Le 4ème de couverture du magazine Peps #3

Le 4ème de couverture du magazine Peps #3

Ou l’ode d’un papa à l’amour inconditionnel du parent pour son enfant. Son interview dans le magazine Peps #3 m’a touchée, alors je te propose d’en découvrir des extraits.

Lors d’une retraite dans un monastère, j’avais tendance à me culpabiliser pour les petits riens, et alors mon père accompagnateur m’a dit : « Alexandre, tu peux faire n’importe quoi, tu ne peux pas faire que je ne t’aime pas. »

J’adore cette formulation, et je crois que je vais la noter, et même l’afficher chez moi (un jour, je le ferai, mon vision board…). Tu ne peux pas faire que je ne t’aime pas. Quelle belle phrase à dire à ses enfants ! Les aimer quoiqu’ils fassent, les aimer quoiqu’ils sont, les aimer peu importe les choix qu’ils font. Ça ne veut pas dire adhérer à tout, être d’accord avec tout, ne donner aucune limite ou règle, mais aimer son enfant sans condition.

Il ne s’agit pas de faire un enfant roi. Au contraire, il s’agit de montrer qu’il est accepté même dans sa fragilité, même dans ses limites. (…) D’où l’intérêt de se poser la question en tant que parent : « Est-ce que je n’enferme pas malgré moi mon enfant dans des projections ? Est-ce que j’ose le considérer en tant que tel sans même avoir un projet pour lui ? » L’amour bienveillant, c’est l’accueil de l’enfant tel qu’il est, sans vouloir automatiquement le changer.

Et c’est tellement dur parfois… On aimerait armer nos enfants au mieux, qu’ils soient les plus forts possibles, les plus patients, les plus inventifs, les plus audacieux, les plus……… On aimerait qu’ils aient ce qu’on n’a pas eu, qu’ils vivent ce qu’on n’a pas réussi à vivre… Mais l’enfant ne nous appartient pas, il fera ses propres choix, et plus il se sentira libre de notre regard, plus il se sentira libre tout court. Il nous appartient donc d’éviter les jugements.

Une note à l’article explique :

« Ma femme n’est pas ma femme, c’est pourquoi je l’appelle ma femme. » Ma femme n’est effectivement pas ce que je crois qu’elle est. Si je dis : « Ma femme, c’est ça », je la fige, je l’enferme dans des étiquettes (…) « c’est seulement à partir du moment où je sais que les étiquettes enferment les choses et les gens – et que cela les tue -, que je peux en faire usage. « 

Encore une jolie formulation pour attirer l’attention sur le problème des étiquettes qu’on colle aux gens, aux enfants, aux inconnus.

Une amie m’a un jour dit : je t’aime bien parce que tu es toujours de bonne humeur. Et le jour où je ne le serai plus alors ?

Il y a des gens que les compliments mettent mal à l’aise, parce qu’ils se sentent obligés de s’y conformer. Positive ou négative, une étiquette, un jugement, un avis tranché, peut être une forme de pression, un enfermement dans un rôle. Libérons nos enfants de ça… ou du moins essayons !

Car si moi, je crois réussir à peu près à ne pas dire à mes enfants qu’ils sont ceci ou cela, je ne sais pas tellement réagir lorsque c’est quelqu’un d’autre qui leur fait passer ce message.

Tous les jours, il [mon enfant] se lève nouveau et je peux l’accueillir les bras ouverts, sans prétendre le connaître. (…) Je n’ai pas à le conduire vers une direction mais juste à l’accompagner là où sa vie le mène.

Parfois, on est généreux, les bras ouverts et on accueille l’enfant tel qu’il est. D’autres fois, fatigué, épuisé, stressé par l’environnement, cet amour bienveillant paraît très lointain. Pourtant, je pense qu’au fond du coeur, on aime toujours inconditionnellement ses enfants. (…) Donc, le premier point sur lequel on pourrait insister, c’est que le stress n’aide pas à être à l’écoute de nos enfants. (…) Pour moi, il ne s’agit pas d’apprendre à aimer mais plutôt de désapprendre à ne pas aimer. (…) je crois qu’au fond du fond, qu’au cœur du cœur, nous sommes tous amour, paix et joie. Et à nouveau, une vie stressante nous exile de ce fond intérieur qu’il s’agit de rejoindre grâce à une pratique spirituelle, une ascèse.

Combien de fois me suis-je étonnée de voir comme je pouvais être patiente, drôle, inventive, disponible, lorsque j’étais reposée, le ventre plein, dans un environnement joli. Quel bonheur ces journées, et quelle frustration d’avoir tant de mal à les reproduire ! La vie moderne nous éloignerait-elle de notre nature profonde ? Pouvons-nous nous en protéger ??

Il tombe, il pleure, et trois minutes après, il rigole. Chez les adultes, c’est beaucoup plus tenace, les émotions. (…) Je pense que plus la blessure est vécue à fond, plus elle fait son chemin pour disparaître.

Les enfants nous montrent comme il est facile de se débarrasser d’une émotion : en la laissant sortir, pleinement, entièrement, pour ensuite pouvoir passer à autre chose. En grandissant, on apprend ces horribles choses que sont « prendre sur soi », « laisser courir », « laisser tomber », « je ne devrais pas être fatiguée », « je n’ai pas le droit d’être en colère ». On croit maîtriser son émotion, alors qu’en fait, on en perd le contrôle, elle vient nous assaillir d’une autre manière, là où on ne l’attend pas, là où on ne la comprend pas forcément.

Personnellement, j’ai appris que crier un bon coup valait toutes les respirations profondes du monde. L’important, c’est de canaliser, pour ne blesser personne.

Est-ce que tout ça vous inspire ?

Vaallos.