La circoncision, mesure d’hygiène ou mutilation?

Je me souviens que quand j’étais enceinte de mon fils, un soir, mon mari, allongé dans le noir, m’avait dit: « Il faut qu’on parle d’une chose: Je ne sais pas comment ça se passe en France, si on a l’habitude de circoncire les garçons ou pas, mais moi vivant PERSONNE n’approchera le pénis de mon fils avec des ciseaux ». Plus récemment, il m’a aussi dit: « La circoncision, c’est un peu comme couper les orteils pour lutter contre le fléau des bouloches de chaussettes entre les orteils, non? » (oui, mon mari est vice-champion départemental de métaphore pourrie).
Je dois dire que l’idée ne m’avait pas effleurée. Ce n’est pas dans ma culture ni prescrit par la religion dans laquelle j’ai été élevée. Mais quand j’en ai parlé avec une copine qui a grandi aux Etats-Unis et de religion israélite, j’ai provoqué chez elle une réaction toute aussi épidermique, et toute aussi vive, dans l’autre sens. Ce n’était pas tant la tradition religieuse qui motivait son sentiment, mais l’hygiène: Elle était révulsée à l’idée d’un homme « entier ». Elle m’avait un peu rappelé Charlotte dans Sex and the City qui rencontre son premier pénis non coupé et dit d’un air dégoûté: « Il y a tellement de peau, on dirait un Shar-Pei! »
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20131206.01
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La recommandation de l’Assemblée Parlementaire Européenne, discutée et adoptée le 1er octobre dernier, a relancé un vif débat, puisqu’elle cite la circoncision des garçons, au milieu d’un texte visant à combattre l’excision féminine et à encadrer les opérations chirurgicales sur les enfants intersexués:
L’Assemblée invite donc les Etats membres:

7.5. à prendre les mesures suivantes en fonction des catégories de violations de l’intégrité physique des enfants:

7.5.1. condamner publiquement les pratiques les plus préjudiciables, comme les mutilations génitales féminines, et adopter la législation les interdisant, afin de doter les pouvoirs publics des mécanismes de prévention et de lutte effective contre ces pratiques, y compris en appliquant «les mesures législatives ou autres nécessaires pour établir leur compétence» extraterritoriale si des ressortissantes du pays ont été soumises à des mutilations génitales féminines, tel que stipulé par l’article 44 de la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (STCE n° 210);
7.5.2. définir clairement les conditions médicales, sanitaires et autres à respecter s’agissant des pratiques qui sont aujourd’hui largement répandues dans certaines communautés religieuses, telles que la circoncision médicalement non justifiée des jeunes garçons;
7.5.3. entreprendre des recherches complémentaires afin d’augmenter les connaissances de la situation spécifique des personnes intersexuées, s’assurer que personne ne soit soumis pendant l’enfance à des traitements médicaux ou chirurgicaux cosmétiques et non cruciaux pour la santé, garantir l’intégrité corporelle, l’autonomie et l’auto-détermination aux personnes concernées, et fournir des conseils et un soutien adéquats aux familles ayant des enfants intersexués;
S’il n’est pas question de l’interdire, l’Assemblée semble considérer que la circoncision, pratiquée dans le cadre d’une tradition religieuse, n’est pas médicalement justifiée et doit à ce titre être strictement encadrée.
Le Journal du Quotidien du Médecin dans CET ARTICLE, nous apprend que le débat fait rage en Suède, où:
Le Défenseur des enfants en Suède a appelé samedi son pays à interdire la circoncision, qu’il estime contraire aux droits fondamentaux des garçons. « Circoncire un enfant sans justification médicale ni son consentement enfreint d’après nous les droits humains de cet enfant », écrit l’ombudsman des enfants, Fredrik Malmberg, dans une tribune cosignée avec des professionnels de la santé dans le premier quotidien suédois, « Dagens Nyheter ». « L’opération est douloureuse, irréversible et peut entraîner des complications dangereuses », a-t-il rappelé.
Au contraire, cet article de Slate défend la circoncision, et dénonce la mauvaise image qui en est donnée, alors que plusieurs études révèlent qu’il n’y a pas de différence pour les hommes circoncis en termes de qualité de la vie sexuelle, et que l’OMS recommande la circoncision comme outil de prévention dans les pays où il existe une forte prévalence du VIH. Dans ces pays, la circoncision serait ainsi une question de vie ou de mort! Et pour Mark Joseph Stern (journaliste américain auteur de l’article original), qui s’appuie sur les conclusions du CDC (Centers for disease controle and prevention):
« Là n’est pas le seul avantage de la circoncision. Elle peut aussi protéger les hommes contre plusieurs MST, réduisant par exemple les risques de contracter l’herpès et la syphilis. Par ailleurs, la circoncision est une mesure de prévention particulièrement efficace contre la transmission du VPH chez les hommes, réduisant par là même les risques de développer un cancer du pénis. Les hommes circoncis sont par ailleurs beaucoup moins susceptibles de contracter des verrues génitales ou de développer des infections des voies urinaires.
Moins de circoncision signifierait plus de MST et d’infections – soit plusieurs milliards de dollars de plus en dépenses de santé. »
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Alors, que penser? Est-ce qu’en ne circoncisant pas nos bébés, nous les privons d’une précieuse mesure d’hygiène et d’une protection efficace contre les IST? Est-ce que dans quelques années, la circoncision fera partie des mesures d’hygiène phares au même titre que les vaccins? Est-ce que le prépuce est, comme les dents de sagesse ou l’appendice, un organe qui a perdu sa fonction – protéger le pénis de l’homme batifolant nu dans la nature hostile?
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J’ai essayé de dépasser mon « instinct » de protection de tigresse pour dresser un bilan « coût-avantage » de la circoncision. C’est très compliqué, parce que sur le sujet, il est difficile de trouver des informations en dehors de débats enflammés et orientés. Et parce qu’il semblerait qu’on ne soit, en fait, sûr de rien. En faisant mes recherches, je trouvais des informations qui me semblaient fiables et convaincantes, et 3 secondes plus tard, des informations tout à fait contraires.
  • Prévention du Sida et des IST: A l’origine, la circoncision rituelle n’était pas faite pour des raisons prophylactiques. Pour beaucoup de sociétés africaines, il s’agit d’un rite de passage. Dans l’ancien testament, la circoncision est une forme de « marquage », et aussi un « sacrifice », une diminution du plaisir souhaitable pour raison morale. Mais le fait que l’OMS considère la circoncision comme une « arme de choix » dans la lutte contre le VIH, semble montrer son efficacité en termes de prévention des IST. Même si l’épidémie n’est pas aussi dramatique dans le monde occidental que dans certains pays d’Afrique ravagés par la maladie, il semble qu’il y ait une recrudescence du SIDA chez les jeunes, convaincus que c’est maintenant une maladie qui se soigne bien… L’American Academy of Pediatrics (AAP) a également déclaré que les avantages de « la circoncision élective des nouveau-nés mâles l’emporte sur les risques de la procédure » et que « les avantages pour la santé sont suffisants pour justifier l’accès à cette procédure pour les familles qui la choisissent » mais qu’ils « ne sont pas assez grands pour recommander la circoncision de routine pour tous les nouveau-nés de sexe masculin ». Cette déclaration pourrait cependant avoir été faite pour justifier la prise en charge de la procédure par les assurances médicales et éviter ainsi des circoncisions « sauvages ».
D’un autre côté, de nombreux organismes et médecins sont d’avis que l’intérêt de la circoncision n’est pas démontré en dehors des zones à forte prévalence de VIH. C’est le cas de l’urologue Christian Castagnola qui au cours du congrès d’urologie française en 2012 dit que:
« La plupart des sociétés savantes s’accordent sur le fait qu’il n’y a aucun fondement médical à la circoncision en dehors des pathologies du prépuce (phimosis, paraphimosis). Son intérêt en termes de prévention des infections sexuellement transmissibles comme le sida n’est pas démontré en dehors des zones de pandémie. Pas d’avantages non plus, en termes d’hygiène ou de prévention du cancer de la verge. »
« la fréquence des maladies modifiables par la circoncision, le niveau de protection offert par la circoncision et le taux de complications de la circoncision ne justifient pas la circoncision systématique des nourrissons »
  • Mesure d’hygiène: En ce qui concerne l’hygiène, j’ai appris qu’entre le gland et le prépuce du pénis non circoncis pouvait s’accumuler le « Smegma », substance dont la fonction n’est pas encore bien connue. Elle pourrait lubrifier et hydrater (voire désinfecter) le gland, mais aussi être une marque de mauvaise hygiène, faciliter les infections et contenir des hormones participant à la signature odorante individuelle (miam?). Mais la nécessité de nettoyer cette partie de l’anatomie « en profondeur » pourrait aussi tenir de la croyance, et plus nuisible qu’autre chose – C’est ce qu’affirme Martin Winckler au sujet du décalottage.  A ce sujet, pour une fois, Américains et Européens semblent s’accorder puisque la Royal Dutch Medical Association affirme « qu’il n’existe aucune preuve convaincante que la circoncision est utile ou nécessaire lorsqu’il s’agit de prévention ou d’hygiène » et que de la même manière,  l’American Academy of Pediatrics indique que si « la circoncision a été suggérée comme un moyen efficace de maintenir l’hygiène du pénis depuis l’époque des dynasties égyptiennes, il y a trop peu d’éléments pour établir le lien entre la circoncision et l’hygiène optimale du pénis ». Pour ma part, je n’ai jamais eu à me plaindre de l’hygiène de mon mari!
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  • Répercussions sur la vie sexuelle: Du côté des coûts, une autre grande incertitude: la répercussion de la circoncision sur la vie sexuelle. D’autant plus difficile pour moi à apprécier que je ne suis pas l’heureuse propriétaire d’un pénis (Allô, Freud?). Quel est le rôle du prépuce dans le plaisir sexuel?
D’un point de vue anatomique, il semble qu’il soit très innervé et donc joue un rôle important (pour mon mari c’est une évidence…) – c’est ce qu’a trouvé le British Journal of Urology dans une étude de 1996 (attention il y a des images de zizis disséqués dans ce lien, éloignez les enfants!). L’exposition du gland aurait aussi pour effet la kératinisation de son épithélium et donc une sensibilité moindre (bien moindre selon cette étude!).
Et pourtant, ce qui semble être une revue systématique de la littérature conclut qu’aux vues de toutes les études menées, il n’y a pas d’altération des fonctions sensorielles ou sexuelles dues à la circoncision. Cette étude conclut le contraire…
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  • Douleur: Outre les risques liés à la procédure elle-même (hémorragiques, infectieux etc…), un point qui me chiffonne beaucoup est la douleur. Car souvent, la circoncision est faite sur le tout jeune nouveau-né (D’après ce que j’ai pu lire, à deux jours de vie aux US, à 8 jours pour les circoncisions religieuses juives par exemple). Or à ce stade, une anesthésie générale est difficilement envisageable, et l’efficacité des anesthésies locales est douteuse. Jusqu’à très récemment, on considérait même que, de toute façon, les bébés ne ressentaient pas la douleur (aargh! On a eu besoin de mener des études scientifiques pour conclure que ah tiens, SI, comme un adulte – bizarrement!)… Et aujourd’hui la circoncision est souvent pratiquée après une simple application de crème Emla (dont l’efficacité est, je crois, nulle pour une coupure profonde). Personnellement, j’ai beaucoup de mal à dépasser la révulsion que ça m’inspire. Mais enfin, je ne sais pas si mon sentiment est justifié. Par exemple, je n’ai jamais pu assister à la vaccination de mon fils non plus!

