La loi de l’emmerdement maximum

Pendant mes études, on nous avait parlait la loi de Murphy communément appelée « Loi de l’emmerdement maximum ». Je ne sais pas si vous connaissez, mais j’y pense souvent avec les enfants (parfois même au sens propre).

La loi de Murphy est un adage qui s’énonce de cette manière : « Tout ce qui peut mal tourner, va mal tourner » (« Anything that can go wrong, will go wrong » Edward A. Murphy Jr.) Selon une autre version du même adage, s’il existe au moins deux façons de faire quelque chose et qu’au moins l’une de ces façons peut entraîner une catastrophe, il se trouvera forcément quelqu’un quelque part pour emprunter cette voie.

On peut interpréter cette loi de deux manières : l’une, humoristique, est de prendre cette loi à la lettre, et de l’ériger en principe de pessimisme. Vue sous cet angle, la loi de Murphy est le constat, élevé au rang de principe fondamental de l’univers, que « le pire est toujours certain ». Familièrement, cette loi est aussi appelée « loi de l’emmerdement maximum » (LEM)1 ou « loi de la vexation universelle ».

L’autre vision consiste à voir la loi de Murphy comme une règle de conception : on ne considère pas la loi de Murphy comme vraie, mais on conçoit tout système comme si la loi était vraie. En particulier, un équipement doit être à l’épreuve, non seulement des accidents les plus improbables, mais aussi des manœuvres les plus stupides de la part de l’utilisateur. Elle justifie donc les principes de la conception de sûreté préconisant de planifier et d’éliminer d’emblée les possibilités de mauvaise utilisation, par exemple à l’aide de détrompeurs.

Si on lit sa définition en pensant à notre quotidien avec nos enfants de tout âge, je crois qu’on a tous des exemples en tête d’enchaînement malheureux d’évènements improbables mais qui ce sont pourtant produits. Je crois que tous les parents ont eu un matin où le réveil n’a pas sonné, ils sont en retard, ils essaient de tout faire pour rattraper leur retard, mais le grand se renverse son bol dessus alors qu’il était déjà habillé, le chat marche dedans et en met dans toute la maison, et quand on se croit tirer d’affaire, que la clé est sur la porte, le petit dernier explose sa couche et en a jusque sous le menton….

La loi de Murphy a quatre aspects :

  • l’un est bien évidemment un canular ; la fatalité fait échouer toute expérience, par des moyens tout à fait imprévisibles ;

Exemple :  c’est la pénurie de sac de couche au moment de changer une couche particulièrement débordante.

  • l’autre est de type statistique ; si beaucoup de personnes actionnent un appareil et qu’il existe ne serait-ce qu’« une » façon de se tromper, il existera statistiquement des gens qui le feront. Et c’est d’eux seuls que le service après-vente entendra parler. Cette seconde forme de la loi est confirmée par l’expérience et a conduit à l’utilisation généralisée de la conception de sûreté ;

Exemple : c’est le scratch de la dernière couche disponible sur la table à langer sur lequel on tire un peu trop fort et qui s’arrache.

  • le troisième est psychologique ; c’est un problème de corrélation illusoire bien connu en psychologie et en communication, un événement négatif marque plus le sujet qu’un événement positif. Par exemple, si une action échoue, on évoquera la loi de Murphy, mais si elle réussit, personne ne pensera spontanément que la loi de Murphy ne s’est pas appliquée. C’est l’une des raisons pour lesquelles les clichés semblent si souvent être vrais.

Exemple : La dernière fois qu’il ne restait qu’une couche sur la table à langer, j’ai arraché le scratch et j’avais du porter mon fils jusqu’à la réserve de couche et il m’avait fait pipi dessus.

  • Le dernier est lié à l’être humain : si une première erreur est faite (et surtout si elle peut avoir de graves conséquences), elle entraine un état de stress qui amène, fréquemment3, d’autres erreurs et « la situation va de mal en pis » avec le temps et le nombre d’erreurs.

Exemple : Je suis en retard, j’ai mon plus bel ensemble pour passer un entretien, il ne faut surtout pas que je le tache, et forcément tout va de travers.

Je suis sûre que vous y repenserez la prochaine fois où vous avez l’impression que tout part de travers. Mais la loi de Murphy me sert au quotidien, d’abord pour relativiser un peu (en situation, rien que de penser « loi de l’emmerdement maximum » me fait sourire intérieurement, je guette la suite de l’emmerdement) mais surtout pour anticiper. Quand j’ai un objectif particulier à accomplir, j’essaie de concevoir tout ce qui précède cet objectif de façon à ce que les imprévus ne m’empêchent pas de remplir mon but…

Et vous la loi de Murphy vous la vérifiez souvent ?

Vous pourrez trouver des exemples de mon quotidien sur mon blog

Images : César Santiago Molina

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4 réflexions sur “La loi de l’emmerdement maximum

  1. La loi de l’emmerdement maximum, je l’ai souvent éprouvée à la fac, lors des TD de sciences, c’était même une constante !
    Mais alors avec les mômes, là, on atteins des sommets. À croire que Murphy était père de famille nombreuse.
    Merci en tout cas pour ce super texte !!

  2. Merci pour ton billet instructif et drôle ! Oui j’ai ri à ton histoire de couches, désolé… Peut-être est-ce parce que je connais ;-) J’aurais aimé dire que je ne connais pas cette loi mais bon… qui me croirait ? Je suis mère !!!
    C’est toujours quand on est très en retard qu’il faut changer la couche du petit alors qu’il a déjà son manteau ! (tiens, encore une histoire de couches…)
    C’est toujours quand il est tard, qu’on est fatigué que les enfants hurlent longtemps avant de s’endormir…
    C’est toujours quand je suis malade, que je veux me coucher qu’ils se réveillent plusieurs fois la nuit…
    Bref, on se comprend ;-)

  3. La LME ! Citation de mon père : « Un bonheur arrive seul, mais les em… arrivent toujours en escadron ! » :)

    Première rentrée de mon aînée, j’appréhendais la course du matin, donc bien anticipée pour être à l’heure (ce qui n’est pas ma qualité première, hum…). Sauf que. Ma cadette se met à remplir (voir over-remplir) sa couche pile à l’heure de partir… 10 min de vélo, avec elle dans mon dos, la couche over-pleine compressée par le porte-bébé, no way…
    Donc mon aînée sera en retard, tous les matins, pendant presque 1 mois. Jusqu’à ce que le système digestif de mademoiselle adopte un horaire conciliable avec l’emploi du temps de sa sœur. Pfff…

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