Un enfant où je veux quand je veux (défendre ses droits) [mini debrief]

Cette semaine deux sujets à priori diamétralement opposés ont été abordés chez nos neuroneuses : Marie (des aventures des petites bêtes) a abordé le sujet du droit à accoucher à domicile, encore et toujours remis en question, quand Myghtybeatrix a parlé de l’ivg et de la création -ENFIN – d’un site officiel gouvernemental sur l’information sur l’IVG.

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Dans les deux cas on parle du droit à disposer de notre corps en toute bonne information et liberté…

Or ce droit est remis en question, d’un côté par les détracteurs de l’AAD qui à travers les assurances, les exigences incroyables demandées au sages femmes accompagnants les AAD, de l’autre les site « pro vie » qui pullulent sur le net et sous couvert d’écoute et d’entraident se retrouvent à polluer, faire culpabiliser et tenter d’empêcher les jeunes femmes en quête d’information sur l’IVG, d’avoir des informations neutres pour leur permettre de faire un choix éclairé et non orienté.

L’AAD revient encore et toujours sur le tapis et malgré une demande montante des femmes pour accoucher dans d’autres conditions que celles qui persistent depuis des décennies avec une hyper médicalisation, malgré l’ouverture de salles natures et des salles de naissance au respect de la physiologie, nos instances officielles freinent encore et toujours vis à vis de l’AAD …

Pourquoi ? je n’en sais trop rien (enfin… si.. les assurances en cas de soucis …) . Mais on se retrouve aujourd’hui devant des sages femmes devant soit travailler sans assurances, soit payer une assurances au tarif exorbitants et incohérent au regard de leur pratique allant justement dans une moindre intervention ; alors que la SS rembourse les actes médicaux et pas juste la présence nécessaire de la sage femme empathique, aidante et pas forcement ultra interventionniste (vu que son métier c’est justement de repérer entre autres les limites de l’AAD et réorienter une future maman vers la maternité si l’accouchement n’est plus entrant dans le champ d’action de l’AAD.

Au delà de ça, on se retrouve encore une fois dans l’impossibilité de disposer soi même de son corps et de devoir encore être tributaire du bon vouloir d’une instance officielle qui veut mettre le nez dans notre corps, finalement.

Il est dommageable qu’en 2013 les femmes n’aient encore pas le choix de pouvoir accoucher en toute liberté ET sécurité où elle veulent… sachant que des AAD voire des ANA (accouchements non assistés) il risque d’en avoir de plus en plus vu la disparition des petites structures au bénéfice des grandes maternités certes techniques, mais éloignées aussi des futures parents. Je serais curieuse de connaître les statistiques sur les 20 prochaines années des lieux de naissance insolites : voiture, bords de route, etc.. faute d’arriver à la maternité assez vite. Donc bon, on se retrouve devant une sorte de non sens : pas d’AAD, moins de maternités de proximité … le but final est il de privilégier des accouchements tous programmés pour éviter ce genre d’écueil ?

—–

Récemment une amie a eu affaire à devoir faire le terrible choix d’avoir recours à l’IVG… Tombée enceinte sous contraception, grossesse absolument non voulue ni attendue… Perdue elle a cherché sur le net et est tombée sur un de ces sites qui donnent une impression d’entraide et d’écoute. Elle s’est retrouvée au téléphone avec une femme qui a tenté de la convaincre, la faire culpabiliser, lui faire croire qu’elle allait faire une dépression, être quittée par son mari, etc… à cause de cet IVG. Mon amie avait son mari avec elle qui a compris plus vite quel était le but de cette femme, ils ont finalement trouvé l’écoute et l’entraide à l’hôpital et ont pu faire cette IVG. C’était difficile, terrible… mais choisis. Et j’ai été indignée lorsqu’elle m’a raconté cette expérience, de voir que des gens profitent que des femmes soient perdues pour rependre leurs convictions comme ça.

Quoi qu’on pense sur l’IVG c’est un droit, légal, et qui n’a plus à être remis en question. Ainsi il était temps que l’état mettre en place un site officiel pour que chaque femme (et homme d’ailleurs aussi) puisse trouver des informations NEUTRES et faire LEUR choix, dans un sens comme dans l’autre ! Je vous remet l’adresse du site qui doit être cliqué pour être référencé au mieux vu que notre gouvernement a posé ses limites sur le sujet en ne payant pas son référencement … Bref….  c’est par ici qu’il fait cliquer : http://www.sante.gouv.fr/ivg.html

Ainsi, nous sommes en 2013. Presque 40 ans après la légalisation de l’IVG et pourtant, ça reste un sujet très difficile, très remis en question bien trop régulièrement. Alors que le droit de pouvoir vivre un acte difficile physiquement et psychologiquement dans AU MOINS des conditions sécuritaires est la moindre des choses. Et c’est la même chose pour la naissance, qui devrait pouvoir se passer dans les meilleurs conditions quelque soit le lieu. Pourtant on en est loin. Une vieille image d’Epinal poursuit l’AAD comme étant si risqué que ça.

Pourtant n’oublions pas qu’environ 1% des bébés meurent la naissance (img compris), donc environ 5000 par an. Sur ces 5000, peut être 1 ou 2 en AAD… 4998 ou 4999 en maternité… remet on pourtant en question la sécurité de l’accouchement en structure hospitalière ?

Il reste difficile encore en 2013 à ce que les femmes puissent disposer librement et en tout respect de leur corps et de leur âme. Tant de chemin reste à parcourir. (mais tant de chemin a été parcouru aussi !)

MamanDragon

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5 réflexions sur “Un enfant où je veux quand je veux (défendre ses droits) [mini debrief]

  1. Pingback: Un enfant où je veux quand je veux (d&ea...

  2. Merci beaucoup Maman Dragon de ton mini-débrief!!! Il faudrait regarder à nouveau les stats concernant l’AAD mais je crois qu’on n’atteint même pas les taux que tu supposes (je parle bien d’AAD programmés, non de naissance inopinées…). La raison est simple: tous les accouchements un tant soit peu à risques n’y sont pas pris en charge et la sage femme est là pour transférer les femmes le plus rapidement possible en cas de soucis.

  3. Merci de ce debrief !
    Je sais que je pinaille, mais je suis toujours gênée par le « quand » je veux. Je suis entièrement d’accord avec tout ce que tu as écrit dans ton article, on parle bien du choix d’avoir un enfant … mais plutôt « si » je le veux.
    Le problème du « quand » c’est qu’il nous pousse à oublier que malgré notre désir d’enfant, on reste tributaires de la nature, que cet enfant on l’attend parfois 3, 4, 5 ans… attente d’autant plus difficile à supporter qu’on s’est mis en tête qu’on aurait un enfant « quand » on le voudrait…
    Alors voilà, OUI à un enfant où je veux, si je veux, et avec un peu de chance, pile quand je veux …

    • en soit oui tu as bien raison de « pinailler » commme tu dis… on oublie aussi très souvent que la nature reste le personnage dominant dans l’histoire et qu’on n’a pas le choix pour tout, que pleins d’imprévus peuvent arriver, c’est non seulement du « si je veux ou pas » et « si je peux » … merci de ton pinaillage tu as bien raison :)

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