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  • Ethique: Enfin, et c’est pour moi ce qui est le plus problématique, il s’agit d’une décision qui est prise pour l’enfant, sans son consentement. Et donc pose des problèmes liés à l’éthique et au droit à l’intégrité physique. Il semblerait que plus la circoncision est pratiquée tard, plus il y aurait de risques de diminution des sensations sexuelles. Et l’on recommande le plus souvent qu’elle soit pratiquée avant « l’éveil sensuel » des garçons, c’est à dire avant qu’ils soient en âge d’exprimer leur consentement.
Mais comment prendre une telle décision pour son enfant, alors que la balance bénéfice-risque semble tant varier d’un individu à l’autre? Pour un homme qui aura de multiples partenaires sexuelles, peut-être que la circoncision sera salutaire. Pour un autre, peut-être que la douleur sera un traumatisme, et que la possible diminution des sensations n’apportera aucun bénéfice parce qu’il aura peu de partenaires? Y-a-t-il plus intime et personnel que la vie sexuelle? Et donc est-ce que je peux juger pour lui des risques que je suis prête à prendre? Personnellement, je ne crois pas.
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Difficile de conclure de façon très tranchée… Je trouve pour le moins maladroit que la recommandation de l’Assemblée Parlementaire Européenne relative à la circoncision soit au milieu de recommandations relatives à l’excision, cela peut prêter à confusion, or on ne parle quand même pas de la même chose. Je ne la pratiquerais pas moi-même, mais compte tenu de toutes ces informations contradictoires, je ne me permettrais pas de juger des parents qui choisissent d’y avoir recours. Une interdiction générale telles que défendue en Suède serait en plus contraire au principe de liberté du culte. Cependant, le cadre juridique de la circoncision rituelle en France n’est pas très clair. Or, si la circoncision en elle-même me semble défendable, j’ai vraiment beaucoup de mal à concevoir qu’on puisse imposer une circoncision à vif (ou quasi). C’est principalement en ça que j’aprouve cette recommendation, parce que je crois que l’expérience de la personne qui la pratique et le traitement de la douleur ne peuvent pas être laissés dans le flou.
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54 réflexions sur “La circoncision, mesure d’hygiène ou mutilation?

  1. Vaste sujet en effet. De façon tout à fait personnelle, un élève de CM1 s’est fait circoncire en cours d’année l’an passé, il n’est pas venu pendant une semaine et semblait avoir souffert.
    Je suis d’accord avec toi sur le côté gestion de la douleur (horrible sur un nouveau-né!) ainsi que sur le non-respect de la personne. Si c’est une histoire de religion, pourquoi ne pas attendre que le jeune homme soit en âge de choisir?
    D’un autre côté, d’après ma petite expérience d’hommes circoncis ou non, s’il y a une diminution du plaisir sans prépuce, ça ne se voit pas ^^.

    • Merci pour ton commentaire!

