Date cible : 30 septembre

Objectif : une adaptation réussie

Mode de garde choisi : garde partagée à domicile soit 2 semaines chez nos copains et une semaine chez nous

Précision : faire en sorte que la transition pour M. entre « maman 100% » et « maman quand elle ne travaille pas » se passe du mieux possible.

J’avoue… j’ai posé le problème après avoir commencé à esquisser une trame de réponse. Comment ? Grâce à un merveilleux article du génialissime magazine Peps Le magazine de la parentalité positive* dont je parlerai bientôt ici : dans le numéro 2, j’ai lu « Du côté des institutions – Se séparer en confiance – Voici un déroulement possible« , p50 à 52. On trouve le billet dans la partie « petits ruisseaux grandes rivières » et il aborde le sujet du grand jour de la séparation, version entrée en crèche.

Il a été rédigé par Arnaud DEROO, consultant en éducation, auteur de L’abécédaire de la bien-traitance en multi-accueil et de Heureux en crèche. La lecture de ce article m’a inspiré pour créer notre propre planning d’adaptation pour l’accueil de M. par la nounou (= garde à domicile dans notre cas).

Les 2 premières pages replacent le contexte :

Situation ambiguë pour les parents, la séparation pouvant être à la fois douloureuse et souhaitée. Pour le bébé, elle représente un bouleversement énorme.

L’idée du billet n’est pas d’échanger les points de vue sur l’âge souhaité pour la « séparation » ou de discuter de la nécessité ou non de ce moment de rupture. Une fois que la décision est prise de confier son enfant à une structure (dans l’article c’est la crèche mais les questionnements sont les mêmes pour une nounou ou une garde à domicile ou les grands-parents !), comment faire en sorte que la transition soit la plus douce possible ?

Accompagner ce moment avec vigilance (parents et professionnels de la petite enfance) […] Il n’est pas entendable que la structure propose seulement une heure ou deux, ni même un matinée, pour « faire l’adaptation » […] Il n’est pas non plus entendable que les parents demandent à la structure de « faire vite ». […] Il va falloir qu’ils prévoient ce temps de séparation sur leur agenda.

De notre côté, lorsque nous avons signé le contrat en avril, nous avions prévu 2 jours payés en septembre alors que je serai toujours en congé. Bien vu !

Pour expliquer combien ce temps est à accompagner, j’utilise souvent l’image suivante : » Imaginez que je vous emmène dans une forêt sans boussole, ni téléphone, ni lampe, à minuit… Je vous laisse là et vous devez retrouver la route de votre maison… » Voilà ce que peut vivre, sentir, ressentir un petit enfant lors de la séparation. […] Il pourra toujours « s’adapter », mais à quel prix psychique ?

Si c’est difficile pour l’enfant, la changement peut aussi l’être pour la maman qui a vécu souvent 100% du temps avec son enfant pendant le congé maternité. Un accompagnement en douceur, la présence de personnes rassurantes sont précieuses ! Si vous faites partie de l’entourage, pensez-y. De mon côté j’ai apprécié les questions ouvertes et la disponibilité de mon mari qui n’a pas balayé cette formalité d’un revers de main « il est chez la nounou et puis c’est tout ».

L’enfant a besoin du parent et du professionnel […] pour passer cette étape. Ce temps d’adaptation est un temps d’apprivoisement réciproque, un temps de rencontre, et il faut du temps pour s’apprivoiser, se faire confiance, se sentir en sécurité.

Oui mais combien ? Est-ce que ça dépend des enfants ? De leur âge ? Des réponses ci-dessous !

Un enfant ne peut se détacher que s’il est attaché (cf. la relation « suffisamment bonne » de Winnicott et le « lien d’attachement sécure » de Bowlby).
[…]
Un autre élément qui aide à la séparation est que la maman ressente la force du lien qui l’unit à son bébé, qu’elle soit suffisamment sûre de ce lien, sûre de sa valeur de mère.
[…]
Le vécu émotionnel des parents vis-à-vis de leurs propres séparations lors de leur enfance peut également avoir un impact.

La dernière partie de l’article aborde enfin d’un point de vue pratique le processus de séparation, le passage de relais de la famille à une figure d’attachement additionnelle.

Pour vivre cette séparation, l’enfant va avoir besoin d’une personne de référence, qui sera présente tout au long du processus d’adaptation et assurera la continuité de la prise en charge, c’est-à-dire qui vivre avec lui chacun des moments clefs (repas, change, sieste). Elle présentera ensuite à l’enfant deux autres personnes au minimum […]

Le contexte entre crèche (de nombreux intervenants) et nounou (une seule personne) est différent. En vivant ce processus dans le cadre d’une garde à domicile (mais je dirai « nounou » dans la fin du billet), je me suis rendue compte que l’enfant ne devait pas seulement faire connaissance avec l’adulte, mais aussi avec les autres enfants gardés ! Évident mais je n’ai jamais entendu personne en parler.

Déroulement possible (réécrit avec mes mots, sauf citation «  ») :
Rencontre 1 : dans le bureau, présentation au référent et description des habitudes
R2 : dans le bureau, repas et change de l’enfant par un des parents

« sous le regard attentif du référent qui se placera de manière à ce que l’enfant puisse le voir en même temps que son parent. L’enfant comprendra ainsi que cette personne est importante, puisqu’elle participe à un moment d’intimité. Cela permet aussi à l’accueillant d’observer les geste du parent pour pouvoir les reproduire. Un jeune enfant a besoin du « pareil » pour se construire. »

R3 : rôles inversés pour le change et le repas
R4 et R5 : lieu de vie, parent et enfant pendant une heure
R6, R7 et R8 : l’enfant va rester seul pour une durée de plus en plus longue : 1/2h, 1h puis une matinée
L’enfant va ensuite rester toute la journée, et voilà, la séparation est faite !

Ce qui ne veut pas dire qu’il ne versera pas encore quelques larmes, si c’est le cas elles devront être accompagnées […] Ce processus peut paraître long, mais il en va de l’équilibre psychique de l’enfant. Les structures avec lesquelles je travaille et qui l’utilisent disent combien c’est du temps gagnée pour la suite et combien il permet de diminuer les pleurs.

Je vous propose de partager notre expérience que je qualifierai de « pas mal réussie » pour l’adaptation de M. avec la jeune fille qui allait le garder à partir d’octobre, 4 jours par semaine (pas le mercredi) de 8h30 à 18h30.

Pour le détail, rendez-vous sur mon blog ! Merci Peps pour l’inspiration.

Et vous, quel était votre planning d’adaptation ? Pour quel mode de garde ? Quel âge avait l’enfant ? Comment ça s’est passé pour l’enfant ? Pour vous ?

Mia pérégrine

 * Je me suis abonnée alors que je n’étais pas encore enceinte pour recevoir le premier numéro pendant ma grossesse… Parfait timing !