élevé car TOUTE les familles adoptantes ont un enfant abandonné donc avec une histoire difficile à gérer pour l’enfant.

  4. Merci beaucoup de ta contribution aux VI!!! C’est un sujet délicat et complexe, que je suis très très très loin de bien connaître…
    J’avoue être un peu sceptique sur les chiffres que tu annonces… du moins si effectivement il est possible qu’une proportion notable d’enfants adoptés soient à un moment donné en lien avec l’ASE, je ne pense pas que cela conduise dans la majorité des cas à un « deuxième abandon »…
    A titre d’exemple, des amis à mes parents ont rencontré de grandes difficultés avec leur fille – adoptée à l’âge de 3 mois – au moment de son adolescence. Aucune défaillance familiale, aucun signalement des services sociaux, mais les conflits entre la jeune et ses parents ajoutés à la quête identitaire de celle-ci l’ont conduite à demander son placement – temporaire – en foyer, qui n’a duré que quelques temps et permis de restaurer des relations plus vivables au sein de la famille. Je pense que ce scénario est probablement assez courant compte tenu de l’histoire d’abandon systématique et parfois très lourde de chaque enfant… Du coup, j’avoue être un peu gênée par la formulation de l’article que tu cites, qui jette un regard pas forcément très bienveillant sur les parents adoptants…

    • Tout à fait d’accord avec votre message….nous sommes en pleine adolescence (14 ans dans 1 mois) et pour le moment tout va (encore?) bien avec bien sur des bouderies et comportements (horripilants) propres aux ados. Si la situation devenait invivable je pense qu’on agirait évidement pas dans le sens de se séparer de notre enfant mais de mettre un peu de distance pour lui permettre de réfléchir sur notre relation (genre partir un an à l’étranger dans une famille/aller en pension etc….en accord avec elle bien sûr). Nous n’en sommes pas là….notre fille est une ado tout à fait adorable ;-)
      Évidement les enfants adoptés ont vécu un abandon, une blessure qui reste en eux toute leur vie …mais les enfants bio peuvent aussi souhaiter rompre pour un temps avec leur famille…(ce que j’ai fait a 18 ans pétantes et je suis revenue vers ma famille au bout de quelque temps)

  5. Je suis une maman de coeur. Il est vrai que nous sommes accompagnés sur notre chemin de l’adoption. Mais pas forcément l’accompagnement que vous pensez. On doit maintes et maintes fois prouver que nous serons des parents « parfaits ». Alors oui, on parle beaucoup, on lit beaucoup, on va voir des conférences et puis on attend, on attend et on attend. C’est très très long.
    Et puis, on passe de la vie rêvée à la vie réelle. Dans mon cas, j’ai vrillé, j’ai eu une grave dépression post adoption, pour beaucoup de raisons. Je m’en suis sortie grâce à de l’aide et de l’amour. Malgré ce début difficile, je suis devenue la mère de mon grumeau.

    Alors c’est comme pour les parents biologiques, quelques fois, ça ne marche pas. Je ne jugerai jamais. Mais nous sommes des parents comme tous les parents, il y a aussi des parents maltraitants, des déchirements, des divorces, des problématiques d’attachement.
    Voilà ce que je pense.

  6. Pingback: Alors heureux ? Euh… [Mini-débriefing] | Les Vendredis Intellos

  7. C’est un sujet délicat et complexe. Les chiffres donnés par le Figaro, avec une fourchette très large, 5 à 15 %, et dont on ignore la source, montrent bien à quel point cette réalité est mal cernée. Il y a des familles adoptives qui rencontrent des difficultés, ces difficultés sont parfois temporaires et dans certains cas, elles sont sans issue. Je vous conseille la lecture de la revue Accueil, publiée par la fédération Enfance & Familles d’adoption en mars 2014 « Adoption(s) en souffrance » qui s’efforce d’aborder le sujet sans tabou en s’appuyant sur l’expertise de professionnels et des témoignages et un regard sur les études menées en France et à l’étranger.
    http://www.adoptionefa.org/index.php/component/content/article/37-generalites/37-generalites/691-accueil-nd-170-mars-2014-adoptions-en-souffrance

  8. Un sujet plus qu’intéressant… j’ai une sensibilité particulière pour ces situations. J’ai une soeur adoptive, avec laquelle les choses n’ont pas toujours été facile pour mes parents. C’était il y a déjà longtemps, maintenant, nous sommes tous mariés ou en couple, mes frère et soeurs et moi (2 soeurs et un frère)… Je sais que la période de l’adolescence a été compliquée, chargée de doutes, et à mon sens fort violente (même s’il ne s’agissait pas de violence physique, mais d’une douleur tellement grande de ma soeur qu’elle en voulait au monde entier)…

    Et puis, il y a quelques années, j’ai rencontré une nouvelle amie, une amie psy, maman adoptante… Elle a depuis réalisé son projet d’accompagnement de familles adoptantes et de familles d’accueil. Ce que j’apprends au quotidien avec elle, c’est qu’il existe des troubles de l’attachement, mais que ça n’est pas encore assez connu, ni même reconnu. Formée notamment au Canada, elle a une multitude d’outils à proposer. Et je ne peux m’empêcher de faire le lien… oui, ma soeur adoptive et mes parents auraient compris les choses différemment s’ils avaient pu être accompagnés de cette façon. Moi-même, je comprends mieux certaines choses que nous avons vécues…

    C’est une lourde responsabilité d’accueillir l’enfant d’un autre, et on n’a pas toujours imaginé que la situation allait être difficile. Ca me touche qu’on puisse imaginer abandonner à nouveau un enfant qui a déjà vécu ce traumatisme, mais sans jugement, je regrette qu’on n’ait pas pu leur proposer un accompagnement adapté… Voilà, pour mon petit témoignage sur ce blog que je découvre avec intérêt ;à)

    • Si tu as la possibilité de venir partager ces ressources dont elle t’a parlé (ou si tu penses qu’elle serait heureuse de le faire) n’hésites pas à venir le faire ici!!!

  9. Pingback: Le fruits de TES entrailles | MèreCruelle… DameBidou

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