      Oui, tous les témoignages de mamans que j’ai pu lire relatifs à la circoncision de petits garçons pour raisons médicales vont dans ce sens. Même avec une anesthésie générale, la douleur est très importante (et dure longtemps) après l’opération. Pour ça, moi qui était très inquiète pour l’anatomie de mon fils, je trouve l’article de Winckler (il y en avait un qui avait les mêmes conclusions dans la revue Prescrire) bien rassurant – tant que l’enfant n’est pas gêné, surtout ne rien toucher. Je n’ai vraiment pas envie de lui ingliger ça!

      Moi aussi d’après ma maigre expérience, le seul petit ami que j’ai eu et qui était circoncis (à la suite d’un accident de foot impliquant des crampons, *gloups*), avait une sexualité tout-à-fait heureuse et épanouie, aucun problème à signaler, aucune plainte de sa part… Mais il avait été opéré asez tôt (7 ans?), donc était-il en mesure de dire s’il avait perdu en sensibilité?

      La raison pour laquelle on attendrait pas, serait que plus on attend, plus les risques d’une mauvaise cicatrisation, ou de pertes de sensation sont importants. En tout cas c’est la raison invoquée, je ne sais pas si c’est fondé.

  2. Merci pour cet article traite bien différents aspects de cette problématique.
    J’en tire les mêmes conclusions que toi.
    A part pour des raisons médicales, je ne vois aucune raison valable pour la circoncision imposée à un enfant. (Quid du décalottage forcé que certains parents pratiquent encore ? Apparemment c’est maintenant tout à fait déconseillé car cela pourrait provoquer un phimosis par la suite.)

    Pour la question de la diminution des sensations, ça me semble logique puisque la peau n’est plus protégée, elle doit se désensibiliser un chouilla. Est-ce significatif ? Je ne sais pas, seuls les hommes ayant été circoncis une fois adulte peuvent comparer je suppose…

    • Sur le décalottage, je trouve l’article de Winckler très bien et rassurant, je t’invite à suivre le lien. C’est vrai que cette pratique (française, en Angleterre il n’en est pas question!) est bien ancrée chez nous, et par exemple dans ma famille, on m’a souvent posé la question! Du coup, je m’inquiétais, là où je pense qu’il n’y a pas lieu!

      Des raisons valable de circoncire, je ne sais pas, il semblerait que ça dépend des circonstances? Par exemple, ma mère qui est médecin et spécialisées dans les IST pense que pour certains hommes, ce serait pas un mal! Elle est particulièrement inquiète de la recrudescence de patients jeunes qui sont séropositifs. Mais pour moi la douleur et le fait d’avoir à choisir pour mon fils sans son consentement sont quand même des obstacles majeurs.

  3. Difficile de conclure de « façon très tranchée » (mouahahah quel sens du verbe ;-)). Pour mes fils aussi c’est OVER MY DEAD BODY. Pour ce qui est de l’effet de kératinisation, j’ai envie de dire, heureusement pour eux qu’il existe (imagines, le calvaire permanent qu’il y aurait pour eux à se balader avec tout ça à l’air !).
    Disposant de mes dents de sagesse, de mes végétations et de mon appendice (mais pas d’un pénis, certes), je me dis que ça aussi, ça doit encore avoir une utilité. On retire rarement les dents de sagesse ou l’appendice ou quoi que ce soit d’autre de façon totalement préventive. Généralement les propriétaires manifestent de la gêne sinon de la douleur ?
    La question de la prise en charge de la douleur du nourrisson et sa reconnaissance me paraît bien au cœur du débat comme tu le soulèves… Alors mesure d’hygiène ou pas, pratique culturelle et religieuse ou pas, dans le doute, peut-être vaut-il mieux s’abstenir !

    • Je n’ai lu l’article qu’en diagonale mais je reprends cette idée de « la pintade aixoise » : si la nature nous a fourni de tel ou tel organe ou autre, c’est bien qu’il y a une raison, qu’il a un fonction.
      Je n’ai plus ni végétations (si j’ai bien compris qq articles récents, je suis de la génération où on les enlevait à tout va), ni appendicite, ni dents de sagesse (elles mes faisaient mal ; d’après ce que j’ai compris là, c’est que la modification de notre mode d’alimentation notamment la proportion de viande pourrait être la cause de la modification de notre dentition) mais si j’avais été en âge de choisir et avec mes idées d’aujourd’hui, je ne le referais pas.

      • Je ne sais pas, il est possible que certains de nos organes soient obsolètes compte tenu de l’évolution de notre environnement? Même si personnellement je ne crois pas que le prépuce en fasse partie!

        Ce qui est dommage, c’est que parfois notre société a des travers hygiénistes (il faut masquer à tout prix les odeurs corporelles, mais se laver « l’intimité » trop souvent – ou par exemple, faire des « douches vaginales » lui enlève sa protection naturelle et cause plus de problèmes qu’autre chose), ou bien que l’on impose des changements à une personne en bonne santé, soi-disant pour qu’elle aille mieux. Parfois le mieux est l’ennemi du bien et cette recherche d’une « perfection médicale » va peut-être à l’encontre de nos intérêts?.

    • Haha j’ai même pas fait exprès de parler de tranche dis donc.

      Oui on n’enlève pas l’appendice en préventif, mais la procédure est assez invasive quand même, donc ça se comprend. Les dents de sagesse, il me semble que si, une fois visibles à la radio? Pour éviter qu’elle sortent et posent des problèmes? Ceci dit, il n’y a aucun débat relatif à une perte de qualité de vie dans ces deux cas, alors que pour la circoncision, bin…

      Sur la norme culturelle et religieuse, je suis un peu embêtée parce que personnellement, dans ma culture il y a des pratiques qui paraissent tout à fait babares (le foie gras, la corrida…), et que j’aurais quand même envie de défendre. Là en plus, c’est une pratique fondamentale pour des minorités à l’histoire chargée en persécutions. Je pense que si l’encadrement est absolument nécessaire (en particulier pour la prise en charge de la douleur), une interdiction est plus délicate (et l’assimilation aux mutilations génitales féminines est très regrettable).

      • Ah oui c’est sûr que ce n’est pas la même chose que pour l’excision qui (sans dire de bêtise je crois) ne présente que l’utilité de supprimer le plaisir sexuelle « facile » aux femmes… Grosses questions que tu as soulevé ici !

        • Bin figure-toi que pour l’excision, par chez nous, c’était fait à l’origine pour soigner l’obsession sexuelle (si on se faisait attrapper en train de se masturber, en fait!), la dépression, mais aussi, par mesure d’hygiène, parce qu’il n’y a pas que les zizis d’hommes qui sécrètent du smegma…
          L’hygiène est aussi invoquée par celles qui se sont soumises volontairement à l’excision (si, ça existe!): http://fr.groups.yahoo.com/group/excision_volontaire/message/849

          En Afrique, c’est un souvent rite religieux. Dans les société Massai, on supprime le prépuce parce que c’est la partie féminine de l’homme (c’est aussi une épreuve pour passer de l’enfance à l’âge adulte), et le clitoris parce que c’est la partie masculine de la femme, les deux ont lieu aux alentours de 10-12 ans.

        • Je crois que c’est pas le sujet ni le lieu pour ce débat là! Et puis j’ai pas de justification (à vrai dire, je ne crois pas que ce soit défendable par des arguments raisonnables / raisonnés), juste, si c’était interdit, je me sentirais dépossédée d’une partie de mes racines, de ma culture, de souvenirs d’enfance que je chéris..

