L’allaitement ne coûte rien ?

​Bonjour,

Un article sur l’actualité, pourquoi pas ?

Aujourd’hui, j’ai relevé sur plusieurs sites d’infos en ligne, une étude lancée en Angleterre pour tenter de promouvoir l’allaitement en récompensant les jeunes mères par une prime.

Article du Guardian.

Slate.fr (article orienté en plus et pleins d’erreurs surtout sur la fin).

Lequotidiendumedecin.fr.

Une centaine de livres au bout de 6 semaines, une centaine de plus au bout de 6 mois.

Tout d’abord, l’idée me paru bonne, puis voyant les montants, je me suis dit que cela n’était qu’une eurosvaste plaisanterie !
Si encore cette somme était mensuelle et permettait un réel choix de pouvoir rester chez soit et allaiter ses enfants, pourquoi pas !

Mais avec 200 livres sur 6 mois, je pense que l’objectif est manqué ! Cela paiera à peine 4 pleins d’essence pour la voiture familiale.

On apprend dans l’article que l’Angleterre à un taux extrêmement faible en matière d’allaitement, 34% à 6 mois . Toutefois, des chiffres récents parlent de 69% à la naissance. Pas de quoi faire Cocorico, pour la France, parlait d’environ 60% des enfants.
Mais des mesures plus simples et fiables ont prouvées leur efficacité dans les pays nordique :
– informations
– durée du congés maternité plus long (et rémunéré)
– interdiction des publicités pour le lait artificiel
– formation du personnel de santé (et CORRECTEMENT !)
– promotion de l’allaitement à tous les niveaux pour surtout faire changer le regard de la société en plus de celui des individus.

bambin

Alors est-ce vraiment utile de donner de l’argent pour favoriser l’allaitement ? Que ce soit en France ou en Angleterre ?

Un congés maternité digne de ce nom, rémunéré jusqu’aux 6 mois de l’enfant ne serait-il pas plus judicieux pour faire passer le bien être de l’enfant avant la pression sociétale et financière ?

Femexpat nous apprend que la durée du congés maternitée en Angleterre qui au premier abord paraît long (39 semaines) est en fait très mal rémunéré.

« Pendant les 6 premières semaines du congé, ce SMP est égal à 90 % de la rémunération brute de la salariée, puis il tombe à £135.45 par semaine (revalorisé à £136.78 par semaine à compter du 7 avril 2013), c’est à dire à peine 50 % du SMIC français. »

Soit un rapide calcul, pour une femme payée 1500€ / mois comparons les cas français et anglais :

(Sur l’idée que la mère s’arrêter totalement pour garder son enfant jusqu’à ses 6 mois) :

 
France Angleterre
Première partie 16 semaines de congé maternité(6 avant la naissance, 10 après)rémunérée à 100% du salaire(maxi 81€49 / jours) 6 semaines de congés maternité(3 semaines avant la naissance, 3 semaines après)rémunéré à 90% du salaire.
Deuxième partie 388€19 / mois d’allocation CLCA+ 184€62 (allocation de base)Congé parentale de 6 mois maximum(au premier enfant). 33 semaines rémunérée à 136£78 / semainesoit environ 160€ / semaine soit  environ 640€ / mois

Donc pour vous éviter un calcul, si nous prenons des 0 aux 6 mois de l’enfant,

en France : 5750€ de « revenus » pour 6 mois. > lissé sur 6 mois on arrive à 960€ de revenus.

en Angleterre : 4420€ de « revenus » pour 6 mois. > lissé sur 6 mois on arrive à 736€ de revenus.

nouveauNeBref, dans les deux cas, une perte de 50 à 60% de ses revenus sur la période d’allaitement exclusive recommandée par l’OMS.

Au vu du prix des boîtes de lait artificiel, est-ce que ça peut jouer ? Pas sûre !

Au lieu de donner des primes ridicules, l’Angleterre devrait peut être plutôt réfléchir à la valorisation de la maternité.

Au sein de l’Europe il est notable que plus les pays favorisent, en les rémunérant correctement, les congés maternité et plus la durée d’allaitement est longue. Cela bien entendu couplé à une promotion de l’allaitement comme décrite ci dessus.

L’ONU comme l’Europe préconise d’ailleurs de nombreuses mesures à ce sujet :

Résumé du Code

  1. Interdiction de la promotion au grand public.
  2. Interdiction de donner des échantillons gratuits aux familles ou aux mères.
  3. Interdiction de toute promotion de produits dans le système de soins de santé, incluant la distribution d’aliment gratuit ou à bas prix.
  4. Interdiction d’utiliser du personnel payé par les fabricants pour contacter ou donner des conseils aux mères.
  5. Pas de cadeaux personnels ou d’échantillons gratuits aux agents de santé. Si les agents de santé reçoivent de tels produits, ils ne doivent pas les donner aux mères.
  6. Pas d’image de nourrissons ni d’autres représentations graphiques de nature à idéaliser l’utilisation des préparations pour nourrissons sur l’étiquette des produits.
  7. Les informations fournies par le fabricants et les distributeurs aux professionnels de la santé doivent être scientifique et se borner aux faits.
  8. Chaque emballage ou étiquette doit clairement mentionner la supériorité de l’allaitement au sein et comporter une mise en garde contre les risques et le coût de l’alimentation artificielle.
  9. Pas de promotion du lait condensé sucré, ou d’autres produits inappropriés comme aliments pour nourrissons.
  10. Fabricants et distributeurs doivent suivre les dispositions du Code, même si les pays n’ont pas adopter de mesures législatives adéquates.

