Le don d’ovocytes

Pour ma première participation aux V.I. J’ai choisi de traiter du don d’ovocytes, et plus particulièrement vous présenter le site internet officiel concernant ce don rare. Pour commencer, le don d’ovocytes, qu’est-ce que c’est ?

Et bien il s’agit, comme du don de sang, de moelle…etc, de faire profiter à autrui d’une partie de soi qui lui permettra d’améliorer sa vie. Et dans ce cas précis il s’agit, comme pour le don de sperme, de donner la chance à un couple de devenir à parents, à une femme de devenir mère et à un homme de devenir père.
Le site www.dondovocytes.fr est concis et très clair. Il se présente en 4 parties : accueil, pourquoi faire un don, comment le faire, où s’adresser.
Le site explique bien les tenants et aboutissants du don. On apprend par exemple que :
« Les ovocytes sont donnés à des couples qui ne peuvent pas avoir d’enfant, soit parce que la femme, bien que jeune, n’a pas naturellement d’ovocytes, soit parce que ses ovocytes présentent des anomalies, soit parce que, pour être soignée d’une maladie grave, elle a subi un traitement qui a détruit ses ovocytes. Ils peuvent également être destinés à des couples risquant de transmettre une maladie génétique grave à l’enfant. Dans tous les cas, le couple receveur doit être en âge de procréer. L’homme et la femme formant ce couple font leur démarche dans un cadre médical et légal strict d’assistance médicale à la procréation. »
Et le cadre légal est parfaitement défini :
« Le don est anonyme:
– Donneuses et receveuses ne peuvent connaître leurs identités respectives,
– La loi dit aussi qu’aucune filiation ne pourra être établie entre l’enfant issu du don et la donneuse.
– Cet enfant est celui du couple qui l’a désiré, sa famille est celle dans laquelle il est né.
– La loi limite le nombre d’enfants issus du don d’ovocytes d’une seule et même donneuse. Les probabilités de consanguinité pour les générations futures sont donc statistiquement infimes. »
Le site signalant que le don d’ovocytes reste rare en France, il est bon de préciser que « la donneuse signe un consentement sur lequel elle peut revenir à tout moment et ce jusqu’à l’utilisation des ovocytes. » Ainsi, aucune décisions n’est irrévocable, ce qui est rassurant.
Viennent ensuite des témoignages de donneuses, receveuses et de professionnels. Personnellement j’ai beaucoup aimé le témoignage de Eva Weil psychothérapeute, que j’ai trouvé réel et sans langue de bois. J’ai ressenti en l’écoutant qu’elle avait cerné tous les enjeux d’un tel don, autant pour les receveuses que les donneuses. Et je vous encourage, même si vous ne comptez pas donner, à l’écouter, juste par curiosité, empathie ou humanisme, ce que vous voulez. Parce que, ce qu’il ne faut pas oublier non plus, c’est que de plus en plus de couples ont besoin d’une aide extérieure pour avoir un enfant vous êtes donc amenés à en côtoyer. Et quand on n’a pas eu de difficultés à en avoir, on ne cerne pas très bien le sujet et on peut facilement être blessant et caricatural dans ces propos (évitez le « c’est dans la tête » parce que quand on entend ça, on se dit juste « ça tombe bien ce pain aussi c’est dans ta tête »…petit aparté ^^)

Personnellement, je ne peux que lier le don à la P.M.A (procréation médicalement assistée) et ce par le côté médical, représentée ici par, tadam : la stimulation ovarienne !

Autant je trouve le site www.dondovocytes.fr très efficace, autant je trouve que la stimulation est traitée un peu la légère. Car ce n’est ni un traitement facile et léger, ni une partie de plaisir. Je le sais d’expérience. C’est pourquoi j’ai choisi de vous décrire à peu prés ce que ça pouvait représenter. Je précise que mon but n’est absolument pas de dégoûter ou décourager du don (au contraire).  Et je me dis aussi que, les enjeux étant différents entre le don et la P.M.A., le vécu et le ressenti quant au traitement doivent l’être aussi.
Alors on commence : rendez-vous avec un gynéco spécialisé qui vous délivre une ordonnance pour les 10-15 jours à venir, cela dépendra de votre réaction à la stimulation.
Viennent ensuite les tests sanguins incluant hépatite, VIH etc. Puis on commence la stimulation à proprement parlé. Ce que je connais ce sont les piqûres dans le ventre à se faire soi-même tous les soirs grâce à un stylo (j’ai mis une photo sur mon blog). C’est pas grand chose en soi et c’est indolore. Mais rapidement le ventre gonfle et une sensation de ballonnements permanents s’installe.