          • Aussi dépossédée que les réducteurs de têtes, auxquels on a interdit la pratique de tuer un homme puis garder son crâne comme poupée-porte-bonheur à chaque nouvelle naissance ? :)
            On fait des gestes violents, autour des enfants, quand même, de part le monde…
            Faudra faire un article là-dessus, tu risques d’avoir des commentaires !

            • Euh, intéressante comparaison! Il me semble que les réducteurs de tête étaient plutôt motivés par la vengeance et opéraient sur les conquérants espagnols qui étaient en train de mener à bien, de façon méthodique, leur génocide. N’est pas toujours le barbare qui croit.
              Juste pour le plaisir j’ai envie de citer un film que j’ADORE, Les Invasions barbares. de Denys Arcand:

               » Soeur Constance
              – Vous dites ça parce qu’on vit dans une époque horrible…

              Rémy:
              – Pas spécialement horrible, non, non, pas du tout. Contrairement à ce que les gens pensent, le XXe siècle a pas été particulièrement sanguinaire. Les guerres ont fait cent millions de morts. C’est un chiffre généralement admis. Ajoutez dix millions pour le goulag russe, les camps chinois on saura jamais, disons vingt millions, vous arrivez à cent trente, cent trente-cinq millions de morts. C’est pas très impressionnant si vous pensez qu’au XVIe siècle les Espagnols et les Portugais, sans bombes et sans chambres à gaz, ont réussi à faire disparaître cent cinquante millions d’Indiens d’Amérique latine. C’est du beau travail, ça, ma soeur, cent cinquante millions de personnes à la hache ! Vous me direz qu’ils avaient la bénédiction de votre Eglise, mais c’est quand même du beau travail. A tel point d’ailleurs qu’en Amérique du Nord les Anglais, les Hollandais, les Français et éventuellement les Américains se sont sentis inspirés et ils en ont égorgé cinquante millions à leur tour. Deux cent millions de morts au total. Le plus grand massacre de l’histoire de l’humanité, et ça c’est passé ici, là, autour de nous, et pas le moindre petit musée de l’holocauste.
              L’histoire de l’humanité, ma soeur, c’est une histoire d’horreur. »

              Quant à la Corrida, quand j’y pense, je revois les manades de Camargue o­ù je passsais mes vacances dans mon enfance, des taureaux qui galopent dans de grands espaces entourés de gardians à cheval habillés de blanc avec des foulards rouges, pas sûre que les vaches d’élevage aient un sort plus enviable. Mais évidemment, c’est une opinion affective (et donc compètement biaisée) plutôt que raisonnable et forgée par mon vécu et ma culture, j’en suis tout à fait consciente.

              • Mince alors, on m’aurait menti au sujet des réducteurs de têtes ? Mes souvenirs datent d’un cours d’histoire de l’art (c’est pas toujours ce qu’on croit), autant dire que ça date.
                Une autre version :
                http://fr.wikipedia.org/wiki/T%C3%AAte_r%C3%A9duite
                Sympas, les Jivaros, j’aime bien, surtout les colliers…

                J’adore ce dialogue ! Ceci dit, petite précisions, les colons ne se sont pas salis les mains ! A la hache, vous n’y pensez pas, mon cher Rémy. Les colons n’auraient pas réussis un tel holocauste sans les armes à feu qui les mettaient hors de portée de flèches…
                Et il faut ajouter les épidémies (variole, peste, typhus, et autres bricoles…) et tous ceux qui sont morts de faim, suite au massacre des bisons.
                Un génocide d’une telle ampleur qui ne sera jamais reconnu, ça fait froid dans le dos.

                Digression à part, je n’arrive plus à caresser une poule un jour et manger un poulet rôti le lendemain ; ni participer à une transhumance et faire griller les côtelette du cousin de l’agneau qui a mangé dans la main de mes filles. Et je ne supporte plus le lait en pensant au traitement de la vache et du veau qu’il induit ; alors la corrida, burp…
                Mais les habits de lumière sont chouettes, hein ? Surtout le legging rose bien moulant !!!

                D’ailleurs, ils sont entiers ou pas, les toreros ?
                Et hop, le lien avec l’article ! :)
                (Jusqu’où peut mener un échange sur la circoncision, quand même… )

                • Moi j’ai pris le parti de soutenir l’agriculture familiale plutôt que de devenir végétarienne.

                  Je ne mange pas de nuggets de McDo et d’œufs de poulets élevés en batterie, mais je mange du foie gras (une fois l’an) qui vient de fermes familiales label IGP – des fermiers amoureux de leur métier qui savent qu’un canard qui a subi un stress ne fait pas de la bonne viande. Je trouve que c’est courageux de leur part de perpétuer cet élevage « alternatif » et je pense que c’est important de les soutenir.
                  Je ne mange pas non plus de burgers / kebabs hors ceux qui viennent de chez mon boucher dont les bêtes ont été bien traitées, et le lait est frais et bio chez nous (c’est plus facile à trouver en Angleterre).

                  Alors évidemment, tous ces animaux, il faut les tuer pour les manger, et ça, ça n’est jamais philosophiquement défendable.

                  Le costume reflète la symbolique de la Corrida: Il ne s’agit pas de tuer froidement pour le plaisir. Mais le combat représente la victoire de la féminité, l’intelligence et la grâce (le Torrero) face à la virilité et la force brute (le Taureau) – oui en plus de tout la Corrida est sexiste. Le geste de la mise à mort est d’ailleurs très technique, rapide, précis, sans douleur.

                  Après, je n’aurais personellement aucun plaisir à voir une Corrida (je crois que la dernière que j’ai vue, j’avais 4 ans!). Mais selon les points de vue, ça peut-être, exactement comme pour le foie gras, une pratique extrèmement barbare, ou un art (ou un savoir-faire) des plus raffinés.

      • Euh, l’ablation préventive de l’appendice, ce fut fait il n’y a pas si longtemps… genre avant que les gamins partent en colo histoire de pas emmerder les parents avec une appendicite (c’est le récit de ma sage femme).

        • C’est le cas de ma mère, opérée sans réelle inflammation de l’appendice, mais elle aimait tellement pas la colo qu’elle avait prétendu avoir mal au ventre, d’où la décision d’opérer!

  4. Bonsoir,

    Je suis le fondateur du mouvement Droit au Corps, qui milite contre la circoncision imposée aux enfants. J’aimerais réagir à votre article et y apporter quelques compléments.

    1) Concernant l’article de Stern

    Il s’agit d’un article totalement partial qui passe volontairement à côté des arguments fondamentaux et occulte les faits qui ne vont pas dans son sens (voir mon message intitulé « Tentative ratée de ridiculiser un mouvement légitime » dans les commentaires).

    Je vous invite à lire les réponses qui ont été apportées à cet article :

    http://fullcomment.nationalpost.com/2013/10/04/j-steven-svoboda-the-perils-of-circumcision/
    http://goodmenproject.com/ethics-values/an-open-letter-to-the-author-of-how-circumcision-broke-the-internet/
    http://www.huffingtonpost.com/william-m-obarr/circumcision-debate-_b_3963346.html
    http://www.patheos.com/blogs/friendlyatheist/2013/09/23/mark-joseph-stern-and-the-conversation-he-wont-have-about-circumcision/

    2) Concernant les « bénéfices médicaux » invoqués pour justifier la pratique de la circoncision

    Cela fait 150 ans que des prétextes sont invoqués pour pérenniser la pratique.

