Apprendre pour la vie, neurones miroirs…

Lors des séances « massage bébé », l’instructrice me confie quelques pages de lecture d’une fois sur l’autre, accompagnées d’un poème. A la reprise en septembre, pour le thème de l’attachement, le texte était le suivant : Apprendre pour la vie de Dorothy Law Nolte. En français* :

Si l’enfant vie dans la critique, Il apprend à blâmer.

Si l’enfant vit dans l’animosité, Il apprend à agresser.

Si l’enfant vit dans la moquerie, Il apprend à se renfermer en soi-même.

Si l’enfant vie dans la honte, Il apprend à se sentir coupable.

Si l’enfant vie dans la tolérance, Il apprend à être patient.

Si l’enfant vit dans la louange, Il apprend à avoir confiance.

Si l’enfant vit dans l’encouragement, Il apprend à apprécier les gens.

Si l’enfant vit dans l’équité, Il apprend à être juste.

Si l’enfant vit dans la sécurité, Il apprend à avoir foi en l’avenir.

Si l’enfant vit dans l’approbation, Il apprend à s’aimer lui-même.

Si l’enfant vit dans l’acceptation et l’amitié, Il apprend à être sensible A L’AMOUR DANS LE MONDE ;

Dorothy Law Nolte (1924-2005) était enseignante et conférencière sur l’éducation familiale. Son livre, Les enfants apprennent ce qu’ils vivent (Children Learn What They Live) consacre un chapitre à chaque ligne du poème et est rempli d’exemples relatifs à l’enseignement positif. Le livre a été réimprimé dans 19 pays et 20 langues.

D’autres textes inspirés de celui-ci tournent sur le net, comme par exemple BonjourChezDo ou dans l’antredudragon. Extrait :

Voici un message aux adultes inspiré de la Convention relative aux droits de l’enfant de l’ONU.

Si l’on écoute un enfant, il comprend qu’il mérite d’être entendu.

Si l’on estime le point de vue d’un enfant, il comprend que ce qu’il pense a de la valeur.

Si l’on croit que l’enfant peut apporter une grande contribution, il cherche une façon d’aider.

Si l’on fournit un environnement chaleureux à un enfant, il acquiert une bonne estime de soi.

Si l’on respecte un enfant, il se sent un peu plus grand.

Bref, l’enfant apprend ce qu’on lui montre !

Est-ce que ce n’est pas l’histoire des neurones miroirs ? Ce phénomène, ce cerveau de l’empathie et de la compassion, a été découvert assez récemment (années 1990) ! Dorothy Law Nolte, sans IRM ni tomographie à positrons (qui permettent de voir les zones actives du cerveau en train de penser), avait dû le constater. L’enfant reproduit souvent ce qu’il voit.

Bien sûr certaines parties de son texte peuvent être discutables : la louange peut créer la confiance en soi… ou la grosse tête ! La moquerie peut créer la timidité… ou l’agressivité ! Mais j’aime l’idée que nous avons une part de responsabilité, en tant que parent, de ce que deviennent nos enfants (modulo son caractère et le reste de la société). Chaque acte n’est pas anodin. Nous créons le monde dans lequel nous vivons par nos actes…

John Medina nous disait dans son livre « Comment fonctionne le cerveau de bébé ? » de faire la liste de nos comportements, nous les parents, puis de l’analyser en nous demandant si on souhaitait que l’enfant ait les mêmes. On passe notre temps devant la télé ? Il sera difficile de ne pas avoir un bébé télé-vore ! Et ensuite d’agir en conséquence.

Notre fils a seulement 4 mois. Et déjà il est super attiré par les écrans… Bizarre ? Non ! Quand il observe son mobile ou mâchouille sa girafe, je suis devant l’ordinateur. Donc dès qu’il a l’occasion, il zieute vers le carré de lumière. Je lui tourne la tête à droite, il la tourne à gauche et inversement… Et pourtant je passe énormément de temps en face à face avec lui, avec des livres, dans la cuisine, à danser… Suis-je prête à ne plus passer du temps devant le PC ? Pas encore mais je sais que je vais faire l’effort de ne plus y être devant lui.

J’ai retrouvé cette idée la même semaine dans la lecture du billet de France Guillain dans l’Ecolomag de septembre-octobre 2013 :

Connaissez-vous le rôle miroir de certains de nos neurones ? Ces neurones qui nous donnent le moyen de partager les émotions des autres, de pleurer ou rire avec eux ? effet miroir qui permet au bébé de faire tout comme papa ou comme maman, gestes, sons, langage. Effet miroir qui aide à grandir, à s’adapter à la vie en société.