En conclusion, une fois de plus, beaucoup de rapports préconisent la prévention, l’information, et la formation mais comme dans de nombreux sujets, il est plutôt question de réduction de coûts et diminution budget à court terme !

A chacun donc de se préparer à cette idée, à économiser et choisir pour accueillir son enfant dans les conditions les plus favorable …

Merci,

Marie

marie

Pour lire le billet sur mon blog, c’est par ici ! Merci pour votre lecture et vos visites :)

 

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7 réflexions sur “L’allaitement ne coûte rien ?

  1. Bel article. On prône un allaitement au moins jusqu’aux 6 mois de l’enfant mais on fait reprendre les mères aux 2 mois 1/2 – 3 mois du bébé. C’est contradictoire. Les femmes sont donc obligées de prendre un congé parental si elles souhaitent allaiter longtemps. Parce que reprendre à temps complet en allaitant c’est très difficile, même si on ne garde qu’une à deux tétées par jour.
    J’ai décidé de m’arrêter 6 mois pour pouvoir allaiter plus longtemps (mais aussi parce que je ne souhaitais pas laisser mon bébé chez une nourrice 12h par jour). Financièrement, ça va être difficile. Alors je comprends les femmes qui passent au biberon.
    A la maternité, on est nombreuses à essayer d’allaiter. Beaucoup abandonnent rapidement parce qu’on n’est pas assez accompagnées. Le reste s’accroche mais doit passer au mixte à 1 mois 1/2 pour ensuite passer uniquement au biberon à 2 mois quand on laisse bébé chez la nourrice.
    En résumé, on ne favorise pas l’allaitement et après on nous culpabilise en nous disant que quand même, c’est recommandé. On marche à l’envers!

  2. Merci beaucoup de ta contribution Marie. J’avoue avoir été un peu interloquée par cette proposition de don de bons d’achats pour les mères allaitantes. Je ne suis pas, et de loin, une adepte de « la fin justifie les moyens » (d’autant que dans ce cas, je ne suis même pas sûre que le but soit atteint…). Pour moi cette proposition est d’une hypocrisie sans nom, qui – comme tu l’as montré dans ton article – ne prend pas en compte les réalités économiques des mères qui arrêtent/diminuent leur activité salariée pour allaiter leur enfant mais compte néanmoins sur l’appât d’un misérable gain pour influer sur les choix éducatifs des futures mères. Pour moi, cela ressemble plus à une logique de bonimenteur qu’à une campagne de santé publique…avec un fond tout de même assez infantilisant…
    Après, j’avoue ne pas non plus tomber en extase devant les préconisations de l’OMS, qui ont cela d’agréable qu’elles ne coûtent pas un centime au contribuable mais qui, en dehors de supprimer toute référence à l’allaitement artificiel (jusqu’aux mots puisqu’il ne faut pas dire « lait maternisé » mais « préparation lactées ») ne semblent pas beaucoup prendre en charge les difficultés et obstacles que rencontrent les mères allaitantes…
    Mais cela reste un avis bien personnel…

  3. Il y a juste un petit détail qui ne me convient pas dans cet article. On dirait que reprise du travail rime forcément avec fin d’allaitement, et c’est malheureusement une idée trop répandue. Ayant de nombreux exemples autour de moi, il serait bon de rappeler que, oui, allaiter et travailler, c’est possible, certes, ce n’est pas facile, mais c’est faisable, même à temps plein. J’entends malheureusement trop de mamans dirent qu’elles ont été obligées d’arrêter bien trop tôt à leur goût pour cause de reprise du travail. Je ne sais même pas si elles avaient connaissance de cette possibilité et des temps de pause accordés aux mères allaitantes pour pouvoir tirer leur lait. Après, bien entendu, un congé maternité jusqu’aux 6 mois de l’enfant et une promotion de l’allaitement serait l’idéal !

    • Pour être honnête, c’est le constat que j’en ai fait autours de moi. J’ai personnellement tiré mon lait pendant 6 mois pour que mon fils ait mon lait 4 jours / semaines chez la nounou, mais beaucoup de mamans ne souhaitent pas se compliquer « autant » la vie (transporter TL, lait, et prendre ce temps) …

      Tirer discretos au toilette y’a plus glamour ;-)

  4. Pingback: Tout un village pour élever un enfant {mini-débrief} | Les Vendredis Intellos

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