    La stratégie est toujours la même :

    – diabolisation du prépuce, responsable de tous les maux,
    – apologie du pénis circoncis et de ses soit disant bénéfices,
    – renfort avec études médicales

    Je vous invite à vous intéresser à l’histoire de la circoncision dans les pays anglo-saxons pour comprendre comment tout cela a démarré : http://www.droitaucorps.com/circoncision-etats-unis-pourquoi

    Si demain on cherchait des bénéfices médicaux à certaines formes de mutilations génitales féminines (MGF), tout le monde en serait (heureusement) scandalisé.

    C’est pourtant ce qu’il s’est passé aux Etats-Unis où certaines formes de MGF étaient prônées par des médecins jusque dans les années 1960, et bien sûr cela a encore cours dans d’autres pays du monde.

    Par exemple, certains partisans des MGF invoquent aussi l’hygiène comme argument.

    En parlant de smegma, les femmes aussi sécrètent du smegma.

    3) Circoncision en Afrique

    Concernant les programmes de circoncision de masse qui ont lieu en Afrique : c’est tout simplement ignoble et scandaleux.

    En bref, on invite les africains à jouer à la roulette russe avec une balle dans le barillet au lieu de deux, ce qui au final ne changera rien.

    Je vous invite à vous pencher sur les campagnes de propagande (je pèse mes mots) qui sont menées pour inciter les hommes à se faire circoncire : http://www.droitaucorps.com/circoncision-afrique-sida-2013

    Ainsi qu’à consulter cet article de fond pour mieux comprendre : http://www.droitaucorps.com/circoncision-sida-protection

    4) Impact sur la sexualité

    Vous n’avez pas cité l’étude de Frisch (2011) : http://ije.oxfordjournals.org/content/early/2011/06/13/ije.dyr104.abstract

    Mais y a-t-il vraiment besoin d’études ?

    Il n’y a pas de débat sur ce qu’est le prépuce : http://www.droitaucorps.com/prepuce-cest-quoi-definition

    N’importe quel homme intact peut immédiatement témoigner de sa sensibilité.

    L’ablation du prépuce a évidemment un impact puisqu’il prive de cette partie sensible et fonctionnelle.

    Vous citez cette étude : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23937309

    Il faut savoir que son auteur n’est autre que Brian Morris, un fanatique de la circoncision masculine.

    Voir son passage télé dans lequel il n’hésite pas à dire que la circoncision devrait être obligatoire : http://www.youtube.com/watch?v=gdGbXdEo93U

    Cet homme n’a absolument aucune crédibilité sur le sujet. Pour plus de détails, voir également : http://www.circleaks.org/index.php?title=Brian_J._Morris

    5) Douleur

    La circoncision est très douloureuse, bien que certains partisans de la circoncision soutiennent le contraire (certains osent même dire que l’enfant ne sent rien).

    Je vous invite à écouter les conclusions du Docteur Annequin : http://www.youtube.com/watch?v=K-AogwkZAeE

    6) Ethique

    Il s’agit bien évidemment du point fondamental.

    Le droit à l’intégrité physique doit primer : personne n’a droit d’intervenir sur les organes génitaux d’un enfant, sauf en cas de raison thérapeutique avérée.

    On est d’accord pour dire cela lorsqu’il s’agit de petites filles : tous les types de MGF sont condamnés par l’ONU, y compris les formes les moins invasives comme la piqûre rituelle.

    La circoncision masculine doit être condamnée de la même manière : tous les enfants sont sur un même pied d’égalité.

    Les petits garçons ont autant droit à la protection de leur corps que les petites filles. C’est au propriétaire du corps de décider ce qu’il veut en faire plus tard.

    Quelle que soit la raison, la circoncision reste une atteinte physique irréversible. Un homme adulte pourra toujours se faire circoncire, s’il le souhaite, ou conserver son corps intact. Mais un homme à qui l’on a imposé la circoncision ne retrouvera jamais son état initial.

    Concernant les autre institutions contre la circoncision, il faut aussi citer la résolution des ombudsmans nordiques (vous évoquiez celui de Suède, c’était avant la signature) et bien d’autres : http://www.droitaucorps.com/circoncision-masculine-definition#8

    Cordialement,

    Nicolas

    • Merci pour toutes ces précisions et informations, on peut dire que j’ai eu de la lecture.

      Je reviendrais juste sur deux points sur lesquels je ne suis as tout-à-fait d’accord avec vous.
      – Sur l’égalité petit garçon – petite fille: Cette assimilation entre circoncision et excision me dérange. Même si le procédé de la circoncision me heurte, les conséquences ne sont pas comparables avec celles de l’excision.
      – Sur la circoncision en Afrique: D’abord merci d’avoir décortiqué les études sur lesquelles OMS et ONUSIDA semblent avoir basé leur décision. Je n’ai pas les compétences pour le faire, n’ayant aucune formation scientifique. Ma réflexion était basée sur la décision finale de ces organisations qui, je l’espère naïvement, ont longement réflechi à l’efficacité de la circoncision en zone de prévalence du VIH avant de la prescrire. Dans les autres opinions (par exemple celle de l’urologue que je cite), il me semble qu’il est dit qu’il n’y a pas de bénéfice prophylactique hors pays à prévalence. Je comprends qu’à contrario, le bénéfice pourrait être réel dans les pays à prévalence. La principale critique de cette décision, est le sentiment d’immunité que pourraient avoir les hommes circoncis (et donc l’abandon de l’usage du préservatif). Mais c’est le même argument qui est utilisé par beaucoup contre le préservatif: celui-ci n’étant pas infaillible (surtout vu leur mésusage et leur piètre qualité en Afrique), mieux vaut prôner l’abstinence! Si la circoncision peut constituer une sécurité supplémentaire, parce que personne ne respectera l’abstinence et parce que les préservatifs sont loins d’être une protection fiable à 100%, alors l’utilisation de la circoncision comme autre moyen préventif ne parait pas totalement scandaleuse. Le point important est qu’il faut aussi éduquer et informer les patients lorsqu’ils décident de la subir.

      • Bonjour,

        pour vous répondre :

        1) Il ne s’agit pas d’assimiler ou de comparer, il s’agit de dire que TOUS les enfants sont sur un pied d’égalité et doivent être protégés contre les atteintes à l’intégrité physique et autres violences.

        Je me permets ici de citer le docteur en droit Sami Aldeeb :

        « Chaque atteinte est inacceptable. Tous les enfants sont sur un pied d’égalité. Qui va mettre le curseur, la limite ? On l’explique peu mais sans rentrer dans les détails, la circoncision connaît quatre formes, de même que l’excision. Et il existe des circoncisions plus graves que certaines excisions. A Oman, on coupe deux millimètres du capuchon du clitoris. Une forme de circoncision va enlever toute la peau du pénis, comme un saucisson ; les séquelles sont terribles. Qui va juger et déclarer qu’un tel a droit à la protection de son intégrité et pas l’autre ? »

        Ainsi, ce n’est pas le degré de gravité qui doit décider si on interdit une pratique, mais le fait qu’il y ait atteinte à l’intégrité physique.

        Si vous raisonnez en terme de degré de gravité, alors faudrait-il autoriser les formes de mutilations génitales féminines les moins graves ?