Après une diatribe sur l’école, elle conclue ainsi :

des tiraillements du type Fais ce que je te dis, ne fais pas ce que je fais ! Qui ne peut pas fonctionner, à cause de l’effet miroir justement ! […] De plus en plus de parents s’efforcent de bien alimenter leurs enfants et ne comprennent pas toujours pourquoi leurs enfants ne veulent pas ce qui est dans leur assiette, alors que ce que mangent les parents est différent. Si nous voulons des enfants qui vivent sainement, commençons par vivre sainement nous-même, sans commentaires, et, par effet miroir, nos enfants feront comme nous, ce sera naturel !

Si on a du chemin à faire pour les écrans, au moins dans nos assiettes c’est à peu près exemplaire la plupart du temps. Ouf !

Au-delà des enfants, nous sommes également des modèles et des exemples pour les adultes qui nous entourent. L’impact est juste d’autant plus grand que l’autre en face est jeune et qu’il nous fait confiance.

Deux copines me parlaient souvent des rouleaux de printemps et des makis, ces petites choses délicieuses mais toutes compactes avec tout plein d’ingrédients… J’aurais aimé tester mais j’ai fini par franchir le pas le jour où j’ai vu chacune réaliser sa recette : feuille de riz, feuille d’algues… Apprendre par l’exemple, apprendre pour la vie.

Je conclurai sur le dicton suivant : « Une image vaut mille mots« …

Et vous, vous avez identifié vos figures de références, vos modèles ? Pensez-vous être des modèles pour vos enfants ? Est-ce que vous avez modifié certains de vos comportements depuis que vous êtes parents, dans cette optique ?

* Et en anglais : sur Pérégrinations autour de la parentalité

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9 réflexions sur “Apprendre pour la vie, neurones miroirs…

  1. Ah super !! j’adore cette histoire de neurones miroirs. Moi j’en avais parlé pour le langage ! Mais il sont partout .
    Bon pour les écrans télé, je suis à l’abri ! (quoique passer du temps devant INternet çà compte hein ? quoique je ne joue pas)
    Merci pour cette présentation.

  2. Petit bémol : comment a-t-on fait pour évoluer ? quand on connait le mode éducatif dont nous avons bénéficié. Et que diraient nos ancêtres… Perso je n’ai quasiment bénéficié d’aucun des jolis préceptes cités et pourtant mes enfants eux si ! pourquoi parce que j’ai souhaité autre chose pour eux et que le particularisme de l’humain est sa capacité a évolué. Après c’est mieux quand on grandit dans un environnement positif mais je crois qu’il faut se méfier de l’idée que l’on peut tout influencer dans la vie de nos enfants, ils seront influencés par l’extérieur autant que par nos valeurs.

  3. Merci beaucoup de ta contribution!!! J’aime l’idée que nos enfants nous invitent à nous interroger sur nos pratiques, sur nos valeurs, sur ce qui va de soi pour nous… et nous poussent à nous dépasser, à changer, à inventer…

  4. Pingback: Apprendre pour la vie, neurones miroirs… | Information Radiologue

  5. Moi je pense que l’effet miroir apparaît aussi dans l’autre sens. Depuis l’arrivée de notre petit bonhomme à la maison, nous avons appris tellement sur nous, sur les gens, sur le monde qui nous entourent, sur nos besoins, nos ressentis. Billet très intéressant.

  6. arf, il me semblait bien avoir fermé la fenêtre avant que le commentaire soit envoyé ce WE…
    @ Pascale : hé oui j’inclus le PC dedans (la télé pas de souci, on s’en sert comme écran de temps en temps et toujours quand il est couché le soir)
    @ Cissi : très belles remarques : de mon côté aussi je n’ai pas eu que des exemples positifs et heureusement je ne les reproduis pas !!! D’ailleurs c’est toute proportion gardée évidemment car l’enfant passe du temps hors de chez lui (nounou, crèche, école, famille…) Pour l’anecdote mon frère faisait bien attention à son langage et un jour où on gardait notre neveu tout l’aprem avec ma soeur, l’une de nous a dit « putain » Et on a entendu « putain putain putain putain »… L’autre a dit « merde »… « merde merde merde merde… » Ca l’a occupé bien une demi heure…
    @ Mme D : vous devez inventer continuellement alors ?!
    @ Mamabeille : merci ! Et tout à fait d’accord aussi.
    Dans le même esprit, dans le bouquin que je lis actuellement ils disent qu’une étude a montré que quand une maman (c’est le cas de l’étude) donne à manger à la cuillère à son enfant, c’est l’enfant qui ouvre la bouche d’abord… la maman ne fait que l’imiter !

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