Viennent ensuite, et dès le deuxième jour du cycle, les prises de sang et échographie endo-vaginale, qui auront ensuite lieu tous les 2 ou 3 jours. Car, je le redis, une stimulation ovarienne n’est pas à prendre à la légère et nécessite un suivi étroit et sérieux. Et là, ça devient particulièrement chronophage mais ça peut aussi être douloureux. On ne tombe pas toujours sur des « piqueuses » délicates et en empathie avec votre démarche. Vous avez déjà des bleus au creux des bars, ben tant pis (oui, ça existe. J’ai même entendu : « il faut que vous preniez conscience que c’est vous qui créez la douleur » mais bien sûr Dalaï-Lama de l’aiguille…) Tout comme vous pouvez avoir affaire à un échographe peu scrupuleux et ça devient aussi vite douloureux. Il faut savoir serrer les dents, c’est sûre. Mais il y a forcément un moment où le corps et la tête disent stop. Et là, mieux vaut avoir dans son entourage quelqu’un avec qui partager ses choix et son vécu ; quelqu’un de compréhensif et d’aussi altruiste que vous ! Et là, on peut avoir de bonnes, comme de mauvaises surprise mais c’est un autre sujet.

Personnellement j’ai ensuite eu des piqûres pratiquées par une infirmière à domicile en plus de tout ça. Arrivé là on ne compte plus le nombre de piqûres et on comprend vite pourquoi, sur certains forums, les mamans P.M.A. s’appellent entre elles les « femmes-passoires »…

Enfin, vient le jour de la ponction. Elle peut se pratiquer sous anesthésie locale ou générale (mon cas à chaque fois). C’est une opération bénigne et qui dure entre 5 et 10 minutes. Donc de ce côté-là, pas de panique. Vous pourrez ensuite avoir quelques douleurs, semblables à de fortes douleurs de règles. Ça se passe en ambulatoire et le soir même vous serez chez vous.

Voilà. Voilà ce que je peux apporter à ce sujet de concret. Après, je pense que le don est magnifique mais qu’il implique plusieurs conditions et une réflexion intense en amont car, vous l’avez compris, il demande de la disponibilité et occupe votre quotidien pendant une quinzaine de jours. Alors il vaut mieux pas que ça ne tombe pas quand votre petit dernier ne veut soudainement plus aller à l’école ou que votre compagnon a des soucis de travail…Je pense aussi que c’est un choix à faire en couple même si ça m’étonne que « La donneuse doit signer un formulaire de consentement au don, ainsi que l’autre membre du couple, si la donneuse vit en couple. » Une autre condition à laquelle j’adhère totalement et qui est abordée sur le site, est celle de ne pas confondre ovocyte et bébé.

On donne une partie de soi permettant certainement la naissance d’un enfant mais un ovocyte n’est qu’une cellule, ne contenant que la moitié des gênes qui feront un embryon, puis un fœtus, puis un bébé. Je pense qu’il faut effectivement que ce soit très clair dans la tête des donneuses, comme ça doit l’être dans la tête des parents P.M.A. : on ne perd rien, et surtout pas un bébé à chaque fois.

http://les-femmes-et-les-enfants-dabord.blogspot.fr/

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10 réflexions sur “Le don d’ovocytes

  1. Merci pour cet article! J’ai vu via un blog le lien vers ce site et j’avoue que j’en suis restée un peu perplexe. En effet, je trouvais que le côté rose bisounours était un peu excessif quand on sait justement la pénibilité que peut revêtir ce don. Je précise que j’étais prête à le faire (j’étais également donneuse de sang, cellules souches, moelle et organes mais un traitement anti-canceur m’a de facto radiée des listes). Je comprends le besoin de sensibilisation du public, mais je ne suis pas sûre qu’idéaliser la démarche ne soit pas contreproductif.

    • Oui, c’est pour ça qu’il faut en parler, effectivement. Pour le reste, je trouve que le site est très bien fait. Il y a même des petits schémas animés expliquant la différence entre insémination, FIV et FIV ICSI! Et puis leurs explications sont simples et rapides à lire, pas assommantes comme ça pourrait vite devenir le cas avec un sujet aussi complexe, humainement et physiquement…

  2. Chapeau pour avoir fait la démarche !
    Étant entourée de couples stériles, je m’étais informée il y a quelques années… mais j’ai renoncé, à cause de l’anonymat.
    Je n’arrive pas à considérer sur un même plan du sang, un rein et un ovocyte. J’aurai l’impression de ne pas aller au bout du processus, de faire un abandon. Car léguer un patrimoine génétique sans pouvoir fournir les analyses ultérieures qui vont avec, ce peut être offrir une bombe à retardement : j’ai ainsi croisé à l’époque sur la toile un jeune issu d’un don, qui s’est retrouvé handicapé alors que ça n’aurait pas été le cas s’il avait eu connaissance de ses antécédents. Offrir une vie, à ce prix, priver quelqu’un d’informations qui peuvent être essentielles, de ses racines biologiques (rien à voir avec les racines affectives !)… ça ne me dit rien du tout !