        Voir cette vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=WFNhM-F089E

        2) La décision d’introduire la circoncision en Afrique a été prise par des pro-circoncision, comme l’explique Michel Garenne dans notre article dédié.

        Lui et d’autres ont montré que la circoncision n’a pas d’impact en population générale.

        Ces programmes sont un vrai scandales : des millions d’hommes vont se faire circoncire pour rien, alors qu’on pourrait faire de l’éducation et distribuer des préservatifs avec les millions de dollars investis.

        Des enfants sont également circoncis…

        Voir notre point 2013 : http://www.droitaucorps.com/circoncision-afrique-sida-2013

        C’est aussi un marché juteux pour certains fabricants de dispositifs, voir Prepex : http://www.droitaucorps.com/rwanda-circoncision-prepex-sida

        Aider les africains en les incitant à se faire circoncire ? C’est tout simplement ignoble.

        Le scandale finira bien par éclater un jour, lorsque des millions de gens se seront fait circoncire et que le taux d’infection au VIH n’aura pas bougé. Mais ce sera trop tard : la pratique sera devenue une norme sociale et les enfants seront circoncis à la chaîne…

  5. En fait quand il y a plus de 2 liens dans un commentaire, il est mis en attente et doit être approuvé, c’est pour ça que le vôtre n’est pas apparu tout de suite!

  6. Juste un commentaire-témoignage féminin : j’ai préféré les relations avec des hommes intacts, car une peau fine, lisse et humide entre avec plus de douceur… personnellement, je préfère ! :)

    En revanche, je n’ai aucun souvenir de différence de sensibilité entre mes partenaires successifs de l’époque (ça commence à dater !).

    Je ne sais pas si j’aurai un fils un jour, mais si oui, il n’en sera évidement pas question !!!

  7. Pour moi c’est très simple : quand ça concerne les enfants incapables de donner leur consentement éclairé, c’est niet. Et c’est bien que l’Europe essaie de rappeler leurs droits.
    Les justifications médicales concernent toutes des maladies d’adultes, et de faible occurrence. Ça peut très bien attendre que l’enfant grandisse et devienne capable de choisir lui-même.

    • Pour moi ça n’est pas si simple.
      En tant que parent, on est parfois amenés à prendre des décisions pour nos enfants qui concernent leur santé. Par exemple, si l’on choisi de vacciner (ou de ne pas vacciner) ses enfants, on prend pour eux un certain nombres de risques.
      Dans le cas de la circoncision, si les bénéfices en termes de prévention des IST étaient avérés et qu’il s’agissait d’un moyen efficace de les protéger, alors la question mériterait d’être débattue.
      Pour moi ce n’est pas le cas (en tout cas dans nos contrées), mais c’est pour ça que je me suis posé la question.

      • Re-bonjour,

        si vous me permettez, votre raisonnement ne tient pas pour 2 raisons très simples :

        -> la circoncision n’est pas une « mesure de santé » comme pourrait l’être un vaccin. Aucune association médicale ne recommande une circoncision de routine pour les enfants. Par contre, elles recommandent le vaccin.

        -> la circoncision n’est pas un moyen de combattre les IST. Et même si c’était le cas, les enfants ne courent aucun risque concernant les IST car ils ne sont pas sexuellement actifs.

        Dès lors, il n’y a aucune raison d’imposer la circoncision à un enfant qui par définition ne peut consentir.

        La personne fera ce qu’elle veut de SON sexe quand elle le décidera.

        Si des études montraient que couper certaines parties du sexe féminin, comme les lèvres, était un moyen de diminuer le risque de contracter les IST, tout le monde trouverait horrible d’imposer cela à une petite fille.

        Pourquoi serait-ce différent pour le corps d’un garçon ?

  8. Pour ce qui est de la diminution du plaisir sexuel, peut-être n’est-ce pas si négatif que ça : une femme met généralement plus de temps à jouir qu’un homme, donc la circoncision permettrait à l’homme de retarder sa jouissance ?

    • Bin je pense que ça dépend des hommes , des femmes, des couples, de la fatigue, de l’excitation… sincèrement j’ai du mal à voir un côté positif à une diminution du plaisir.

    • D’une part, il est préférable pour une femme ou un homme d’avoir des rapports sexuels avec un homme intact (plus pratique, action mécanique du prépuce…).

      D’autre part, ce n’est pas un argument pertinent : que diriez-vous si un homme demandait à une femme de se couper telle ou telle partie de ses organes génitaux pour améliorer son plaisir ?…

    • Vraiment Emilie? Donc vous trouvez « pas si négatif que ça » l’idée que votre homme perd fonction et sensation sexuelle pour faciliter votre jouissance? Si on inverse les choses, vous seriez d’accord pour enlever pour toujours la partie le plus sexuellement sensible de votre corps pour mieux permettre a votre partenaire de jouir? Ca serait gentil de votre part, mais quel genre d’homme égoïste et ignorant pourrait souhaiter une telle chose? En tout cas, ça serait à vous de décider pour vous-même. Vous n’avez en aucun cas le droit d’imposer une telle décision sur un enfant avec de tels arguments.

  9. Merci beaucoup de ta contribution Drenka!!!! AHHHHHHH que ça fait du bien de te lire!!!!
    Que puis-je ajouter sinon que je suis d’accord avec toi, et que pour avoir regardé certaines opérations sur CanalU (oui, parfois j’ai des occupations bizarres) ça me choque profondément de l’imposer sans raison médicale à un enfant qui ne peut exprimer son consentement ni bénéficier d’une prise en charge convenable de sa douleur (dit la fille qui supporte à peine de voir son nouveau-né pleurer, au sein, pendant le test de Guthrie).
    Reste que la question doit être difficile à trancher quand on vit au sein d’une culture, d’une famille ou d’une communauté religieuse pour qui c’est la norme…

    • Aaaaah, bin y a pas que moi qui parle de question difficile à « trancher », sans se rendre compte, hum!

      (et bin moi je pourrais pas regarder ça, je crois, brrrrr).

  10. Merci pour cet article. Il faudrait des témoignages de circoncis ;-).
    De manière peu cohérente, voici mes points de vue sur la question :
    – d’abord j’étais contre, je considérais la circoncision comme l’équivalent de l’excision
    – ensuite, j’ai eu quelques partenaires circoncis, et il m’a semblé qu’ils n’en étaient pas traumatisés, que leur plaisir n’était pas diminué, et considéraient que leurs éventuels fils seraient également circoncis. J’avoue de manière très subjective et personnelle, je préfère un partenaire circoncis. Ce n’est clairement pas un argument pertinent, c’est juste un constat. Et évidemment, ça ne sera jamais un élément décisif, ni même important.
    – puis j’ai dû envisager, la question des enfants – pour le moment carrément entre parenthèses, mais bon j’ai quand même envisagé -, et là ben, non, ça je peux pas. En admettant que l’éventuel papa le souhaite, je plaiderai en faveur de laisser l’enfant décider, à quel âge ? bonne question, mais à un moment où ça peut faire sens pour lui.
    Cela dit, de la même manière, même si l’enjeu n’est pas de même ampleur, j’ai du mal avec les parents qui perce les oreilles des bébés ou bambins. C’est aussi irréversible. J’ai les oreilles percées mais « en jachère », et quand j’y pense, je peux pas m’empêcher de me dire : on est quand même bizarres, on fait des trous dans le corps pour y suspendre des trucs. Bref, là aussi, ça serait bien d’au moins laisser le temps à l’enfant de le vouloir.

    • Qu’un homme circoncis en soit content ou non ne change pas le fait qu’imposer cela a un enfant est une violation du corps de l’enfant qui entraîne la perte irréversible d’une partie de son pénis.

      Je vous invite à retrouver les témoignages d’hommes qui souffrent de leur circoncision à différents niveaux, ceux qui n’ont jamais la parole et qui auraient simplement préférés qu’on ne touche pas à leur corps : http://www.droitaucorps.com/temoignages-hommes-contre-circoncision

      • Tout à fait d’accord. C’est pour ça que d’après moi ce serait de la volonté de l’enfant… la question ce serait de savoir à partir de quel âge on considère que l’enfant peut choisir.

        • Mais pourquoi donc devrait-donc proposer ce « choix » à quelqu’un ? Est-ce que l’on propose aux femmes de se retirer une partie du corps une fois grande ? En soit, c’est très étrange.

          Si une personne veut se faire circoncire, c’est à un âge où elle est capable de donner un consentement dit « libre et éclairé » : http://fr.wikipedia.org/wiki/Consentement_%C3%A9clair%C3%A9

          La meilleure chose est d’attendre la majorité. Certains comme dans les pays nordiques récemment, parlent de 15 ou 16 ans.

          Il faudrait voir ce qui existe sur le plan juridique concernant les tatouages, chirurgies plastiques, etc.

          • Laisser le choix (plutôt que le « proposer ») : parce que certains donnent à cet acte un sens spirituel / religieux. Alors, d’accord, l’imposer, ça ne va pas. Mais celui qui adhère à cela, ça me paraît logique qu’il ait ce choix. Disposer de son corps, c’est aussi pouvoir vouloir être circoncis.
            Je trouve que la comparaison avec les tatouages et la chirurgie plastique est intéressante : parce que la signification que ça a pour la personne, on n’a pas à s’en soucier, c’est juste qu’il faut placer un cadre. Moi perso, je ne veux ni l’un ni l’autre, mais je n’ai pas à l’interdire à ceux qui veulent se tatouer ou se raboter le nez. Remarque que là aussi, on pourrait se poser la question : dans quelle mesure les diktats de la mode n’influencent pas les choix de liposuccion ou rembourrage de la poitrine ? tu demandais si on « propose » aux femmes de changer leur corps… ben un peu oui ! aux hommes et encore plus aux femmes, on impose sournoisement un modèle à suivre. (mais bon, je sors un peu de la question).

            (Et de nouveau, c’est marrant que personne ne s’étonne des piercings sur les bébés… c’est tellement admis culturellement, que ça ne pose pas question.)
            Bonne nuit aussi ;)

            • Ah, mais je m’insurge à chaque fois que je vois un bébé avec des boucles d’oreilles ! Surtout quand la justification c’est « ben elle ne se souviendra pas de la douleur » ou « au moins on ne confond plus avec un garçon »…

              Pour mes filles, c’est clair et net : quand elles seront majeures si elle veulent (je ne pense pas qu’à 15 ans on soit vraiment responsables de ses choix), sur leurs deniers personnels, mais jamais je ne financerais une quelconque mutilation, ni d’ordre sexuel, ni d’ordre esthétique !
              Aucune femme dans ma famille proche n’a de piercing, ça aide d’avoir des modèles féminins différents des médias.

              • ça fait plaisir de voir quelqu’un qui y pense :). Ma maman avait dit que je pouvais le choisir à partir de 8 ans. Bon je ne l’ai regretté que 20 ans plus tard – un jour où j’essayais d’enfoncer les bijoux et que mon oreille était rouge pivoine, je me rendais compte de l’absurdité : me faire mal pour un bijou -, donc j’imagine qu’à 18 ans je l’aurais fait aussi.

    • Merci pour ce témoignage! Je pense que je ne l’ai jamais envisagé une seconde, mais entre la réaction de ma copine américaine, et mon app de grossesse qui me dit cette semaine « si vous pensez faire circoncire votre enfant, commencer à l’organiser », bin je me suis interrogée!
      Pour ce qui concerne la question des boucles d’oreilles, on s’est déjà posé la question aux VI! C’est ici: https://lesvendredisintellos.com/2011/12/09/3069/

  11. Bravo pour cet article nuancé sur une question délicate.

    Ce sujet est passionnant car il brasse de nombreuses thématiques. Le simple fait que le mot « circoncis » puisse désigner un homme ou un groupe d’hommes en dit long sur l’importance accordée à cet acte.

    Ayant été opéré à l’âge adulte pour des raisons médicales, le plus difficile (toute proportion gardée, hein) aura justement été d’accepter de faire partie de ce « groupe » aux yeux des autres. Le sentiment de devoir se justifier de son état, d’être renvoyé à des pratiques culturelles autres que celles de sa culture maternelle est étrange. C’est aussi très enrichissant de vivre dans sa chair une forme de stigmatisation physique. Ce n’est jamais bien méchant au début, cela commence par des sous-entendus. Une de mes compagnes passées n’a ainsi jamais crû à ma non-judéité. J’ai de la chance qu’il s’agisse d’un signe plutôt discret mais je comprends mieux la désagréable impression d’être appréhendé par sa seule différence. Je n’irai pas jusqu’à dire cela m’a rendu plus tolérant mais j’ai pu comprends ce que pouvaient ressentir ceux qui ont une peau plus foncée ou une silhouette qui ne colle pas aux canons actuels.

    La circoncision hygiénique m’amuse en revanche. Je dois reconnaître que j’ai fini par me laisser convaincre par cet argument hygiéni-ste tout en sachant parfaitement que la circoncision n’est pas plus hygiéni-que. Le prépuce n’est pas sale et le laver ne demande aucun effort surhumain. Le fait est qu’un gland circoncis et relativement sec donne une impression de propreté plus immédiate qu’une muqueuse humide dans nos pauvres cerveaux façonnés par les images du sexe plastique et du corps trop naturel pour être honn… propre. À croire que les mythes puritains ont la vie dure.

    Sur le point de vue du plaisir sexuel, je ne pense pas que mon expérience fasse loi mais j’ai pu observer que : 1. oui, la sensibilité du gland diminue, 2. ce n’est pas dérangeant car la sensibilité entière du pénis change, les zones érogènes ne sont plus exactement les mêmes. Dit plus simplement, faire l’amour, c’était bien avant. Ça l’est toujours maintenant. Mieux ? Je ne sais pas. Je ne recommande à personne la circoncision sans raison médicale valable mais je crois que je serais un peu désemparé si je me réveillais demain matin avec un prépuce retrouvé.

    Pour en revenir à un sujet plus grave, je ne sais enfin que penser de la circoncision des enfants pour raison culturelle/religieuse. Moralement, elle n’a pas lieu d’être : je ne sais pas si c’est une mutilation mais le fait elle que cet acte porte atteinte à l’intégrité physique d’un être non-consentent. Ce n’est pas anodin, même si toutes les conditions de confort (anesthésie, hygiène opératoire) sont respectées. D’un autre côté, on ne peut pas ignorer des millénaires de tradition. C’est un acte profondément ancré dans la psyché collective des peuples qui la pratiquent… comme beaucoup de pratiques « barbares » heureusement disparues répondront ses détracteurs. C’est sans doute naïf mais je pense l’éducation et le débat préférables à l’interdiction.