    J’avais du coup creusé la question, et découvert que lorsque l’anonymat a été levé dans d’autres pays, le nombre de donneurs a baissé au moment de l’annonce… puis retrouvé son niveau d’avant. Les donneurs sont toujours aussi (peu) nombreux, donc ça ne change rien pour les receveurs. En revanche, ça change tout pour les enfants !

    J’en étais arrivé à ma conclusion que je ferais toujours passer les droits des enfants avant le droit à l’enfant (je ne sais pas si je suis très claire, là ?).

    Il faudrait que je remette la main sur les infos glanées à l’époque (si les liens existent encore !)

    • Bonjour,
      alors je ne veux pas qu’il y ait de méprise, je suis en stim. pour moi-même en ce moment ! Mais, effectivement, vivre ça, et pas pour la première fois, me donne envie de faire un don (dans mon cas, rien ne s’y oppose car notre souci de conception ne vient pas de mon côté), que je ferai très sûrement dans le futur (après ma grossesse si elle arrive).
      Après, moi aussi l’anonymat me pose souci. J’avoue ne pas avoir pensé au côté maladie mais au côté humain. Et si cet enfant voulait quand même un jour savoir d’où venaient ces gênes? Et puis me connaissant, je me poserai la question toute ma vie de savoir si quelqu’un est né ou pas de mon don.
      Et tout à fait sur un autre registre, sûrement fantasmatique, j’ai peur que mon fils rencontre un jour une fille qui soit en fait sa « sœur »!!!
      Savoir réglerait tout ça.
      Hier, j’ai appris qu’une personne qui avait fait un don il y a 10 ans l’avait en fait en Belgique car chez eux l’anonymat n’existe pas. Elle avait rencontré la receveuse dans le cadre d’une asso et sait à quoi ressemble la petite fille qui est née de son don.
      Je trouve ça très bien. Je trouve ça mieux, plus sain en fait.

      Sinon, tu es tout à fait claire, ne t’inquiètes pas!

      • Je ne sais pas si c’est le cas pour le don d’ovocyte, mais je sais que pour le don de sperme le donneur bénéficie quand même de certaines informations. Une connaissance a donné son sperme et a été informé qu’il avait été utilisé 2 fois à telle date dans tel département (il ne sait pas cependant si cela a abouti à une ou des naissances). Il en a informé ses filles, afin de limiter le risque (déjà très réduit) d’une rencontre sans en avoir conscience avec quelqu’un qui partage leur patrimoine génétique.
        Mais ça ne répond pas aux autres problèmes soulevés par l’anonymat.
        Par contre, autant je trouverais ça souhaitable que l’enfant puisse retrouver la donneuse (ou le donneur en cas de don de sperme), autant le fonctionnement belge me semble également discutable puisque je trouve ça génant que la donneuse ou le donneur puisse retrouver la famille et l’enfant même si le souhait ne vient pas d’eux.

        • Je ne pense pas que la donneuse puisse retrouver la famille si celle-ci ne garde pas de lien avec elle…à vérifier.

  3. Merci beaucoup de ta contribution et bienvenue parmi les contributeurs des Vendredis Intellos!!
    Pour avoir vu (de très loin) la souffrance d’ami-e-s infertiles, je suis heureuse que ce genre de don existe et soit promu… après, effectivement, je trouve qu’ils présentent (du moins dans l’information générale dispensée car je suppose que tout change quand on entre réellement dans le protocole) les différents traitements d’une façon assez angélique. Sauf erreur de ma part (je te laisse me corriger le cas échéant!) la stimulation ovarienne comporte des risques non négligeables à court terme (hyperstimulation) et on a peu de recul sur ses risques à long terme…

    • L’hyper-stimulation est un risque effectivement mais qui semble rare.
      Voici un lien qui décrit ce que cela peut donner: http://www.natisens.com/Articles/Ouimais/Complications_PMA/HSO.html

      Mais les risques me semblent aussi réduits si l’on est bien encadré, c’est pour ça qu’il ne faut pas hésiter à « harceler » son gynéco si on a un doute ou une douleur qui nous semble anormale lorsqu’on est en stimulation. Et bien sûr, suivre les protocoles à la lettre.

      Par contre, en ce qui concerne les retours sur le long terme (je ne sais pas si des études ont été menées, ce serait intéressant de se pencher sur la question). Je ne sais pas s’il y a assez de recul encore…je chercherai.

  4. Pingback: De la chance d’avoir le choix [mini-débriefing] | Les Vendredis Intellos

  5. Merci pour votre récit. C’est très intéressant de le lire vous avez réunit tous les idées et pensés dans un article.
    Pour moi l’infertilité est une maladie qui doit etre traité par les médecins. Malheureusement en france j’ai pas trouvé le soutien et l’aide et j’ai du me rendre à l’étranger et s’était la clinique en ukraine biotex, j’ai pas connu beaucoup d’autres cliniques. Quand cette affaire de pma est commencé j’ai entendu beaucoup des mots et notions que je ne comprenais pas alors j’ai du les chercher sur Internet. Ce site m’a vraiment aidé!

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