    Désolé d’avoir été un peu long. Il est rare de pouvoir en discuter intelligemment, voire de pouvoir en discuter tout court d’ailleurs. Coupé ! :-)

    • Merci pour ce témoignage précieux!
      Tout à fait d’accord sur votre phrase « C’est sans doute naïf mais je pense l’éducation et le débat préférables à l’interdiction ».
      Je pense également que, puisque la pratique  » est profondément ancrée dans la psyché collective », l’interdire ne sera pas forcément efficace si l’on veut que les petits garçons aient le droit de chosir et qu’on considère que les parents ne devraient pas faire ce choix en leur nom. L’éducation et l’information devraient à mon sens être le cheval de bataille.
      Le tout étant d’informer sans agresser / culpabiliser! Pas simple.

  12. ahhh j’aime cet article car il est intéressant et pose plus de question que n’offre des réponses tranchées (oui … encore jeu de mot foireux sans le vouloir) .
    Perso j’ai découvert la chose il y a peu justement en lisant le site Droit au Corps justement, et je trouve que la comparaison entre circoncision et excision n’est pas une abhération ! sur le site il était expliqué que l’homme perdait pas mal de quantité de peau et donc de zones inervées, etc… et que du coup techniquement parlant, quand une femme est excision on lui coupe/abime le clitoris et donc elle se retrouve privée d’une partie de son périnée, structure nerveuse qui fait comme une « couche » sous l’entrejambe de la femme et trèèèès sensible sexuellement (et oui la sexualité ne se résume pas à juste un endroit). Du coup l’excision et la circoncision sont deux pratiques qui fondamentalement privent la personne d’une partie de ses sensations sexuelles, quelque soit le but initial ! La seule raison valable qui devrait justifier la moindre intervention sur le corps d’une personne qui n’est pas en état de donner son consentement devrait être médicale et c’est tout !!! les rituels religieux peuvent, doivent évoluer, avancer et s’adapter aux nouvelles connaissances médicales ! avant on ne savait pas, maintenant on sait que ces pratiques sont une mutilation qui engendrent des conséquences non négligeables pour la personne concernée. Evidemment que les hommes circoncis très jeunes ne peuvent pas se plaindre de leur situation vu qu’ils n’ont pas connu leur pénis (sexuellement parlant) autrement que circoncis.. Comment se plaindre du manque d’une chose qu’on n’a pas connu ? J’ai sans doute une position assez tranchée sur le sujet, n’étant pas rattachée à une religion en particulier, mais je ne vois pas en quoi critiquer ces pratiques peut une seconde remettre en question la valeur d’une religion, vu que sa valeur n’est pas caractérisée par cette seule pratique. à une époque la religion catholique brûlait des sorcières sur des bûchers… ils ont heureusement évolué (bon y a encore du boulot ;) ) …et ça ne change pas les valeurs fondamentales de cette religion. les religions concernées par ces pratiques archaïques n’ont pas besoin de ça pour prouver leur valeur. j’ai eu l’occasion de « croiser » plusieurs hommes circoncis et la différence est énorme sur cette question de la quantité de peau, effectivement la peau est plus tendue… alors bon, je leur ai demandé… mais j’en reviens à dire qu’on ne peut pas dire qu’on souffre de quelque chose de non connu. la grosse différence entre excision et circoncision est que l’excision engendre des handicaps et des gros problèmes physiologiques sur la vie d’une femme (ou bien est ce que parce que les conditions de l’excision se font dans des conditions « artisanales » ? ou qu’il y a aussi souvent d’autres pratiques comme l’infibulation ou toutes ces barbaries inimaginables pour « fermer » le sexe de la femme ? je ne connais pas assez le sujet.

    Bref, tout ça pour dire que vraiment à mes yeux, au delà de « circoncision ou non », on ne devrait jamais agir sur le corps d’une personne en situation de dépendance hors raison médicale !!! c’est irrespectueux, incorrect, inacceptable car on utilise la hiérarchie relationnelle pour disposer du corps de la personne… boucles d’oreilles comprises …

    • Je suis d’accord avec toi quand tu dis que remettre en cause la circoncision, ce n’est pas rejeter les religions dans lesquelles elle est prescrite.
      En revanche, cela me met mal à l’aise qu’on mette systématiquement dans le même panier circoncision et excision. Pour avoir fait un peu des recherches (https://lesvendredisintellos.com/2012/05/04/peut-on-vouloir-etre-excisee/), l’excision ce n’est pas simplement une pratique qui « prive la personne d’une partie de ses sensations sexuelles ». Les conséquences vont bien au-delà. Et quand on traite de circoncision et d’excision dans la même recommendation, on entretient un peu un flou, une image beaucoup plus barbare de la circoncision que ce qu’elle peut être. En ce sens je comprends l’indignation des chefs religieux sur ce texte.
      Ce n’est peut-être pas représentatif mais je trouve le témoignage de cet homme circoncis juste au-dessus intéressant. Il est en mesure de comparer, il ne pense pas que sa sexualité ait été diminuée. Alors évidemment, il y a un biais. Et j’entends que les médecins eux-même circoncis aient forcément un a priori positif sur la circoncision. Mais nos avis sont de toute façon systématiquement biaisés, par notre culture, notre vécu, etc…
      Quant à dire qu’on ne devrait pas agir sur le corps d’une personne en situation de dépendance hors raison médicale, bien sûr. La question que je me posais était justement: Y-at-il un bénéfice médical à la circoncision. Pour la réponse n’est pas tout-à-fait claire, même si il me semble que la balance penche vers le non.

      • Encore une fois, il ne s’agit pas de comparer en degré de gravité.

        Certaines formes de MGF sont moins graves que l’ablation du prépuce : sont-elles pour autant tolérables ? (cf mon message plus haut)

        La seule position viable sur le plan de l’éthique et du droit est la suivante : tous les enfants ont droit à l’intégrité génitale.

        Dire qu’il faut protéger les filles de toutes les atteintes, mais pas les garçons, est une posture purement sexiste.

        Dire qu’il faut interdire/autoriser les mutilations infantiles en fonction du degré de gravité de la pratique est dangereux : cela ouvre la porte à la médicalisation de certaines formes « soft » de MGF.

        Ce sont justement ce que certains de leurs partisans demandent…

        Voir déclaration des Pédiatres allemands de 2012 :

        « L’actuel projet de loi du gouvernement fédéral sur l’étendue des soins et de la surveillance de l’enfant dans le cas de la circoncision masculine ouvre de façon non intentionnelle la voie à des demandes de légalisation de la circoncision pour les fillettes. […] Et bien sur, Mohamed Kandeel, professeur de gynécologie et d’obstétrique à l’université de Menofiya, en Egypte, exige une légalisation mondiale des mutilations génitales féminines (FGM) de type 1a et 1b, ce qui signifie la seule ablation du capuchon clitoridien (prépuce clitoridien) (type 1a), ou avec le clitoris (type 1b). Il prétend qu’aucune conséquence négative ne peut être prouvée pour les femmes affectées, et que par conséquent il est incompréhensible que la circoncision des garçons soit permise mais celle des filles interdite dans le monde entier. »

        http://www.droitaucorps.com/condamnation-circoncision-pediatres-allemagne

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